Lost Kingdom  :: Mearian :: La Capitale - Theopolis, cité des dieux

Derrière le masque [Exil]

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Omnia
Luci

Ma
Chérie

La folie est un don de Dieu ~
Perdu. J’étais perdu dans des recoins sombres et obscurs, des endroits renfermés qui puaient la pourriture et la solitude. Enfermé dans cet esprit que je me plaisais à qualifier d’enfer. Il faisait froid, il faisait sombre, il faisait bien des choses déplaisantes à vrai dire. Dont la plupart m’obligerait à passer en hide. J’étais dans cet endroit indésirable, et pourtant je pouvais continuer d’entendre sa voix m’appelait, elle m’appelait désespérément, ou plutôt c’était moi qui était désespéré de ne pas l’entendre. Je ne savais pas, je ne savais plus, j’étais effrayé par les voix dans ma tête, j’avais peur de ce que je ne voulais m’avouer. Je me plaisais à me répéter que je n’étais pas devenu totalement taré, que j’avais le contrôle sur tout ce qui m’arrivait, que je n’avais pas besoin d’elle ni de ses bras … Je voulais y croire, sincèrement, que je n’avais pas besoin d’elle à mes côtés puis que j’avais toujours su survivre avec ma solitude et ma misère. J’avais traversé jusque là la plus sombre des routes vers l’enfer et j’en étais revenu, je peux vous montrer les cicatrices qui me brillent sur mon corps.

Je voulais lui crier de laisser ma dépouille dans le froid puisque j’étais déjà mort, je voulais lui assurer qu’il valait mieux qu’elle court très loin de ma personne que je puisse creuser un trou si profond, si sombre que je pourrais enterrer toute la beauté de ce que nous avions vécu… Je voulais lui dire que j’étais une bête noire, quelqu’un de pas fréquentable, une bombe à retardement qui finirait par la blesser, la faire pleurer, la faire souffrir et que j’aurais préférer crever avant de faire ça … Je savais pas quoi lui dire, ni quoi lui montrer pour ça imprime que j’étais pas une belle personne, j’étais une putain d’ordure, je méritais pas le bonheur, je méritais pas d’être bien, pas après tout le mal que j’avais fait … Et puis comment je pouvais faire ? Comment je pouvais accepter d’être bien après tout ce que j’avais fait … Toutes ces choses que j’avais fait, fait, fait et refait pour les regretter pour le reste de ma vie. Parce que je crois pas aux deuxièmes chances, je crois pas au pardon, je crois juste à ce que je vois. Si elle savait ce que je vois. Ce que je vois quand je regarde mon putain de reflet, cette horreur, ce démon, ce pov con, cette laideur, de visage comme d’âme. Un corps remplit de cicatrices un corps remplit de doute, remplit de haine envers moi, envers le monde, remplit de jalousie. Parce que je suis jaloux possessif, je suis instable … Je suis jaloux du monde eniter, je suis jaloux parce que je suis un crevard, je suis pas quelqu’un de bien, je suis pas né dans les hautes spères, je suis un cloporte parmi la vermine, je suis rien de plus qu’un détritus dans cette énorme benne à ordure. Je suis le roi des mouches, la pire des crasses. Rien que d’y penser ça me fout la gerbe, je rien de plus qu’un pantin, pantin du destin, pantin de forces qui me dépassent tout le temps. Vous connaissez ce sentiment vous aussi ? Cet instant où vous avez vos tripes qui se resserent de dégoût, ce moment où vous voyez le monde s’écrouler sous vos yeux, sur votre petite gueule, mais ça vous dérange pas, ça vous fait ni chaud ni froid parce que vous vous détestez, parce que comme vous n’êtes rien de plus qu’un chien, un chien qui prie, qui supplie pour des caresses. Je supplie soir et matin pour un peu d’attention, pour un peu de bonheur, un peu de douceur, parce qu’à l’intérieur je meurs de chagrin, je meurs tout court.

