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Les Anciens [PV Viladra]

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Viladra & Cérès



" Oh Terraris, je chante ton nom.  "


La période froide laissant enfin place au printemps imminent, un certain soulagement alors qu'elle fut particulièrement rude. Le soleil se lève sur la capitale et avec lui le chant des oiseaux s'élevaient, un véritable ravissement après leur long silence hivernale. Sous la chaleur des premiers rayons les ronces semblent frémir faiblement, quelques instant avant de reprendre leur immobilité épineuse grimpant et recouvrant presque entièrement le temple de Terraris. Les massives portes de bois s'ouvrent dans un bruit lourd et grinçant, Tertius déjà prête à accueillir les fidèles en cette journée où le conseil n'avait pas besoin de sa présence. Une première depuis longtemps alors que ces derniers mois avaient étaient une succession inquiétante de rencontres et de nouvelles peu engageantes, parfois complétement surprenante.
Les rumeurs parvenant tout d'abord de Mearian, celle d'un mensonge presque centenaire, trente seraph dont certains se seraient corrompus avec le temps, un lavage de mémoire de masse pour effacer jusqu'à leur existence. Le début de l'iceberg alors que certains répandaient qu'ils n'étaient pas des dieux. Une rumeur censée, les usurpateurs semblaient bien mal en point et cette nouvelle ravissait la sage avec une certaine satisfaction cruelle. Une nouvelle néanmoins menaçante par la réaction d'Ellgard alors que la propagande n'avait pas échappé au conseil des sages, Ellgard gagnait en puissance, un frisson lui parcourant l'échine alors qu'elle voyait déjà les images de leurs forêts rasés par les terribles monstres d'acier et de métal.

Nueva devait continuer ce qu'elle avait entrepris plusieurs mois plus tôt, se rapprocher de la cité sous marine voisine, mais surtout d'Akantha, une affaire en cours alors que la reine elle-même avait contacté le conseil et que septimus avait était envoyée sur place.
Mais la nouvelle qui attisait le plus son intérêt était les bruits qui couraient sur Atlantys et l’avènement d'un prophète d'Aquaros prédisant son retour imminent alors que le temple se serait relever de ses ruines par magie. Elle devait en apprendre plus, mais malheureusement l'Eveil était proche, une fête importante dans le calendrier et elle ne pouvait abandonner le temple en cette période, elle irait, après.

La silhouette svelte de la dryade se détourne de l'entrée, rejoignant la douce obscurité du temple pour allumer encens et bougies dressaient prêt de l'autel. Une présence qui s'impose alors que les ronces frémissent faiblement, une présence bien matinale alors que les premiers fidèles arrivaient rarement aussi tôt dès l'ouverture des portes. Lentement la dryade se détourne, sa longue robe blanche faisant ressortir sa chevelure écarlate tombant jusqu'aux reins encerclant sa peau couleur pastel, physique atypique et végétal d'une race au bord de l'extinction. Un visage solennel et une froideur pourtant douce, celui de la sage que certains surnommaient la reine des glaces alors que ses yeux azur se braquent sur la silhouette.

" Puisse Terraris guider votre journée. "
 

©️ Bebebe ♠️


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ft. Viladra

ft. Cérès

「nouveaux et anciens dieux」
Le soleil venait à peine de se lever et Nueva se réveillait lentement, bercé de son atmosphère reposante et apaisante. Il y avait bien une chose que je ne pouvais reprocher à cette nation, c’était bien ses paysages magnifiques et la beauté qui nous accueillait à chaque recoin lorsqu’on laissait son regard errer au hasard. Ellgard et son apparence industrielle faisait tâche à côté et si Akantha et Mearian savaient revêtir quelques atouts de charme, cela n’était pas aussi naturellement somptueux que la nation où j’avais décidé de m’établir temporairement. Oui, alors que j’avais pris l’habitude d’être de plus en plus indifférente à ce qui m’entourait, je me sentais étrangement bien dans cet endroit, et si même ma simple présence n’était que supercherie, je ressentais un bien-être en revanche bien réel.

