Lost Kingdom  :: Akantha :: El deserto

ray of light || ft. hyun

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Elle n’avait jamais foulé les terres d’Akantha auparavant. Cela fut bref et bien peu enrichissant selon elle, mais elle était finalement sortie du trou dans lequelle elle était retenue captive depuis sa tendre enfance ; pour ne pas dire depuis qu’elle était née. Mavis était une jeune femme pleine d’une curiosité qu’on enviait à un être juvénile, elle voulait arpenter le monde et l’observer avec de grands yeux - Ellgard, Akantha, Nueva ! Mais Mavis était également cet oisillon fragile qui ne pouvait sortir de sa cage sous peine de s’esquinter les ailes et de dépérir de lui-même face à l’atrocité et surtout la complexité de tenir debout dans un monde comme celui-ci. Alors comment était-ce possible qu’elle quitte la nation pour arpenter le désert, les montagnes pour aller dans un autre royaume ? Bien sûr, les raisons de sa venue à Akantha ne regardaient qu’elle et l’Ordre des Astres mais plus important, Mavis avait dix-neuf ans à présent. Son seul et unique voeu était d’avoir la chance de percevoir autre chose que le territoire de sa patrie, et cela ne fut pas une mince affaire - tous s’y opposèrent, encore une fois trop protecteur vis-à-vis de la Prêtresse et surtout suite à l’incident avec le Seraph Corrompu dont je ne citerai pas le nom, par simple respect de son intégrité, même si certains tiers étaient au courant de cette vicieuse affaire.

Son séjour à Akantha pris fin, après seulement un jour. Elle mettait à peu près une dizaine d’heure à traverser les étendues désertiques pour rejoindre l’autre territoire ; ainsi, elle avait pratiquement passé plus de temps dans la calèche qu’au sein des terres du Sud. Heureusement, les chevaux étaient enchantés par les miracles de Mearian et ceux-ci présentaient ainsi des capacités physiques bien plus importantes qu’une monture lambda, ainsi qu’une insensibilité à la fatigue et donc aux courses sur une longue durée. La calèche était bien grande pour un véhicule de cet acabit, et la Prêtresse était assise dans un petit compartiment situé à l’arrière, vêtue d’une robe immaculée - un voile opaque obstruant partiellement son visage pour les plus curieux et surtout par simple précaution. Elle observait le paysage désertique qui défilait devant ses yeux, laissant derrière les roues de la voiture un rideau de fumée dorée. Au compartiment du devant gloussaient quelques servantes et magisters qui l’avaient évidemment accompagnée par dizaine dans ce périple - il n’y avait jamais assez d’escorte disait-on, mais Mavis aurait rétorqué qu’une escorte trop composée n’était pas non plus de bonne augure c’est à cause de la multiplicité que l’on attirait l’attention bien souvent.

Le sol semblait être agité de sporadiques tremblements difficilement perceptibles sans être attentif. D’étranges histoires courraient sur cet endroit - bien souvent calme, il arrivait que d’immenses créatures surgissent des tréfonds sablonneux pour dévorer quiconque perturbait leur sommeil. Bien évidemment, cela n’était qu’un mythe. Sinon le trafic serait bien perturbé et ce chemin serait barré et de nombreux avertissements seraient mis en place, pas vrai ?

« Le sol n’est-il pas en train de trembler ? » souleva une domestique.

Sans que quiconque ne puisse réagir, le mythe se matérialisa alors en une réalité qui bientôt allait se transformer en funeste destin. La tête d’un monstre surgit du sol, en vérité personne ne l’avait remarqué mais elle se trouvait bel et bien à cet endroit précis pendant que la voiture passait à ce moment précis et une fois que l’immondice dévoila son corps il ne restait déjà plus rien de la calèche. Les plus malchanceuses furent directement englouties, tandis que d’autres furent sectionnées en deux par le corps et la constitution du monstre - l’Horreur, qui ressemblait à un gigantesque ver de terre blindé aux allures d’un centipèdes trouva de nouveau refuge dans le sable auquel il s’était arraché; machouillant goulûment le petit encas qu’il s’était trouvé. C’était comme s’il ne s’était rien passé, cela n’avait duré qu’une poignée infime de secondes. Il avait presque tout englouti ; autant dire qu’il ne restait que débris du véhicule ; peut-être quelques roues et morceaux de bois çà et là.