Je suis un voyou. Sans noblesse, sans cœur, sans humanité. Vous aimeriez le croire pas vrai ? Je vous rassure moi aussi. Je vous rassure parce que j’ai plus peur des hommes que des monstres. C’est imprimé partout, là où je vis, dans les ruelles sombres où j’ai grandi, ces même ruelles où les gens bien ne vont jamais. Je pourrais vous donner des tonnes, des armées de bonnes raisons pour qu’on me crucifie. Ouais je m’emballe, je sais pas vraiment où va cette écriture, faut croire que même le plus grand des assassins parfois à besoin de crier, il faut croire que parfois j’ai besoin de laisser les vannes ouvertes et tout cracher. J’ai mes angoisses, toi aussi petit élève modèle, petite conne parfaite, tu sais pas ce que je vis, ni toi ni personne d’autres, il faudrait un milliard de vies au moins pour savoir où j’en suis, vous savez pas ce que ça fait d’être le terrain de bataille du bien et du mal … Pourquoi vous m’aimeriez alors que moi-même je me déteste ?

Je me fous de votre affection ? Laissez moi rire, vous êtes ou aveugles ou alors complétement cons, vous arrivez pas à voir ce petit merdeux que je suis, ce petit con qui tente désespérément d’être un mec qu’il ne sera sûrement jamais avec sa peur des autres, ses obsessions, sa peur de suicide, de la dépression, avec ses phobies et ses métaobsessions. Je veux pas parler, je veux hurler, je veux frapper je veux détruire, parce qu’au fond je suis qu’un gamin qui veut de la reconnaissance et de l’amour, j’ai pas de courage, j’ai pas d’optimisme tout ce qu’il me reste c’est la peur, ma colère, et mes fantasmes tordus. J’ai tué des gens plus ce que je ne pourrais compter avec ma sale gueule. Pendant que je dicte tous ses mots j’ai le goût du sang dans ma bouche, mais c’est pas le mien. Animé par la rage et les remords ça fait longtemps que pour beaucoup d’entre vous je suis qu’un énième connard edgy, j’essaye pourtant de changer, mais tous les mensonges n’ont pas aidé pas vrai ? Parce qu’oui je mens jamais à mon public, mais je mentirais toujours, je me mentirais toujours en masquant ça en appelant ça du bluff. Je suis comme vous tous, j’ai peur du jugement dernier et du premier jugement. La vie malgré ce que je pourrais vous faire croire c’est jamais tout le temps blanc ni tout le temps noir, mais à force de se faire traiter comme un chien, que peut-on faire hein ? Putain comprenez moi quand j’écris ses lignes avec mon sang et mes larmes, je suis pas qu’un voyou, je suis tellement plus.

J’avais peur de faire confiance, j’avais trop donné, j’avais peur d’essayer, j’avais peur de tout, je voulais juste lâcher et abandonner. Bien sûr que je savais qu’elle pouvait être la bonne, bien sûr que dans ma tête se bousculait des miliards d’idées niaises et naïves, bien sûr que sur ma langue se confondait des centaines de poèmes, je ne savais pas quoi dire. Le corps ensanglanté par les lames, les yeux encore mouillés par la peur, je vins passer une main sur sa joue, du bout de deux doigts je venais caresser doucement ma belle Exil. Et alors que toutes ces idées venaient me fracasser le crâne. Je ne pus rien lui dire de plus que

« Désolé, je sais pas quoi dire. J’en avais envie. »

Qui fut ponctuait d’un petit rire. Rire sombre et triste.


J'ai perdu


Tourne, Tourne, Tourne, la jolie colombe.

Il court, elle court, ils ne savent pas vraiment vers où, ils ne savent pas vraiment pourquoi. Enfin si surement un peu, ils viennent de tuer des gens, viennent de se foutre dans la merde encore, comme toujours à dire vrai, ils n’arrivent pas à s’en empêcher ces deux-là, c’est plus fort qu’eux, plus fort que le reste. Toute cette histoire, toute leur histoire depuis leur rencontre est une succession de folie, de violence et d’imprévus. Qui n’aime pas cela après tous les imprévus ? Qui n’aiment pas les choses complètement folles ? Ils sont bizarres ces deux-là. Ils sont imprévisibles, violents et ils adorent ça. Ils se complaisent ces deux-là dans la violence, dans le sang, dans cette rage cette haine différemment transmise, différemment brulante, différemment consumée. Parce qu’elle les consume cette folie, cette folie sans foi ni loi, elle les enferme sans autre forme de procès sans autre sentiment que celui de rendre fou, de les faire perdre la boule, leurs repères et bien plus encore. Ni elle, ni lui ne sont libres et pourtant ils se targuent de leur liberté, se persuadent d’avoir toujours été libre alors que pas du tout. Ils en sont tellement loin, tellement loin d’être libre ces deux idiots. Ces deux fous.

