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(QUÊTE) La folie des hommes ─ Achillée & Cérès

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La Folie des Hommes

PV CÉRÈS | GRANDE FORÊT (NUEVA)
L'après-midi était bien avancée. Le soleil s'élevait haut, dardant ses rayons curieux au-delà du feuillage touffu des arbres environnants, baignant le paysage dans une douceur tranquille qui caractérisait les lieux. L'endroit grouillait de vie, bien qu'il faille tendre l'oreille pour le constater. L'écorce craquait, les feuilles bruissaient, comme autant d'innombrables conversations naturelles et secrètes. La forêt se tenait tranquille, profonde mais accueillante pour ceux qui y étaient les bienvenus. La terre était humide, due aux pluies saisonnières qui s'étaient abattues récemment, nourrissant le sol et gonflant les ruisseaux. Cela rendait le chemin traitre ; si l'on pouvait l’appeler comme tel : rares étaient les pas humanoïdes à fouler l'endroit, et nulle autre route que celle érigée pour les caravanes marchandes ne prenait place dans ces confins boisés.

Achillée avait rapidement prit la décision de sortir des sentiers battus, se tournant plutôt vers les pistes naturelles laissées par les prédateurs qui se tapissaient dans l'ombre des grands arbres, ou des paisibles herbivores qui paissaient dans les herbes riches. Elle n'avait certes pas la prétention de prétendre connaitre la forêt aussi bien que ses bureaux au sein de l'Académie, mais s'était aventurée suffisamment de fois en ces lieux lors de son enfance pour savoir s'orienter correctement dans la nature sauvage. Silencieux, le grand loup blanc qui lui servait de monture avait la patte sûre et la démarche assurée, malgré le poids cumulé de ses deux cavalières. Une fois n'étant pas coutume, Achillée était songeuse, retirée dans un silence scrutateur qui durait depuis une bonne partie du voyage qu'elle et sa compagne avaient entrepris.  

Cérès l'était tout autant, et Achillée lui était reconnaissance d'avoir suffisamment confiance en elle pour la laisser les guider. Il n'aurait d'ailleurs pas été étonnant que la dryade plus âgée connaisse bien mieux la Grande Forêt qu'elle. Il était étrangement agréable de se retrouver seule avec sa collègue Sage. Malgré ce qu'on pouvait penser, la jeune femme ne fréquentait guère les autres dryades, quand bien même sa mère faisait partie de la communauté active de Nueva. Ses rapports avec cette dernière n'était pas au beau fixe et Achillée préféra rapidement changer de sujet de réflexion, se concentrant sur ce qui les amenait en ces lieux -plus que pour le plaisir d'une promenade inattendue. Des plaintes avaient été déposées, des rumeurs courraient. Quelque chose, ou quelqu'un, là, à la frontière d'Ellgard, dégradait la vie naturelle des lieux.

D'innombrables demandes, plaintes et questions occupaient les bureaux surchargés des Sages et de leurs associés. Achillée n'aurait su vraiment dire pourquoi celle-ci lui avait paru plus importante que les autres. La proximité avec la frontière n'y était sans doute pas étrangère. Ellgard était un pays dangereux. Les routes étaient à priori bien gardées, mais la nation n'était pas à l'abri de quelques opérations secrètes ou abominations échappées du royaume voisin. Cela la préoccupait. Elle pressentait quelque chose de mauvais, et avait depuis longtemps appris à faire confiance à son instinct. La jeune dryade avait donc décidé d'aller voir de quoi il en retournait, accompagnée de son fidèle apprenti Trefläen (affectueusement surnommé Trèfle), songeant que sa magie empathique pourrait lui être utile lors de ce voyage intrigant. Ce fut une surprise lorsque Cérès s'ajouta à la petite expédition, ayant entendu parlé des desseins de sa collègue.

Cérès était une Sage qui impressionnait et mettait mal à l'aise tout à la fois. Achillée avait beaucoup d'admiration pour elle, malgré son attitude frisant parfois l'arrogance et distante -pour ne pas dire glaciale, qui lui avait attiré quelques remarques acerbes des autres Sages. Quintus, quant à elle, pensait sincèrement que sous cette carapace d'acier s'élevait une personne profondément bonne et affectée par son pays et le bien-être de ses habitants. Cela lui suffisait. Les paumes posées sur le devant de la grande selle de fortune harnachée afin de chevaucher Aster, la jeune dryade tourna légèrement la tête vers sa collègue, sa chevelure immaculée semblant couler comme une cascade sur ses épaules enveloppées d'une cape chaude. Les hivers nueviens n'étaient après tout pas les plus doux.

Nous n'allons pas tarder à arriver au village d'où proviennent les rumeurs qui nous intéressent, indiqua la demie-elfe. Elle se tut quelques secondes, laissant planer un silence que seuls les pas d'Aster perturbaient, avant de reprendre la parole, d'une voix trop neutre pour être naturelle. Pensez-vous qu'il s'agisse d'une manœuvre d'Ellgard ?

Elle espérait du plus profond de son coeur que la réponse serait négative. Il était trop tôt pour faire face aux prémices d'une invasion. La nation était loin d'être prête. Mais est-ce qu'elle le serait un jour ? Achillée secoua doucement la tête. Le temps était venu de garder la tête sur les épaules et de se concentrer sur leur mission. Quoiqu'elles soient amenées à affronter, elles feraient face, gardiennes de Nueva et ses forêts.

