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Les fragments d'un passé inoubliable | Viladra

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Ça faisait maintenant plusieurs jours que j'errais un peu sans but au milieu du plus grand désert d'Akantha. El deserto comme il l'appelait par ici... A ce stade là ce n'était plus une faute de goût mais professionnelle. Sur ma route j'avais croisé à plusieurs reprises plusieurs tribus nomades, avec lesquels j'avais fais un petit bout de chemin, avant de les quitter quand ils finissaient par s'entre déchirer. C'était fantastique cette faculté qui me permettait de créer le chaos partout où je passais. Ça faisait maintenant plusieurs années que je vivais ainsi, comme un ermite, créant le chaos partout où je passais. Seulement j'évitais les villes des quatre nations, me contentant comme en ce moment, de m'entraîner avec des tribus nomades ou des petits villages. C'était plus facile aussi, car il y avait moins de monde à affecté par mon pouvoir. Dans les grandes villes, ça serait d'autant plus compliqué aussi. Si je ne pouvais pas provoquer le chaos dans toute la ville en une fois, je risquais de  me faire repérer très vite. Ça me suffisait pour le moment, je me faisais les dents ainsi.

Comme je le disais pour le moment, c'est pour ça que je m'étais rendu en Akantha, car la nation était divisé en plusieurs duché et je pouvais peut être tenter quelque chose dans une ville suffisamment isolé. Je ne voyais que des étendues de sable blanc à perte de vue, depuis maintenant mon départ de la dernière tribu de nomade. Je désespérais de tomber sur un village, non pas pour y mettre le bazar, mais avant tout pour m'y reposer et me restaurer. Ça faisait quelques temps que je n'avais plus mangé quelque chose de suffisamment consistant et de bon surtout.

Heureusement pour moi, au matin suivant, alors que le soleil se levait, irradiant l'horizon de ses rayons pleins de chaleur, je semblais enfin arriver au terme de ma traversé du désert. En contre bas, dans l'ombre d'une falaise, je pouvais voir un petit village, d'une dizaine d'habitations tout au plus. Ils auraient sûrement une auberge et de quoi me nourrir. Ni une ni deux, j'accélérais le pas pour m'y rendre, espérant y arriver avant midi, histoire de pouvoir me restaurer aussitôt. Heureusement, la descente fut rapide et en une bonne heure j'arrivais finalement à l'entrée du village. Habillé d'une longue cape marron, toute poussiéreuse, masquant par la même occasion ma tête et mes longs cheveux blanc d'une capuche, on ne pouvait pas se tromper sur moi, je faisais vraiment voyageur.

Alors que je remontais la rue principale, je pouvais voir les différents habitants du village s'affairer à leurs différentes occupations, professionnelles pour certain. Faisant aucun cas des regards qui pesaient sur moi, je me rendais aussitôt à l'auberge, y poussant la porte pour pénétrer dans la bâtisse. La plupart des tables étaient vide, étant donné qu'il n'était pas encore tout à fait midi. Rabattant la capuche pleine de sable blanc sur mes épaules, je saluais l'aubergiste, alors que de mon regard argenté je sondais les lieux. Une femme aux longs cheveux brun était assit à un coin de la pièce, affairé à se nourrir. Quelque chose chez elle m'intrigua, elle ne m'était pas inconnu. J'avais la sensation de l'avoir déjà rencontré quelque part, sauf que je n'arrivais pas à me rappeler où. Haussant les épaules, je me tournais plutôt vers l'aubergiste. « Vous reste t-il une chambre ? », lançais-je.

Il me répondit par l'affirmative. Souriant, je lui demandais par la suite si je pouvais commander quelque chose à manger. Il m'indiqua une table, en me disant qu'il passerait m'apporter à manger. Le remerciant, je me détournais du bar pour m'approcher de cette femme. Il fallait que je sache, ça m’intriguait beaucoup trop. Une fois devant sa table, je me grattais la gorge pour signifier ma présence. « Désolé de vous déranger, mais on ne se saurait pas déjà rencontré quelque part ? J'ai l'étrange sensation de vous connaître... », disais-je, d'une voix mal assurée, voir gêné. Me grattant l'arrière de ma tête, au milieu de ma longue chevelure blanche, j'essayais de garder une contenance. « Je sais, je dois passer pour un fou, mais je ne peux pas l'expliquer. ».

ft. Viladra

ft. Elemiah

「Retrouvailles」
Je me rappelais de ces retrouvailles étonnantes… Je n’avais pas pensé le revoir et pourtant le hasard avait encore frappé et son visage m’était apparu au détour d’un vagabondage quelconque.
C’était peu de temps avant que je ne recroise la route de Hyun, au plein milieu du désert d’Akantha. Cherchant un armurier renommé bien que travaillant totalement dans l’illégalité, j’avais quitté Fhaedren et m’étais déplacée de camp en camp, glanant des informations afin de mettre la main sur celui dont j’avais besoin. Je n’étais pas pressée, je ne souhaitais pas me hâter et je me surpris même parfois à marcher de longues distances lorsque le soleil ne frappait pas encore, au lieu d’user de ma magie de déplacement.

Avant de partir, j’avais cru comprendre que certaines missions de la guilde m’attendaient, mais je les avais refusées lorsque leur contenu s’était avéré inintéressant et beaucoup trop simpliste. Préférant ne pas non plus m’attirer des remarques à cause de ce comportement peu exemplaire, j’avais donc décidé cette petite escapade un peu à l’improviste, ne regrettant néanmoins pas de me retrouver dans un paysage qui différait des ruines et de la dense végétation de Fhaedren.

