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Annalia Kaldwin - Seraph de la Charité

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ANNALIA KALDWIN
IDENTITÉ
RACE ▬ Seraph de la Charité
AGE ▬ II siècles
ORIENTATION SEXUELLE ▬ Hétérosexuelle
SITUATION PERSONNELLE ▬ Célibataire
NATIONALITÉ ▬ Mearian
FACTION ▬ Ordre des Astres
MÉTIER ▬ Aucun


MAGIE ET COMPÉTENCES
PHYSIQUE
❯ agilité X ○ ○ ○ ○
❯ force ○ ○ ○ ○ ○
❯ endurance X X ○ ○ ○
(TECHNO)MAGIE
❯ mana X X X ○ ○
❯ puissance X X X ○ ○
❯ contrôle X X X ○ ○

La magie de Charité se concentre principalement sur le pouvoir de créer des liens entre deux personnes. Qu’il s’agisse d’un partage de sensations, de sentiments, ou encore un partage de la douleur, la Seraph peut établir une connexion entre deux individus, voire créer un lien entre elle-même et une personne en face d’elle.

Elle est également capable de créer des liens entre trois personnes, mais la pseudo-divinité ne le fait qu’avec réticence. En effet, plus son pouvoir s’étend à beaucoup d’individus, plus il est complexe et est susceptible de créer des dommages collatéraux à elle ou à ses cibles. Lier trois personnes ensemble est donc sa limite : si elle créait une connexion avec un groupe plus important, la folie la guetterait sans doute rapidement, elle ou ceux liés par son pouvoir.

Par ailleurs, pour n’importe laquelle de ses compétences, Charité essaie toujours de ne créer que trois liens simultanément. Plus et elle risquerait de sentir trop de choses extérieures à elle-même, sans en garder le contrôle très longtemps. Il s’agit donc d’un équilibre qu’elle s’est imposée pour ne pas sombrer ou connaître une dégénérescence mentale. Le tout est de garder constamment cet équilibre, sans dépasser ses forces et ses limites.

Qu’il s’agisse d’animaux, d’humanoïdes ou non, son pouvoir peut toucher tout individu et s’étend pour l’heure aux compétences suivantes.

Charité : Cette partie de ses pouvoirs lui permet de ressentir quelles sont les personnes qui ont le plus besoin d’aide dans les environs. En effet, quand elle active sa compétence, Annalia peut ressentir tous ceux qui ont besoin d’un service quelconque, avant de choisir avec qui elle tissera un lien précisément, selon ce qui lui semble le mieux et le plus important. Au beau milieu d’une rue, ce sera ainsi à elle de choisir entre le vieillard assis sur un banc, rongé par la solitude, l’enfant qui s’est blessé le genoux en courant, ou l’amoureux qui s’est fait rejeté par ce qu’il croyait être sa dulcinée. Une fois établi, le lien agit comme une sorte de guide : il lui permet de localiser plus ou moins sa cible et savoir si elle en est proche ou non. Plus le besoin de son binôme est forte, plus le lien est puissant et présent à son esprit ; à l’inverse, la connexion avec ladite personne s’atténue progressivement si ses besoins sont comblés de plus en plus, jusqu’à disparaître complètement. La Seraph peut également y mettre fin si elle le désire. Plus la connexion dure, plus celle-ci peut devenir stable et permettre ainsi à Charité de ressentir quand l’individu lié à elle a besoin d’elle. Mais son pouvoir marche aussi a contrario, en ce sens que la personne avec qui elle est liée peut aussi voir quels sont les moments où la Seraph a besoin d’aide. Il lui faut donc adopter une certaine vigilance, sachant qu’elle ne peut influer sur la décision des mortels ni sur ce dont ils ont envie spécialement.

Outre elle et sa cible, Charité peut également créer un lien entre deux individus qui ressentiront les besoins l’un de l’autre, jusqu’à ce que ceux-ci soient satisfaits. Elle ne peut en revanche n’en établir que trois maximum.

Communion : Communion est un pouvoir qui s’étend sur deux facettes. En effet, les liens que Charité déploie alors créent non seulement des partages entre deux personnes – leurs sensations, leurs sentiments, leurs blessures intérieures, leurs affects de n’importe quelle sorte –, mais ils peuvent également avoir des effets physiques très concrets. Ainsi, si une personne est blessée, et que son partenaire est bien portant, la création d’un lien entre eux peut contrecarrer les effets de la blessure portée à l’un des deux compagnons. Par effet de compensation, l’un des membres du binôme peut donner son énergie à son comparse, et l’aider ainsi à le soigner dans sa maladie ou la plaie qu’il supporte. Un lien peut donc autant guérir et sauver que créer des partages entre les deux personnes unies par le pouvoir de Charité.

Il y a cependant des effets réversibles à ce type de magie. Tout d’abord, les deux êtres doivent être d’accord pour avoir un lien ensemble : tout comme la charité ne peut pas s’imposer dans le cœur des gens, la Seraph non plus ne peut pas imposer sa magie entre deux personnes. Si l’une d’elles est trop affaiblie pour montrer son accord à cause d’une blessure physique ou mentale, alors Charité peut quand même utiliser son pouvoir avec l’accord de la tierce personne. Ensuite, tout lien crée un partage, mais aussi une compensation. Quelqu’un qui sera triste pourra affecter son binôme si celui-ci n’a pas un esprit fort et vaillant. De même, si leur lien peut guérir une blessure, cela ne va pas sans conséquence. Celui qui donne son énergie peut ressentir une grande fatigue, selon l’intensité de la plaie, mais également perdre son énergie vitale et se retrouver au seuil de la mort. Aussi, pour combler ce manque à sa magie, Charité a créé un seuil généralement infranchissable pour le commun des mortels. Passé un certain transfert d’énergie, le binôme ne peut plus donner ses propres forces pour ne pas qu’il vienne à succomber à son tour. Seule une volonté et un amour fort peuvent briser cette barrière que la Seraph impose dans chacun de ces liens. Enfin, les liens sont généralement temporaires, sauf sentiment profond entre deux personnes. Un couple dont la tendresse est sincère pourra créer une relation définitive, où seule la mort pourra briser le lien qui les unit. Généralement, la séparation est alors dure, tandis qu’un lien temporaire et infime ne coûtera rien au binôme désormais séparé, pouvant chacun vivre leur vie comme ils l’entendent. Charité perçoit toujours les liens qu’elle a créé malgré les années et peut les influencer en les augmentant ou en réduisant leur intensité. Pour les ressentir ou avoir la mainmise sur eux, il faut néanmoins qu’elle soit proche des individus en question.