Et la Grande Prêtresse.
Sans doute par un signe des Nouveaux Dieux, elle ne fut même pas atteinte ; les seules salissures de son être furent ses prunelles souillées par les salves de sang et les restes de membres qui gisaient suite au passage du ver ; il semblerait en effet que, de justesse elle ne fit pas la cible principale de cette attaque et que longueur et son emplacement dans le véhicule était en réalité un signe des Dieux.
Mavis, après quelques reflux gastriques brûlant sa gorge ne pu s’empêcher de régurgiter tout ce qui était contenu dans son estomac pendant plusieurs minutes avec seulement quelques secondes de répit ; larmes se mêlant à ses substances corporelles. Terrorisée. Il n’y avait plus rien - il ne restait plus rien et les terres de Mearian bien que visibles, étaient littéralement inatteignable à pied et d’autant plus pour quelqu’un de sa constitution. Le sable lui rentrait même dans les yeux ; intensifiant davantage ses pleurs sans qu’elle ne trouve le moyen de réussir à se calmer - persuadée qu’elle allait périr ici, famine ou dévorée par des cerberus. Alors qu’elle se maudissait et se jurait de ne plus jamais quitter Mearian ; un bruit sourd se fit d’abord entendre.
Mavis releva la tête en essayant d’examiner la source de ce bruit, alors qu’elle essaya au départ de se lever ; ses jambes défaillant sous son poids et surtout l’anxiété de la fatalité. Le bruit se fit de plus en plus proche - un bruit qu’elle n’avait jamais entendu auparavant. Il n’avait rien de naturel. Mais si ce n’était pas naturel, c’était artificiel. Et si c’était artificiel, c’était le fruit d’une création d’un mortel. Salvation ou condamnation ? Biaisée.
Bientôt était visible une machine jamais vue auparavant. Celle-ci s’arrêta à son niveau - Mavis eu un machinal mouvement de recul ; ses poils hérissés, elle était totalement effrayée par cette chose. Cela semblait mécanique. Elle fit machinalement le lien avec l’Empire, et plus affolée que jamais rampa de quelques pauvres mètres en arrière - ses membres tremblant ne parvenant pas à fournir le moindre effort, même le plus minable. Elle se contenta d’ajuster son voile sur son visage, jusqu’à ce qu’un garçon sortit de l’engin.

Il n’était pas franchement effrayant, pour être honnête. Un petit gringalet aux cheveux de jais - elle ne parvenait pas à identifier au moins sa nature magique puisque rien n’émanait de son être. Un néant - il devait être humain et non réceptif. Ironiquement l’apparence peu despotique de l’homme l’aida à de nouveau franchir un pas dans le monde réel, elle qui était encore embrumée et secouée dans l’horreur vue auparavant - chaque vision provoquant un haut-le-coeur désagréable au fond de sa poitrine. C’est d’une petite voix qui se voulait à peine audible qu’elle se mit à parler la première ; peinant à trouver la force dans sa gorge pour expier ses mots interrogatifs.

« Q-Qui êtes-vous ? »

Ce n’était sans doute pas la meilleure question à poser ; elle aurait dû se jeter à ses pieds en le suppliant de le ramener chez elle, mais ne connaissant pas son identité elle préférait se renseigner dessus dans un premier temps. Parce qu’en fonction de sa réponse, elle n’hésiterait pas à se donner la mort grâce aux morceaux de verres jonchant encore le sol - préférant le suicide bien plus louable que de se livrer à l’Empire.



Illuminés par le soleil, l’adolescent débutait son ascension sur les terres royales d’Akhanta ! Un certain sourire trônait en roi sur le doux visage du jeune garçon, qui revenait pour la première fois après tant d’absence sur ses contrées d’adoptions.  Le sourire n’était qu’un minime reflet de la joie que procurait au jeune garçon, son retour sur les étendues désertiques d’El Deserto ! Une certaine euphorie avait envahi entièrement le corps du combattant cyan, tandis qu’il traversait la pampa à toute vitesse. Les paysages défilent sous les yeux du garçon à bord de son véhicule, dressait devant lui une toile parfaite représente une certaine nostalgie battant en rythme avec les tambours festives et incessant de son cœur d’aventurier.

Les saisons, des paysages, des aventures hors du communs avaient filés devant ses yeux maintenant matures, tandis qu’il avait quittés ses terres d’adoptions en ayant encore le regard innocent sur le monde, celui d’un jeune enfant. Pourtant même après avoir vécu toute ces aventures, avoir vus des choses hors du commun et appris tant de choses sur le monde qui l’entoure, cet endroit restera toujours le meilleur malgré que son regard sur la réalité des choses ait changés.