Exil court, se planquant avec Luci loin du bruit, loin des risques, elle lui attrape la main et le guide dans une cachette qu’elle ne connait que trop bien. Elle n’a toujours pas vu sa blessure, et le traine dans ce sous-sol, là où elle lui fait signe de se poser, car ici ils auraient un peu de temps sans qu’on les trouve. Mais au moins là, elle pourra regarder les blessures du blond, parce qu’il est plutôt très amoché ma foi. Elle le force à s’asseoir contre le mur avec beaucoup de douceur cela dit.

« Tu es dans un sacré état tu sais ? »


Elle sourit amusée, une pointe légèrement inquiète dans la voix cependant, comme si elle n’avait pas pu le réprimer, comme si ça avait été plus fort qu’elle. Elle s’accroupit lentement, venant examiner les plaies que les lames avaient crée. Touchant ensuite du bout des doigts les larmes pour les essuyer. Des larmes, des larmes de peur, qu’Exil ne comprends pas, peut-être parce qu’elle n’a jamais pleuré. Mais la peur, cette peur par contre lui fait écho.

Tu sens le bout de ses doigts qui lentement, doucement, s’écrasent sur ta joue, te faisant frissonner. Doigts ensanglantés mais tu n’en a cure. Ton esprit est bien assez tourmenté, devient déjà bien assez fou avec les idées tournent encore et toujours à l’intérieur. Parce que tu ne sais pas, parce que tu as peur ma saloperie, peur d’avoir mal compris, peur que ce ne soit un énième jeu, qu’il n’est pas saisi la portée de ses propres mots. Sale gosse, Gamine crevant d’amour, trainée que tu es. Qui voudrait de toi ? Ton esprit oscille entre des milliers si ce n’est des milliards de questionnement. Tu l’as cherché longtemps, tellement longtemps cette personne qui voudrait bien de toi, cette personne qui t’aurait traqué plutôt que l’inverse. Mais t’es pas sure gamine, t’es terrorisée ma pauvre fille. Terrorisée d’être aimée autant qu’avide de ce sentiment destructeur, Terrorisée de faire une fois encore fausse route autant que de laisser passer la seule chance de ta vie. Tu ouvres les lèvres, lèvres que tu ne vois pas, ne sent pas trembler, parce que la sentence est irrévocable et que si tu te plante là, t’auras perdu plus que t’aurais pu le penser. C’est peut-être véritablement la première fois qu’il peut entrevoir la peur en toi.

« Ellyn disait souvent que les âmes sœurs n’existent pas, que l’amour entre deux êtres n’est qu’éphémère, qu’il est voué à mourir dévoré par la folie, les péchés et les égos. J’ai toujours voulu lui prouver qu’elle avait tort, autant pour ça que pour le fait que jamais personne ne pourrait m’aimer. »


Tu déglutis difficilement, tu ne sais même plus ou regarder, plus vraiment quels sont les bons mots, tu ne sais pas, non tu ne sais pas comment lui faire comprendre.

« Alors, si ton ‘’Je te veux ‘’ équivoque à ne serait-ce qu’un seul et unique pourcent d’amour, s’il veut dire ce que mon esprit croit… »


Si difficile , si douloureux à prononcer, ça ne t’a jamais fait cet effet là, ça ne t’a jamais chamboulé comme ça, toi la joueuse, toi la succube, toi la démone aux mille et une conquêtes, toi si sure mais si blessée à l’intérieur si dévoré par ta propre existence.

« Si le fait d’être avec un être comme moi ne te rebute pas, si c’est vraiment ce que tu veux, du plus profond de ton être alors… »


C’est là que tes mots n’ont plus de sens, et dépasse toute cette pensée sans que ni tête, alors que les larmes te montent pour la première fois de ta vie aux yeux.

« Epouse-moi. »


J’ai perdu.




