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Sing a happy song [Solstice Evyld'hen] [terminé]]

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EVYLD'HEN SOLSTICE

Mage noir

Identité

  • Race : Démon
  • Âge : Pas connu
  • Orientation sexuelle : Pansexuel
  • Situation personnelle : Sentimentalement confus
  • Nationalité : Apatride

Points de caractéristiques

  • Physique :
  • Agilité :
  • Force :
  • Endurance :
  • (Techno)magie :
  • Mana :
  • Puissance :
  • Contrôle :

Compétences [0/3 slots]

Papillon de lumière :
Solstice Evyld'hen est le démon de la mélancolie hivernale, celle qui émerge lorsque les nuits s'allongent et que l'on aspire à la lumière, un spleen qui inspire et empoisonne. Cette dépression captivante, aussi subtile que néfaste, est plus ancienne que l'on ne le croit, quasi antédiluvienne.
Ainsi, la magie de Solstice s'épanouis dans l'obscurité mais se manifeste sous forme d'une lumière dorée et pure. Si dans la clarté, il est impuissant, le démon possède un savoir-faire insolite dans les ténèbres les plus profondes. Dès qu'il s'y trouve, à partir même d'une ombre, Solstice peut créer et contrôler totalement à volonté n'importe quelle entité sous forme de lumière. Cela peut être un ou plusieurs objets, des animaux, voir même un individu. Plus l'obscurité est totale, plus la création devient tangible. Elle peut évoluer d'une simple illusion à une sculpture matérielle lumineuse. Dès que ces créations sont touchés ou mis au contact avec n'importe quelle forme de lumière extérieure,
elles se désagrègent instantanément.
La fabrication favorite de Solstice est un essaim de papillons qu'il fait grossir tant qu'il peut, sans arrêt, à moins qu'il ne soit limité par un ordre ou une restriction. Il cherche à remplir l'obscurité de ses papillons jusqu'à ce qu'il n'en reste aucune part, ce qui peut prendre plusieurs heures pour espace de 20m².
Si dans un espace clos, dans une obscurité total, Solstice le remplis entièrement de sa lumière, cela brûle et consume quiconque s'y trouve au dehors du démon; un piège pervers qu'il met en place sans même en avoir conscience, uniquement attiré par l'allure de ses créatures.

Sous les projecteurs :
A la lumière du jour et dans une clarté artificielle, la magie de Solstice est non seulement impuissante, mais son enveloppe charnel est plus fragile. Il est alors extrêmement faible physiquement, peu vigoureux, lent et maladroitement dans les situations délicates.
A l'inverse, Solstice est plus tenace, plus rapide et plus fort la nuit. Plus l'obscurité est totale et plus elle dure, plus Solstice regagne une meilleure forme physique, peut régénérer ses blessures superficielles. A la fin d'une nuit d'été, il se trouverait dans une norme physique humaine standard,
tandis qu'au dénouement d'une nuit d'hiver, il dépasserait ce stade pour être largement plus coriace et efficace. Avantages se dissipant aussitôt que le soleil se lève.

Il est a noté que la lumière particulière et unique de sa magie est la seule à ne pas l'affecter. Elle ne l'affaiblit pas et ne contraint pas les autres créations tant qu'il se trouve dans un espace obscur clos.

Barde noir:
En dehors de sa condition de démon, Solstice aime le chant et la poésie. Il se considère comme un humble chansonnier et si il parle peu, aime beaucoup s'exprimer en vers ou s'essayer à déclamer des compositions. Son talent est relatif à son humeur et à son public, mais il a une voix et des mélodies qui sont souvent captivantes. Sa nature démoniaque est malgré tout étroitement lié à cette passion à son art. Ses vers sont parfois inconsciemment lié aux remords ou idées noirs de ceux qui l'écoutent et les y ramènent sans ménagement, enténébrant leur humeur.

Physique

  Ne respectant que les émotions, l’art et la pureté lumineuse qui traverse les corps, Solstice est totalement indifférent à son enveloppe corporel. Il s’étonne de la proximité qu’elle a avec les êtres humains, race la plus commune à présent en ce monde perturbé. Mais ni le sens qu’il pourrait avoir ni son esthétique ne l’intéresse et ne lui pose problème.

Toutefois, pour quelqu’un qui aurait la curiosité d’attarder son regard sur la forme qu’utilise le démon lorsqu’il est invoqué, seul véritablement deux détails pourrait lui faire soupçonner sa nature extraordinaire. Sa peau d’un léger gris blafard, évoquant celle d’un individu ayant été privé de soleil pendant des années, entraîne une certaine perplexité et probablement une hésitation entre les conséquences d’une maladie ou d’un traitement magique. Plus étrange encore, ses yeux pourraient, pour les plus impressionnables, glacer le sang tant le contraste est quasiment imperceptible entre la pupille, l’iris et le reste du globe oculaire, entièrement imprégnés d’un noir profond et obscur à peine nuancé entre les différentes parties. On ressent toutefois le mouvement de la pupille et le regard de Solstice semble par ailleurs peser avec insistance sur ce qu’il observe dans un voile d’incertitude.