Durant mon périple, je croisai quelques groupes de voyageurs qui parfois m’apportaient diverses rumeurs et l’une d’entre elle m’interpela. On racontait le passage d’une âme damnée qui, lorsqu’elle s’en allait, laissait les hommes dans la folie et la haine jusqu’à ce qu’ils se déchirent entre eux. Evidemment, bon nombre de ragots étaient amplifiés, mais certains affirmèrent avoir aperçu de loin des convois nomades se battre comme des bêtes et je me demandai quel phénomène pouvait bien pousser les autres à agir ainsi. Continuant ma route, je pris néanmoins soin d’en apprendre un peu plus sur cette histoire.

Quand j’arrivai dans un campement un peu plus étendu que les autres, je fus happée par la population grouillante et les marchands divers. Il y régnait une ambiance joyeuse et familiale malgré le nombre de truands qui se baladaient dans les rues, et je passai donc inaperçue au milieu de la foule. Rabattant la capuche de ma longue cape sur mon visage, je traversai alors tranquillement, évitant aisément les badauds qui ne cherchaient pas à éviter les collisions.

La nuit commençait à tomber peu à peu et la température chuta brutalement, remplaçant la canicule par un vent frais qui força les habitants à se couvrir rapidement. Ne préférant pas passer de longues heures dans le froid, je gagnai alors l’auberge principale afin d’y trouver une chambre jusqu’au lendemain.
Quand j’entrai à l’intérieur, une bouffée d’air chaud me heurta, charriant les odeurs d’alcool, de nourriture et d’hommes à l’hygiène apparemment douteuse. Je n’aimais pas tellement ce genre de rassemblement, mais si je pouvais me réfugier dans ma dimension, il était toujours bon d’avoir un pied à terre dans la réalité.

Gagnant le comptoir, je louai donc un emplacement libre, attrapant la clef après avoir commandé un repas frugal mais suffisant pour satisfaire mon fragile appétit. Me rendant au fond de la pièce principale, je m’installai à une table suffisamment en retrait pour ne pas attirer l’attention, et attendis que l’on vienne me servir.
Je n’avais pas avalé trois bouchées qu’une étrange sensation vint m’envahir, me faisant arrêter mon geste en cours et relever la tête. Je connaissais cette impression… C’était tout simplement l’aura d’un de mes confrères qui se rapprochait. Je sentis mon sang se figer tandis qu’une certaine haine montait en moi, me demandant si j’allais tomber sur un allié ou bien un ennemi. Lorsque la porte s’ouvrit, j’avais déjà ma magie à la limite de jaillir, prête à planter ses crocs dans le potentiel imposteur qui se présenterait à moi.

Surprise, oh surprise… Je restai un moment interdite en voyant Elemiah entrer dans la pièce. Il faisait partie des corrompus qui avaient soi-disant trahi la cause, et si nous n’étions pas forcément amis, nous n’étions en tout cas pas ennemis. Il ne risquait pas de se passer une confrontation de séraph pour savoir qui était le plus fort entre Mearian et les mages noirs…
Etant donné qu’il possédait la même faculté que moi à repérer les anges supérieurs, je ne fus pas étonnée de le voir se diriger vers moi après avoir commandé je ne sais quoi au comptoir. En revanche, j’haussai un sourcil circonspect lorsqu’il fut à portée de voix et qu’il me demanda mon nom, ne semblant pas me reconnaître sur l’instant.

Ca alors… Répondis-je dans un sourire avant de poser ma fourchette. On se connait depuis des siècles, malgré une pause plus ou moins dramatique, et tu sembles pourtant ne plus te rappeler de moi. Pourtant, si sérénité et désir n’étaient pas particulièrement compatibles, ils s’entendaient bien par le passé…

Je lâchai un léger rire et l’invitai d’un signe de main à s’asseoir en face de moi. Je ne faisais aucunement confiance à mes confrères, même s’ils étaient du même côté que moi. Je ne savais que trop bien quelles étaient les ravages de la corruption, et ils ne poussaient pas à la loyauté… A mes yeux, ils n’étaient qu’à peine plus fiables que ceux qui nous avaient chassé et effacé des mémoires lors de la rébellion. En revanche, était-il responsable des incidents dont j’avais pu entendre parler, ces derniers temps… ?

Tu ne te rappelles donc plus de moi, Elemiah… ?





       
Les fragments d'un passé inoubliable ▬ Viladra
C'était étrange cette sensation, je savais que je la connaissais, cette femme m'était familière mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. J'avais pourtant une très bonne mémoire, pour cause, je me rappelais de tout ma vie, plus de trois cent ans d'existence, donc ça ne venait pas de là. J'avais beau me triturer l'esprit, je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. J'étais resté debout sans bouger devant le bar à l'observer pendant bien cinq minutes avant de faire enfin le premier pas. M'arrêtant devant sa table, je m'étais permis de lui demander qui elle était en expliquant que je pensais la connaître mais que je n'arrivais pas à me souvenir d'elle. A ma plus grande surprise, sa réponse fut immédiate et pour le moins curieuse. Mais quand elle évoqua le désir, j'écarquillais mes yeux, alors que des flash s'interposait entre elle et mon regard, investissant mon esprit, sans interruption. Des souvenirs me revenaient, douloureux. C'était une époque bénite, une période que je pourrais plus jamais retrouver. Je la voyais au milieu de mes confrères Seraph, une femme aux longs cheveux bruns comme elle. Je savais qui elle était maintenant...


