Lost Kingdom  :: Akantha :: La Capitale - Everbright, cité des rois

Une simple question de croyances [Marcis]

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Marcis & Cérès



" Oh Terraris, je chante ton nom. "


La guerre avait été évitée, un soulagement certain s'il en était, malheureusement leur petite tentative de ralliement de la petite noblesse ne semblait pas avoir eu un grand impact dans cette décision et pour couronner le tout les retombées commerciales possibles semblaient loin d'être ce qu'ils avaient pu espérer de la part de leurs invités. Il ne restait que quelques jours maintenant avant de quitter cette terre corrompue à la foi des seraphs et la dryade ne comptait pas passer ces derniers instants enfermée à ressasser l'échec qu'avait été leur tentative de manœuvre au sein des négociations, si elle avait beaucoup entendue parler de la capitale Akanthienne et avait une connaissance solide du pays elle n'y avait pourtant encore jamais mis les pieds avant cette menace, la faute à son passé d’Hermite vraisemblablement, mais elle comptait bien rattraper ses lacunes et profiter du peu de temps qui lui resté sur place.

Si l'on pouvait dire une chose sur ce pays c'est que malgré son monde d'apparat et de faux semblant, la présence de Tertius dans la foule ne passait pas pour autant inaperçue, en total décalage avec cette mode infâme de froufou et autres rubans infâmes. La dryade à la peau d'un vert pastel vêtue tel ces statues antiques d'une longue robe blanche et aux poignets et oreilles couverts de bijoux d'argent attirait les regards tantôt surpris, tantôt suspicieux parmi la foule qu'elle traversait. Ce qu'elle cherchait ? Elle ne le savait pas vraiment, elle errait tout simplement, observant l'architecture et les bâtiments tout en se gardant de lâcher à qui voulait bien l'entendre une prière à Terraris, Akantha était aliénée aux seraphs et l'ancienne religion n'y était plus tolérée, afficher sa prêtrise aurait pu s'avérer dramatique pour leurs relations diplomatiques et malheureusement elle ne pouvait se le permettre, Nueva avait besoin d'alliés et Akantha était le seul acceptable sur la liste.

Un soupire lasse au détour d'une ruelle avant que la prêtresse ne se fige en plein mouvement, son regard céruléen se focalisant sur l'objet de sa surprise. A quelques mètres d'elles se dressaient les ruines de ce qui semblait être un ancien temple, si vraisemblablement ce dernier était alloué aux seraphs en son temps, son architecture n'en restait pas moins un symbole de la magnificence et de la prouesse dont était capable l'esprit humain. Une démarche aussi gracieuse qu'assurée alors qu'elle reprend sa route sans se soucier du monde l'entourant, sa soif de connaissance et sa curiosité avaient été titiller, elle voulait pénétrer en ces lieux du passé. Elle le devait.

Les mains délicates s'appuient sur les immenses portes de bois attaqué par le temps, une poussé qui ne les fait même pas ciller, un soupire alors qu'elle s'arrête pour observer avec recul la bâtisse. Un une petite allée envahie de plantes sauvages contournait le temple par la gauche et c'est sans aucune hésitation qu'elle s'y engouffre à la recherche d'une autre entrée, entrée qu'elle finit par trouver en une petite porte de bois pourrie, plus faible, mais toujours verrouillée face à sa force trop frêle, un échec de plus pour alimenter sa frustration. Personne ne semblait la remarquer où l'observer à l’abri d'un faible muret de pierre, il n'en fallait pas davantage pour qu'elle passe à une option beaucoup moins conventionnelle.

Une profonde inspiration alors que les yeux céruléens se ferment sous la concentration, que dans les profondeurs de la terre sur laquelle elle se trouvait elle n'établisse la connexion avec les racines de la végétation l'entourant, une décharge de magie alors que derrière elle ne grandissent deux arbustes à moitié rabougris à une vitesse fulgurante avant de foncer comme s'ils étaient vivant vers la porte qui vole en éclat sous le choc de l'écorce. Les arbustes devenus vénérables se redressant en une forme conventionnel après leur œuvre achevé alors que la magie reflue et disparait sans pour autant perdre leur nouvel éclat plein de vivacité. Un sourire satisfait alors que les yeux s'ouvrent à nouveau face à l'entrée désormais libérée, elle n'avait jamais été de ses femmes pour le "non" était une réponse acceptable.