Physiquement, le démon est donc très négligé, ne s’occupant pas ou peu de lui même. Ses sombres cheveux, rappelant des noires volutes qui s’échapperaient de charbons fumant, sont longs, emmêlés et fourchus, descendant nonchalamment jusqu’aux avant-bras,  d’un côté et de l’autre du corps.
Des mèches tombent souvent pour recouvrir partiellement ses yeux opaques sans que cela ne semble lui causer de désagrément ; toute la disposition de son corps n’ayant aucun impact sur le confort de son âme.

Solstice est raisonnablement grand, approchant des cent quatre-vingt centimètres, et d’une minceur extrême à la limite d’une inquiétante maigreur. Seul quelques muscles des bras et des cuisses se dessinent sur lui mais uniquement en contraste d’une reste frêle de son anatomie. Il est ainsi svelte mais aucunement athlétique. Il possède des mains douces et agiles, au doigts longs et féminins, semblant être destiné à l’art et au maniement des instruments de musique dont il n’a pourtant pas la science. Son visage, cependant, ne souffre pas de cette caractéristique. Il est symétrique et anguleux, fin et agréable et observe tant s’en dégage une sérénité en parfaite synchronicité avec ses traits harmonieux. Encore une fois, seul le tin de sa peau et les ténèbres de ses orbites dénoteront et accuseront autre chose qu’une simple beauté banale.

Depuis sa rencontre avec Nadjet, Solstice se revêt presque inconsciemment d’une cape d’un tissu extrêmement léger et fin qui recouvre son corps et dont le col et les manches sont largement trop grands. Il la matérialise sur lui pendant l’invocation, conscient de la pudeur qui existe dans les mœurs des mortels, et respecte cette tradition.

Il est a noté que son corps se renforce et regagne un peu d’allure lorsque celui-ci est plongé dans une obscurité totale pendant un temps suffisamment long. A l’inverse, plus il est exposé à la lumière, plus son gris tirera sur un aspect véritablement maladif et sa masse corporel s’effondrera peu à peu.

Caractère

Le concept de personnalité et le fait d’en posséder une propre a longtemps semblé insensé pour Solstice. Cependant, en notant que selon les sujets de conversation et les situations, son humeur pouvait changer et influencer ses actions, il du reconnaître qu’un véritable caractère unique et individuel lui avait été octroyé.

Celui lui permit de découvrir que la confusion qu’il avait toujours pu ressentir à propos du Solstice d’été était la somme d’un caractère qui marquait le sceau de son existence. Ses sentiments sont aussi en lien avec cette attitude en courante évolution qui est la sienne.

Au premier abord – et même après un long temps d’étude – l’on pourrait croire probablement que le démon est un éternel apathique au cœur froid. Son expression de neutralité est rarement déformée par un sourire ou un froncement de sourcil, et rien ne paraît l’étonner tant il peut répondre à toutes les questions avec autant de sincérité que d’indifférence.
Pourtant cela ne pourrait pas être plus faux. Si le démon pouvait se décrire, il dirait qu’il est né d’un désir et qu’il n’est qu’un sentiment exacerbé, multiple, complexe, et finalement matérialisé.
Solstice possède une immense pudeur de l’âme qui le fait conserver pour lui la plupart de ses opinions et de ses émotions, ainsi qu’une curiosité authentique et douce, lui donnant intérêt à tout écouter et tout observer. Cependant il n’est avide de rien : ni de biens, ni d’attention, ni même de connaissances puisqu’il peut vivre dans un endroit clôt et obscur pendant une éternité.
Le seul besoin qui l’anime et motive le reste de son caractère est sa joie dans la création artistique et sa fascination manique pour l’équilibre entre lumière et ombre (et par extension, d’un équilibre de toutes les choses). Il manifeste ce désir dans le chant, la poésie et la fabrication de formes lumineuses au sein d’une ombre pure, propice à l’imaginaire. De la même façon, c’est par ce moyen qu’il fait émerger et changer son humeur et sa personnalité.

Ne pas exprimer ces désirs ou vivre dans un constant déséquilibre qu’il juge aller contre l’ordre naturel, peut provoquer en lui des sentiments puissants et ardents qui commenceront par une timide indignation jusqu’à une démence furieuse.
A priori, l’amour et la haine ne guident ni les actes ni les idées de Solstice ; pourtant ils polarisent de façon tyrannique tout son être et font de lui un être entier de passion.
Atteindre une de ces deux émotions signifient un grand bouleversement dans l’âme du démon, et qu’il est poussé dans ses ultimes retranchements, rendant son attitude momentanément et drastiquement différente de la normale, donc imprévisible.