Je me levais tôt, adoptant le rythme de vie bien carré d’Armelia d’Egloen. Je m’occupais de répondre aux quelques missives qui me parvenaient, bien que la plupart soient encore des lettres de condoléance pour la mort de mon pseudo-paternel. Quand c’était fait, je gagnais le tribunat et effectuai les menues tâches qui me revenaient. J’avais de la chance, le grand sage ne nous faisait guère mander et je savais qu’il me faudrait attendre une réunion pour pouvoir observer le déroulement du fonctionnement de cette nation avec un peu plus de profondeur. En attendant, j’étais libre de parcourir les villes en toute tranquillité, veillant à me faire discrète au cas où je croiserais les rares personnes connaissant ma couverture. Armelia était une jeune femme très renfermée qui ne possédait pas d’amis, mais on n’était jamais trop prudent, je n’avais pas envie de devoir fuir à chaque coin de rue…

Nueva était une nation que j’appréciais pour une toute autre raison. Contrairement à Ellgard qui était plutôt athée, elle était l’un des rares endroits où la religion était libre et cela faisait un moment que je commençais à enquêter sur la nature même des anciens dieux. Contrairement à mes pairs se faisant passer pour tels à l’Ordre des astres, ils avaient véritablement existé et je sentais ma nature sombre s’intéresser de près à Obscural, tâchant d’en savoir plus sur cette divinité déchue. La corruption qui me rongeait, ma folie, la malédiction propre aux séraphs… s’il y avait bien une entité qui pouvait potentiellement se rapprocher de notre noirceur, c’était bien elle. Etant donné qu’aucun culte officiel ne lui était rendu, je pris donc la décision de commencer par les temples dédiés aux autres représentations divines et le premier qui se présenta à moi fut l’autel de Terraris.

Cela ne manque pas de classe... Commentais-je, amusée.

Les murs étaient recouverts de lierre et d’autres plantes grimpantes, apportant une aura naturelle et mystérieuse. A l’intérieur, l’autel se dressait en son centre, encadré par les représentations du dieu sous les formes diverses d’animaux légendaires ou de statue finement gravées. Nueva n’avait rien à envier aux artistes de sa voisine, et j’avais vu assez d’œuvres dans ma vie pour pouvoir l’affirmer…
Une présence se manifesta dans mon dos et je ne réagis pas, consciente que ma fausse identité m’empêchait d’agir comme la mage que j’étais. Une voix profonde s’éleva alors, m’apportant des paroles pleines de foi et de solennité. Me retournant alors, je vis la dryade veillant sur ce temple qui me regardait tout en s’approchant. M’inclinant profondément vers elle, j’affichai un air humble ainsi qu’une posture d’une politesse parfaite.

Dame Cérès, c’est un honneur que de vous rencontrer. Dis-je alors. Je ne voulais pas troubler vos pensées, je ne souhaitais que venir voir de mes yeux ce lieu si somptueux pour en apprendre plus sur les divinités…

Peut-être pourrait-elle me donner quelques informations ? Après tout, si c’était l’une des prêtresses de Terraris, il y avait fort à parier qu’elle ait d’autres savoirs sur les anciens dieux…

… Je n’ai jamais été élevée dans la foi, je ne suis qu’une ignorante mais depuis… Depuis un tragique incident, je ressens en moi le besoin de me raccrocher à quelque chose… Et les citoyens baignant dans la lueur des dieux ont l’air si serein, peut-être que je me leurre, je… Je ne sais pas.

Mensonge, hérésie. Mais pouvait-on blâmer celle qui fut élevée comme une déesse et victime de l’usurpation des autres de mentir à son tour ?




Viladra & Cérès



" Oh Terraris, je chante ton nom.  "


Le regard d'azur se perd sur l'inconnue, détaillant son visage et ses traits, un visage familier alors qu'elle est persuadée de l'avoir déjà croisée à quelques occasions, si sa mémoire ne lui jouait aucun tour il s'agissait de l'une des tribuns d'Alexander, une humaine, comme la majeur partie de la population mondiale. Sa remarque lui tire un faible sourire alors que son regard vient se perde sur les murs recouverts de ronces.

