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Laveur de carreaux de père en fils, fils de boulanger !

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YAVINJOHN

Civil Technomage itinérant

Identité

  • Race : Humain
  • Âge : 23
  • Orientation sexuelle : Hétérosexuel
  • Situation personnelle : Célibataire
  • Nationalité : Akhantienne

Points de caractéristiques

  • Physique :
  • Agilité :
  • Force :
  • Endurance :
  • (Techno)magie :
  • Mana :
  • Puissance :
  • Contrôle :

Compétences [3/3 slots]

Lumière solide :
John peut rendre palpables les flux de photons pour leur conférer masse et consistance. Il est ainsi capable d'utiliser la lumière comme matériau à la création de formes solides aux températures variables, dont la complexité varie en fonction de l'utilisation qu'il désire en faire. Ses créations sont éphémères à moins d'être continuellement pourvues en mana.

Vague nitescente :
John est à même de décomposer la lumière, la manipuler, la concentrer et la rediriger selon ses désirs. Tout ceci lui permet de projeter des ondes lumineuses de tailles et intensités variées, le plus souvent sous forme de sphère ou de rayon ardent.

Nova obscure :
John consume son énergie vitale avec du mana pour produire de la lumière. Son corps se met alors à irradier d'une clarté ténébreuse qu'il peut utiliser pour lancer ses sorts. Toutes ses capacités deviennent plus puissantes quand il utilise cette dangereuse énergie, laquelle lui permet de faire parler son pouvoir en dépit d'une clarté insuffisante.

Physique

John est un jeune homme basané mesurant un mètre quatre-vingt-cinq. Il a d'abondants cheveux noirs qu'il garde toujours coupé très court, de même que sa barbe qu'il rase dès qu'il en a l'occasion. Le plus souvent il arbore une bonne mine reposée et une peau fraîche, lumineuse, avec des yeux pétillants résultant de son mode de vie sain. En parlant de ses yeux, ils sont d'un vert intense, parsemés de taches jaunes et ambrées dont le vif éclat lui confère un regard perçant.

Sa voix est chaude et douce au quotidien. Il s'exprime de manière posée et articulée, avec une voix nette qui manque toutefois de puissance pour se faire entendre. Cela change quand il se met à hurler, auquel cas son timbre devient puissant, mais grave et rauque, comme si sa gorge menaçait de s'enrouer à chaque mot. Étant à cheval sur deux octaves, John n'est pas bon dès qu'il est question de chanter, certains diraient même carrément mauvais.

Tantôt svelte, tantôt élégant, tantôt gauche ou embarrassé, son allure dépend de la situation. Il a tendance à se comporter de la manière qui le met le plus à l'aise et surtout, qui déstabilise le plus son entourage. Il est autant capable de se pavaner et gesticuler comme un clown que d'assister à un repas civilisé parmi les grands de ce monde.

Son visage volontaire au front dégagé, au nez aquilin et à la bouche souriante en fait un jeune homme agréable à regarder, beau même. Seulement, bien que prompt à sourire, John ne rit pas beaucoup. Apercevoir ses dents relève du miracle, un voile de mélancolie se cachant sous le masque paisible et joyeux qu'il arbore en permanence. Un observateur extérieur pourrait le croire en paix… mais dans le fond de ses yeux il y aura toujours cette lueur froide et impassible qui analyse le monde avec une profonde tristesse.

En habitué des routes et du climat aride d'Akantha, il a un corps svelte agréablement proportionné, sans trace de graisse superflue. Bien que peu épais, ses muscles sont bien dessinés et soulignent son profil élancé. Ce qui se démarque le plus chez lui sont ses mains aux paumes calleuses qui trahissent son expertise mécanique et technomagique. Observer ses doigts longs et fins quand il bricole est tout à fait captivant. Ses mouvements sont alors précis, efficaces, idéals aux travaux manuels ; bidouiller des bidules et des machins et des trucmuches est une seconde nature chez John et cela se ressent dans sa manière de faire et d'agir au quotidien.