©️ Bebebe ♠️

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Jamais il n’avait passé autant de temps sans prier. L’activité quotidienne du prêtre avait récemment été réduite à une tâche d’arrière-plan, tandis que son porte-monnaie percé s’avérait difficile à renflouer. Rapidement, il s’était rendu compte que son emploi en tant que manutentionnaire ne suffisait pas et qu’il devrait en avoir un second. Si l’homme avait passé une bonne partie de sa vie agenouillé devant un autel, il n’aurait toutefois jamais pensé avoir à le faire devant…

« - Surtout frottez bien, Marcis. Comme je vous l’ai appris : de gauche à droite, de droite à gauche. Il faut répartir convenablement la cire. Si je vois ne serait-ce qu’une chaussure mal entretenue, je suspens votre salaire, vous m’avez compris ? »

Comment était-il possible d’être aussi corrompu ?

Avec le peu de qualifications que le jeune homme possédait, au moins pour respecter les normes du marché de l’emploi, Marcis avait finalement dégotté un boulot d’assistant dans une petite boutique spécialisée dans l’habillage des pieds. Maltraité par le propriétaire, il avait réussi à y passer plusieurs jours sans poser sa démission. Tout naïf qu’il était, il avait toutefois réussi à percer à travers le jeu de son employeur qui ne rémunérait qu’à la suite d’une période d’essai dont il n’était pas encore arrivé au terme.

Rares étaient les clients qui venaient pour acheter, en réalité, mais beaucoup venaient se faire frotter les froufrous sur leurs souliers pour que ça reluise comme des miroirs. De l’avis de Marcis, les produits qu’il pouvait distinguer dans les rayons, quand il n’avait pas le regard tourné vers le sol, étaient tout simplement de mauvais goût.

Peut-être cela expliquait-il la radinerie du cordonnier ? Le prêtre se retenait toutefois de lui proposer une confession à Lumenal pour son pêché, mais en mourrait d’envie.

Tandis que la journée arrivait enfin à son terme, un dernier client, visiblement un noble, vint se faire cirer les chaussures. Irascible au possible, celui-ci n’hésita pas un instant à coller ses chaussures crottées dans le visage de son serviteur en lui demandant d’astiquer. Face à une telle indélicatesse et à la joie que se faisait l’artisan de voir son employé traité de la sorte, Marcis ne put alors se contenir d’exploser.

Stoppé dans sa tâche, il se redressa alors et…

BROOM !

Interdites, les trois silhouettes affichèrent soudainement des yeux ronds comme des soucoupes. Quelque chose venait vraisemblablement de faire un boucan d’enfer non loin. Heureusement le quartier n’était que très peu passant et, outre la boutique du cordonnier et une vieille église destinée aux hérétiques louant les Séraphs, il n’y avait pas grand-chose dans les parages.

Toutefois désireux de savoir ce qu’il pouvait bien se passer et content de découvrir une brèche lui permettant de fausser compagnie à ses deux tortionnaires, Marcis ne réfléchit pas deux fois avant de gagner la rue pour découvrir un étrange spectacle.

« - M’enfin ! C’pas possible ! Où qu’il va encore celui-là ? Je te préviens : si tu ne reviens pas tout de suite, tu es vi-

- Parfait, faites ainsi, je crois que Dieu vient de m’envoyer un signe ! Vous n’avez qu’à décrotter vos clients vous-même, en commençant par celui-ci, » ironisa le jeune vampire avec un sourire non-dissimulé. Sourire qui se trouvait aussi sur le visage du client en question, dont les chausses n’attendaient visiblement qu’à être soigneusement cirées.

Devant lui, Marcis pouvait distinguer l’entrée de l’autel aux Séraphs, jadis cloisonnée par une lourde porte, désormais ouverte à jamais. Pour cause : le lourd pan en bois avait sauté hors de ses gonds, propulsé par la naissance de deux grands arbres qui ne se trouvaient pas là auparavant. Quel genre de magie était donc à l’œuvre en ce lieu ? Devait-il redouter la présence de l'un de ces terribles monstres de déchéance ou bien était-ce l’œuvre d'un fidèle des Anciens Dieux ?

Bien plus curieux alors qu’il n’aurait véritablement dû l’être, le jeune homme gagna le seuil de la paroisse et sonda la semi-pénombre qui la tapissait. N’y voyant rien, il poursuivit alors sa route jusqu’à être surpris par la présence de quelque chose de dissimulé dans les ténèbres. Quelque chose de calme et de paisible qu’il parvenait aisément à identifier, grâce à toute la science que son père lui avait inculquée.