La déesse peut également créer un lien entre elle et les humains qu’elle rencontre, comme les blessés ou les malades dans les hospices de Mearian. Les liens qu’elle crée entre elle et un individu n’ont alors généralement que peu d’effet sur la Seraph, car ils restent très courts et elle peut les briser n’importe quand. Par ailleurs, si elle soigne avec plaisir, en étant attentive, douce, et aimante, elle prend néanmoins de la distance avec la vie si fragile des mortels. Elle soigne donc ou renforce les mentalités de ses fidèles, en essayant généralement de ne pas se laisser toucher par les soucis qu’elles rencontre. Si elle se le permettait, elle accueillerait alors toute la misère du monde, et même elle ne pourrait le supporter seule.

Charité est enfin capable de créer plusieurs liens à la fois entre elle et ses fidèles. Sa limite, qu’elle a elle-même choisie, est de trois personnes. Si elle en prenait plus, sa santé mentale pourrait en être affectée et son énergie être amoindrie.  Ses liens puisent alors principalement dans son mana, et parfois dans sa force vitale.

► Calice : La Seraph peut créer un lien entre deux personnes, en leur faisant ressentir la douleur de l’autre sans qu’ils ne puissent foncièrement s’y opposer. Cette douleur peut être aussi bien physique que mentale, et la résistance à son pouvoir dépend bien souvent de la résistance propre à ceux qu’elle cible. Charité peut aussi créer un lien entre elle et un individu, en lui faisant ressentir sa souffrance tout comme elle peut également ressentir celle de l’autre. Annalia essaie généralement de ne se limiter qu’à un lien par principe, surtout si la douleur est élevée ou la blessure importante. Néanmoins, si son pouvoir permet de ressentir la douleur de quelqu’un, le corps n’en subit pas les dégâts pour autant.

Objets :
Violon, flûte et piano de Charité : ce sont les instruments que la Seraph aime jouer au sein de son temple. La musique et les arts sont toujours un versant qui l’a attirée et la déesse aime passer son temps à jouer de ses instruments pour le plaisir de ses fidèles. Ce sont tous des objets magiques qui, une fois qu’on en joue, réagissent aux intentions du musicien qui les utilise. Si celui-ci veut répandre une mélodie qui apaise les cœurs, ainsi en ira-t-il pour ceux qui l’entendent ; de même, si l’auteur de l’instrument est triste et n’est centré que sur sa mélancolie, alors tels seront les sentiments qui naîtront dans ceux qui écoutent les notes de musique. Si le violon et son piano sont toujours dans son temple, la flûte a été volée des dizaines d’années auparavant et vogue désormais dans la nature, sans qu’on sache réellement où elle se trouve.

Broche avec pour principal motif une fleur rouge, de la même couleur que ses cheveux. Cet objet est uniquement décoratif et n’est absolument pas enchanté à l’heure actuelle.

Amphores de Jahadiel. Réagissant uniquement à la présence de la Seraph ou de toute autre personne qu’elle désigne, ces deux amphores peuvent transformer l’eau qu’on y met en une eau guérisseuse, qui soigne les maladies aussi bien mentales que physiques. Charité charge souvent ses serviteurs de les donner aux malades ou à quiconque en a fortement besoin.

PHYSIQUE
« La première fois que je l’ai vue, je ne sais pas trop bien si ce sont ses cheveux pourpres ou sont regard qui m’ont frappé. Ses yeux améthyste brillaient de mille éclats, comme si elle prenait plaisir à être là, au milieu de nous, simples gens de Mearian. Ses cheveux lui arrivaient alors au milieu de son dos et avaient les couleurs de l’aurore ; quant à sa tenue, elle portait une simple robe tirant sur le rouge, le rose et le blanc. En parfait accord avec sa chevelure, ses vêtements restaient sobres et elle n’avait aucune richesse inutile. Je me rappelle seulement qu’elle avait deux boucles d’oreille virevoltant partout où elle allait dans l’infirmerie que je prends en charge. Son plus beau cadeau et son plus grand trésor, c’était son sourire joyeux, humble, franc, toujours prompt à venir secourir les malades dont je m’occupais. Inépuisable, légère, presque insouciante et toujours joyeuse dans cet hospice pourtant si pauvre, elle soignait les malades, réconfortait les blessés, encourageait leurs familles, n’hésitait même pas à faire les plus basses tâches de l’infirmerie. Elle brillait encore plus auprès des enfants, avec qui elle s’entendait directement. On aurait dit qu’elle tirait sa force du fait de nous servir, alors que ç’aurait été plus à nous de lui rendre hommage tant elle semblait venir d’un autre monde.

Je me souviens qu’elle était relativement petite, car je la dépassais d’une demi-tête. Elle avait également une taille fine qui trahissait sa souplesse : sans doute n’était-elle pas très forte contrairement à d’autres femmes du foyer qu’on peut voir dans tout Mearian. Gracieuse, leste, son visage était doux et exprimait aussi bien de la patience que de la maturité lorsqu’on lui adressait la parole.