Solstice ne comprend pas son rôle de démon et celui-ci, comme le regard que pose les mortels sur lui, ont fait naître dans son cœur la connaissance de la perplexité et de l’hésitation. Puisqu’il est sentimentalement confus, il ne fait que profiter de l’opportunité que lui offre cette nature pour se chercher et se comprendre, tout en influent éventuellement sur le monde matériel afin de le repousser vers son équilibre originel ; faisant revenir un monde plus pur dans lequel il pourrait chanter pour le Solstice d’été et l’entité dont il se sent le plus proche spirituellement : Obscural.

En tant que démon, il n’est ni fourbe, ni pervers, ni sadique. Il est un bien étrange personnage avec qui faire un pacte diabolique. Il n’aime ni la fausseté ni la cruauté qu’il voit comme des essentialité dans l’univers mais non comme des sentiments productifs pour l’art.
Calme, exceptionnellement sage, et porteur d’une immense conscience, il se montrera fidèle et raisonnable envers son invocateur, respectant dans une scrupuleuse méticulosité les termes du contrat ; sans nécessairement les approuver. La seule contrepartie qu’il exige est sa liberté de chant, ainsi qu’une suffisante large de manœuvre pour ramener le monde vers une meilleure forme : ce qui nécessiterait de l’enténébrer quelque peu.

Enfin, en tant qu’incarnation du Solstice de l’hiver, le démon porte en lui une puissante mélancolie chargée de regrets sur son passé ainsi qu’une grande admiration pour l’avenir.
Il juge tous ses actions et œuvres passées indignes et mauvaises, et se responsabilise de la perte de ce qui lui était cher ainsi que de la situation mondial. Il s’octroie notamment la mission de parvenir à se dépasser et à créer une œuvre transcendant sa condition même, capable non pas d’affliger son lugubre spleen, mais de restaurer les lumières affaiblies et oppressées dans les âmes mortelles et éphémères. Indigné par l’état actuel de la magie et de l’univers, il s’oppose fermement à la déchéance et cultive donc en lui une discrète, intime et patiente abnégation pour sauver ce qui peut encore l’être de celle-ci.

Histoire

Vacille donc, flamme, petite flammèche
Illumine, grandit ; car naîtras avec toi,
Chaleur pour les servants et espoir pour les rois.
Vicieuse, pourtant, tu meurs au bout de ta mèche.

Et il ne reste que la nuit car tous les astres nous ont abandonnés.



Il n’y a que l’ombre, absolue, totale, complète.
Il n’y a que l’éternité qui dessine un arc d’une main à une autre. Les deux paumes d’Obscural dessinent ce royaume dans lequel pèse le silence et les ténèbres. Elles sont apaisantes, douces, froides, tranquilles. Mais on ne peut y chanter.
Pour chanter il faut le désir. Il faut de l’espoir. Il faut tendre à autre chose que le néant.

Evyld’hen se souvient d’Obscural, maître du véritable espoir. Il se remémore de l’écho qui le transperce et depuis le vide lui a donné une voix et une âme qui aime jouer avec les sons, des mots, de la langue pour créer des choses que l’on aime et que l’on trouve belles.
Toutes ces émotions, ces passions, sont apparus lorsque qu’il y eut une faible lumière vacillante dans l’obscurité et que des volontés se sont tournés vers elle en la vénérant, et en craignant plus que tout sa disparition. La bienfaisante et minoritaire lumière contre les malfaisantes et oppressantes ténèbres. Tout était en ordre alors. Les saisons. Les jours et les nuits. Le bien et le mal. La peur et l’espoir. Le remord et la fierté. L’amour, la haine, l’indifférence.
Et au centre de tout cela ; le chant. Le chant qui tend à être joyeux, et à persister comme l’écho de ce qui est éphémère. L’écho de la lumière.

Evyld’hen trouve sa place au milieu de tout ceci. Il émerge de la mélancolie alors que les nuits sont longues et froides, il est toute la lumière sombre que les esprits abattus cherchent à convoquer dans les heures les plus noires, dans les temps les plus mauvais.
Il est aussi un radieux piège. Une lanterne tendu au passant égaré et en proie au désespoir ; un feu sur lequel se jette les papillons de nuit, irrésistiblement attirés, pour se brûler et mourir. Il est un danger inconscient et confus, en quête du beau, à la recherche de ce vers quoi il tend toujours.
Sa nature le force à vivre dans un clair-obscur permanente, à chercher l’équilibre pour que le jour est une valeur précieuse. Il est le retour à l’ombre. Il est le solstice d’hiver, et un sentiment né de l’âme d’Obscural. Un authentique désir né du néant ayant eu pour résultat la quête d’un peu de poésie. Et il fallut nommer cette conscience inconstante et perdue.