Fonçant à toute vitesse comme une véritable étoile filante au travers les dunes désertiques, Hyun s’approchait lentement de l’un d’un village, celui incarnant toute sa passion pour la pampa sous la juridiction d’Akhanta. Un simple petit camp où s’étaient réunis ceux que l’on désignait comme paria dans les contrées plus développée du royaume, l’adolescent savait pertinemment qu’ils n’étaient pas tous tendres, mais ils avaient plus qu’une colère ou bien de la violence à faire parvenir au monde et c’est ce qu’ils ont réussi à faire parvenir à ce dernier, faisant de lui l’homme qu’il est aujourd’hui.  

Hélas, rapidement son ascension fut interrompue.

L’adolescent venait de ressentir le sol tremblant sous ses pieds, annonçant une terrible catastrophe, encore une personne s’étant
sans doute perdue dans le désert et ayant atteint les zones dangereuses où les vers régnaient en roi lorsque Hyun n’était pas là afin de faire taire ces derniers. Les terribles bruits sourds de leurs assauts résonnaient et traversaient les dunes à la recherche d’une personne à avertir de leurs monstruosités, hélas pour ses dernières, il était celui qui allait réceptionnés le signal sonore.
Un mouvement brusque, plusieurs manœuvres avaient suffi au jeune garçon afin de prendre un nouveau cap, en direction de ce qui semblait être la source de cet horrible bruit.

Avalant la distance le séparant de la tragédie à vitesse folle, ce dernier savait pertinemment qu’il serait trop tard pour le plus grand nombre de personne, pourtant il ne s’attendait pas à retrouver qu’une seule personne. Ces derniers avaient donc fait un véritable carnage, montrant ainsi que ses voyageurs n’avaient absolument rien à faire dans l’étendue désertique, n’en connaissant pas les risques primaires.

Arrêtant lentement son véhicule au niveau de la seule survivante, Hyun observait son comportement. Cette dernière tentait de fuir tant bien que mal, mais ce qu’elle ne savait pas c’est que cette direction la mènerait encore plus profond dans la tanière des sables des vers.

Hyun observait encore quelques instants, ce dernier semblait donc beaucoup plus effrayant que l’une de ces créatures ? Il ne savait pas si cela devait être honorifique ou bien être une insulte, mais ce qu’il savait c’est que cette personne était en état de choc et même si cela l’avait fait rire quelques instants, ses moqueries devront prendre une pause, le temps de secourir cette rescapée.

Prenant bien le temps d’éteindre son moteur, faisait les dernières vérifications avant de finalement ouvrir son habitacle au reste du monde par le biais d’une porte qu’il venait de franchir quittant ainsi définitivement son véhicule et son confort.

L’adolescent se retrouvait finalement en proie au puissant soleil du désert, une sensation fortement agréable aux premiers abords réchauffant son cœur d’argent de ses puissants rayons, mais rapidement la température devenait étouffante et une véritable calamité. Après seulement quelques secondes, ce dernier se rendait à l’arrière de son véhicule, la machine offrait un nouveau compartiment s’ouvrant comme un coffre ce dernière donnait son contenu au propriétaire qui en sortis deux gourdes avant de le refermer violemment et se diriger vers la victime qui l’observait tout du long.

Après quelques instant ce dernier faisait finalement face à la jeune femme effrayée, cette dernière par son apparence n’était forcément pas du coin ce qui intriguait l’adolescent, surtout qu’elle ne semblait le reconnaitre, or les habitants du désert savaient pertinemment qui était Hyun. Il ne répondit par directement aux paroles de la femme, observant un peu plus cette dernière afin de peut-être savoir sa provenance ou bien même ses blessures, mais hélas ses recherches ne menaient à rien la zone était peu à peu envahi par le sable virevoltant dans les courants annonçant une tempête proche.

Enfin, d’une voix étrangement douce, mais avec un léger ton froids ce dernier prit la parole tout en tendant la gourde d’une main

Vous devriez boire avant de mourir de déshydratation.


Une courte pause émanait avant que ce dernier ne reprenne.

 Hélas pour vous.. Je ne suis qu’un voyageur ce n’est pas aujourd’hui que votre prince viendra à la rescousse.


Il affichait un léger sourire rassurant avant de reprendre

Vous vous sentez comment ? Aucune blessure ? Vous pensez être capable de vous mettre debout ou vous auriez besoin d’aide ?