Il savait reconnaître un enfant de Terraris quand il en voyait un.

« - Est-ce que… est-ce que c’est vous qui avez fait ça ? »


Marcis & Cérès



" Oh Terraris, je chante ton nom.  "


La silhouette s'engouffre dans l'ouverture ténébreuse laissée par la porte défoncée au sol, le blanc de sa robe se noyant dans les ombres alors qu'elle avance doucement, le regard céruléen se perd dans l'obscurité de la nef afin d'y détailler le moindre détail, si le culte qu'abritait jadis cet endroit la révulsait, l'architecture elle ravissait sa curiosité avide par la découverte de ses merveilles si différentes de ce qu'elle avait toujours connu.

Un bruit pour capter son attention alors que les pas résonnent sur le bois lourd de la porte défoncée sur le marbre froid. Une légère appréhension face à cet homme inconnu pénétrant dans la bâtisse abandonné, appréhension que sa froideur caractéristique noie dans une posture calme et paisible, une appréhension disparaissant alors qu'il ne semble émaner de cet homme aucune menace potentielle, un geste d'indifférence alors que face à cette constatation elle se détourne pour continuer son observation de la voûte. Un silence apaisant avant que l'homme ne se décide à parler le premier, une question lui tirant un sourire presque invisible alors que son regard d'azur se braque à nouveau sur lui pour le détailler avec attention, sa voix aussi froide que mélodieuse retentissant enfin pour lui répondre avec une simplicité déconcertante.

" En effet, elle était verrouillée. Mais vue l'abandon du lieu je ne pense pas qu'elle manquera à quelqu'un. "

Une expression d'un calme et d'une indifférence glaciale alors qu'elle reprend sa marche dans la nef pour se diriger vers le choeur et ce qui était vraisemblablement un autel. Une remarque formulée à haute voix, semblable à une question sans vraiment paraître en être une. Sa voix retentissant dans un écho paisible et solennel. Pensive.

" Vous ne trouvez pas impressionnant de voir ce que la foi est capable d'engendrer... Quand bien même si elle est issue d'une vaste mascarade... "

Ses mains délicates parcourent le bois mort d'une rampe ayant survécu au temps alors que sa robe aérienne balaie la crasse du marbre sans qu'elle ne semble y accorder la moindre importance.

" Je suppose que vous croyez aux Seraphs ? "
 

©️ Bebebe ♠️

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Alors que la question de l’inconnue venait de frapper les tympans du prêtre, celui-ci n’avait pu, qu’en toute réponse, afficher un visage interloqué teinté d’une expression de dégout et de profond mépris. À vrai dire, c’était la première fois qu’on lui posait la question, tandis que son affiliation religieuse s’était révélée bien souvent transparente au point de lui attirer des ennuis et des ennemis. Cette fois-ci il n’était néanmoins qu’un simple visiteur dans un lieu de culte désaffecté, dont la porte venait d’être brutalement enfoncée grâce à l’œuvre d’une créature dont la forme curieuse, le teint verdâtre et les yeux d’un bleu céleste n’étaient pas sans lui rappeler…

« - Une dryade… »

Il n’avait pas spécialement répondu à la question, toutefois l’homme de foi s’empressa de saisir son médaillon et de le brandir comme s’il s’agissait d’un talisman. Ce n’était pas autant pour se protéger de la violence de la jeune femme que pour lui faire comprendre qu’il n’était pas un traître à ses divins parents. Très rapidement, il avait compris que son interlocutrice n’était pas friande des Séraphs, mais surtout qu’elle était une adepte de Terraris au vu de sa longue robe de prêtresse aux couleurs rappelant celles dédies aux anciens dieux.

Les Séraphs avaient leurs propres bannières, mais les ornements en hommage au Dieu de la Terre ne laissaient généralement planer aucun doute pour qui connaissait les rituels.

« - Vous non plus, je suppose. Mon père a oublié de m’apprendre bien des choses, mais il m’a enseigné à reconnaître mes confrères et mes consœurs quand j’en vois. Je ne suis pas votre ennemi, mais un fils de Lumenal. »

Finalement, tandis que le vampire disait ces mots, son regard en était venu à parcourir des yeux l’intérieur de la nef. En partie laissée aux affres de la nature, celle-ci était sale et poussiéreuse, mais loin d’être laide pour autant. Les Séraphs étaient consciencieux dans les tâches qu’ils déléguaient aux hommes : rien n’était laissé au hasard dans une architecture où tout était calculé et affiné au millimètre près.