Je pense que c’était un soleil digne de réchauffer nos cœurs, et mon cœur bondissait toujours quand son regard doucereux et aimant se posait sur moi. Depuis, je guette toujours à nouveau son passage, mais il semble qu’elle aille partout dans Theopolis. Elle n’est apparue qu’une fois, avec des cheveux courts, cette fois, toujours se mettant au service des plus pauvres. Si ce n’est pas une perle et un trésor de Mearian, en vérité, je ne sais alors pas comment la qualifier. J’ai juste son prénom, qu’elle m’a dit lorsqu’elle s’est un jour présentée à moi : Annalia… »

Infirmière d’un hospice de Mearian, an 415.

« Lorsque la Seraph de la Charité est née, elle fut comme toutes les autres divinités bien reçue par l’Ordre. Choyée et protégée, on put la voir dans un premier temps vêtue de riches vêtements et de superbes parures. Mais c’était sans compter sa vertu qui prit progressivement de plus en plus de place dans sa manière de vivre. Rapidement, on put la voir délaisser tous les vêtements qu’on lui proposait – les acceptant par pure politesse –, pour aborder des vêtements simples et passe-partout. De ses vêtements de soie, brodés d’or fin et de fines dentelles en argent, elle ne les mit éventuellement que quand elle s’en alla voir des personnes de marque ou qu’elle visita son temple. Pour le reste, Charité n’eut d’autres occupations que de servir au mieux l’autre, quitte à mettre des vêtements propres à la plèbe et aux pauvres pour pouvoir mieux s’intégrer parmi eux.

Si la Seraph s’adapte à tout, elle prend néanmoins toujours soin de son apparence. Ses cheveux, tantôt courts, tantôt longs selon les périodes, sont souples, soyeux et flamboyants à la lumière du soleil ; quant à ses yeux améthyste, ils réussissent à captiver les cœurs autant que son sourire. Ses vêtements, pour sa part, restent généralement soignés et lisses si elle ne va pas dans les bas-fonds de Theopolis ou dans les campagnes environnantes. Ne méprisant personne, elle ne repousse donc pas non plus les lieux loin de la capitale des Dieux ou quiconque a besoin d’elle.

Il n’est pas courant de la voir sous sa forme originelle. La Seraph ne l’a sans doute montrée qu’à ses frères et sœurs et la Grande Prêtresse, adoptant sa forme humaine la plus grande partie de son temps. Plus pratique pour approcher les humains et les peuples, elle ne se soucie pas de son apparente fragilité, voguant comme bon lui semble au milieu du peuple de Mearian »

Écrit anonyme sur la Seraph de la Charité

« Mon cher journal,

Tu as déjà vu une Princesse ? Mais genre une vraie vraie Princesse digne des contes de fées et des légendes que me racontent Maman ? Non ? Et ben moi j’en ai vu une ! Je venais prier au temple de la Charité avec ma Maman qui est très très malade on ne sait pas trop pourquoi. Elle tousse beaucoup, se fatigue énormément, n’arrive pas à dormir et va vraiment mal. Du coup, comme Papa et elle ont l’air très inquiets, on a décidé d’aller prier les Dieux pour nous aider un peu. Juste un chouia, pour que Maman aille mieux ! Du coup, on a commencé à faire petit à petit le tour des temples pas trop loin de la maison, pour qu’elle puisse venir avec nous. Et c’est là que j’ai vu la Princesse ! Elle descendait silencieusement les marches qui menaient vers l’arrière du temple, et personne ne faisait alors vraiment attention à elle, plongé dans leurs prières respectives.

Mais tu aurais dû la voir ! Elle était superbe, avec ses traits fins et doux, sa chevelure pourpre descendant harmonieusement dans son dos. Sa robe blanche et mauve à la fois, ornée de quelques discrets motifs de fleurs, était simple, mais jolie. Et dans son expression, on ne pouvait voir que de la bonté à notre égard, à tel point que je me suis demandé si ce n’était pas une messagère de la Déesse.

Délicate dans tous ses gestes, remplie de grâce et de finesse, elle est allée un moment de part et d’autre dans la salle, s’occupant des personnes les plus âgées ou les plus malades pour commencer. Immobile, fascinée (j’en avais même arrêté de prier, mais chuuut, ça reste entre toi et moi, je prierai mieux la Déesse demain pour me faire pardonner !), j’ai espéré pouvoir attirer son attention sans trop savoir comment m’y prendre. Peut-être que c’est ma bouche grande ouverte et mon visage fixé sur elle qui l’a fait s’arrêter sur moi ? En tout cas, mon cœur a bondi quand elle m’a souri avant de se diriger vers moi et mes parents. J’étais liquéfiée, je voulais lui demander comment elle avait eu ses cheveux pourpres, d’où elle venait, comment elle était si belle, mais après avoir posé son regard sur moi, elle s’est directement intéressée à ma mère, comme si elle savait qu’on était là pour elle. Elle a demandé si elle pouvait nous aider. Bon… On avait utilisé tous les médicaments possibles et inimaginables, alors j’étais un peu triste parce que je me disais qu’elle n’allait savoir rien faire. Mais j’ai quand même osé prendre la parole face à mes parents confus. Peut-être un peu impétueusement comme mon père m’a aussi reprise d’un ton sévère. Mais la Princesse, elle a fait simplement signe que c’était bon, en étant toujours concentrée, et elle nous a demandé de lui expliquer ce qu’il s’est passé. Quand on lui a tout dit, elle paraissait songeuse, puis brusquement, elle a légèrement souri avant de se relever et de nous dire d’attendre. Elle s’est ensuite éloignée dans un couloir du temple.