" En effet, cela peut en impressionner certains, mais il fallait bien quelque chose qui marque les esprits. "

Un ton neutre et pourtant presque amusé malgré cette façade glaciale si caractéristique de la sage. Terminant d'allumer l'encens elle se rapproche finalement de l'inconnue d'un pas lent et aérien.

" Eh bien dans ce cas bienvenue. Ce temple est ouvert à tous et j'éspère que vous y trouverez ce que vous êtes venue chercher ici, je ferai de mon mieux pour vous y aider si vous le souhaitez. "

Une réponse sincère et un regard emplit d'intérêt, mais chaque chose en son temps.

" Je suis certaine de vous avoir déjà croisée, vous êtes tribun du grand sage n'est-ce pas ? "

Un léger silence, moment de flottement avant de finalement se rapprocher d'un immense tableau représentant des silhouettes émergeant d'arbres et de plantes diverses.

" Ce tableau représente la naissance de mon peuple, des dryades, les enfants de Terraris. On raconte que le dieu ne voulait pas créer à partir du néant et qu'il créa la vie à partir de celle qui existait déjà, celle de la végétation afin de créer ses enfants, les liants définitivement à la terre et à lui-même. Quand une dryade née, une plante également et pour la vie l'une et l'autre sont liées dans leur essence, jusqu'à la mort. Une idée sublime quand on y pense, mais aussi terrible quand la technologie et l'industrie se développent. Aujourd'hui notre race est au bord de l’extinction, tout simplement par ce que notre essence même l'est aussi. "

Les mots ne sont pas posés et pourtant dans leur teneur c'est l'ombre d'Ellgard qui plane tel un monstre d'acier pour annihiler toute vie. Une ombre finissant par passer alors que son visage aux couleurs pastels se retourne vers la tribun.

" Le temple est calme aujourd'hui, alors que savez-vous exactement des anciens ? Et surtout que voulez-vous savoir ? "
 

©️ Bebebe ♠️


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ft. Viladra

ft. Cérès

「nouveaux et anciens dieux」
Cérès était quelqu’un de calme et réservé mais une aura de sagesse émanait de sa personne. Voilà bien longtemps que je n’étais plus très réceptive à ce genre de charisme, mon humanité s’étant peu à peu étiolée au fur et à mesure que ma corruption grignotait mon âme. Seulement, elle était sans doute une source non négligeable de savoir et il serait stupide de ma part de s’en passer.
Elle fut donc naturellement à mon écoute, comme l’étaient tous les porte-paroles de divinités et je me rappelais du temps où mes anciens fidèles répandaient mes mots comme une trainée de poudre. Seulement, elle servait un ancien dieu et si cela n’avait aucun lien avec ma mission originelle, c’était tout de même une curiosité personnelle qui me taraudait. Je me fichais un peu de Terraris, qu’il ait existé ou non, mais la présence possible d’Obscural était beaucoup plus intéressante… L’existence de bon nombre d’artefacts à son effigie avait suffi à éveiller mon attention et peut-être serait-elle à même de m’en apprendre plus sur lui.

Je vous remercie de votre hospitalité, ma Dame. Votre présence et votre grande sagesse sont un honneur pour moi.

Elle me demanda ensuite si nous ne nous étions pas déjà croisés et je sentis mon sang se figer une fraction de seconde avant d’être rassurée. Evidemment, malgré ma discrétion, j’étais tout de même la tribun du grand Sage Octavus, ce n’était pas étonnant que mon visage soit parfois retenus par les plus observateurs.

Je… Oui, effectivement, j’ai pris mes nouvelles fonctions récemment et j’avoue être un peu intimidée par ces responsabilités effrayantes… Je cherchais un peu de paix en venant ici, en plus de réponses à mes humbles interrogations.