       
     
« Viladra... », lâchais-je d'une voix basse, alors que la surprise passée je reprenais mon sérieux.

Je pouvais maintenant sentir que c'était une Seraph. Perdu dans mes ambitions, j'avais sûrement occulté cette capacité commune qui était de pouvoir sentir nos semblables. Pour être sincère je ne savais pas quoi faire, car la surprise passé, j'avais des sentiments contradictoires qui brûlaient mon cœur et mon corps. On s'entendait bien par le passé tout les deux, mais elle était l'une des causes de ma déchéance, une de ceux que je souhaite voir souffrir mille morts. Mais elle était différente d'avant, je pouvais le sentir, elle n'était plus le désir, ça c'est certain. Ses pouvoirs avaient du évoluer comme les miens, tout comme sa personnalité. Naturellement j'étais sur mes gardes, car je n'avais pas confiance en elle. Ne relevant pas son rire, je m’asseyais sur la chaise en face d'elle, avec un léger sourire, histoire de prendre de l'assurance.


     
« Si je me souviens de toi maintenant, Viladra. », disais-je simplement, d'une voix égale. « ça faisait longtemps que je ne t'avais pas vu, je ne t'ai pas tout de suite reconnu, je m'en excuse. », renchérissais-je.

Certes, avec notre capacité à reconnaître nos semblables, c'était pas une très bonne excuse, mais ce n'était pas le but réel, c'était avant tout une plaisanterie. Histoire de détendre un peu l'atmosphère, qui c'était quelque peu refroidit quand je l'avais enfin reconnu. Tout en conservant mon sourire, j'écartais tout ça d'un revers de main, avant de me décider à attaquer.


       
     
« Sinon, qu'est ce qui t'amène dans ce trou paumée ? Dans mes souvenirs, tu n'étais pas forcément attiré par le bas peuple. », lançais-je en cherchant son regard, pour y lire une quelconque réaction.

Alors que le barman déposait mon repas devant moi. Je le remerciais sans jamais quitter le regard de ma semblable.

   
©️ By Halloween sur Never-Utopia

       

ft. Viladra

ft. Elemiah

「Retrouvailles」
Heureusement, Elemiah percuta rapidement et il me reconnut enfin, m’ôtant l’ennuyeuse tâche de devoir lui rafraichir trois cent ans de mémoire. Je me rappelais encore du moment où il était venu au monde, mes anciens confrères et moi-même l’ayant accueilli avec joie et allégresse. C’était un temps ancien, celui où tous les séraph oeuvraient main dans la main et répandaient leurs mensonges sans aucune honte. J’avais tourné le dos à tout cela, profitant de la rébellion pour ne plus jamais remettre un pied dans ce monde méprisable… Et je ne connaissais en revanche pas les raisons d’Elemiah pour l’avoir quitté. N’ayant pas pris vraiment part au combat sauf pour sauver l’un de mes fidèles anges d’une mort certaine, il ne me semblait pas l’avoir aperçu dans les affrontements mais je n’étais pas restée assez longtemps pour le constater. Que voulait-il, maintenant que la corruption l’avait atteint ? J’avais une certaine aversion naturelle pour mes semblables, celle-ci ne s’effaçant qu’au contact de certains d’entre eux et nous n’étions pas assez proches pour qu’il en fasse partie.

Il ne sembla pas particulièrement ravi de me voir même s’il semblait se contenir pour rester neutre, et je ne perdis pas mon léger sourire quand il s’excusa de ne pas m’avoir reconnu. Cela m’importait peu, mais sa présence dans un endroit aussi reculé était aussi étonnante que la mienne et je fus amusée qu’il me pose la question en premier. Même à l’époque où j’étais encore pure et que je trônais parmi les divins, j’avais toujours eu le goût de l’évasion, usant et abusant de mes capacités pour voyager jusqu’aux confins du monde afin d’en découvrir chaque facette… Ce n’était donc pas si incroyable de me voir au beau milieu du désert mais je me voyais mal lui demander de se rafraichir la mémoire sur ce qu’il avait pu retenir de moi, étant donné qu’il n’avait même pas senti ma présence avant que je ne lui souffle mon identité.

Ce n’est pas grave, cela fait bien longtemps, après tout. Il faut dire que la dernière fois où nous nous sommes vus doit dater de la veille de nos joyeuses festivités au temple principal…

Que j’avais d’ailleurs allègrement bombardé en compagnie de Luci, mais c’était un détail que je préférais omettre. Je ne savais pas de quel côté il était et ce n’était pas parce qu’il était ennemi des seraphins purs, qu’il était mon allié. Au final, la logique voulait que je me méfie plus de mes confrères corrompus que de mes adversaires officiels…

Ce que je fais ici ? Je te retourne la question mais je vais tout de même te répondre avant de le faire.

A dire vrai, je ne faisais pas grand-chose ici, mais j’avais eu envie de m’éloigner de la guilde, en profitant pour améliorer mes armes et passer du temps loin des villes grouillantes de vie. Ici, c’était un peu la loi du plus fort mêlé à la loi du commerce qui se battaient, et si personne ne respectaient celles qui étaient officielles, il y avait tout de même un semblant d’ordre. Je passais inaperçue, mélangée à une foule hétéroclite composée autant de bandits que de contrebandiers ou de commerçants vendant des articles illicites. C’était l’un des endroits idéaux pour pouvoir faire ses achats sans laisser de trace et pour trouver ce qui était difficile à obtenir ailleurs…. En autre, j’aimais la chaleur et la tranquillité du désert, étant alors rarement importunée par des abrutis sans cervelle qui se pensaient protégés par leur rang ou leurs privilèges.