Question vestimentaire il a l'élégance en priorité, suivie par de près par la praticabilité. Le luxe à outrance a tendance à l'énerver cependant, d'autant qu'il préfère les couleurs simples et l'absence de motifs et ornements, la sobriété en tête. Son pouvoir fait déjà de lui un arc-en-ciel ambulant, il ne voudrait pas faire doublon avec ses vêtements. Ah et la convention selon laquelle les mages portent la robe, il s'en badigeonne le nombril avec le pinceau de l'indifférence.

Caractère

John est un être calme, composé, qui observe le monde avec un regard serein et contemplatif. Son truc est de chercher les erreurs, les dysfonctionnements dans le décor qui l'entoure et de réfléchir à la meilleure manière de régler les problèmes qu'il a repérés. Cette observation analytique est naturelle chez lui. Elle le pousse à stimuler continuellement son intellect, dans une saine gymnastique mentale qui le rend toujours plus astucieux.

Il a fait d'énormes progrès depuis ses débuts sur la route. Les interactions avec d'autres êtres vivants ne l'effraient plus, certains diraient même qu'il est devenu éloquent, apte à tenir la conversation avec la plus coriace des pipelettes. Quelques-unes de ses manies d'ancien antisocial sont restées toutefois et pourtant, cela ne semble pas lui porter préjudice. Au contraire, elles auraient plutôt tendance à jouer en sa faveur, notamment sa manie de ne pas toujours regarder ses interlocuteurs en face. Il a le chic pour déstabiliser ceux qui lui parlent d'une phrase ou d'un mot bien placé, apte à garder son auditoire en haleine, jamais vraiment sûr de ce qu'il pense ou de ce qu'il va faire. Pour faire simple, John ne fuit plus les échanges sociaux.

En dépit de cette nouvelle radieuse disposition, il reste toujours intrinsèquement un solitaire. Le jeune homme ne partage rien de personnel et s'il n'hésite pas à donner de lui-même pour aider son prochain, il met toujours énormément de temps à faire confiance aux gens, et encore plus à se faire des amis. Par-dessus tout, il a les cyniques en horreur et il lui est impossible de créer des liens avec des gens qui ne pensent qu'à eux-mêmes. Il croit fermement en la bonté et l'abnégation et aimerait que plus de personnes prennent exemple sur lui. C'est d'ailleurs l'un de ses critères pour juger quelqu'un : "Si chacun d'entre nous était comme ça, comment le monde se porterait-il ?". Suivant la réponse à cette question, il décide qui mérite ou non son attention.

Son avis sur la religion est tranché. D'une il ne croit pas aux dieux anciens, simplement parce qu'il estime qu'il n'y a pas de preuves concrètes à leur existence. De deux, même si les seraphs existent bel et bien, ce n'est pas parce qu'ils ont des origines divines ou autres qu'il leur doit quoi que ce soit. Il a en horreur l'idée de s'agenouiller devant qui que ce soit, homme, bête, dieu, robot ou mythologique et s'il y est forcé d'une quelconque manière, il ne l'oubliera jamais.

John prend toujours garde à apparaître fort en position de faiblesse et faible quand il a l'avantage. C'est un homme extrêmement patient et réfléchi qui place la logique au-dessus de tout. Tant que cela ne met directement en péril ses projets, traîner son honneur ou sa réputation dans la boue ne l'atteint pas ; à la fin il est toujours le dernier à rigoler. Ainsi les insultes le laissent indifférent et de manière générale il ne perd pas son temps avec des conflits stériles et autres combat de coqs.

Bien qu'il se plaise à penser être un être de pure logique, il est toutefois sujet aux sautes d'humeur, bien plus qu'une personne lambda. A son grand déplaisir, il a parfois du mal à se contrôler et organiser ses pensées et sentiments. Cela se traduit souvent par des bouffées de colère ou d'irritation qui surgissent - parfois sans crier gare - et le poussent à sauter à la gorge de son entourage, figurativement parlant. Cela le rend imprévisible et le pousse souvent à faire ou dire des choses qu'il regrette ensuite. Il considère ce trait de sa personnalité comme une faiblesse et travaille activement à y pallier.

Peu de choses peuvent l'irriter, mais il y un truc en particulier qui n'y manque jamais : la désorganisation. Quand John travaille, il aime avoir du calme et de l'ordre, avec tous ses outils au même endroit, toutes les pièces requises à ses bricolages et de l'espace pour manœuvrer. Il a appris à faire avec le désordre au cours de ses pérégrinations sur les territoires, ayant rarement un équipement optimal sur le terrain, spécialement en situation de crise. Malgré tout, travailler dans un environnement bordélique ne manquera jamais de le mettre de mauvaise humeur.