Tu sais mon cher journal, j’ai failli la suivre, mais mon père m’a retenue in extremis par le bras. Pourtant, je suis sûre qu’elle aurait été pour, moi ! J’ai un peu boudé, mais la belle dame aux cheveux pourpre est rapidement revenue. Elle avait un tout petit flacon dans les mains, qu’elle a donné à ma mère, en lui recommandant de le boire au soir. Mon père ne savait pas trop où se mettre, alors elle lui a simplement souri, en disant de considérer ce flacon comme un cadeau de la part de Charité. Alors mes parents sont devenus encore plus balbutiants, et comme je la considérais toujours avec un air béat, elle s’est accroupie devant moi en me caressant les cheveux, et en me donnant la mission de bien leur faire boire le flacon. Tu imagines ? Elle m’a donné une mission !

Bref, je me suis bien acquittée de ma tâche et depuis, la toux de Maman a cessé et elle semble petit à petit retrouver des forces et de l’énergie. Elle est allée dormir, mais maintenant, j’ai bon espoir qu’elle guérisse !

J’ai une seconde mission, maintenant. Retrouver la Dame aux Cheveux Pourpres pour réussir à lui demander comment elle a fait. Quand je l’ai interrogée, au temple, alors qu’elle repartait et s’éloignait de nous, je lui ai demandé si elle représentait la Déesse. Elle s’est un instant tue puis m’a simplement répondu, mi-amusée mi-souriante, qu’elle était une simple servante. Mais j’étais déçue moi… J’aurais bien aimé que ce soit la Déesse elle-même ! C’aurait été génial, non, tu ne trouves pas ? »

Journal d’une petite fille de huit ans, décembre 416.


CARACTERE
Qualités : Serviable • Humble • Sensible • Joyeuse • Douce • Positive • Honnête • Loyale • Attentive • Compatissante • Altruiste • Observatrice • Patiente • Curieuse • Sociable • Tenace • Sérieuse • Pacifiste.

Défauts : Naïve • Obstinée • Têtue • Parfois trop optimiste • De temps en temps sévère • Oublieuse de soi • Manipulatrice • Sensible • Emotive • Influençable • Parfois hypocrite • Insouciante • Autoritaire • Intraitable.

Des habitudes ? Charité n’aime pas voir la souffrance chez le peuple, quelle qu’il soit : son temple est ainsi ouvert aussi bien aux opprimés qu’aux hérétiques, leur donnant de l’aide autant qu’elle le juge nécessaire. • La Seraph aime particulièrement les arts et les lettres. Jouant pour l’heure de trois instruments, le piano, le violon, et la flute, elle aime aussi écrire, notamment rédiger des poèmes. • Charité aime la glace. Et les bonbons. • Au sein du peuple et sous sa forme humaine, elle préfère se faire passer comme une simple servante des Dieux. • De temps en temps, la pseudo-divinité apprécie s’éloigner de la ville pour trouver un moment de solitude. Elle se retire alors soit dans la nature, soit dans son temple, soit dans le sanctuaire des Astres où elle peut y trouver la tranquillité.

***

Charité est généralement doucereuse. Tout, dans sa démarche, montrera sans doute sa légèreté, sa grâce, et sa bonne humeur qu’elle n’essaie jamais de perdre. À dire vrai, il est rare qu’on l’ait souvent vue en colère : dès que des sentiments négatifs s’emparent d’elle, la Seraph tâche de prendre un visage impassible et de tout laisser bouillonner en son cœur, au moins jusqu’à ce que toutes ses émotions s’apaisent.

Car là réside probablement l’une de ses faiblesses, sa volonté de ne pas faire de mal à tous ceux qu’elle aime ou qui, au moins, lui demandent de l’aide. Elle considère, de par sa vertu même, qu’il n’est pas forcément bon de laisser voir son inquiétude aux autres, surtout aux humains qui l’entourent. Si c’était ses frères et sœurs… Peut-être pourraient-ils la comprendre et la soutenir, aux moins pour ceux qui sont restés purs. Mais pour ce qui concerne les mortels, les gens de Mearian, et tous ceux qui viennent au temple… Non. Ils sont certes pieux et aimants, mais d’autre part, Charité n’ignore pas qu’ils sont parfois pris par la peur ou encore par les vicissitudes de l’existence. Autant la déesse peut donc être avenante, paisible, souriante, autant se cache aussi un côté plus sérieux et plus profond de la Seraph. Elle ne brise généralement sa carapace que devant ses frères et sœurs, et encore pas de manière systématique.

Ce côté plus mâture de Charité est probablement dû à ses pouvoirs empathiques. Lisant dans les cœurs et les esprits, elle a très vite compris que les sentiments humains ne lui seraient jamais cachés. Dès lors, au lieu de se réfugier dans la solitude, la pseudo-divinité apprit au contraire à mieux comprendre le peuple, à s’intégrer parmi lui et à être le plus possible à son écoute. Telles sont une autre partie de son caractère : le fait d’être sociable, bienveillant, en faisant fi des différences, des hérétiques ou du passé de chacun. La charité se donne selon elle à tous, et ainsi, la Seraph se refuse à rejeter les opprimés, les pauvres, et les rejetés.

Cependant, la Seraph peut parfois trop donner, ou tout du moins trop vouloir bien faire. En outre, il y a toujours en elle une part naïve et influençable. Elle verra par exemple toujours les bons côtés des personnes devant elle, en étant prête à lui laisser une seconde chance si cela peut permettre à l’individu de se racheter. Sa miséricorde et sa sensibilité peuvent néanmoins être une arme à double tranchant puisqu’à trop vouloir faire confiance, on peut aussi se faire trahir de bien des façons.

Outre la plèbe, Charité est fondamentalement attachée à l’Ordre et plus encore à ses frères et sœurs. Ce sont sa famille, et la corruption des neuf Seraphs a sans doute été l’une des plus grandes amertumes qu’elle ait connues. Pour autant, à l’inverse de certains de ses confrères, elle pense que l’Ordre peut vraiment être une aide pour le monde, à la seule condition qu’il se réforme intérieurement. En cela, elle rejoint Volonté, et peut-être également d’autres Seraphs. Elle vogue néanmoins entre le Saint-Siègle, son temple et Mearian, selon ses envies et les impératifs qu’elle rencontre.