Evyld’hen voit dans l’ombre Obscural, et dans la lumière le Solstice d’été.
Ces deux seuls êtres lui font ressentir toutes les passions ; il les adore, il les exècre, il les vénère, il les méprise. Mais surtout, il les comprend et les admire. Ils ne quittent jamais sa mémoire. Jamais.
C’est pour eux qu’il eu la première fois envie de chanter. C’est pour eux qu’il chante.


*


Il chanta pour Obscural sans que celui-ci ne lui demande et il n’eut aucune réponse.
Le Solstice d’été lui demanda de chanter pour elle. Elle…
Ce fut un instant précieux car il su alors pendant un instant ce qu’ils étaient l’un pour l’autre, et elle lui dit ce qu’elle pensa alors du poème qu’il écrivit et chanta.
Puis tout fut consumé. Il ne pu ensuite plus jamais aussi bien déclamer ni avoir à l’esprit toutes les émotions d’Obscural et du Solstice d’été car ils s’éloignèrent de lui.
Il se trouva seul et déclama d’abord seul. Puis à force de déclamer sans que nul ne puisse l’entendre, il perdit sa lumière. Il perdit sa voix.

Puis il fut invoqué.



*


Evyld’hen ouvrit les yeux.
Il faisait sombre. On était cloisonné dans un petit espace. Il voyait un objet.

-C’est une bougie, dit il.

Quelqu’un lui faisait face.

-Humain, ajouta t-il. Non. Humaine. Non. Humaine et autre chose. Sang mêlé.

Il décrivait du regard et parfois du commentaires vocaux la petite invocatrice. Pas plus d’un mètre et demi de hauteur, il la surplombait et elle le dévisageait avec scepticisme.

-Je… je me suis trompé ? Tu es bien un démon n’est-ce pas ?

-Oui ? Oui. Démon. Exact.

Il saisit ses longs cheveux noirs et emmêlés et la porta à son nez pour les sentir avant de les examiner calmement. Tout en les relâchant, son attention se reposa à nouveau sur la fille.

-Tu es un lézard.

C’était une brune aux yeux ambrés, au visage symétrique et parfaitement mesuré dans toutes ses proportions. De ce que pouvais en savoir Evyld’hen, il rayonnait de jeunesse et de perfection.
Cependant ses joues étaient cernées d’épaisses écailles et ses oreilles, pointues et extrêmement longues, trahissaient son hybridité.
Elle en rougit à peine tout en se contentant de froncer les sourcils :

-Ne redit pas ça, d’accord ?

-Oui.

Elle était toute mince et maigre malgré le fait qu’elle le cachait avec une ample cape blanche. Ou cela peut-être était l’accoutrement des invocateurs. La connaissance du démon n’était pas encore complète à ce sujet. Les informations lui venaient en tête de façon désordonnées, mais il ne se laissait pas submerger. Tout ce qui comptait pour le moment était qu’il avait récupéré sa voix.
Peu importe ses longs cheveux bruns, sa grande taille ou sa peau d’un gris délavé.
Il avait une voix. La seule chose qu’il avait à faire pour la conserver était de conclure un pacte avec cette petite hybride.

-Répond à mes questions, dicta t-elle. S’il te plaît…

-Oui.

-Tu es un démon ? Un démon de quoi ?

-Je suis le démon du solstice d’hiver.

-Quoi ? Qu’est-ce que ça veut… non attends, laisse tomber.

Elle soupira en baissant la tête. Elle ne paraissait pas satisfaite d’elle.
Evyld’hen tenta de percer les ténèbres mais ne vit rien d’autre qu’un escalier menant à une porte et la bougie. Il conclut une cave. Une cave bien trop sombre.
La fille reprit, quelque peu dépitée.

-J’ai fais une erreur n’est-ce pas ?

-Il va falloir préciser.

-Je n’aurais pas du t’invoquer. Hein ? Tu es un démon. Tu es dangereux. Dis moi tiens… non ! Plutôt… je te demande de me dire la vérité ! Je t’ordonne de me la dire au nom de notre pacte futur. Es-tu mal intentionné envers ton invocateur ?

Un léger silence passa. Evyld’hen s’interrogea légitimement sur ce qu’il pouvait répondre. Il ne s’était pas jamais demandé qu’elle pouvait être ses sentiments à l’égard des êtres pensant en dehors d’Obscural et du Solstice d’été. Il songea un moment sans changer d’expression, ce qui tracassa la jeune invocatrice.

-Tu es mon invocatrice.

-Oui !

-Je n’ai pas de mauvaises intentions envers toi.