Codage par Libella sur Graphiorum

Omnia
Luci

Ma
Chérie

La folie est un don de Dieu ~
Je ne savais pas quoi dire. Ni quoi faire. Je me sentais con c’était sûr, après cette dernière phrase … J’avais vraiment rien trouver mieux que de sortir que j’en avais envie … En même temps je me serais mal vu disserté sur le fond de ma pensée. Il y avait trop de conneries qui se bagarraient, je savais vraiment pas où donner de la tête. J’étais faible, perdu, comme un chien sur le trottoir. Jusque là je marchais, je passais de cuisse en cuisse, de bouches en bouches sans vraiment m’attacher vraiment, manipulant, détruisant sur mon chemin. Ma paix n’avait jamais vraiment tenu qu’au nombre de cadavres qui avaient pavé ma route. Et voilà maintenant que j’espérais me libérer des flammes, voilà que pour une fois j’avais l’espoir de revenir à la vie. Ne serait-ce que pour une dernière valse.

Elle te ressemblait sur bien des aspects. Elle ne fuyait pas ses démons, elle les embrassait, dans une spirale de violence et de ténèbres. Elle te rappelait à quel point t’étais foutu à l’intérieur, à quel point tu pouvais faire pitié. Et dans un étrange paradoxe, elle t’avait redonné de l’espoir. Ne serait-ce que pour quelques secondes, ne serait-ce que dans ton esprit tordu. Le fantasme c’est encore gratuit alors t’en profitais mon salop, même si ton monde ne tenait que sur un fil d’araignée. T’étais pas sauvé, tu venais juste de trouver un autre moyen de souffrir. Et en vérité cette perpétuelle recherche d’autodestruction, ne serait-ce que pour te sentir en vie un peu plus, ça faisait ton charme non ? Ou alors t’étais certains maintenant ? T’avais changé ? T’en savais rien, parce que t’étais pas plus intelligent. Juste un peu plus pommé que la veille. Tu t’y connais pas quand c’est beau, tu t’y connais pas quand c’est tendre. Et t’as aucune idée de la manière de gérer les choses.

Le beau blond qui n’avait clairement rien d’un prince la regardait. Ce qu’il y voyait le ravissait presque autant que cela le terrorisait. Si sur ses lèvres il pouvait lire la peur, la peur de l’instant, la peur de l’inconnu, La Peur qui les avait tout deux enlacé, s’il pouvait voir ça, il pouvait voir une lueur, une étincelle, un murmure d’espoir. Il n’y avait jamais cru, il avait bien trop l’habitude de se réfugier dans la crasse, mais il le savait. C’est avant l’aube que les secondes sont les plus sombres. Et elle était là. Son Aube. Aussi belle et scintillante, aussi fou que cela pouvait sembler.

Ma belle démone ramena Ellyn sur le tapis. En effet j’en avais presque oublié qu’elle était sa créatrice. Cette foutue peste noire qui planait. Cette gangrène qui avait réussi à immiscer son vice à travers les cœurs qu’elle avait rencontré. Elle ne m’avait pas rendu plus fou, non certainement pas, mais elle avait réussi à me manipuler dans ces petits jeux vicieux ; et j’étais sûr un jour de lui rendre l’appareil, mais là tout de suite toute ma vengeance s’étouffait au son d’Exil.
Passant ma main sur sa joue, puis dans ses cheveux, les lui caressant du bout des doigts j’écoutais attentivement tout ce qu’elle me disait. Je me laissais sombrer vers l’inconscience avec elle. Et c’était ce que je voulais.

« Si Ellyn était connu pour sa sagesse ça se saurait … Et puis se serait pas le seul interdit qu’on braverait … »

Murmurais-je doucement, presque coupable. Elle vint reprendre la parole. Réfléchissant quelques secondes, j’avais du mal à savoir comment quantifier mon amour … Ni ce qu’était vraiment l’amour. Mmh .. J’étais plus un player, j’étais plus un gamin quand il s’agissait de tout ça … Mais pour moi c’était toujours qu’une histoire de sexe, j’avais jamais pensé à tout ce que ses sentiments pouvaient provoquer. Un petit rictus vint se figer sur mon visage. Je venais de me rendre compte toute la folie de nos actions, mais si ça devait être fou, ainsi fût-il.