« - Les hommes sont capables de véritables prouesses. Toutefois ce qu’ils peuvent construire n’est pas toujours impulsé par de bonnes intentions. J’en ai déjà fait les frais. Cet endroit a probablement été construit pour être beau, avant que l’on ne réfléchisse à son utilité. Une simple question d’égo pour ces faux dieux qui ont eu à cœur de conquérir l’improbable en répandant leur mauvaise culture et leurs valeurs de grandeur corrompue. Tout cela… n’est qu’une honteuse façade pour dissimuler la vérité : ils ne sont pas les dieux ici. »

Terminant son laïus, le prêtre s’en vint cueillir d’une main un calice laissé sur l’autel au centre de la nef et dévisagea son interlocutrice. Il n’attendait pas d’elle une réponse, mais espérait savoir pourquoi elle s’était introduite dans ces ruines.

Mais avant toute chose…

« - Qui êtes-vous, au juste, pour oser vous dresser contre ces imposteurs ? Qu’aviez-vous prévu en détruisant cette porte et en pénétrant ici ? Vous avez eu de la chance qu’aucun Magister ne soit présent dans les parages... »


Marcis & Cérès



" Oh Terraris, je chante ton nom.  "


Un geste vif pour brandir le médaillon, un moment de surprise avant que la dryade ne décide de s'approcher pour regarder le trésor de l'inconnu, un trésor marqué du sceau de Lumenal provoquant une excitation qu'elle ne s'expliquait pas, elle d'habitude si froide et calme, neutre et implacable. Il parle et ses paroles sont comme un baume au coeur que seul l'immensité boisée des forêts Nuevienne avait jamais sût lui apporter, au plus proche de Terraris et de son œuvre. Un sourire qui se dessine sur les lèvres pastelles alors qu'elle répond en s'inclinant légèrement.

" C'est un plaisir de vous rencontrer, fils de Lumenal. En effet, mon coeur et mon corps appartiennent à Terraris, père des dryades et des forêts. "

Il réagit enfin à sa question, où plutôt l'interrogation qu'elle avait formulé à haute voix quelques minutes plus tôt et c'est en écoutant avec attention que son regard repart se perdre sur l'édifice et son architecture. Elle reste silencieuse, un point de vue qu'elle partageait sans pour autant se désintéressé du passé de ce lieu et de la prouesse de civilisation qu'il représentait. Elle haïssait peut-être les seraphs, mais leurs fidèles n'étaient que des âmes trompées et dupées, de pauvres âmes cherchant à croire en un espoir, quelque chose de supérieur leur aidant à donner un sens à leur vie, un sens à leur mort. Son attention se reporte sur l'homme alors qu'il saisit un calice abandonné avant de poser une question qui semblait titiller sa curiosité. Une question lui tirant une expression amusée, bien loin de cette froideur lui collant habituellement à la peau.

" Je voulais simplement observer de plus prêt ce lieu, si les seraphs n'attirent que mon aversion et ma révulsion, je reste néanmoins fascinée par le génie humain sous toutes ses formes et l'architecture de ce bâtiment est l'une d'elle, je me devais donc d'entrer pour l'observer de mes propres yeux. "

Une expression sérieuse et sincère alors que son regard d'azur se perd dans le siens, une proximité étrange qu'elle ressentait avec ce parfait inconnu, surement par leu foi commune à l'ancienne religion.

"Quand aux magisters, j'aimerai voir leur réaction en se rendant compte qu'ils ont interpellé la sage Tertius, représentante officielle du conseil de Nueva pour les négociations venant de se terminer. "

Un sourire alors qu'elle s'incline légèrement devant l'homme en guise de salutations officielles maintenant qu'elle venait de lui révéler son statut.

"Je me nomme Cérès Kementari, prêtresse de Terraris et élue du peuple Nuevien en qualité de sage Tertius. "

Une pause avant qu'elle ne parle à nouveau en reprenant une expression digne et solennelle, un devoir imposé par son statut alors que les bracelts d'argent teinte dans un mouvement léger et aérien pour saisir à son tour le calice.