Au final il ne s'énerve que très rarement, mais quand il le fait les choses ont tendance à dégénérer, pour le meilleur ou pour le pire.

Sa nourriture préférée est un bon Smégalberto.

Histoire

Laveur de carreaux de père en fils, la lignée Yavin est on ne peut plus modeste. Ce n'est qu'en rencontrant une technomage d'Ellgard exilée que Coll trouva le courage d'abandonner les murs du Palais Royal d'Akhanta. Motivé par l'amour qu'il portait à la jeune femme, il parvint à monter son négoce et ouvrit une boulangerie dans les rues commerçantes d'Everbright. Ceci accomplit, il se résolut enfin à demander la main de la belle Rosemaria, laquelle accepta sans hésiter, éprise qu'elle était de cet homme et de ses promesses d'une vie paisible.

John naquit deux ans plus tard en l'an de grâce 395. Au grand plaisir de ses parents, mais surtout de celui de sa mère, il manifesta pour la première fois sa sensibilité à la magie à l'âge de deux ans. Bien qu'ils ne soient pas des plus aisés, Coll et Rosemaria se débrouillèrent pour économiser de l'argent, de sorte qu'ils purent l'envoyer à l'école à l'âge de cinq ans. Bien que turbulent, l'enfant se montra relativement studieux et surtout, doué pour la magie. Les bases de la technomagie lui furent ainsi enseignées par sa génitrice en plus du reste, le promettant à un avenir radieux.

Tout semblait aller pour le mieux, mais au fil des années le caractère joyeux et enfantin de John se détériora. A l'origine déjà peu sociable, l'adolescent devint solitaire. Certaines réalités qui lui avaient échappé durant sa jeunesse se firent de plus en plus criantes, telles que l'injustice que représentaient la Cour des Cendres pour le reste de la population d'Akantha, ou l'horreur absolue qu'était l'esclavage. Les contradictions qu'il remarquait souvent entre ce que lui enseignait sa mère ellgardienne et ce qu'il apprenait dans les écoles d'Everbright n'avaient de cesse de le laisser confus et en colère. Plus il en apprenait sur le monde, plus le jeune homme se refermait sur lui-même. Quand son père revint un beau jour avec une esclave elfique, ce fut le coup de grâce et John plongea dans une profonde dépression.

A quatorze ans, le jeune homme cessa d'aller à l'école et se réfugia corps et âme dans la magie où il poursuivit son apprentissage en autodidacte. Disposant d'une batterie offerte par sa mère quand il était encore un enfant, il expérimenta avec cette minuscule source d'énergie et développa son savoir en technomagie. Ce faisant, il se désintéressa complètement du monde extérieur, n'ayant malgré lui pas le courage de s'ouvrir à qui que ce soit, n'ayant même pas conscience que parler de ses problèmes était son seul espoir de salut.

Impuissant à aider leur enfant, Coll et Rosemaria se réfugièrent dans une contemplation passive, vaquant à leurs occupations sans se soucier de leur fils, lui laissant de l'espace dans l'espoir inavoué qu'il finisse un jour par se reprendre de lui-même. Immanquablement cependant et à intervalles réguliers, le climat malsain de cette situation les poussait à bousculer John, dans l'espoir d'obtenir une réaction de sa part. L'effet était toujours le même, le peu de progrès d'ouverture que parvenait à faire le jeune homme durant ces périodes où on lui fichait la paix était systématiquement détruit durant les accès de colère de ses parents. Ces derniers reprenaient alors leur calme pour de longs mois, ce jusqu'à la prochaine goutte d'eau. Ce cycle se répétait sans fin.

La seule personne qui parvint à percer la coquille de John fut Mel, l'esclave elfe sylvestre au service des Yavin. Révolté par la condition de cette dernière, le jeune homme n'avait la motivation d'entretenir une véritable conversation qu'avec elle. Quelques mois après son arrivée, elle était déjà devenue la seule passerelle reliant John au monde des vivants, ses rares amis ayant tous fini par se lasser d'essayer sans succès de l'atteindre.