Elle me montra ensuite la grande fresque sur le mur du temple et m’expliqua sa signification. J’avais déjà croisé quelques dryades, la dernière en date étant le pape de Mearian lui-même. Il était vrai que leur race s’amenuisait petit à petit, mais je n’avais aucune pitié pour eux. Moi-même j’étais issue d’une espèce ou notre nombre était de trente, une quantité dérisoire comparé à ceux qui grouillaient sur cette planète. Notre immortalité était notre seule façon de continuer à exister puisqu’il nous était même impossible de procréer…

Reportant mon attention sur la sage après avoir décroché mon regard de l’œuvre d’art, je joignis mes mains devant moi, triturant nerveusement mes doigts entre eux en affichant un air intimidé.

Je… Je suis désolée, je ne connais pas grand-chose des anciens dieux. J’ai parfois entendu des mythes à leur propos, j’ai souvent frémis quand j’ai entendu parler de la divinité déchue, Obscurale et je suis effrayée de savoir qu’il existe même des objets ayant été approchés par ces êtres supérieurs. Peuvent-ils nous aider ? Nous détruire ? Parvenez-vous réellement à communiquer avec eux ?

J’avais laissé ma voix s’emporter peu à peu et je me calmai d’un coup, prenant un air désolé.

Veuillez me pardonnez de mon emportement, mon ignorance est immense et je ne sais pas où commencer… Je ne connais pas leurs origines, leurs apparitions possibles et leurs vertus. Je ne sais pas comment pratiquer cette foi qui arrive à guider les plus démunis et les plus faibles comme… comme moi. J’admire cette force qui se dégage de ces religions mais je ne sais comment l’atteindre.





Viladra & Cérès



" Oh Terraris, je chante ton nom.  "


Un faible sourire alors que tout s'explique sur cet air familier de la jeune femme, elle était l'une des tribuns d'Alexander. Les paroles de la jeune femme sont comme une sorte de torture alors qu'elles continuent de s'écouler, une femme manquant d'assurance et semblant doté d'une grande timidité, une chose qui lui attirait la sympathie de la sage, même si cette dernière se doutait qu'il y'avait quelque chose d'autre, une personnalité aussi peu assurée et timide n'aurait jamais été élu tribun autrement et cette simple donnée faisant d'elle une interlocutrice à ne pas sous-estimer, méfiance était mère de vertu et si cette jeune femme suscitait une sorte d'instinct maternel chez la dryade elle le réfréna tout en tentant de garder bienveillance et objectivité.

Cette dernière continue sur son cheminement de questions, abordant la question du ténébreux, sa voix s'emportant quelque peu et suscitant un étrange sentiment chez la dryade, incapable de mettre un mot sur ce dernier elle le mit de côté tout en tentant de garder en mémoire cette étrange sensation. Un emballement disparaissant pour un air désolé et un nouvel excès de manque d'assurance. S'approchant de la jeune femme vraisemblablement en plein questionnement et recherche d'information sur les anciens elle lui répondit simplement, afin de ne pas bombarder son esprit de données complexes et inutiles.

" Nous avons perdu nombre de savoir précieux avec la chute de Fhaedren. Mais les écrits qui nous sommes parvenus et la mémoire orale relatent qu'au début le monde n'était rien qu'un immense vide où flottaient les cristaux, à la dérive. Dans ce vide une énergie se forma néanmoins, issue de ces cristaux, une conscience au delà de notre compréhension. Le début, Lumenal. De son errance et de ses interrogations il en rencontra d'autres comme lui, qu'il aida de sa puissance. Le premier, Aquaros, Le second, Aeros, Le troisième, Ignaris et le quatrième, Terraris.