" Et vous enfant de Luménal ? Qui êtes vous et pourquoi pénétrer en ces lieux par une porte enfoncée par une parfaite inconnue ? Je suppose que ce n'était pas pour jouer aux magisters et aux impies comme le font les enfants d'ici. "

Un sourire légèrement moqueur alors qu'elle observe en détail son interlocuteur, quelque chose la perturbant dans ce qu'il dégageait sans avoir la moindre idée de ce dont il pouvait s'agir, quelque chose de sombre malgré la luminosité qu'il dégageait, un être très intéressant et intriguant à n'en point douter.
 

©️ Bebebe ♠️

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Avait-il trouvé sa première amie en ce bas monde ?

Cette femme qui se réclamait prêtresse de Terraris et sage de Nueva lui réchauffait le cœur. Lui qui n’avait plus cru, qui n’avait plus pensé et perdu la foi en la présence de congénères. Lui qui s’estimait dernier prêtre des Anciens Dieux, avait-il commis l’erreur de ne pas se tourner vers ce pays civilisé ?

Il n’avait pu se rendre à Nueva, alors Nueva s’était rendu à lui et aujourd’hui il y découvrait les vestiges de sa propre religion. Quelque part, on croyait encore aux Anciens Dieux : sa mission reposait sur quelque chose d’existant, sur des fondations réelles.

Il n’était pas seul.

La dryade le regardait avec des yeux étrangement doux, comme si ceux-ci cherchaient non pas à percer à travers lui, mais à réchauffer son âme. C’était une caractéristique commune à un grand nombre d’élémentaires de terre, quand elle ne s’étendait pas aux sirènes et aux tritons. Mais rarement aux Salamandres, plus portées sur la destruction. La terre, elle, créait et berçait, comme une tendre origine du cycle de la vie.

Marcis, en la présence de la dénommée Cérès, se sentait comme endormi, reposé, alors que seul le timbre de sa voix résonnait dans l’espace. Pour une fois, quelqu’un cherchait à savoir qui il était vraiment, quand dans ce monde tout ce qui comptait était de savoir ce qu’il pouvait faire. Car il n’était ni noble, ni riche, on se fichait de ses origines comme on se fichait de ses croyances.

« - Mon nom est Marcis Valerius, fils d’Orwin Valerius et descendant d’Orphae Valerius, l’un des Onze fils et filles de Lumenal. Je suis le dernier représentant de ma lignée et ma mission est de veiller sur la relique de mon ancêtre tout en parcourant le monde pour convaincre les hommes de mettre un terme à leur hérésie, expliqua-t-il tout en embrassant, d’un grand mouvement des bras, l’infratructure dans laquelle se trouvaient les deux fidèles. Je dois toutefois avouer être ici uniquement car j’ai succombé au pêché de curiosité. Je ne sais pas s’il serait sage de rester longtemps dans les parages cependant… »

Tandis que Marcis avait amorcé ses dernières paroles, des bruits de pas et des aboiements d’ordres entre soldats s’étaient fait entendre dans une rue voisine. La garde approchait et il n’était pas certain de vouloir s’attirer plus d’ennuis qu’il n’en avait déjà.

« - Si vous avez terminé ce que vous étiez en train de faire, je ne saurais assez vous conseiller de libérer les lieux. »


Marcis & Cérès



" Oh Terraris, je chante ton nom.  "


Il se présente et c'est un mélange de surprise et de stupéfaction qui viennent danser sur le visage de la dryade au rythme de ses mots. Les Onze... Il en était fait mention dans quelques textes qu'elle avait étudié lors de son passage à l'université, la religion des cinq était riche et précieuse sous un bon nombres d'aspects, mais malheureusement une grande partie de ce dernier avait été perdu dans les affres du temps où muselait par l'intolérance et l'impiété de l'Ordre des astres. Elle n'a guère le temps que fouiller davantage dans sa mémoire alors que l'agitation du dehors se fait entendre et que son interlocuteur la presse de partir de ce lieu majestueux, à raison, si elle ne craignait pas la garde Akanthienne il en été certainement autrement pour cet homme et sa religion en dehors des accords passés entre la fière Akantha et la sordide Maerian.

" En effet nous ferions mieux de trouver un meilleur endroit pour continuer cette conversation. "

Déposant le calice poussiéreux sur l'autel elle embraye le pas sur le dénommé Marcis, les deux silhouettes formant un duo des plus improbables sortant du bâtiment à l'abandon par où ils y étaient entré afin de rejoindre la petite allée où les deux arbres trônaient désormais fièrement dans les rues pavés d'Evebright, une œuvre bénigne qui emplissait pourtant la dryade d'une certaine satisfaction. Remontant la petite allée ils débouchèrent sur une rue adjacente dont l'animation jurait avec la quiétude des lieux qu'ils venaient de quitter.