Techniquement, un de ses politiques est d’agir pour amener la paix. Ou au moins la charité dans les foyers, les familles, ou tout autre individu qui se présente à elle. En ce sens, la pseudo-déesse est parfois prise par deux étaux : l’envie de laisser aux hommes leur liberté, et de l’autre, leur insuffler les sentiments qu’ils n’arrivent pas à accepter, ou au moins à accueillir au fond d’eux-mêmes. N’est-il pas bon, de temps à autre, de leur donner un petit coup de pouce ? C’est parfois la question qu’elle se pose, encore qu’elle se restreint souvent à les encourager sans avoir recours à la magie. Mais elle est tentée, parfois, d’agir par elle-même. Peut-être la Seraph peut-elle donc être manipulatrice, surtout quand elle devient opiniâtre ou que des brins de folie s’en mêlent.

Parlons-en, de la folie. Folie qui pousse à l’égoïsme, au rejet, à la méchanceté. C’est un des aspects de sa race qui la rend peut-être plus sombre, d’autant plus compte tenu le passé de ses frères et sœurs déchus. Peut-être est-ce aussi son évolution à qu’elle redoute le plus. En passant de la vertu au vice, ou en cédant à ces penchants mauvais qui, parfois, se réveillent, comme des chaines qui la tirent vers le fond. Elle essaie dès lors d’utiliser sa magie avec parcimonie, dans les cas vraiment nécessaires. Et elle apprend. À connaître les techniques du peuple, à mieux rayonner parmi eux, pour les guider le plus simplement possible. Même si ce sont parfois des brebis qui aiment s’égarer du droit sentier et du chemin que leur montrent les Seraphs… Apprentie, telle est peut-être son autre nom, pour mieux être avec le peuple qui l’entoure.

Mais c’est aussi parce que ce peuple peut parfois être omniprésent que Charité prend parfois ses propres distances et s’enferme dans une certaine solitude. Elle peut alors couper tout lien avec l’Ordre, ne révélant sa position que si elle le juge nécessaire. Seules quelques rares personnes de confiance savent également sa position. Sa retraite passée, pouvant durer aussi bien des semaines que quelques mois ou quelques années, la Seraph revient alors au sein de l’Ordre et de Mearian, retournant joyeusement à la vie active comme si rien ne s’était passé.

HISTOIRE

« Je me souviens particulièrement de ma naissance. On peut dire que la Source de Vie était remplie d’un doux silence, rompu uniquement par le léger clapotis de l’eau. Je me rappelle aussi des lointains gazouillements des oiseaux qui parvenaient jusqu’à moi, sans que je ne puisse encore tout comprendre de ce qui m’entourait. Peut-on dire que j’étais un peu perdue ? Probablement... C’était comme si je m’éveillais d’un rêve, sans trop savoir ce que je faisais là, sans trop même savoir ce que j’étais réellement. L’une des choses qui m’a alors directement frappée, lorsque je suis sortie de la Source de Vie, c’est la couleur de l’aurore. L’aube se levait lors de mon premier réveil. Je me rappelle que j’ai directement apprécié les rayons du soleil, illuminant le ciel d’un rouge vermeil aussi bien que d’un rose pâle. Sa couleur dorée réchauffait déjà le ciel aussi bien que la terre, et je suis restée un instant ainsi sans bouger, sans penser à rien, appréciant juste le fait de vivre et de goûter cette existence nouvelle qui s’offrait à moi.

Mais sur bien des points, les Seraphs ressemblent parfois à des humains. Je n’ai pas pu rester au même endroit trop longtemps, même si j’appréciais le silence de la Source. Tout simplement parce qu’une pupille de l’Ordre me trouva sur les lieux, eut une tête d’ahurissement, bégaya quelque chose que je ne compris pas, pour finalement s’incliner maladroitement et détaler en courant. J’appris plus tard qu’il avait été simplement envoyé en reconnaissance à la Source de Vie, et que pris de surprise par le fait de voir un nouveau Seraph, il avait filé sans demander son reste pour prévenir quelqu’un de mieux placé dans l’Ordre. Moi-même surprise, je n’eus pas le réflexe de le retenir, plongée dans un monde que je ne connaissais pas et qui m’était totalement inconnu. Je croyais lui avoir fait peur, ce sur quoi je me trompais finalement, puisqu’il revint avec d’autres personnes avec un mélange d’excitation et de vénération à mon égard. Cela alors que ma forme divine était bien différente de la sienne.

C’est ainsi que je fus plongée pour la première fois dans le monde extérieur. Que je découvris aussi l’Ordre et l’existence de mes frères et sœurs. Et parfois, me vient la question de ce que j’aurais fait, si je m’étais trouvée toute seule un peu plus longtemps près de la Source. Serais-je restée ou me serais-je déplacée au gré du hasard dans Theopolis ? La seule chose dont je suis certaine, c’est qu’alors, le monde me semblait aussi beau que rempli de mystères. Et j’aurais aimé que cela reste longtemps ainsi, sans trahison, folie, et exclusion de certains êtres chers à mon cœur.

Mon arrivée dans l’Ordre, alors encore fermé et quelque peu invisible, se fit progressivement. À dire vrai, c’était l’existence de mes frères et sœurs qui m’intéressait alors nettement plus – les autres Seraphs, mais aussi la découverte du monde dans lequel j’étais née.