Ils se regardèrent un temps, elle fit une moue, plein de doute dans le regard. Pour le démon, la complexité de ses émotions lui échappait encore beaucoup et ce n’est pas sans mal qu’il essayait de s’adapter à une conversation terrestre. Il clignait toutefois des yeux avec insistance. Le manque de lumière l’irritait ou plutôt… un désir d’en voir plus commençait à l’agiter.

-Est-ce que tu dirais que tu es dangereux ? Interrogea de nouveau la ravissante hybride.

-Dangereux ? Je peux agir pour l’être. Je peux aussi faire en sorte de ne pas l’être.

-Tu fais mine de ne pas avoir compris ? Ce que tu as dis n'a aucun sens.

Il comprit qu’elle le craignait. Elle voulait être rassuré. Réconforté.
Il aurait bien chanté mais ce n’est pas ce qu’elle voulait.

-Quiconque peut être dangereux. Faire du mal aux autres tient du résultat d’un caractère.

-Tu joues sur les mots ! Quel est ton caractère à toi, hein ?

Evyld’hen comprit ce qu’était la perplexité.
Parfois il n’y a rien que l’on puisse dire ou faire et pourtant quelqu’un attend une réponse ou une réaction. Si le concept de caractère lui semblait convenir pour un être éphémère, bercé par l’amour de la lumière et la peur de l’obscurité ; il n’en comprenait pas le sens pour lui.
Il lui aurait fallut une aide pour se décrire intérieurement ; de la même façon qu’il lui aurait alors fallut un miroir pour pouvoir se représenter physiquement.

-Tu refuses de me le dire ? S’impatienta la jeune femme, qui cachait tant bien que mal sa nervosité.

-Si. J’aime la poésie. J’aime la dire. Et la chanter.

Le démon qui venait d’expérimenter la perplexité, reconnu très vite ce sentiment dans l’air décontenancé que prit son interlocutrice. Elle haussa un sourcil.

-Tu te foutrais pas de moi ? Je t’ai dit de me dire la vérité.

-C’est la seule chose que je puisse dire avec certitude. C’est ce qu’il y a de plus vrai en moi.

Des couleurs traversaient son visage. L’ambre dans ses yeux remuait en dansait en rythme avec la seule petite et fragile flamme de la pièce. Ses lèvres tressaillaient alors qu’elle penchait la tête, tout en affrontant le remous des idées imprécises. Une mèche de cheveux jais descendit et coula le long de son front s’arrêter contre les écailles plates de son oreille longiforme.
Sa gorge contenait sa respiration saccadée et ses petits mains se serraient sous les manches trop large de sa cape. Tout en elle cachait son tempérament incertains et trop humain encore pour que le démon l’appréhende. Mais ce qu’il voyait bien et apprenait, c’était que tout sur elle criait ce qu’était la vie. Cette lumière éphémère – aussi éphémère que la flamme de la bougie – qui s’éteint avant qu’on ai le temps de la toucher ; elle se trouvait dans la vie, au sein de son court passage.
Il frissonna imperceptiblement lorsqu’il s’en rendit compte ; à ce moment même, elle étira ses bras et lui jeta son air résolu.

-Eh bien chante un peu pour voir.

Evyld’hen frissonna de nouveau.

-Bien.

Il inspira et laissa ses sentiments le traverser.


Aux soins de la nuit, je lègue mes malheurs
Car, sais tu, je suis, la seule parmi mes sœurs
A connaître la peine, à savoir l’effroi
A embrasser les chaînes, en éprouver le poids

Il n’y a que l’aube, le reflet de l’aurore
Qui m’appartient toujours, et que j’aime encore
Convoites tu, ami, de m’en prendre l’instant
De m’arracher ma mère, car j’en suis l’enfant

Comme toi je meurs comme un rêve
Comme toi, je vivais pour une heure
Afin d’avoir aussi ma part de bonheur



Jusque là déclamés en tâtonnant, ces derniers vers furent répétés par le démon plusieurs fois tout en développant une mélodie lancinante les accompagnant jusqu’à enfin chanter.
Il sentit son cœur s’enivrer et trouva une ronde dans la voix.
C’est ce qu’il avait souhaité.
Evyld’hen croyait alors ne chanter pour lui, mais il s’aperçut que la jeune femme pâlissait, perdait ses couleurs inspirantes, tout en détournant un regard luisant.
Il conclut sa chanson et laissa modestement la place au silence.


*



La bougie s’était épuisait et atteignait bientôt sa base.
Evyld’hen l’observait avec appréhension et espérait bientôt pouvoir s’occuper de ces ténèbres sans restriction.
Il était assis contre le mur de la cave, à côté de son invocatrice, prostrée, la mine baissée.
Depuis qu’il avait chanté, il ne chercha pas à percer ses sentiments nouveaux ou enfouis. Il se contenta d’admirer la patience de l’hybride au sein de son lugubre espace.
Il cilla à peine lorsqu’elle se redressa enfin un peu.