Puisque l’on m’a ôté ma maison, en-dehors de ma demeure bien personnelle évidemment, je prends plaisir à errer un peu partout en quête de… nouvelles découvertes. Evidemment, je ne m’attendais pas à ce que l’une d’elle soit un ancien confrère désormais atteint par la corruption.

Petite provocation, certes, mais il ne fallait pas non plus se leurrer la face. Nous avions tous perdu nos rangs de dieux et nos vertus pour laisser place à des vices et des pêchés bien plus sombres. Si jalousie avait été celui qui m’avait été affublé, je ne connaissais par encore son titre et je me demandais bien lequel il pouvait être.

Et toi, Elemiah ? Que fabriques-tu donc ici ? Un pèlerinage pour réfléchir au bon vieux temps, peut-être… ?

Et toujours souriante, j’attrapai alors mon verre afin de boire une gorgée de vin, laissant sa saveur corsé envahir mon corps et m’apportant un peu plus d’allégresse.

ft. Viladra
Retrouvaille avec une vieille connaissance..
Les fragments d'un passé inoubliable
Je n'aimais pas particulièrement cette idée, de devoir passer mon repas en face d'une des causes de ma déchéance. Mais je n'avais pas le choix, je ne pouvais pas juste la tuer maintenant et m'en aller. De toute manière, elle m'intriguait, je me demandais ce qu'elle faisait là. J'avais certes posé la question et je savais qu'elle allait me répondre, mais j'étais persuadé qu'elle ne me dirait pas tout. Par le passé, on s'entendait certes bien, mais on avait jamais été très proche. Donc je restais totalement sur mes gardes, surtout qu'elle était une corrompue maintenant. Donc, tout comme moi, elle avait du changer depuis le schisme. Je devais garder mes projets pour moi alors et lui mentir. De toute façon j'avais déjà prévu de me servir de cette fameuse organisation, celle qui rassemblait la plupart de nos confrères corrompus. Pour détruire l'Ordre et les Seraph, j'avais besoin de leur pouvoir, donc ça ne serait pas malin de l'éliminer maintenant, en plus de paraître louche auprès des autres, son pouvoir nous serait grandement utile, enfin si elle avait gardé le même depuis l'époque.

Perdu dans mes questions, je n'avais pas écouté, donc pas compris ce qu'elle m'avait dit en premier. Mais ce n'était pas grave, car elle comptait me répondre, même si elle insistait pour savoir ce que je faisais ici. Je laissais un fin sourire énigmatique étirer mes lèvres fines, alors que j'attrapais mes couverts en même temps. Je pouvais bien commencer à manger en même temps, je mourrais de faim. Trois jours sans manger, c'était horrible. A la première bouchée je sus aussitôt que j'étais bien tombé, il faisait de la bonne cuisine dans cette auberge, c'était un vrai régale. C'est donc le visage déformé par le bonheur absolu que j'écoutais ses explications tellement vague qu'au final c'est comme si elle ne m'avait pas répondu.

« Tu appelle ça une réponse... Tu aurais pu rien me dire que j'en aurais su d'avantage. », disais-je en avalant ma bouchée. Mon rire résonna un cours moment dans la salle, alors que je relevais les yeux vers elle, quittant mon repas du regard pour chercher le sien.
« Tout comme toi, je profite de ma liberté pour découvrir de nouveau paysage, de nouvelle ville ou même de nouvelle religion. J'ai toujours été proche des gens, tu te souviens ? J'ai toujours aimé les humains. », disais-je en reprenant un bon morceau de mon steak. Bien entendu je mentais, en parti, car il y avait un fond de vérité là dedans. A l'époque j'aimais les humains, ça elle le savait, mais elle ignorait que maintenant je ne cherchais que leur destruction. C'était mieux qu'elle ne le sache pas d'ailleurs, je préférais restais le Seraph aimé des humains à ses yeux.

Une lampée de vin pour faire couler tout ça, je repoussais mon assiette, vide et nettoyait. Il ne restait plus un seul morceau de nourriture visible dedans, susceptible d'être jeté. Je n'aimais pas le gaspillage. Enfin rassasié, je m'enfonçais dans ma chaise en croisant mes bras sur mon torse, sans la quitter du regard.
« Arrêtons de jouer au plus malin, je sais pertinemment que tu es venu ici à dessein. Pareil pour moi, tu le sais aussi. Ça te dirais de jouer carte sur table? », lançais-je de but en blanc, après un silence qui avait semblait durer une éternité. Pendant lequel j'avais fini par me dire qu'au final, elle pouvait m'être d'avantage utile si je lui disait la vérité, tout simplement. « De toute manière on est tout les deux des corrompus, même si ce n'est pas pour les mêmes raisons, au final on est dans le même bateau. »

ft. Viladra

ft. Elemiah

「Retrouvailles」
Je ne pus m’empêcher de laisser échapper un rire amusé lorsqu’il me répondit. Allons bon, comment pouvait-il pousser que j’allais croire à son prétendu amour des Hommes ? Sa corruption transpirait à travers chacun des pores de sa peau et son ancienne personnalité bienveillante s’était effacée pour laisser place au sarcasme. Voilà pourquoi j’appréciais autant que je trouvais repoussantes ces petites entrevues entre seraphs… La plupart des miens qui avaient sombré étaient habités par une envie de meurtre et de destruction presque palpable et je pouvais ressentir leur rancœur et leur colère comme l’odeur du souffre. J’avais un temps subi cette période, celle où je voulais les voir tous périr un à un, mais désormais leur existence m’importait peu. Jadis, peut-être étions nous un groupe soudé qui œuvrait main dans la main, maintenant de nos points communs il ne restait que notre engeance commune.