Une jeune elfe d'une trentaine d'années récemment devenue esclave, un jeune homme triste et délaissé, ensemble ils pansèrent leurs plaies. Très vite, ses longues conversations avec Mel devinrent la seule lueur d'espoir de John, sa bouée au milieu d'un océan de ténèbres. Tandis qu'il aidait l'elfe à supporter les affres de sa nouvelle vie, elle le poussait à épancher ce qu'il avait sur le cœur, à lui confier ses inquiétudes, ses espoirs et ses hontes. Mel découvrit des facettes du fils de ses maîtres que personne n'avait jamais vus jusqu'alors, des éléments qu'il n'avait jamais partagés avec qui que ce soit. Elle était la seule à le connaître vraiment.

A l'âge de dix-sept ans, John vivait encore chez ses parents. Autour de lui le monde continuait d'évoluer ; la guerre entre Ellgard et Mearian battait son plein, Fhaedren était un champ de bataille et Akantha observait anxieusement le conflit. Le commerce de Coll et Rosemaria tournait bien et Mel s'était accommodée à son nouveau statut. Seul le jeune homme ne parvenait pas à aller de l'avant.

Un soir comme les autres, les parents de John craquèrent une fois de plus après une nouvelle remarque acerbe de leur fils. Attaqué sur son statut de maître d'esclave au beau milieu d'un repas, dans sa propre maison, Coll ne le supporta pas et explosa. S'ensuivit une longue engueulade où le couple avertit le jeune homme de ne plus jamais recommencer s'il ne voulait pas se trouver à la rue.

 - Oui j'ai une esclave ! terminait Coll après de longues minutes passées à hurler. Elle est chanceuse figures-toi, elle aurait pu tomber sur d'autres maîtres bien moins charitable que ta mère et moi ! Et je trouves un peu gros de recevoir des leçons de moral d'un morveux qui n'a jamais fait quelque chose de ses dix doigts et qui reste enfermé à longueur de journée !

Une veine battant à son front, John - qui n'avait pas prononcé un mot depuis le début de l'incendie - choisit ce moment pour renverser sa chaise, envoyer un regard assassin à son père et sortir comme un ouragan de la maison familiale.

 - Tu vas encore monter dans ton repaire ? entendit-il sa mère l'apostropher dans son dos alors qu'il passait le seuil.

Serrant la mâchoire, il ne répondit pas. Des étincelles de mana crépitant autour de lui, il escalada la façade de son foyer avec une grâce trahissant le nombre de fois qu'il avait emprunté ce chemin abrupt. Arrivé sur le toit et sur l'atelier qu'il s'était aménagé au cours des dernières années, son corps se mit à irradier d'une inquiétante lueur ténébreuse. Le cœur battant et l'esprit en ébullition, ajouté à la douleur causée par son énergie vitale en train d'être consumée, John laissa éclater sa colère et sa frustration.

Tandis qu'un film d'obscure lumière solide recouvrait ses possessions dispersées sur le toit, le jeune homme se rua sur ces dernières et frappa de toutes ses forces. Sa magie les protégea de ses coups au détriment de ses poings, mais il continua de cogner sans se soucier de la douleur, évacuant sa rage à chaque coup. Son aura ténébreuse pulsait à chacun de ses assauts, noyant la lumière et dévorant sa raison.

Quand la douleur devint insupportable dans ses phalanges ensanglantées, il sembla reprendre un peu son calme. Là, son regard capta les lampes des jardins d'Ismaël visibles depuis le toit. Plissant les yeux, il aperçut une foule en train d'assister gaiement au spectacle d'une troupe de danseurs. Cela avait toujours été l'une de ses joies, d'observer de loin les réjouissances organisées régulièrement dans l'espace public. Ce soir pourtant, les rires et la liesse pure qui résonnaient depuis les jardins étaient comme des lames plantées dans le cœur de John.

Sans même y penser, ce dernier leva une main en direction des danseurs et de la foule. Une boule de lumière ténébreuse se forma au bout de son bras et augmenta lentement en intensité. Quand elle fut chargée à bloc, John la maintint en place, son corps entier parcouru de tremblements.