-Je suis Nadjet. Comment est-ce que je dois t’appeler ?

-Je suis né Evyld’hen.

-Evyld… c’est ton nom ? Est-ce que ça a une signification particulière ?

-Oui. Mais c’est difficile d’en trouver un équivalent  ici. Ce n’est pas vraiment un nom cependant… mais c’est de cette façon que je me conçois.

-Tu es un démon avec des problèmes identitaires je vois.

Elle souriait. Riait de sa propre remarque. Sans exagération. Juste assez pour qu’elle regagne des couleurs. Elle commençait à apprécier son démon.
Son démon avait bien envie de chanter encore pour elle. En essayant cette fois d’exalter la lumière en elle, et non l’inverse.

-Bon j’ai une idée, déclara t-elle. Tu as dit que tu étais le solstice d’hiver ou quelque chose comme ça ?

-Oui.

-Je vais t’appeler Solstice.  C’est un prénom décent autant pour un mortel que pour un démon, je pense.

-Solstice. Bien. Très bien.

Elle sourit de cette appréciation puis parut frappé par une pensée urgente.

-Ciel. Il faut conclure un pacte.

-Oui.

Elle prit encore des couleurs. Cela plaisait bien à Solstice.
Nadjet se racla la gorge se plaça en face du démon, tout en regagnant un certains sérieux.

-Bon je n’ai pas envie d’entrer dans le détail. Et je ne veux pas de remarques… si possible. Je t’ai invoqué pour… bon j’aimerais un peu de compagnie. Que tu restes ici et qu’on parle. Tu pourras chanter si c’est ce que tu aimes. Je t’écouterais en échange. Si jamais je n’ai plus d’ordres à te donner… ou même si tu te lasses de ma présence. Eh bien je te libérerais de tes engagements. Est-ce que ça te va Solstice ?

-Oui.

Ils se dévisagèrent de nouveau. Elle parut surprise. Solstice ne comprit pas pourquoi.

-Tu n’es pas étonné ? S’enquit elle, cette fois en rougissant clairement. Cela doit être une première pour toi d’un pacte conclut sur la base d’une pauvre fille tellement désespérée qu’elle recherche la compagnie de n’importe qui.

Solstice cilla.

-Cela ne m’étonne guère. Si j’avais pu, j’aurais fait la même chose.

A ces mots, elle éclata brièvement de rire. Un rire brisé. Même Solstice pu le remarquer.
Aussitôt la bougie s’éteignit et ils se retrouvèrent tous dans l’obscurité absolue.

-Ciel, s’exclama Nadjet.

Cette pression des ténèbres provoqua comme un réflexe irrésistible et naturel chez Solstice qui fit émerger de sa paume une orbe luminescente qu’il fit flotter dans les airs.
Nadjet et lui la regardèrent avec des yeux contemplatifs, attentifs. Il était apaisé tandis qu’elle s’émerveillait réellement, ce qui le ravit.
Elle laissa échapper un soupir de fascination.

-C’est ta magie ? Tu peux en faire d’autre ?

-Il suffit de demander. Nadjet.

A ces mots il fit jaillir sans effort dans cette obscurité parfaite, un grand nombre de boules matériellement tangibles, flottant au gré sa volonté dans les ténèbres comme un feux d’artifice doré et ralentit.

Nadjet observa longuement la scène comme une jeune enfant.
Solstice observa Nadjet. Il eu une seconde le sentiment de se trouver près du Solstice d’été.
Cela lui ci passa, mais le marqua au fer.

Peu de temps après, Nadjet et lui firent leur pacte.



*


Comme convenu, Solstice était confiné à la cave dans laquelle Nadjet l’avait invoqué.
Cela ne plaisait pas à la jeune femme mais il y avait de nombreuses choses qui l’effrayait à l’extérieur, où qu’elle se trouve, et un démon était le genre d’affaire à cacher absolument.
Solstice n’eut pas de mal à le comprendre. La seule chose qui l’intéressait était de conserver cette personne qui rayonnait non loin de lui et de pouvoir réussir à lui faire écouter une chanson joyeuse un jour. Peut-être alors il pourrait repartir satisfait.