Effectivement, répondis-je, souriante, je ne pourrais rien te dire mais ma politesse ancestrale m’oblige à fournir tout de même une réponse. Ne sois pas si aigri, Elemiah, j’ai l’impression que tu es un peu tendu… Profite donc de ce cadre paisible, entouré de ces humains que tu chéris tant.

Foutaises… Mais puisqu’il voulait me faire croire à ses valeurs prétendument encore pures, ma foi, ce n’était pas mon problème. Avait-il donc tant de mal à tourner la page ? Regrettait-il de ne pas encore trôner au milieu des menteurs et des prestidigitateurs de l’Ordre des Astres ? Peut-être bien.
Si à l’époque nous nous côtoyions avec solidarité et familiarité, il n’avait jamais fait partie des anges supérieurs avec qui je m’étais réellement liée. Si ses pouvoirs d’antant avaient une certaine beauté, nous étions bien trop différents pour que nous ayons pu construire quelque chose de solide et malgré les siècles qui étaient passés, c’était à croire que nous venions juste de nous retrouver.

Ne pense pas voir le mal partout, repris-je alors. Il m’arrive parfois d’errer sans forcément être habitée de mauvaises intentions… Que cela te semble invraisemblable possèderait-il un lien avec ta façon de faire ?

Posant ma fourchette, enfin repue, je décalai légèrement mon assiette et m’appuyai contre le dossier de ma chaise avant de croiser tranquillement mes bras sur ma poitrine. Il n’avait pas la même rage que celle de Xérie, celle-ci transpirait plus la cruauté qu’autre chose… Ellyn avait réussi à garder un certain équilibre, Semna s’enfonçait peu à peu dans la corruption et Hyun n’avait aucune conscience de sa nature-même. Je n’étais pas d’accord avec ce qu’il disait… Notre race était bien le seul lien qui nous unissait désormais, et sa force était dérisoire.

Ne te méprends pas, Elemiah. Nous ne sommes pas dans le même bateau… Libre à toi de flotter à ta guise comme tu le souhaites, mais ne pense pas que nous partageons le même navire…

La guilde avait abrité les mages noirs afin de pouvoir user de leur force et finalement, l’effet inverse s’était produit. J’œuvrais pour notre organisation lorsque leurs intérêts collaient au mien, et je me doutais bien que chacun de mes confrères agissaient ainsi. Nous n’étions pas fiables et il était inutile de vouloir se reposer les uns sur les autres puisque n’importe lequel d’entre nous serait prêt à sacrifier les autres pour atteindre ses buts… Je pouvais même sentir mon sang bouillir dans mes veines tandis que ma magie m’assaillait par vague, me poussant à détruire cet être devant moi. Bien que nous ayons sombré en même temps, il n’en restait pas moi un représentant de l’espèce qui m’avait tourné le dos bien que j’en fus partie autrefois. C’était peut-être là, notre danger : cette envie de nous détruire mutuellement autant que celle de nous utiliser entre nous…

Je ne vais pas insister sur les raisons de ta présence ici, si tu ne veux pas en dire plus. Cela ne me regarde pas, ne me préoccupe pas, et je n’aime pas user de curiosité mal placée. En revanche, ta méfiance à mon égard est assez amusante et démontre bien que si solidarité il y avait jadis, il n’en reste désormais que des cendres… Quelles seraient les réactions de nos confrères si nous nous amusions à nous entretuer…

Je ne pus m’empêcher de rire légèrement à nouveau. Je n’aimais pas particulièrement tuer même si je n’en tirais aucun regret. Mais il m’arrivait parfois de faire face à certaines pulsions auxquelles je finissais par céder sans trop y résister, me déplorant juste de l’inutilité de la chose une fois le meurtre fait. Ressentait-il lui aussi cette envie d’affrontement ? Celle de voir un représentant divin au sol dont les ailes auraient été définitivement arrachées… ?

En y réfléchissant, cela ne paraîtrait pas illogique. Nous sommes corrompus, notre magie nous dévore et plus j’augmente la mienne, plus son attrait est séduisant et mortuaire. Dis-moi, Elemiah…

Me penchant légèrement, j’appuyai alors mes coudes sur la table afin de rapprocher mon visage du sien.

Je suis curieuse de savoir quelles émotions t’assaillent en ce moment même.


ft. Viladra
Retrouvaille avec une vieille connaissance..
Les fragments d'un passé inoubliable
Je m'étais régalé, la nourriture dans ce village était vraiment de très bonne qualité. De toute façon c'était souvent ainsi, car ils cuisinaient des produits de qualité, ramassé dans leurs champs. Ça changeait de l'industrie Ellgardienne, qui m’écœurait au plus au point. J'y été passé dernièrement et la nourriture, bien que de haute qualité, était pourvu de nombreux produits chimiques, vraiment très désagréable. Le soucis c'était la présence de Viladra devant moi, qui gâché à nouveau mon repas, en quelque sorte. Mais ce n'était pas grave. Même si j'avais du mal à respirer le même air que mes confrères Seraphs, elle était une des rares que je pouvais un tant soit peu supporter. Jusqu'à maintenant en tout cas. Car à l'écouter, je sentais une pointe d'irritation grimper chez moi. N'oublions pas que j'étais l'incarnation même de la colère, donc je retenais ma colère, qui elle, était constamment présente et bouillonnait en moi. Mais cette fois ci, j'avais bien envie de simplement la laisser exploser. Je détestais qu'un autre Seraph me prenne de haut et c'est ce qu'elle faisait à me parler ainsi.