Ses yeux détaillaient la foule, repérant des sourires furtifs, des visages joyeux, des gens qui se tenaient la main. Au coin de son œil, la boule de lumière obscure menaçait d'exploser en un rayon meurtrier, sa main la dirigeant vers les familles et les enfants présents dans la foule. Durant une fraction de seconde, il se sentit en train de lâcher prise, en train de libérer son mana pour laisser son sort partir. Puis dans un brusque éclair de lucidité, il comprit que ces dernières années l'avaient rendu totalement fou.

Solidifiant la boule de lumière une fraction de seconde avant qu'elle ne fuse sur l'attroupement, il la manipula ensuite pour la transformer en muselière qu'il enserra sur son visage. Là, détournant ses yeux des jardins d'Ismaël, il tomba à genoux et hurla de toutes ses forces. Sa création bloqua le bruit, faisant en sorte que personne n'entende le cri de rage du jeune homme. Quand il eut vidé ses poumons, il prit une grande inspiration et hurla de plus belle. Seul au milieu de la nuit, il évacua sa folie et sa détresse dans cette complainte silencieuse.



Une heure plus tard, allongé sur la table de son atelier, John observait le ciel étoilé qui veillait sur Everbright. Dans sa main, il triturait le caillou de cristal bleu qui servait de batterie à ses expérimentations. Le spectacle dans les jardins d'Ismaël était terminé, il n'entendait plus rien depuis cette direction. La nuit était paisible. Son corps entier lui faisait mal.

Entendant un bruit sur sa gauche, il tourna la tête et tendit l'oreille. Quelqu'un était en train d'escalader la façade du bâtiment à son tour. Une tête aux oreilles pointues surmontée de cheveux blonds émergea bientôt du rebord. Les yeux noirs de la nouvelle venue croisèrent les siens. Il détourna immédiatement le regard et revint à sa contemplation de la voûte céleste. Un peu plus loin, il entendit l'esclave atterrir sur le toit et venir à sa rencontre de ses pas légers. Il fit semblant de l'ignorer.

Mel s'arrêta à sa hauteur et l'observa pendant quelques instants.

 - Tu ne peux pas continuer comme ça John, finit-elle par lâcher, comme il ne semblait pas disposé à ouvrir la conversation.

Le jeune homme entrouvrit la bouche pour lui répondre, mais se ravisa au dernier moment. La tête posée sur ses mains derrière sa nuque, il ajusta sa position inconfortable et jeta un regard furtif à l'elfe.

 - Ils n'ont pas tort tu sais ? insista-t-elle une fois qu'il eut reporté son attention sur les étoiles. Ils m'ont acheté et je leur appartiens, tu n'as pas ton mot à dire.

Entendant ces mots, John tourna enfin ses yeux vers elle, abasourdi.

 - De quoi ?

 - Écoute…, reprit-elle plus conciliante en attrapant les mains du jeune homme pour en examiner les phalanges, j'apprécie que tu défendes mes droits, mais moi aussi je m'estime chanceuse d'être tombé sur ce foyer. Tes parents sont bons avec moi, je ne suis pas maltraitée.

 - Comment est-ce que tu peux dire ça ? s'indigna John en tressaillant malgré le toucher délicat de l'elfe. L'esclavage n'est pas acceptable, point à la ligne et mes parents sont des… sont des monstres. J'essaie seulement de faire ce qui est juste.

 - Oui… moi aussi j'ai essayé de faire ce qui était juste une fois. Regarde où ça m'a mené.

John grimaça à cette mention, assurément un coup bas de la part de la jeune elfe. Cette dernière était initialement née libre citoyenne d'Akantha, mais elle avait un jour commis l'erreur d'aider un esclave à se libérer, motivée par son désir de justice. Elle s'était faite attrapée cependant et comme le dictait la loi dans ce pays, elle avait été dépossédée de ses droits de citoyenne en punition, reléguée au rang d'esclave à son tour.

 - Tu ne peux pas continuer comme ça John, répéta-t-elle comme il ne répondait pas, vivre aux dépends de tes parents en leur servant des leçons de moral. Tu as beaucoup de principes, mais tu vis selon peu d'entre eux. Tu passes tes journées enfermé sans rien faire, à te laisser dépérir alors que tu n'as même pas atteint ta majorité, il faut que ça change.