Il avait reçu comme consigne de ne pas abuser de sa magie et Nadjet lui avait infligé quelques restrictions très précises. Ainsi il ne s’exerçait qu’à quelques formes limitées dans son obscurité, mais c’était en réalité l’idéal pour son lent apprentissage.
Une connaissance innée du monde se déversait en lui comme si il pouvait tout apprendre depuis sa cachette lugubre. Il apprenait l’histoire, les sciences et de nombreuses subtilités à propos des espèces intelligentes et de leurs royaumes dans ce monde. Tous ceux là vénérais de nombreuses choses fausses qui troublaient Solstice : le progrès remplissait de trop de lumières le monde, tandis la reniement des vrais préceptes de la magie et l’apparition de faux dieux, corrompais cette réalité.
Solstice comprenait la batardisation de l’art et de la nature par une dégénérescence provoqué par un vieil incident lié à ce pays… Fhaedren. Il en ressentait une désagréable confusion.

Mais la présence récurrente de Nadjet l’apaisait.
Le démon et l’hybride restèrent de longues semaines en contrat l’un avec l’autre et à se voir presque tous les jours. Il ne posa jamais de question sur sa place dans le monde et sur la vie qu’elle pouvait mener. Cela ne l’intéressait pas réellement et il savait qu’elle préférait garder éloigner cet aspect d’elle de leur marché.
Il n’était pas très éloquent mais quant à elle, elle aimait parler longuement. Deviser. Philosopher. Penser à voix haute. Il n’était pas improbable qu’elle soit devenu mage à force de n’avoir que des livres et elle même pour converser jusque là. Elle rayonnait tant lorsqu’elle pouvait déverser son flot de parole sur le flegmatique Solstice qui ponctuait parfois ses logorrhées d’un commentaire ou d’un acquiescement. Il la ravissait parfois et sur sa demande d’apparitions merveilleuses.
Ce n’était plus de la simple lumière mais des formes complexes. Il lui concevait des animaux de toutes sortes pour lesquels elle se prenait quelques fois d’affection.
Il se mit à créer un théâtre de lumière où il fit des représentations d’individus agissant d’abord dans des situations fictives, puis il fit des représentations historiques se basant sur ses connaissances.
En échange de tous ces services, il chantait pour elle. A chaque fois cela la troublait.
Au bout d’un moment elle ne cachait plus son bouleversement et s’effondrait en larmes.
Cela fini par affecter Solstice qui lui proposa d’arrêter quelque temps tant qu’il ne parvenait pas à l’égayer avec ses vers. Nadjet, ayant saisit depuis longtemps la nature du démon, le pria de ne pas en tenir compte. Cela la purgeait sincèrement de ses propres tourments, et elle avait décidé d’y faire face ainsi. De cette façon, il lui semblait qu’elle pourrait définitivement relever la tête.

-Je ne pensais pas cela possible, déclara t-elle un jour, mais je crois que tu m’as donné tout ce que je pouvais souhaiter lorsque je t’ai invoqué. Démon. Je suis un peu heureuse, je crois.

Et elle sourit.
Solstice ressentit tout à coup tout ce qu’il avait pu être lorsqu’il chanta pour le Solstice d’été, traversé par une sensation incommensurable. Pendant moins d’une seconde dans toute l’éternité il pu dire un nombre incalculable de paroles vraies sur lui même et sur celle à qui il souhaitait s’adresser.

Mais Nadjet, embarrassée, l’interrompit.
Il se reprit, fut saisit par l’envie de chanter pour elle mais sans en comprendre la raison.
Il repensait au monde. A la magie. Au progrès. A la décadence.

Solstice sentit alors que les ténèbres qui remplissaient jusqu’à alors le cœur de Nadjet étaient dû au monde tel qu’il était actuellement. Toute cette lumière impitoyable et fausse avait chassé l’obscurité dans l’âme des mortels, dans la vie même. Cela car la magie a dégénéré.
Il connu le sentiment de la révolte.

-Des papillons ! S’écria Nadjet.

Solstice la regarda, émergeant de sa réflexion.

-Je vais sortir. Fais moi des papillons. Je voudrais un serre à papillon quand je reviendrais. Autant que possible cette fois !

-Autant que possible.

-Oui !

Elle serra les mains de Solstice, éteignit la bougie qu’elle tenait à la main puis quitta la cave par les escaliers.

Solstice créa un premier papillon qu’il trouva parfait. Il fit les autres sur ce modèle.



*



Plusieurs heures plus tard, la pièce était envahis de ces papillons, à tel point qu’il restait à peine d’espace pour se mouvoir.
La lumière était oppressante et Solstice sentait que cela devenait dangereux ; mais en dehors même de son ordre, il ne pouvait s’empêcher de continuer, comme attiré par le phénomène.

Il entendit la porte de la cave s’ouvrir et des pas lourds descendre.
Un grand homme se fraya un chemin en grommelant entre les papillons, tout en gardant sur le visage un rictus désagréable.
C’est un homme en armure, au visage balafré et aux cheveux courts, l’épée au poing.
Il se tint fièrement devant Solstice qui le toisa sans sourciller.