" Je connais très mal votre capitale, c'est pour cela que j'ai décidé de m'y perdre aujourd'hui afin d'y découvrir le plus de choses possibles avant mon départ. Que diriez-vous de m'accompagner ? Vous devez certainement connaître tout un tas de lieu où nous pourrons discuter paisiblement, j'aimerai en apprendre davantage sur les onzes, votre lignée et cette fameuse relique. Nueva est peut-être une nation libre de la religion des seraphs malheureusement nombre des connaissances concernant les anciens dieux ont disparue et la légende des onze se limitent pour moi à de vagues mentions trouvées dans d'anciens textes, j'aimerai en apprendre davantage si vous le permettez. "

Un regard luisant d'intérêt et de soif d'apprendre, encore et toujours, caractéristique qu’elle avait en commun avec bon nombre des sages de la paisible Nueva pour qui l'université et le savoir était la base de toute civilisation digne de ce nom.

"Je m'en remets donc à vous sire Valerius pour me faire découvrir les richesses d'Evebright et de votre histoire."

Autour d'eux certains passant ne peuvent s'empêcher de jeter des regards de surprise au passage de l'étrange duo, regards aquel elle s'était habitué depuis son arrivée en Akantha, si sa tenue et son apparence ne choquaient en aucun cas les Nueviens, surtout depuis qu'elle avait ressuscité un véritable culte au dieu de la Terre dans la capitale en y ouvrant un temple, c'était loin d'être le cas en ces terres conquises par la terrible religion Seraphs.
 

©️ Bebebe ♠️

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Les pas du jeune prêtre avaient finalement guidé les deux religieux jusque dans l’un des rares lieux qu’il osait fréquenter dans cette capitale impie. Les Séraphs étaient partout, leur religion omniprésente et le seul moyen pour le jeune homme d’avoir la paix était tout simplement de s’isoler.

Pour cela, Everbright recelait heureusement de lieux abandonnés et oubliés de tous, comme le lieu de culte qu’ils venaient de quitter mais qui n’était, finalement, qu’un autel aux imposteurs. Il y avait d’autres endroits.

La conversation était progressivement venue mourir entre le vampire et la dryade tandis qu’ils s’étaient rapprochés de son sanctuaire. Enfin, pour lui, ce qui y ressemblait le plus. Ils n’avaient finalement échangé que des commodités pour ne pas se faire surprendre par l’ennemi. Marcis avait déjà eu beaucoup trop de mauvaises expériences à ce sujet… et les oreilles des personnes mal intentionnées avaient tendance à trainer un peu partout.

Finalement, les deux « jeunes » gens découvrirent ce qui devait probablement être l’un des quartiers les plus pauvres et les plus désaffectés. Selon l’histoire de la ville, c’était auparavant le quartier le plus religieux. Aujourd’hui encore, il conservait le nom de « Monastère ». Si peu de personnes l’évoquaient dans des conversations mondaines, c’était toutefois comme cela que l’on continuait de l’appeler après toutes ces années.

« - Intéressant de voir qu’ils se sont vraiment appliqués à faire tomber en désuétude tout ce qui se rapporte aux Anciens Dieux, de près ou de loin. Mais malgré tous leurs efforts, il y aura toujours quelqu’un pour s’en rappeler. »

Ici ils pouvaient parler et ils pouvaient parler vrai. Les rues étaient pratiquement désertes et le mal qui pouvait s’y trouver n’était pas celui des hautes sphères, mais bien des castes les plus basses. Des guildes de voleurs ou d’assassins, essentiellement.

« - Nous y voici, » signa enfin Marcis tout en se plaçant devant la porte d’une curieuse maison qui ne possédait pas de verrou. Ici, il n’y en avait plus depuis belle lurette.

Alors il poussa simplement sur le bois et éclaira avec une torche vivement allumée l’ancienne habitation qui, mis à part quelques détails, ne cassait pas trois pattes à un canard. C’était antique, poussiéreux et rongé par la moisissure, mais ce n’était pas ce qui l’intéressait. Deux ou trois pièces les séparèrent d’une nouvelle porte qui, cette fois-ci, possédait un verrou dont seul Marcis avait la clé. Il l’actionna sans peine et découvrit un escalier en pierre descendant vers les ténèbres.

Il s’y engagea le premier.