Alors qu’elle venait de finir, et que je m’apprêtais à me montrer un peu plus expressif que je ne l’avais été jusqu’à maintenant, mon cœur se serra. Mes muscles se raidirent. Mon corps tout entier s’embra d’une chaleur intense, dévastatrice et pourtant douce. Elle vint me demander en mariage. Il me fallut une seconde pour reprendre mon souffle, mais cette seconde me fit l’effet de plusieurs vies.

Approchant mon front du sien, reprenant un souffle à plein poumon je vins me lancer.

« J’ai jamais été doué en Math … A vrai dire j’ai jamais été doué pour les sentiments n’ont plus. J’ai jamais vraiment aimé, j’ai toujours eu peur de m’attacher, j’ai jamais voulu connaître ce que c’était … Je suis même pas sûr de ce que c’est. Aimer. On m’a toujours dit que j’étais amoureux des carnages … Une force qui me donne envie de te plaire jusqu’à la fin. Une folie dévastatrice qui parvient à me rendre heureux, une démence aveugle avec qui je veux continuer ma vie. Ce qu’il en reste tout du moins. Si c’est ça aimer, alors c’est pas un pourcent, mais c’est tout mon être et mon âme pourrie qui t’aime. »

Toussotant un peu de sang sur le sol, je vins essuyer mes lèvres avant de reprendre. Mes mains étaient tremblotantes. La douleur, le sang perdu, non ce n’était rien de tout ça. C’était simplement la peur de la vérité.

« Je suis pas tout blanc, je suis totalement pourrie. J’ai peur de vivre, j’ai peur de mourir, je suis totalement taré et j’aime à voir les gens mourir. Je suis attiré par le mal, je suis attiré par la bête, je préfère détruire que créer, je préfère détester qu’aimer … Mais toi je veux t’aimer. Alors serait plutôt à moi de te demander si t’es capable de m’accepter. Moi la pourriture qui a fuit l’empire, qui a executé des centaines d’innocents et des centaines de coupables. Ma propre famille. Mes propres frères. Ma vie n’est qu’une succession de ruines, et de morts. »

Resserrant mon poing violemment je vins m’arracher la peau. Du sang commença à perler de mon bras. Comme si j’avais besoin de ça en plus et que j’étais pas assez proche de l’agonie.

« Je suis mourant … Pas de ses foutus blessures, non là je suis juste dans un état … Pitoyable ? Je suis vraiment mourant. J’ai une tumeur. Une question de mois tout au plus … Je suis désolé. »

Je vins me relever doucement, ou plutôt je vins me mettre sur mes deux genoux. Les bras le long du corps du sang perlait de tous les côtés. J’affichais un grand sourire fier. Prenant sa main gauche et posant mon front contre le sien, je vins reprendre la parole. Mes doigts avaient cessé de trembler. Ma voix était calme. Je savais ce que je voulais. Et surtout qui.

« Alors … Si t’es capable d’accepter qui je suis, si t’es capable de vouloir l’immondice que j’ai été, voir le monstre que je suis et aimer l’abomination qu’il restera de ma personne dans l’histoire. Si tu veux de moi. Je serais tien. Jusqu’à que la mort nous sépare ou que la vie nous laisse en miette. Dans le malheur, la folie, le sang, les viscères et l’amour. Malgré une liste d’invité particulière pour le mariage. A tes côtés. A jamais je serais tien. Exil. Je t’aime »

Mes lèvres vinrent se rapprocher des siennes comme pour l’inviter à répondre à ma demande par un baiser.


J'ai perdu


Tu le vois avoir le souffle coupé à ta demande, demande simple mais tellement équivoque, plus qu’un pacte, plus qu’une promesse, c’est plus grand toi, plus grand que lui, une demande pareille, plus grand que vous deux. Et tu as peur, tellement peur, qu’il fuit, qu’il te fuit, d’avoir mal compris, d’avoir une fois encore sur-interprété des mots qui t’eurent fait frissonné, des mots si brulant, si apaisant, tel un baume sur ton cœur maladroit et meurtri. Il s’approche et tu ne bouges pas, tu es comme figée, proie attendant le couperet, il reprend son souffle, et tu fermes les yeux comme si tu ne voulais pas voir ça, pas voir le refus dans son regard, pas voir la haine, pas voir le dégout ou le rejet.