Et mon espoir ne fut pas déçu. Très vite, j’affectionnai Mearian : ses places, ses marchés, ses villes, mais également ses forêts, ses rivières, le vent courant dans les prairies et toutes les richesses que ce pays connaissait. Mais si ce monde contenait bien des merveilles, à mes yeux, une seule chose manquait. Le manque de lucidité des hommes, leur manque de service les uns envers les autres, leur égoïsme, et enfin, tout ce qu’ils peuvent faire de mal entre eux. Invisible, sous ma forme humaine, je les observais, silencieuse dans un premier temps, afin de mieux les connaître, de mieux les comprendre. Pour être honnête, je n’ai jamais réussi à le faire quand, sous mes yeux, ils préféraient la violence plutôt que la bonté et la patience. Alors il m’est apparu doucement que moi, comme les autres Seraphs, devions les pousser à la vertu et leur montrer la voie. Non par orgueil, mais tout simplement parce qu’ils ne savaient pas le faire par eux-mêmes. Seuls les pauvres me semblaient avoir plus facile à être solidaires et authentiques, ce qui n’empêchait pas des médisances de leur part. Quant aux riches… Il est rare d’y voir des personnes belles et authentiques. Dès que j’en apercevais une, je me précipitais pour l’aider à s’affranchir de ses peurs ou de ses craintes familiales face à tout ce qu’on attendait de lui. Mais ils sont rares. Et au nom de ma vertu, je n’arrivais pas à être passive ou à fermer les yeux sur l’état de ce monde. Les hommes avaient besoin d’aide, et si nous pouvions les aider par notre savoir, nos conseils, et nos vertus propres, je ne voyais pas où était le mal dans ce que nous entreprenions.

Le premier siècle de mon existence fut ainsi une période de joie et de paix. Cachant ma véritable forme, je voguais au milieu des mortels, simplement, pauvrement, presque, car très vite, j’ai constaté les réserves de la plèbe face à des gens riches et puissants. Des individus qu’on admire et qu’on respecte, aussi bien qu’on abhorre et déteste. Mes premiers essais pour approcher le peuple fut d’ailleurs infructueux quand, parée de bijoux, de robe de soie, et de vêtements somptueux, je proposais une fois une obole généreuse à des pauvres. Je ne comprenais pas leur réserve, leur façon de ne pas oser y croire, et même ensuite, d’être toujours respectueux, avec une grande déférence à mon égard. Je voulais simplement les aider, et eux n’osaient abolir la différence entre nos deux classes.

On peut dès lors dire que je menais une sorte de double vie. Riche au sein de l’Ordre, particulièrement lorsque je faisais face à des personnes d’influence, je devais ensuite pauvre et inconnue au sein de la plèbe de Mearian. Pourtant, j’étais vraiment heureuse. Invisible, je leur faisais part de la charité, de l’amour et du service. Je leur faisais comprendre l’importance d’être ensemble, de ne pas se laisser détruire par les non-dits ou la colère. Et j’aidais. J’étais toujours parole, mais j’étais aussi acte. L’un ne va pas sans l’autre dans la vertu qui me représente. Si je conseillais, il fallait aussi que je vive mes principes, à commencer pour me trouver moi-même et pour me sentir authentique.

Cela ne me dérangeait pas de cacher ma nature, au moins pour les gens du peuple. Ceux qui faisaient partie de l’Ordre… À eux je ne cachais pas ma vraie apparence, comme je ne les négligeais pas non plus pour ce qui concernait ma présence à travers eux. Trouver un équilibre fut d’ailleurs l’une de mes priorités. Je n’étais pas Justice, mais je ne voulais négliger personne, quelle que soit son histoire, et je n’utilisais ma magie que quand je le jugeais nécessaire.

Les choses ont changé à partir de l’an 303. Le moment où l’Ordre révéla notre existence à nous, les Seraphs. Encore maintenant, je ne sais pas si c’était une bonne chose ou non. Bonne, sans doute : cela nous a permis d’être francs avec le peuple, de ne plus forcément nous cacher, de les aider dans leur vie, d’être proches d’eux, quelle que soit notre apparence. Mais deux problèmes se sont alors posés. Le premier, c’est qu’il ne faut pas le nier, tous les Seraphs n’ont pas la même vision de l’être humain. Certains voient en eux des pauvres choses, d’autres croient en leur valeur et en tout ce qu’ils peuvent accomplir. C’est mon cas, même si je ne nie pas pour autant qu’ils font encore beaucoup d’erreurs, même maintenant. Particulièrement quand je vois leur lubie de se faire la guerre…

Le second problème qui s’est posé lorsqu’on révéla notre existence, c’est que cela nous a mis sur un piédestal que je n’apprécie guère. Ou plutôt, on nous a accordé un titre qui ne nous revient pas. Sommes-nous vraiment des dieux ? Certes, nous pouvons par ce titre être comme des flambeaux pour les hommes… Des flammes qui les aident dans la nuit. Mais sommes-nous vraiment parfaits pour accepter ce titre ? J’ai toujours eu comme une réticence intérieure à ce sujet, et l’avenir allait encore plus me faire remettre les choses en question. Pour autant, j’ai suivi ce que conseillait l’Ordre, ce que nous avons finalement choisi nous, les Seraphs. Celui d’être des dieux alors que nous ne le somme pas…

Petit à petit, j’ai vu plusieurs de mes temples commencer à s’élever, avec des autant de fidèles fervents que de gens venant simplement demander mon intervention pour les guider, les soutenir, voire même les guérir, dans certains cas auxquels je me suis retrouvée. Alors qu’auparavant, j’affichais ma véritable apparence seulement au sein de l’Ordre, maintenant, je la montrais aussi de manière publique, touchant les personnes par l’aura douce et la charité qui semblaient émaner de moi. Quand je n’étais pas la Seraph de la Charité, je devais simplement « Annalia » en me faisant passer pour une servante de mon temple. C’était plus facile pour aborder certaines personnes craintives et timides… Et du reste, je n’abandonnais pas ma vie d’autrefois, filant dans les rues de Mearian sous ma forme humaine, en me faisant souvent passer pour une fille du peuple, comme toutes les autres qu’on peut trouver dans Theopolis.