Fatigué de ce monde vide et sans fin le premier eut alors une idée, celle de rassembler tout afin que jamais elles ne disparaissent de sa vue. Retournant voir les quatre autres il leur demanda leur aide et ensemble par la puissance combinée des éléments ils créèrent le monde. Si ce spectacle suffisait au premier, il n'en était pas le cas des autres et les irradiant de sa lumière créatrice naquirent de Terraris les dryades, d'Aquaros les sirènes et d'Ignaris les salamandres. Rien ne naquit d'Aeros qui n'était pas satisfait, ce à quoi le Début lui répondit qu'il vivait en chaque être et qu'il était donc partout, la dernière clef de l'équilibre des éléments. Combinant leur puissance ils créèrent ensuite les humains, habités des quatre éléments, légers comme le vent, changeants comme l’eau, capable d’une colère comparable au feu comme de la tendresse pour les leurs de la terre.

Ils continuèrent ainsi leur œuvre de création, une fois compléte Lumenal se retourna derrière lui afin de s'assurer qu'il n'avait rien oublié. Personne ne sait combien de temps cela dura, plusieurs années, siècles même qui pour les dieux ne sont quelques instants. Et alors qu'il se tournait vers l'extérieur une ombre recouvra sur le monde, elle avait une forme elle aussi, la fin, le dernier, Obscural. Il étendit ses bras sur la création et l'irradia, mais de sa puissance et de son touché rien ne naquit, il ne créait pas, il corrompait ce qui existait déjà. Revenant vers sa création Lumenal ne pu que constater l'ampleur des dégâts, des membres des races existantes avaient été corrompus pour donner des êtres avides de chaires et de sang, les ténébreux, vampires et goules notamment. Les sentiments bénéfiques avaient mutés et de nouveaux, négatifs étaient nés dans leur sillage, le parfait de la création n'était plus.

Ensemble les cinq jurèrent de protéger le monde de la corruption du dernier car un jour il reviendrait. Ils se montrèrent aux peuples de la création et leur délivrèrent différents messages tout en leur enseignant certains de leurs savoirs. Parmi les messages, ils mirent en garde les races contre les cristaux et les envoyés d'Obscural qui tenterait d'éloigner les mortels des dieux afin qu'il puisse prendre le contrôle, jaloux d'avoir été écarté de la création. "


Sa vois s'arrêta enfin dans son récit, son regard céruléen se posant sur son interlocutrice en espérant qu'elle ne l'avait pas perdu dans son histoire, prête à poursuivre et répondre à de potentielles nouvelles interrogations.

 

©️ Bebebe ♠️


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ft. Viladra

ft. Cérès

「nouveaux et anciens dieux」
La prêtresse se prêta au jeu de mes questions et j’eus droit à une longue réponse détaillée sur l’origine des anciens dieux. Evidemment, avec l’âge, je connaissais tous ces mythes et elle ne m’apprenait pas grand-chose, mais je pris un soin tout particulier à simuler la surprise et l’intéressement au plus haut au fur et à mesure que ses paroles sortaient de la bouche. Je ne savais pas quoi penser de ces divinités… Il était évident pour moi que les séraph n’en étaient pas, mais était-il obligé qu’il y en ait d’autres ? Ou n’étions nous tout simplement pas le fruit de la science et de la magie ? C’était une question que même moi, un être centenaire, ne pouvais y répondre.

Lorsqu’elle termina, un léger silence suivit ses mots et je pris un air concentré comme si j’enregistrais chaque information qu’elle avait pu me transmettre. Laissant ensuite les émotions couler le long de mon visage pour aborder un air plus triste, je relevai mon regard vers elle et repris la parole.

Ainsi, c’est Obscural qui est la cause de toutes les noirceurs de ce monde. Est-ce sous son influence néfaste que mon père m’a quitté ? Dois-je lui en vouloir à lui pour le mal qu’il m’a causé ? Et vous dites qu’il peut revenir ? Comment est-ce possible !

J’avais volontairement laissé ma voix trembler afin de parfaire mon rôle de jeune fille orpheline et esseulée. Après tout, le deuil m’accablait encore même s’il remontait à plus d’un mois, et quoi de plus normal que de trouver un coupable à la perte d’un être cher ?