L’adolescent l’aidait légèrement à se relever tout en la laissant faire à son rythme puis reprit.

 Excusez-moi de vous mettre autant la pression, mais nous devons faire vite, le temps se couvre et nous devrions pas rester dans les parages quand la tempête vas apparaitre.


Tout en indiquant son véhicule, Hyun invitait la jeune femme à le rejoindre, concrétisant son invitation en lui ouvrant la porte vers son habitacle.


Sa voix sonnait creux. Elle était effrayée par sa personne mais ses mots étaient juste, et c’est lorsqu’il lui tendit la gourde ; qu’elle réalisa la sécheresse de sa gorge qu’une force inconnue lui fit faire un pas en sa direction. Un pas, ou plutôt un geste, Mavis attrapa le récipient entre ses doigts tremblottants, buvant quelques timides gorgées sans réagir à sa remarque suivante - bien trop peu amusée par la situation pour esquisser le moindre sourire. Bien essayé cependant, pensa-t-elle. L’eau la rafraichissait légèrement, même s’il était vrai que le soleil tapait bien trop violemment contre son crâne, ce qui ne manquait pas de lui faire tourner la tête. A Mearian, les températures étaient agréables. Ici, c’était aussi aride que sec et totalement mortel pour quelqu’un de sa constitution. Elle referma lentement la gourde suite à sa question.
Un temps de réaction, puis de réflexion ; elle jeta un bref coup d’oeil sur son corps qui semblait intact bien qu’un peu égratiné ça et là à cause de la chute. Elle avait eu de la chance.

« Je… Un peu sonnée, souffla-t-elle. Je ne pense pas être blessée. »

Sans répondre à sa dernière question, elle essaya ainsi de se redresser pour en avoir le coeur net ; courbaturée, elle eut besoin de la petite aide du garçonnet pour réussir à tenir sur ses deux pieds. Son rythme cardiaque s’était un peu calmé en l’observant, de près, il ne semblait pas si menaçant que ça et la manière dont il s’était adressé à elle trahissait une sympathie qu’Ellgard n’aurait sans doute pas fait preuve. D’ailleurs, il ne l’avait non plus pas reconnue ; à Akantha et Mearian la Prêtresse n’était plus un énorme secret. Même si cela faisait à peine trois ans qu’elle avait occupé ce poste, ce qui était excusable en soit. Elle ne le regardait cependant pas, les yeux rivés sur le sol. Profondément gênée, encore apeurée.

Lorsqu’il la brusqua légèrement et se dirigea vers l’étrange véhicule qui s’ouvrit en un frottement sourd, elle fut ôtée de sa torpeur. Elle ne savait toujours pas ce que c’était et ne savait comment réagir face à cet engin, à première vue c’était quelque chose qui faisait office de moyen de transport. Plus ergonomique et rapide… Elle prit place dans la voiture, à côté de lui. Elle ne cessait d’observer ce nouvel espace, partagée entre admiration et frayeur. Le tableau de bord portait des signes qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Elle se demandait même si une technologie de ce type était maniable. Comment cela marchait ? Un flot de question qu’elle se réprima de poser, alors que la voiture démarrait. Le paysage défilait alors sous ses yeux…Mais ?

« Peux-tu me ramener aux frontières de Mearian ? ...Je viens de là-bas. J’étais partie en excursion à Akantha avec..ma famille. finit-elle par mentir, par simple réflexe d’autodéfense. Il n’y avait aucune raison à ce qu’il sache qui elle était, s’il ne le savait pas en premier lieu. C’était sans doute plus sage. Je m’appelle Esther. E-Et toi ? Que faisais-tu ici ? D’où viens-tu ? »

C’était vrai qu’il tombait ironiquement à pic. Allait-elle s’en plaindre ? Eh bien il fallait avouer qu’elle était vivante, avec du recul. Elle espérait juste que les airs qu’il dégageait n’étaient pas trompeurs. Après cette réflexion, elle l’observait discrètement du coin de l’oeil puisqu’avec le soleil elle avait plutôt du mal à le regarder fixement. Il semblait à peine plus vieux qu’elle, et pourtant il dégageait quelque chose de singulier. Et à la fois rien. C’était plutôt intriguant.

« Qu’étaient ces créatures ? Et… quelle est cette machine ? Je n’en ai jamais vue de telle. Cela ressemble à celles décrites dans certains ouvrages de fiction. »

De science-fiction.