Stupide Trainée.

Et il commence, poésie lyrique à tes oreilles, chanson agréable et douce, imprégnée de vérité, parce que le pacte l’empêche de mentir. Ou peut-être simplement parce qu’il a envie d’être limpide avec toi, parfaitement honnête. Vous êtes perdus, autant lui que toi, vous deux, comme des gamins qui n’ont jamais connu l’amour, qui n’ont jamais véritablement aimé. Gamins perdus dans un monde d’adulte bien trop cruel que vous défiez sans même vous rendre compte, gamins désinvolte qui se donnent l’air d’être trop surs d’eux alors que vous êtes juste terrorisés. Des gamins.

Stupide Gamine.


Tu écoutes, tu écoutes sa vérité, son passé, son présent toutes ces choses que vous ne vous êtes jamais dit l’un est l’autre sur vous-même. Tu ne juges pas, comment le pourrais-tu toi ? Chacun ses casseroles comme dirait l’autre. Et puis tu entends, oui tu entends cette vérité violente, cette vérité qui brise ton cœur déjà fragile, vérité qui ne te fait pas changer d’avis, cette vérité cruelle. Il va mourir. Les jours sont comptés. Ironie, punition, ma saloperie. On finit toujours par payer pour ses propres péchés, pour ses erreurs, il y a toujours un retour à tout et on ne s’en sort pas indemne.

Tout arrive pour une bonne raison. Les tragédies quotidiennes et les malchances sont tous des événements significatifs menant à une conclusion idéale. En gardant ça à l'esprit, on peut dire qu'il n'y a pas vraiment de malheur sans raison.

Stupide Démone.


Et là, pour la première fois de toute ta vie, une larme. Tu te laisses enivrer par ces mots, si simples mais tellement puissants, ces mots que tu as rêvé d’entendre. Tu rouvre lentement les yeux, croisant ce regard vert, ce regard qui t’a hypnotisé dès votre première rencontre, tu sens ses lèvres proches des tiennes, qui n’attendent plus que tu montres comment tu as sombré, mais tu as aussi, oui, ta propre part de vérité. Ton propre passé, et tu veux qu’il le sache avant de sceller vos lèvres.

C'est à nous de choisir de quelle couleur on veut voir le monde.

« Je ne suis pas un enfant de cœur non plus. J’ai erré longtemps avant de te trouver, quatre cent ans, quatre cent ans à tuer, tout sur ordre ou non, à coucher avec n’importe qui, juste pour étouffer mes peurs. J’ai peur de vivre, peur de mourir, peur d’être seule, peur du rejet. Je n’ai toujours été que le pantin des desseins d’Ellyn ,le pantin des milles et un invocateurs qui m’ont demandé, la chienne de l’Empire, la chienne de l’ordre, la chienne de la Cour, la chienne de Nueva, la chienne du pauvre, ou du riche. Une bestiole galeuse, sale, tellement sale. »


Ce qu'on ne comprend vraiment pas, c'est soi-même.


Tu rapproches encore un peu plus vos lèvres alors que vos souffles se mélangent. Ton regard se plisse un peu, envahi par les larmes, les premières de ta vie. Tes doigts cherchant à se sceller avec les siens, enlacement léger, douceur extrême.

Je pense que les hommes ne sont pas assez fort pour vivre uniquement pour eux même.

« Je veux aimer ton passé, je veux aimer ton présent et ton futur. Je veux tout apprendre, tout accepter des recoins de ta personnalité, tes défauts, tes erreurs comme tes dernières volontés. Je veux vivre chaque jour comme si c’était le dernier tant que tu y es. Et si la mort décide d’en finir, alors je plongerais, je plongerais avec toi dans ce qu’ils appellent l’abîme éternel. Je veux être submergée de ta noirceur et que tu te noie dans la mienne. »


Tout ce qui te fait mal, Tout ce qui te fait souffrir, sera réduits à néant de mes mains.