« Je n'ai aucune raison de te répondre non plus. Depuis notre déchéance je n'ai plus aucun but, j'ai droit d'en profiter pour voyager un peu dans le monde. », lançais-je, de plus en plus irrité, alors que je croisais mes bras sur mon torse. J'avais changé c'est vrai, je n'aimais plus les humains aussi, c'était tout aussi vrai et ça m'énervait encore plus de voir qu'elle m'avait aussitôt percé à jour. Ça ne faisait que me rappeler à quel point je n'ai jamais souhaité tomber aussi bas.

On était pas dans le même bateau hein ? Pourtant, quand j'y repense, on était tous des Seraphs, tous corrompus, on avait tous nos objectifs et même s'ils étaient différents, on devait tous combattre nos pulsions. C'était ainsi, la façon de gérer tout ça n'entrait pas en ligne de compte. Mais ça je ne préférais pas lui dire. Au lieu de ça je laissais un rire résonnait dans l'auberge, qui faisait écho au sien. « Tu trouve ça surprenant ? Je n'ai jamais souhaité tomber dans la corruption. Quand vous avez commencé à perdre les pédales, j'ai essayé de vous sauver, mais on m'a aussitôt considéré comme un traître. Je trouve ma méfiance légitime au final, tu ne trouve pas ? », lançais-je, sans la quitter du regard. « Maintenant je n'ai jamais tué personne, ou alors indirectement, mais jamais de mes propres mains. Par contre, si je garde de la rancune envers vous, oui. Sinon je n'aurais pas chuté comme nos semblables corrompus. J'y ai pensé, j'ai mêmes espéré pouvoir tous vous tuer. Autant être honnête tu ne pense pas. », renchérissais-je simplement, d'une voix calme. En reparler, me rappelait à quel point c'était important que je garde ma colère bien enfoui au plus profond de mon être pour la nourrir, la laisser grandir et ainsi la faire exploser au moment opportun.

Je souriais en la voyant s'approcher, alors que je haussais un sourcil en voyant sa curiosité, quelque peu déplacé. « Qui te dis que ma magie me dévore ? Tant qu'on en est aux révélations, ma magie ne me dévore pas, elle se nourrit de mes émotions. Elle n'existe plus qu'à travers eux. », disais-je, avant de prendre mon verre pour le vider d'une traite, pour retrouver une contenance, car mine de rien, la voir s'approcher comme ça, me mettait mal à l'aise. « Je suis certain que tu peux deviner les émotions qui m'assaillent actuellement. » lançais-je.

Au même moment, je sentis du mouvement dans mon angle mort, alors que je tournais la tête aussitôt pour voir qui c'était. Le barman s'approchait pour m'annoncer que ma chambre était prête et que je pouvais la prendre quand je voulais. Je le remerciais avant de reporter mon attention sur Viladra, avec un soupir lasse. « Bon, je vais te dire ce que je fais ici... », disais-je finalement. Elle était trop curieuse, elle finirait par le découvrir, autant lui dire. « Je teste mes nouvelles capacités sur les humains. Depuis ma déchéance, ma magie à évolué, comme tu le sais. A l'époque j'avais certes l'une des magies les plus belles parmi les Seraph. Maintenant, elle respire la noirceur. », disais-je, en glissant une main dans ma chevelure blanche, quelque peu gênait. « Tu dois te douter que la nature même de ma magie reste la même, non ? »

ft. Viladra

ft. Elemiah

「Retrouvailles」
Elemiah réussit à garder un sang froid admirable malgré mes légères provocations et je ne pus m’empêcher de sourire à nouveau avant de me rasseoir correctement. Allons, Viladra… A quoi bon vouloir le faire sortir de ses gonds, tout ce que tu allais y gagner, c’était d’affronter l’un des tiens par simple désir d’amusement. Il fallait se montrer plus mature que cela…
Je le laissai me répondre sur sa façon de penser concernant la rébellion et je ne pus m’empêcher d’hausser un sourcil dubitatif. Avait-il réellement tenté de nous sauver ? Quelle hypocrisie… Pourquoi diable pensait-il que nous avions besoin d’aide ? Nous étions plus libres que jamais et plus aucun des dénommés corrompus ne baignaient dans les mensonges et les illusions de l’Ordre. Essayait-il de se rassurer en se disant qu’il avait été piégé ? Manipulé ? Sa corruption transpirait chacun de ses pores et nos confrères encore soi-disant purs n’avaient pas mis beaucoup de temps à s’en rendre compte. Il était amusant de le voir chercher à se dédouaner ainsi… Un peu comme un enfant qui refuserait la responsabilité d’une bêtise.