-T’es un putain de démon ? Demanda-t’il d’une voix rauque.

-Oui. Je suis Solstice Evyld’hen. Qui es tu ?

Il se tapa le genoux avec enthousiasme et élargit son rictus.

-Merde alors ! Cette pute d’hybride en a bien invoqué un alors. Et pour faire quoi, on se demande ? Remplir une pièce de papillons… quelle bêtasse, ha merde !

Solstice continuait de faire des papillons. Il fixait doucement son nouvel interlocuteur qui continuait à s’extasier en s’adressant à moitié au démon.

-Bref, encore heureux que t’es pas servit à autre chose. Maintenant t’as un nouveau maître ; je vais faire un pacte avec toi  et tu vas voir, ce sera pas la même chanson. On va en faire des trucs, je peux te le dire !

-Ho ? Bien. Mais j’ai déjà un contrat avec quelqu’un.

-T’as pas compris ? La salope d’hybride a claqué. Elle a eu le malheur de manquer une nouvelle fois de sérieux dans une affaire qui en avait grandement besoin. Alors, j’en ai eu marre d’être patient avec ses oreilles pointues de lézard à la con, et je suis venu de récupérer ses biens. C’est à dire toi !

-Très bien. J’ai compris.

-Alors ? Comment ça marche ?

L’homme à l’épée se cachait les yeux désormais, la pièce était devenue radieuse de la lumière dorée habituellement très douce et fascinante mais qui était désormais incandescente.

-Je dois achever le dernier ordre de mon ancienne maîtresse. Ensuite, si elle n’est bien plus de ce monde, je serai dégagé de mes engagements.

-C’est quoi l’ordre, putain !?

Autant de papillons que possible.
Cela arrivait à terme. La pièce était bientôt entièrement remplie.
La lumière commença à devenir aveuglante, omniprésente et chaude. Très chaude.
L’homme eu un très mauvais pressentiment. Il sentit un danger mortel.

Il hésita entre la fuite ou le combat. Dans le doute il agita son épée vers le démon qui l’évita sans difficulté et forma son ultime papillon.

La lumière fut total.
Plus d’obscurité. Aucune. L’équilibre fut rompu pendant un instant très court dans un lieu très restreint.

Cela fut comme un flash absolu et divin qui consuma l’homme en un instant. Il ne pu même pas hurler.

L’obscurité revint.
L’homme était à genoux, la chaire entièrement calcinée, révélant un corps à vif fumant, la mâchoire grande ouverte et les orbites creux. Son épée reposait intacte contre son épaule.

Evyld’hen était tapis dans l’ombre. Silencieux.

-Les démons sont dangereux, marmonna t’il finalement.

Et il disparu ; libéré de ses engagements.


*


Retourné au néant, Evyld’hen ne retrouva pas comme il l’avait follement espéré les émotions complexes d’Obscural et du Solstice d’été.
Il ne connu que la frustration encore plus insupportable de reperdre sa voix.
Cela était encore plus douloureux après sa rencontre avec Nadjet. Cela le rendit presque fou.
De plus désormais, il connaissait le monde qui était né de la lumière et qui l’avait corrompu.
Il savait désormais pourquoi il était seul. Pourquoi tout était incorrect.
L’équilibre était rompu. Une fausse lumière avait tuée la vraie.
Les ténèbres résidaient dans l’âme et le coeur des mortels qui, comme lui, aspiraient sans jamais pouvoir la toucher à la clarté pure. La vraie magie. L’art suprême.
Il était absolument nécessaire que l’on œuvre à son retour.
Seulement là il pourrait revoir le Solstice d’été. Avoir une nouvelle chance de ressentir sa nature exacte et précise, et de chanter une chanson joyeuse.

Il faudrait agir. Attendre la prochaine invocation. Il n’y avait que ça à faire.

Mais à force d’attendre et de se ronger dans le silence, Evyld’hen en oublia presque ce projet. La seule chose qui comptait au final était de retrouver sa voix.
Chanter encore.

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Copyright ©️ Maître du Jeu de Lost Kingdom
    Dark courage pour ta fiche mon bon Jarred!
Oh la la c'est beau

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#9900CC
Splendide !

Bon courage !

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huhu ♫:
 

Je l'aime déjà cette fiche *3*
Goude luque Jarjar t'as déjà bien entamé la fiche~
Bienvenue ! Jolie fiche pour le moment :)
OUAIS JARED !!! T'AS TOUT COMPRIS O/

Re-bienvenue à toi
Ouah c'est trop bien les papillons, je veux les capturer !

Bon courage sinon

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Merci à tous pour vos gentilles appréciations


Sur ce, je déclare cette fiche a priori terminée !

Spoiler:
 
Rebienvenue Jarjar et bon courage pour la valid' !

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    On passe vite te lire !