Il en avait beaucoup dit à l'elfe au fil des années. Il lui avait fait part de ses réflexions, de ses observations sur le monde qu'il avait découvert au travers des livres qu'il avait lus, des leçons d'histoire qu'il avait suivies ou en écoutant les conversations politiques de ses professeurs ou de ses parents. John avait un code de conduite élaboré c'était une certitude, seulement il ne l'avait jamais mis en œuvre car rien ne lui arrivait jamais.

Mel était bien la seule à savoir tout ça. Personne ne le connaissait mieux qu'elle.

 - La vie peut être difficile, poursuivait la jeune elfe. Mais elle ne l'a pas été pour toi. Tu as eu une vie facile, tu n'as jamais eu besoin de t'endurcir et tu as fini par te laisser aller.

Tout en poursuivant son analyse, l'esclave elfe improvisée psychologue pour jeune antisociaux avait observé l'atelier de John. Elle grimaça en découvrant la fine couche rougeoyante qui ornait le sol et une partie de la rambarde selon une ligne brouillonne. Plus il utilisait sa Nova obscure, plus le corps de John menaçait d'entrer en rupture. Quand cela se produisait, une bruine de sang s'échappait alors de sa peau comme s'il se faisait trancher par une épée invisible. Le résultat n'était pas beau à voir.

S'apprêtant à faire une remontrance au jeune homme pour son comportement irresponsable, elle se retint toutefois quand ses yeux se posèrent à nouveau sur son visage. Une larme solitaire coulait sur la joue gauche de l'humain.

 - Ça a fait de moi un faible.

Cela en revanche elle ne l'avait jamais entendu. Préférant rester prudente, elle ne répondit pas immédiatement.

Une bile amère avait empli la gorge du magicien alors qu'il avouait pour la première fois son ultime honte. Il était faible. Comment pouvait-on expliquer autrement ce qu'il avait fabriqué durant ces cinq dernières années, à savoir absolument rien à part du bidouillage avec sa magie ?

 - Peut-être, murmura finalement Mel après avoir mûrement réfléchi à sa réponse (elle vint doucement essuyer le visage du jeune homme), mais tu es aussi quelqu'un de sensible, reprit-elle en posant une main sur son front, ouvert aux autres et capable de te soucier de ton prochain. Tu as juste besoin de te secouer un peu, sortir de ta léthargie. Et si tu as peur d'être faible, laisse-moi te dire qu'il n'y a aucune force à trouver dans l'apathie et l'inaction.

Un petit silence accueillit sa tirade. L'humain sembla y réfléchir pendant quelques instants, et pour la première fois depuis le début de cette soirée, un sourire filtra sur son visage, avant qu'un petit rire ne lui échappe.

Son amie trouvait toujours les mots. Aurait-il jamais son aisance à s'exprimer ?

 - Agir… agir pour faire quoi ? Je ne sais pas ce que je veux faire Mel. J'en ai pas la moindre idée.

 - Oh bien sûr que si, rétorqua l'elfe en allant se saisir d'une chaise (elle s'assit au bureau improvisé en matelas du jeune homme), si tu crois que je ne te connais pas… tu veux entrer dans l'histoire, sauver le monde et y laisser ta marque. Tu penses qu'il est déjà trop tard, mais c'est faux. Ce n'est pas parce que tu n'es pas né pauvre que tu manques de légitimité ou je ne sais quoi, ni parce que tu n'es pas né prince ou empereur que tu ne peux pas accomplir de grandes choses.

John était vraiment une pipelette dès qu'il était question de Mel. Elle en savait trop, c'était embarrassant.

 - Devenir célèbre ne m'intéresse absolument pas, minauda-t-il après avoir poussé un gros soupir.

 - Gros menteur, rétorqua-t-elle en ponctuant ses mots d'une pichenette sur le front. Écoute, la plupart des êtres ordinaires se plaisent à penser qu'ils sont des gens bien, et le reste se trouve des excuses pour agir s'en se soucier des autres. Toi tu te démarques du lot parce que tu désires véritablement aider les gens. Mais tu te cherches quand même des excuses pour ne pas passer à l'acte.