Vos lèvres se frolent désormais, tu as presque fini. Peu importe le temps, peu importe les mois qu’ils vous restent ou même les secondes, cet instant pouvait bien être le dernier, il serait le plus beau, le plus beau de toute ta vie.

Ce n'est pas l'apparence qui compte, c'est l'âme.

« Il était deux étoiles, deux étoiles qui se cherchaient sans jamais se croiser, ça a duré longtemps, des années, de solitude et de folie, jusqu’à ce que la lune s’en mêle et ne les fassent se rencontrer. Je suis déjà tienne, et je le serais à jamais. Jusqu’à ce que la vie nous importe. Dans le sang, la torture, la violence, la folie, l’amour, je suis née pour t’aimer, née pour te trouver, peu importe la liste d’invités, ce sera le plus beau mariage du monde. A tes côtés. Je t’aime. »


Dans la vie et dans la mort, nous serons ensemble pour l'éternité.

Et tu sombres, scellant tes derniers mots par ce baiser qui te fait envie depuis si longtemps, meilleur que les autres, enivrant, décadent, mais surtout doux. Incroyablement doux et tendre alors que tes larmes se stoppent enfin, une onde de chaleur parcourant chaque parcelle de ton être.

Il existe dans ce monde quelque chose que personne n'a encore vu. C'est quelque chose de très doux et sucré. Et si tu avais été capable de t'en apercevoir, tu aurais espéré l'obtenir. C'est pour cette raison que le monde l'a caché. Pour être sûr que personne ne puisse mettre la main dessus. Mais un jour, quelqu'un le trouvera. Seul celui qui sera capable de le trouver le retrouvera. C'est ce que nous pensions à ce moment-là.





Codage par Libella sur Graphiorum

Omnia
Luci

Ma
Chérie

La folie est un don de Dieu ~
S’il vous fallait retenir un écrit à ma mort, je vous en pris retenez celui-ci. Puisqu’à cet instant précis, pour la première fois, j’avais l’impression d’être en vie. Cette seconde ne me permit pas de comprendre les intrigues qui gouvernaient l’univers, mais cette seconde donna un sens à ma misérable existence.

Elle déclara solennellement. Qu’elle était prête à m’aimer entièrement, sans condition, avec le mauvais comme le bon qui pouvait subsister au fond de mon âme. Mes doigts jouaient lentement avec les siens tandis que je me laissais paisiblement bercer vers l’inconscience à l’écoute de ses paroles. Si douces et sucrées. Elle voulait bien m’accompagner, là où le destin m’emmènerait même si celui pouvait décider d’en finir avec ma pathétique petite personne. Me posant doucement sur son épaule je vins fermer les yeux. Mes forces me quittaient lentement. J’avais perdu une bonne dose de sang et là j’étais pas vraiment dans la meilleure des positions.

Caressant doucement son dos je vins remarquer qu’elle saignait abondement elle aussi … C’était pas beau à voir et même si elle ne sentait pas la douleur, il fallait bien qu’elle le réalise, j’avais pas vraiment l’intention de perdre ma promise maintenant.

Elle vint les à nouveaux. Ces mots qui me plaisaient tant. Je t’aime. Elle le répéta encore une fois après m’avoir promis de m’accepter. De m’aimer. Il ne m’en fallait réellement pas plus.

Caressant doucement sa joue de ma main tremblotante, je vins répondre à son baiser. Tendrement. Passionnément. Sous couvert d’un baiser, l’espace d’un instant et pour l’éternité elle m’avait fait sien. Et cette seconde figea l’univers, comme si ce baiser avait fixé le temps. Comme s’il avait réparé tout ce qui avait pu être brisé dans ma personne. C’était comme si là. Tout de suite. Il n’y avait qu’elle et moi. Comme si l’univers nous avait cédé la scène pour une dernière tirade.

M’écroulant lentement sur son épaule. De fatigue. Je n’eus le temps que de prononcer dans un dernier souffle qu’une simple phrase. Chargé pourtant de tant d’émotions.

« Ma reine. La seule et pour l’éternité. »

M’écroulant lentement à ses côtés, je n’étais conscient de plus rien, je n’étais plus vraiment là. Pourtant un sourire s’était gravé sur mon visage et dans un même temps je sentais que c’était là où j’appartenais. C’était ma place. Dans ses bras.