Je n’ai pas été élevée dans la foi et j’ai toujours eu beaucoup de question sur l’origine de notre monde et les merveilles dont il recèle. Je me suis toujours en revanche demandée pourquoi il y avait tant de mal et de tristesse, et pourquoi nos créateurs nous ont ainsi autant accablé… Je comprends mieux, maintenant, même parmi les divinités il y règne les ténèbres et nous ne pouvons que nous plier et subir face à elles. Je crains que l’annonce d’un retour de cet être déchu ne soit synonyme d’horreur, je suis… Je suis… Je ne sais pas comment réagir. Si un retour d’Obscural est possible, qu’en est-il des autres ? Nous viendront-ils en aide ? Par quels moyens ?

Une nouvelle fois j’avais laissé ma voix s’emporter et je me tus, dans un silence gêné.

Veuillez me pardonnez, je me doute bien que même vous n’avez pas forcément toutes les réponses à mes questions et je dois vous ennuyer avec mon ignorance…

Triturant nerveusement une mèche de mes longs cheveux noirs, je laissai mon regard errer autour de moi sans oser le poser à nouveau dans les yeux de la dryade.





Viladra & Cérès



" Oh Terraris, je chante ton nom.  "


En silence elle attend, observe les réactions sur le visage de son interlocutrice vraisemblablement chamboulée par les récits de la corruption, si son regard restait froid, son visage s'adoucit avec une certaine compassion devant cette expression naïve affiché par la jeune femme et ce qui semblait être le contrecoup de la révélation sur la corruption ayant provoqué les malheurs de ce monde. S'approchant d'elle, elle appose sa main avec douceur sur son épaule, un geste silencieux, mais pleins de sens avant de finalement répondre.

" Mal et bien sont des notions trop simples pour parler des anciens et de la création. L'ombre ne peut exister sans la lumière et à ce titre Obscural ne peut exister que parce que le premier existe lui aussi. L'un ne va pas sans l'autre, la pureté ne peut exister que si elle peut-être corrompue, cet idéal de perfection ne pouvait perdurer car il allait à l'encontre de l'équilibre. "

Un silence avant de poursuivre.

" La mort fait partie de la vie, il est facile de chercher une cause supérieure en blâmant Obscural, mais elle est pourtant l'une des choses les plus naturelles du monde. Vous n'avez pas à vous sentir maudite des dieux ou d'Obscural, mais la vie ne peut exister sans la mort, c'est l'un des premiers enseignements des dieux, de Terraris lui-même, la végétation meurt puis renait avec le cycle des saisons, car tel est l'ordre des choses et une condition nécessaire à l'équilibre.

Néanmoins, ce n'est pas pour autant que nous ne pouvons pas lutter contre la corruption du sixième, chacun fait ses choix, certains veulent que la corruption s'abattent sur le monde, tel sont ceux qui répandent la parole d'Obscural pensant être aimé de lui, mais il n'aime personne, il n'existe que pour corrompre et faire opposition au premier en étant complémentaire. Mais malheureusement le sommeil des anciens a rompu l'équilibre, le rendant plus fort à chaque instant alors que mises en gardes se concrétisent, c'est bien pour ça que nous œuvrons, que nous tentons de rétablir la foi en les cinq et empêcher son retour, pour maintenir cet équilibre précaire entre l'ombre et la lumière, car quand l'un domine l'autre, peut importe le sens, c'est là que le chaos et le véritable mal gangrènent. Imaginez un monde sans mort ? Un monde sans ténèbres ? Un monde ou la tristesse, la peur et la colère ne sauraient exister en tant que sentiments moteurs de nos êtres, nous aidant à évoluer ? Imaginez maintenant l'inverse, corruption partout, désordre, obscurité, absence total d'actes désintéressés ou de sentiments positifs en vers quiconque ? Ni l'un, ni l'autre ne sont des mondes enviables, des mondes valant la peine que l'on se batte, mais le notre ? Pensez-vous dans votre coeur que notre monde vaut la peine de se battre pour lui ? Si oui, alors les anciens sont déjà là malgré leur sommeil, avec vous."

 

©️ Bebebe ♠️


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