Démontrant ses propos, elle alla chercher la batterie dans les mains de son ami. Ce faisant elle s'empara de l'une de ses machines qui traînaient par terre et y plaça le cristal avant de la mettre en marche. Une bille de lumière solide se matérialisa au-dessus du léger dispositif et se mit à tournoyer dans les airs en cercles concentriques. Ceci fait elle plaça le tout sous les yeux du garçon obstiné pour le forcer à contempler sa création.

John avait inventé ce gadget dans l'optique de le placer sous les cuves de pâtes que manipulait son boulanger de père à longueur de journée. La boule était alors censée mélanger la pâte et épargner cet effort à Coll Yavin. Seulement John n'avait jamais eu la résolution d'en parler à ses parents. Ces derniers n'avaient jamais eu connaissance de ses efforts.

 - Mets tes talents à profit, insista Mel en se penchant au-dessus de sa tête. Tu as les ressources et la motivation pour faire beaucoup de bien autour de toi. Cesse de t'en prendre à tes parents ou de te soucier de moi et va voir le monde, il a besoin de toi.

 - Qu'est-ce que tu veux je fasse ? grimaça John avec un regard cynique. Que j'aille sauver la veuve et l'orphelin ? Je n'aime même pas parler aux gens, je ne suis pas bon à ça...

 - Certaines choses demandent plus de pratique que d'autres pour être maîtrisées.

Le laissant réfléchir aux implications de cette réponse, elle se redressa, retira la batterie et la replaça entre les mains ensanglantées du jeune homme, avant de poser le dispositif où elle l'avait initialement trouvé - par  terre étrangement, d'habitude John était plus soigneux. Ceci fait elle tira sa chaise en arrière et se releva.

 - Le monde est grand et il n'attend pas, déclara-t-elle. Il faut que tu arrêtes d'espérer que la vie produise quelque chose d'extraordinaire dans ta direction. Cela n'arrivera pas. Si tu veux que quelque chose arrive vers toi, il faut t'en donner les moyens.

Sa tirade terminée, elle observa le jeune homme qui avait subrepticement hoché la tête avant de reporter son attention sur étoiles. Un nouvel air déterminé faisait peu à peu son chemin dans son regard, John semblait plongé dans une intense réflexion. La voûte céleste se reflétait dans ses beaux yeux verts, qui apparaissaient bleus dans la pénombre de la nuit.

 - Peut-être…, hésita l'elfe, peut-être que la vie peut encore t'offrir un dernier petit quelque chose… pour te donner du courage.

Ces mots captivèrent l'attention du jeune homme qui tourna à nouveau la tête dans sa direction. Ces mots prononcés, Mel se pencha au-dessus de lui. Tandis que ses longs cheveux blonds tombaient en cascade autour de son visage, elle s'approcha lentement, avant de s'arrêter à quelques millimètres de lui. Le temps sembla se suspendre autour d'eux.

Doucement, leurs lèvres commencèrent à s'effleurer, les yeux de l'elfe étudiant le regard de l'humain, cherchant à être sûre de ce qu'elle faisait. Puis, elle sembla prendre sa décision, ferma les yeux tandis que sa main se posait sur la joue du jeune homme. Subrepticement, le contact de leurs lèvres se mua en un baiser léger et prudent et durant quelques secondes, la jeune elfe butina timidement celles de John avec la douceur d'une caresse.

Beaucoup plus vite qu'il n'avait commencé cependant, ce baiser se termina abruptement, Mel mettant soudain fin au contact en se redressant. John cligna des yeux, comme sortit d'un rêve.

 - Et c'est tout, déclara l'elfe. Je n'ouvrirais pas mes jambes pour toi John. Il faut que tu arrêtes d'attendre ; que tu arrêtes de m'attendre. Tu ne seras jamais heureux comme ça.

Une main s'attardant énigmatiquement sur ses lèvres, la jeune elfe hésita quelques instants. Puis elle prit finalement congé, laissant John seul sur le toit de la maison.

Ce dernier regarda longtemps l'endroit où avait disparu son amie. Puis une fois de plus, il reprit sa contemplation de la voûte céleste. De longues minutes passèrent.

 - Être heureux ne m'intéresse pas non plus.