C’est à cette période, au début de mon second siècle, que je rencontrais le danger de la magie. Si au départ, je l’utilisais avec parcimonie, il en fut autrement quand les fidèles augmentaient d’heure en heure, de jour en jour, de semaine en semaine. J’avais déjà commencer à développer mes pouvoirs, notamment celui de trouver les personnes qui avaient besoin d’aide autour de moi. Plus que tout, les fidèles venaient expressément me trouver pour recevoir une grâce de ma part. Et si ma présence, leur suffisait pour les encourager, si j’étais à leur disposition jour après jour, parfois nuit après nuit, il ne me semblait pas faire assez pour ces gens souvent pauvres qui m’admiraient sans même me connaître. Est-ce que les paroles comptaient vraiment, même si j’étais active auprès d’eux ? Est-ce que je ne pouvais pas développer ma magie pour mieux les aider, eux qui avaient confiance en moi ? C’est sans doute vers cette période que naquit ma seconde compétence, Communion. Je parvins à lier ces personnes, à moi ou à un binôme, pour les renforcer mentalement, pour les guérir par mes propres forces, surtout en cas de blessures physiques fort profondes. Ce pouvoir, je l’utilisai alors sans compter, unissant des personnes dès que je voyais une bonne occasion de l’utiliser. Puisant principalement dans mon mana, il me coûtait peu, du moins telle était mon impression. Et j’étais contente de les voir se remettre sur pied rapidement, les voir recouvrer la santé, ou se laisser fortifier par les sentiments doux que je leur insufflais. J'en ressortais souvent fatiguée, je m'épuisais parfois à la tache, mais où était le mal, me demandais-je ? Où était donc-t-il…

Je le compris une belle après-midi d’été, en 313, alors que j’étais sur la place publique de Theopolis. Refoulant ma fatigue de par une longue session à l'écoute de mes fidèles, je traversais la foule qui s'était établie sur les lieux. On allait y juger un hérétique et appliquer la sanction, comme cela se faisait d’habitude. Je n’approuvais pas l’idée de la peine de mort, et il fallut croire que les amis du condamné non plus. Hérétiques ayant échappé à la vigilance des hommes qui avaient attrapé leur ami, ils étaient bien décidés à en découdre et à se rebeller contre l’ordre en place. Ils vinrent donc, et c’est alors que j’appliquais ma compétence, Charité, pour retrouver un enfant désespéré et perdu au milieu de la foule, qu’ils attaquèrent, par des armes à feu et leur magie utilisées simultanément.

Ce fut rapide.
Ce fut inattendu.
Et ce fut le chaos.

Je ne sais pas par quel miracle je ne fus pas touchée. Si j’eus des blessures minimes, si je fus légèrement brûlée, parce que trop loin des attaquants, ce fut moins le cas du garçon qui avait échappé à ma vigilance et cherchait ses parents. Il fut touché de plein fouet par la magie du feu d’un des hérétiques et par la grenade qui, même minime, eut des dégâts majeurs sur une foule compacte. L’attaque dura peu, pourtant. Elle fut même rapidement maîtrisée. Mais le lien que j’avais établi avec le garçon se changea en une toute autre nature et je ressentis brutalement la sensation d’être brûlée vive à cause de la magie destructrice du renégat. Prise par ma nouvelle compétence, Calice, je ressentais tout ce que l’enfant avait droit aux premières lignes de l’attaque et j’eus l’impression de  mourir sur place. Pire que tout, par le choc, ma fatigue, et la douleur, je perdis le contrôle de ma magie. Si mes liens ne se limitaient généralement qu’à une ou deux personnes par un geste de ma volonté, j’en créai abruptement avec toutes celles qui m’entouraient, les liant à l’enfant comme si cela aurait pu me défaire de la connexion que j’avais avec lui. Je les liais aussi involontairement à ma personne, leur faisant part de ma terreur mentale. Pour ces gens de la plèbe, ce fut le supplice. L’impression d’être sur un bûcher, l'impression de ne rien comprendre mais de juste souffrir. Et leurs souffrances devenaient la mienne à son tour.

L’enfant mourut lentement, agonisant pendant de longues minutes. Je crus devenir folle à ce moment-là. J'avais beau chercher à couper le lien avec le garçon, je me trouvais alors devant d’autres gens avec des souffrances identiques, sinon pires que les siennes. Couper toute ma magie aurait été simple, en temps normal ; ici, je ne savais pas reprendre le contrôle de ces connexions qui se créaient pour se défaire aussitôt quelques secondes après, me faisant prendre à toutes sortes de douleurs à cause de ces fous qui attaquaient.

Ce fut après un long moment que je sus reprendre le contrôle de moi-même. Repliée sur moi-même, incapable de bouger, n’entendant même pas la fin de l’attaque, il fallut seulement que tout soit fini, y compris la mort des hérétiques et la dispersion de la foule, pour que je puisse à nouveau respirer, retrouver pied avec moi-même, savoir ce que je faisais et surtout ce que j’étais. Vague de douleur, vague de folie, c’est sans doute la première fois où j’ai eu réellement peur. À plus forte raison que jusque-là, je croyais naïvement pouvoir guider les hommes sans être réellement affectée par une dégénération mentale.

Dès lors, il faut le reconnaître, je ne sus un moment que faire de ma magie. J’avais peur d'à nouveau perdre le contrôle si je créais de nouveaux liens, et surtout de les corrompre en leur faisant part de ma propre douleur, voire de ma folie. Indécise quant à l’utilisation de mes pouvoirs, surtout de Calice, je me pris un temps de réflexion face à la douleur que j’avais fait subir, à moi et aux autres dans cette foule qui avait été juste une victime. Et finalement, après un long temps de silence, je finis par prendre une décision quelque peu radicale, mais qui me semblait la meilleure, au vu des circonstances, de ma fatigue et de mon état général.