Tu n’as jamais souhaité tomber dans la corruption ? Lâchais-je, mordante. C’est comme si un humain disait qu’il n’avait jamais souhaité vieillir… C’est une fatalité qui attend chacun d’entre nous et ta descente en enfer est de ta responsabilité. Nous ne déclenchons pas la corruption, nous la vivons, et se voiler la face à ce sujet est déplorable. N’essaye pas de sauver ton âme en pensant avoir sombré parce que tu voulais nous sauver. Au final, tu as été victime de ta folie au même titre que chacun d’entre nous, et cela ne concerne que toi…

Il était assez irritant pour moi de l’entendre se défendre ainsi. Nous avions tous passé une période de doute durant laquelle nous cherchions une excuse à notre nouvel état. Mais peu à peu, il avait fallu se rendre à l’évidence : nous étions ainsi et tout découlait de notre espèce. Certains avaient mis cela sur le compte d’une tragédie, d’autres comme Elemiah avaient rejeté la faute sur leurs semblables… Il fallait accepter d’ouvrir les yeux, à un moment.
Quand il évoqua son désir de vouloir nous tuer, je retins à nouveau un rire et je sentis un frisson parcourir mon échine. Alors que je tentais de garder cette conversation dans un minimum de cordialité, voilà qu’il lâchait ces mots innocemment, sans se douter qu’il éveillait en moi de nouvelles pulsions meurtrières. Il ne faudrait pas qu’il continue ainsi, j’étais peut-être beaucoup moins patiente que lui, et l’idée de le tuer ne me ferait ni chaud ni froid. Pour le moment…

Tu n’as jamais tué personne directement… Repris-je dans un soupir. Est-ce encore une façon d’alléger tes actes, Elemiah ? Peu importe que tu sois celui qui tue, ou celui qui déclenche une tuerie, le résultat reste le même. Mais si pour toi cela te permet d’avoir la conscience tranquille… Grand bien te fasse.

Une fois encore, il renia le fait que la magie puisse avoir un mauvais effet sur lui. Mais jusqu’où allait-il se leurrer ? Notre nature même, extrêmement sensible à celle-ci, faisait que nos esprits et nos corps finissaient par en être avilis. C’était cela, la véritable corruption… Qu’elle se nourrisse directement de ses émotions en était la preuve irréfutable, et je commençais à être légèrement exaspéréE de le voir dans un déni pareil. Pensait-il aussi qu’il pourrait de nouveau retrouver sa pureté ? Que pratiquer une vengeance puérile lui apporterait la grâce ? Quelle désolation.
M’avouant enfin la raison de sa présence en ces lieux, je souris alors, ironique, en me rappelant que quelques minutes plutôt il clamait encore son amour pour les humains. Quel était son vice ? La contradiction ? La tourmente ? Je ne le percevais pas encore, mais une certaine rage semblait bouillonner en lui.

La magie n’est qu’un outil, pour moi. Selon les mains dans lesquelles elle se trouve, elle revêt des aspects bien différents… Certains la qualifieront de sombre ou de lumineuse, mais cela ne reste qu’un outil. La seule différence pour nous, anges supérieurs, et qu’elle nous utilise autant que nous le faisons avec elle… Et notre corruption repose sur ce fragile équilibre qu’il nous revient à chacun de maîtriser.

Me rappelant alors des récents évènements qui m’avaient été rapportés peu avant que je ne m’établisse dans l’auberge, je repris la parole, une pointe d’amusement dans la voix.

Dis moi, Elemiah, tes tests sur les humains auraient-ils un lien avec les tueries qu’il se passe ? Ce n’est tout de même pas très bienveillant, tout ça…

Je n’étais pas vraiment toute blanche en ce qui concernait la survie de l’espèce humaine, mais mes capacités n’avaient pas réellement besoin d’être testées sur des cobayes. Ainsi, contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, je n’avais pas non plus causé d’énormes massacres même si le meurtre entachait bien mes mains désormais. Au final, de nous deux, qui était le plus corrompu… ?


ft. Viladra
Retrouvaille avec une vieille connaissance..
Les fragments d'un passé inoubliable
Je n'aimais vraiment pas cette discussion, elle prenait une tournure toute nouvelle. Une de celle que tu aurais préféré évité si tu l'avais pu. J'avais la sensation d'être un enfant qui se fait réprimander par sa mère, c'était vraiment désagréable. Viladra était certes plus ancienne que moi, vu qu'elle m'avait tout autant accueillit que les autres Seraph arrivé avant moi à la fontaine de vie, mais quand même. Finalement mon irritation se manifestait à nouveau pour mon plus grand déplaisir, à mesure que je l'écouter me faire la leçon. Déjà j'écartais d'un geste de la main, impatient, ses dernières paroles. Je n'avais tué personne c'était un fait. Certes j'en était responsable et je l'assumais totalement, mais, je n'avais fait que planter une minuscule graine dans leurs esprits faibles. Ce n'était pas ma faute si ces créatures n'était pas capable de résister à leurs pulsions violentes.

Un long soupir s'échappa de mes lèvres quand elle se mit finalement à me faire un cours sur la nature de notre corruption... Elle me prenait vraiment pour un enfant en vérité... « Il n'y a aucun équilibre dans ma magie. Elle fait seulement ce qu'elle a envie quand elle en a envie. De mon côté j'ai le droit de l'utiliser seulement parce que je lui laisse totale liberté. », répliquais-je en tentant de garder une voix égale, malgré l'irritation qui grimpait de plus en plus en moi. La colère noire, tapis au fond de mon cœur, celle là même que je continuais à garder sous contrôle se faisait d'autant plus pressante. Elle voulait sortir, elle voulait se répandre sur le monde. Viladra mettait le contrôle de cette dernière à rude épreuve.