Le lendemain, Coll et Rosemaria trouvèrent une note à leur réveil. A l'intérieur, John les remerciaient pour tout ce qu'ils avaient fait pour lui jusqu'à présent et s'excusait de ce qu'il leur avait fait traverser. Ensemble, le couple eut un semblant d'explications sur ce qui était arrivé au jeune homme au cours de ces cinq dernières années. Leur fils y expliqua ensuite que la seule solution qu'il avait trouvée pour guérir était de partir, d'explorer le monde, de rencontrer des gens et de faire de son mieux pour aider son prochain. Il leur promit finalement que ce n'était pas un adieu, qu'il reviendrait les voir le jour où sa vie serait de nouveau en ordre.

Mel retourna à l'atelier le jour même, après avoir appris le départ de son ami. Sur ce qui avait été son bureau, elle trouva un gadget qu'elle n'avait encore jamais vu, batterie déjà installée à l'intérieur. Comprenant que ce cadeau lui était destiné, elle actionna le dispositif en retenant ses larmes. Tandis qu'une fleur de lumière solide se matérialisait dans sa main, elle éclata en sanglots.

A part pour ces trois personnes, le départ de John n'eut aucune incidence. Ses amis et ses professeurs l'avaient oublié, personne ne regretterait son départ. Pour le monde il n'était qu'un fantôme dont on avait oublié l'existence. Il était temps de changer cela.

Les premiers mois furent extrêmement difficiles pour le jeune homme. Il ne connaissait rien à rien, ni au monde ni aux gens, et cette entrée en matière fut des plus brutale. Pour faire simple il se retrouva initialement à la rue. Ce n'est qu'en expérimentant la faim, la soif et le véritable désespoir des petits de ce monde que son instinct de survie entra en action et le mit sur les rails de la vie. Il se débrouilla pour survivre avant de retourner à ses racines, parvenant à se faire engager en tant que laveur de carreaux, comme son père et son grand-père avant lui. Ce petit travail dura quelques mois, le temps de le mettre en selle, et puis il partit dans un long voyage aux quatre coins du monde.

Aujourd'hui John vit au jour le jour, usant de ses compétences pour régler les problèmes des gens qu'il croise, demandant de l'argent en retour, ou bien le gite et le couvert à ceux qui ne peuvent se payer ses honoraires. Il va beaucoup mieux, aussi bien mentalement que physiquement et aide son prochain comme il le désirait.

Il aimerait toutefois faire plus, cherchant sans vraiment en avoir conscience une cause plus grande que lui à embrasser.

Profil

  • Pseudo : Nesiaam
  • Âge : 22
  • Tu nous as trouvé où ? La miss Blackwood qui m'a parlé de vous
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  • Personnage de l'avatar : Simple artwork
  • As-tu lu le réglement ? Oui
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Bienvenue !
J'ai éclaté de rire en lisant le titre juste. Tu soulèves combien de kilos en développé-couché ? Laveur de carreaux de père en fils, fils de boulanger ! 3622086245



“I will hurt you for this. I don't know how yet, but give me time. A day will come when you think yourself safe and happy, and suddenly your joy will turn to ashes in your mouth, and you'll know the debt is paid.”
by wiise
Je.
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Ce titre me rend confuse.

Bienvenue ! Le staff passe vite te lire !






Achillée murmure en peru, Aster gronde en darkgrey.

Bienvenue parmi nous! le titre est des plus original dis donc Laveur de carreaux de père en fils, fils de boulanger ! 1348971353
Bienvenue et bonne rédaction Laveur de carreaux de père en fils, fils de boulanger ! 3622086245 !


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TEMPS FORTS ҨL'histoire était originale, en soi rien de spécial mais justement celle d'une petite famille presque tranquille, et l'entrée en adolescence de John avec les tourments moraux qui se posent à lui, c'était super à lire. Un personnage plein d'humanité.

REMARQUES Ҩ Attention à bien te modérer dans l'utilisation de ta magie, tu n'as pas énormément de points dedans non plus et il faut penser à décrire les contrecoups comme la fatigue (ce que tu n'as pas fait dans tes compétences)

Sur ces mots, je te redirige vers la fiche personnage obligatoire afin de conserver une trace de ton évolution. Bon courage pour la suite !