Je coupais pour un temps les liens avec mon temple et avec l’Ordre pour prendre une retraite, loin des hommes, loin du monde, entourée seulement de la nature, qui m’avait paru si belle lors de ma naissance à la Source de Vie. Je m’isolais de tout, je partis à Nueva, en indiquant seulement à mes frères et sœurs le lieu où j’étais, ainsi qu’aux grandes puissances de l’Ordre. Hormis urgence, et exception faite pour les Seraphs, je ne voulais voir personne ni retourner à Mearian tant que je ne l’aurais pas décidé.

Et il faut le dire, cette retraite, qui dura 40 ans, me fut plus que bénéfique. Pendant un temps, on peut dire que je vécus presque en ermite, loin de toute civilisation, mais en retrouvant de plus en plus la paix avec moi-même. Après une longue période de plus ou moins 30 ans, j’intégrai un petit village isolé, où la communauté était belle et soudée. Ce fut un peu comme une réhabilitation vis-à-vis des humains, et un retour vers ce temps où invisible, sans être prise pour une déesse, je voguais dans Mearian pour aider quiconque en avait besoin. Ce fut peut-être là que ma vertu, apaisée, se remit progressivement à de nouveau croire aux humains. Je n’ignorais pas leurs vices, mais je pouvais au moins les en détourner autant que je le pouvais. Cette vie simple, au sein de ce petit village, dura plus de dix ans, et me ressourça bien plus que si je n’étais restée dans mon pays natal. Ce fut après une décennie vécue paisiblement que je songeais au fur et à mesure à rejoindre Theopolis. Hypothèse d’abord, ce devint ensuite une certitude quand l’Ordre me fit parvenir un message urgent, en l’an 353, qui sans doute me glaça le sang plus que jamais. Les humains avec qui j’étais alors ne comprirent pas. Je leur dis simplement que ma famille avait des problèmes et qu’il fallait simplement que je retourne en Mearian.

Car comment des Seraphs, des membres de notre tribu, avaient pu succomber et être déchus, au point de tomber dans la méchanceté et la folie ? Si j’en avais vécu l’angoisse, il ne m’était jamais apparu que les choses pouvaient en arriver à ce point-là. L’Ordre avait par ailleurs été très bref, en ne formulant un message que moi seule aurais pu comprendre. Mon retour fut donc rapide, autant du moins qu’il ne le permettait. Ma retraite était si on le voulait terminée de manière anticipée, mais au moins me consolais-je en me disant que je m’étais réconciliée avec les hommes, avec la peur de ma magie, et avec moi-même.

Pour autant, si tout était pardonné de ce côté-là, je n’accueillis pas forcément bien la nouvelle des Seraphs corrompus. Je me rappelle particulièrement m’être demandé si le chemin inverse n’était pas possible. S’ils ne pouvaient pas retrouver leur vertu d’antan. Peut-être, au fin fond de moi-même, en ai-je encore l’espoir naïf, avant que je ne sois prise de tristesse par le fait que je sais que c’est impossible.

Mais cette histoire ne s’arrêtait pas seulement aux Seraphs. Il fallait aussi que les humains soient concernés… Et on leur fit oublier l’existence des autres divinités. Un oubli auquel j’avais du mal à adhérer. J’avais l’impression qu’on manipulait leur volonté, et si moi-même j’étais parfois vague ou équivoque, ici, il s’agissait clairement de leur faire croire des mensonges. C’était comme manipuler leur existence et cela ne me semblait pas juste à leur égard.

Cela explique peut-être ma rupture plus grande avec l’Ordre aujourd’hui. J’y adhère toujours, en tout cas je crois qu’il peut être utile. Mais je pense que beaucoup de choses doivent changer à l’heure actuelle. En ce sens, je rejoins l’envie de réforme de Volonté, et les critiques diverses d’autres Seraphs sur l’Ordre des Astres qui nous a toujours protégés.

Mais nous ne sommes pas des jouets. Et si j’ai retrouvé mon temple et ma vie à Mearian, je ne compte pas rester inactive, en vue de tout ce qu’il se passe. Je pense que nous avons tous notre propre pierre à mettre dans l’édifice, et qu’un monde plus ou moins juste peut naître tant que nous ne restons pas passifs.

À voir comment les choses se dérouleront, maintenant que plus de soixante ans sont passés et que tout reste encore à construire.
DERRIERE L'ÉCRAN
PSEUDO ▬ Aléa.
AGE ▬ 22 ans
TU NOUS A TROUVÉ OU ? ▬ Top-site
UN AUTRE COMPTE ▬ Nop ^^
LE PERSONNAGE DE TON AVATAR ▬ AKATSUKI NO YONA ▬ Yona
TU AS LU LE RÈGLEMENT ? ▬ Of course !
    Coucou, bienvenue sur le forum Annalia Kaldwin - Seraph de la Charité 635802493 Un nouveau Seraph! hâte de voir ta fiche!
Bienvenue oéoé
Bienvenue !


Annalia Kaldwin - Seraph de la Charité LIE
Annalia Kaldwin - Seraph de la Charité Ensiegclopedie-54abf6c
Merci à tous, j'essayerai de finir ma fiche rapidement ^^
Bienvenue parmi nous :)
Bienvenuuuuue Parmi Nous ! Hate de voir ta fiche en entier *w*
Bienvenue o/
Bienvenue !!
Petit up pour dire que je vais terminer ma fiche ce week-end, à mon avis, donc si ça ne dérange pas le staff, je vais prendre un délai ^^

Sinon, merci à vous tous pour votre accueil !
    C'est noté, courage pour la dernière ligne droite :)
Petit up pour dire que j'ai fini ma fiche =)
    Le staff passe rapidement te lire!
おめでとう !
Gégé t validé

LES TEMPS FORTS ▬ Un Seraph pur, cela faisait longtemps- n"hésites pas pas joindre le topic qu'on a en cours au Saint Siège :)


REMARQUES ▬ Les objets magique dans ta fiche sont lockés, tu ne pourras t'en servir inrp que au coût d'une compétence (à débloquer au fil des rps)

Amuse toi bien sur LK!