Je haussais un sourcil à sa question qui suivit. Je sentis la pointe d'amusement dans sa voix, signe que c'était pas quelque chose qu'elle me reprochait cette fois-ci. Je n'avais donc pas à me justifier pour le coup, ce n'était pas plus mal. Passant un nouveau mes doigts dans ma chevelure blonde, pour les tirer en arrière, je m'étendais dans le siège avec un long soupir. « Faut croire que si. Bienveillant ? Ce n'était qu'une foutue excuse pour ne pas avoir à te révéler mes plans. Ils pullulent tellement, ce n'est pas quelques centaines en moins que ça va changer quoi que ce soit. Puis au départ je ne souhaitais pas vraiment les tuer. J'ai seulement la capacité de planter une graine dans leur esprit grâce à mon aura de corrompu. Cette graine à pour effet de supprimer leurs inhibiteurs, ça va exacerber la noirceur tapis en eux. On a beau aimer notre prochain de manière inconditionnelle par moment, il y aura toujours un ou deux détails qui t'exaspère chez lui, je peux faire grandir ces petits détails au point que tu ne vois plus que ça. Tu as beau être la personne la plus pure au monde, tu cache toujours une noirceur au fond de ton âme, aussi petite soit elle. Je peux la faire grandir et elle finira par prendre le dessus avec le temps. »

Je prenais une pause dans mon explication pour boire une gorgée de vin. Mais aussi pour regarder autour de nous, histoire que personne ne nous écoute, quand je fus certain que ma seule auditrice était Viladra, je repris : « Ce qui est drôle c'est que ça prend certes un peu de temps, mais les gens finissent inexorablement par laisse libre cours à la colère ou la haine et souvent pour de petit rien qui au départ ne les gênait pas plus que ça. Ils finissent par en arriver au meurtre pour les plus extrêmes, mais la violence est inéluctable. Il n'y a que comme ça qu'un humain extériorise ses ressentiments. Malheureusement pour eux, ça ne fait qu'augmenter encore plus les ressentiments envers son prochain, puis ils finissent par désirer qu'une chose, le voir disparaître de la surface de la terre. », lançais-je, alors qu'un sourire élargissait à présent mes lèvres. Je m'étais certes quelque peu emporté sur l'explication, mais j'espérais ne pas avoir l'expression d'un fou.

ft. Viladra

ft. Elemiah

「Retrouvailles」

Il fallait croire qu’Elemiah et moi ne serons jamais d’accord. Il avait décidé de succomber à sa corruption sans chercher à la combattre, se laissant mener par le bout du nez par une magie qu’il ne contrôlait pas. J’avais fait le choix de maîtriser cet outil, m’en servant avec une aisance parfaite jusqu’à ce qu’elle et moi ne faisions plus qu’un dont seul mon esprit prenait les décisions. Voilà pourquoi j’exécrais les corrompus qui avaient baissé les bras, se contentant de jeter leurs actes sous de fausses responsabilités extérieures et en voulant au monde entier. Certains voyaient la corruption comme une tendance vers le mal là où je ne voyais qu’un déséquilibre à dompter. Je n’avais pas la patience ni l’envie de continuer à déblatérer et j’écoutais ses arguments insipides sans broncher.

Et bien, quelle tristesse. Me contentais-je de répondre à sa première tirade.

Il poursuivit alors, me confirmant indirectement qu’il était effectivement le principal instigateur des tueries aux alentours. Faire fermer le mal dans l’esprit des gens ? C’était un peu comme pouvait le faire Semna à une moindre échelle, et ces magies mentales avaient quelque chose qui me fascinait autant qu’elles me rebutaient. Pourtant, mes compétences étaient quasiment basées sur le contrôle des sens de mes victimes, mais bien souvent je m’en servais en soutien et non en offensif. Il était toujours plus plaisant, lorsque l’on était obligé de répandre la mort, de le faire directement de sa main… Cela permettait de garder un esprit clair et de ne pas sombrer dans le déni comme le faisait actuellement mon semblable.

Accélérer les envies de meurtre et de violence, c’est amusant. Le temps le fait tout aussi bien, mais il est vrai que cela requiert plus de patience… Et nous ne sommes pas réputés pour l’être malgré l’éternité qui se dresse devant nous. Je peux comprendre ton enthousiaste à user de ce don, bien qu’il soit aussi meurtrier que si tu te décidais à les abattre directement. Pour moi, tant que le résultat reste le même, il n’y a aucune différence.

La pièce principale commençait se remplir, causant un vacarme désagréable tandis que l’alcool commençait à faire effet chez les plus bruyant. L’odeur rance de la mauvaise bière et de la transpiration vint rapidement titiller mon odorat et je lâchai un soupir exaspéré. Voilà pourquoi je n’aimais pas totalement les petites régions nomades… Elle y attirait une faune sans aucune tenue et cela partait bien souvent en n’importe quoi.

En réponse à mes pensées, une chaise traversa brutalement la pièce et s’écrasa en morceaux dans un coin non loin de nous. Des altercations éclatèrent soudainement entre deux groupes de voyageurs et ce fut bientôt la débandade, agitant l’ambiance et amenant à une mêlée quasi-générale où les plus faibles prirent soin de s’éloigner prudemment. Souriant, je posai à nouveau mon regard sur Elemiah et lui indiquai le bordel qui éclatait autour de nous.

Au final regarde, sans rien, les humains sont suffisamment stupides et impulsifs pour vouloir flirter avec la mort alors qu’ils sont déjà condamnés. Peut-être en ont-ils marre de vivre ?

Des verres vinrent s’écraser sur les murs de l’auberge tandis que le tenancier peinait à réclamer le calme. Une cohue mêlant violence et allégresse nous entourait dans des efflues de nourriture et je me décalai de quelques centimètres pour laisser passer une choppe qui s’éclata dans mon dos. Ah, par contre si l’un d’eux avait le malheur de me toucher, je risquais moi aussi de me mêler à ce petit attroupement agité…