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Achillée murmure en burlywood,
Aster gronde en darkgrey.



La Folie des Hommes



" Oh Terraris, je chante ton nom. "


Un silence pesant, un silence à l'image de la gravité de la situation, aussi floue que dangereuse alors que jusqu'au fond de ses tripes la dryade était saisie par une peur aussi inhabituelle qu'inexplicable. Une tension palpable dans l'air alors que sa collègue était renfermée dans le même mutisme qu'elle. Tout était partie d'une simple rumeur, une rumeur à laquelle les plaintes et rapports étranges s'étaient succédès, des rapports vagues et pourtant unanime, quelque chose ou quelqu'un provoquait la détérioration de l'environnement à la frontière du pays. Une frontière commune avec ce monstre d'acier et de cruauté nommé Ellgard, empire autoritaire ayant décidé de sacrifier nature et humanité au profit d'un scientisme fou et d'une technologie destructrice pour tout ceux s'en approchant, aliénés par les cristaux et leurs pouvoirs.

Ces rapports en série avaient eu pour répercussion une situation des plus improbables alors que le sage quintus avait décidé d'aller constater en personne leurs dire et de tenter d'en trouver la cause, une nouvelle qui lorsqu'elle était parvenue aux oreilles de tertius avait provoqué le même besoin impérieux et inexplicable. Une négociation un peu houleuse s'en était suivis avec le conseil auquel elles appartenaient, un conseil peu favorable à l'envoie de deux sages à la frontière ellgardienne en réponse à des rapports vagues et plus que suspects. Un conseil qui n'eut finalement pas d'autre choix que de céder face à l'insistance des deux dryades en route depuis plusieurs heures maintenant vers la source du problème. La chevauchée n'était pas des plus agréable et tertius fut difficile à convaincre, mais Aster, le fidèle allié de Quintus s'impose rapidement comme le moyen de locomotion le plus sur et rapide au vue de l'urgence de la situation.

Seul retentit le bruissement paisible du vent dans la végétation et les légers bruissement de la faune pour qui sachant écouter. Une progression rapide, aussi rapide que cette angoisse lancinante envahissant les tripes de la dryade alors que leur destination se rapprochait à grand pas, une angoisse presque palpable alors que les souvenirs de l'intrusion Ellgardienne hantent son esprit, un mouvement machinale pour venir toucher son ventre, ventre qui s'était venue transpercé une quarantaine d'année plus tôt lors des terribles essais militaires qu'Ellgard avait entrepris dans leur sanctuaire sacré. Les paroles d'Achillée la tire de ses pensées lugubres alors que sa main vient déserté la cicatrice cachée par les vêtements chauds imposés par la saison. Des paroles peut rassurante alors que quintus semble saisie des même craintes qu'elle.

" J'en ai peur, le fait que tout ceci est lieu à la frontière ne laisse présager rien de bon. "

Un silence avant qu'elle ne poursuive en réaction à un terrible mal être.

" Arrêtons-nous quelques instants, il faut que je vérifie quelque chose. "

La forêt était soudain devenue étrangement muette, le chant des oiseaux, les bruissements légers des courses animales s'étant comme évaporées depuis plusieurs minutes, comme si plus aucune vie n'occupait maintenant cette portion de la forêt. Un haut le coeur que l'angoisse stimule alors qu'elle pose pied à terre avant de se diriger vers l'arbre le plus proche. Une profonde inspiration pour se calmer avant qu'elle ne libérer sa magie, un crépitement dans l'air se troublant alors que sous leurs pieds la greffes se répand, qu'elle se connecte aux racines environnantes des arbres et des plantes les entourant. Une réaction fulgurante alors que soudain la dryade faiblit, qu'elle se penche en avant pour déverser un flot de bile en se retenant à l'arbre avec ses mains frêles. La connexion se rompt alors que la multitude de greffes disparait comme un vague souvenir. Une respiration haletante alors que ses mains se crispent encore saisie par le malaise, corruption s'étant emparé d'elle tel une fièvre au moment de la multiple connexion avec la végétation environnante. Un souffle court, une peur paralysante durant de longues minutes avant qu'elle ne réussisse à reprendre son calme, une certaine contenant. La dryade se redresse faiblement, elle se tourne vers Achillée, l'air grave alors que ses yeux céruléens trahissent la panique ressentis quelques instants plutôt. Une simple phrase lâché à mit mot, comme si la déclarer tout fort pouvait faire s'abattre sur elles la colère de Terraris lui-même.

" Toute la végétation... Autour de nous... Elle se... meurt... "

©️ Bebebe ♠️

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code couleur : silver

Intervention MJ

La folie des hommes




La végétation se mourrait, et ce n'était que peu dire. Partout ou Cérès pouvait porter son regard en cette direction du Nord de la forêt, l'obscurité qui y régnait n'avait rien de naturel. Non, au premier coup d’œil on pourrait croire que c'était simplement le feuillage qui ombrageait ainsi le sol en formant une voûte à la cime des arbres. Mais ainsi pied à terre, Cérès pouvait sentir une légère odeur de soufre qui flottait dans les environs, sans compter que le sol sous elle semblait s’effondrer légèrement; chaque brin d'herbe s'effritait au toucher pour tomber en poussière, une poussière grisâtre, presque de la cendre.

Dans le silence étrange qui entourait les deux jeunes femmes, un bruissement se faisait entendre: partout ou les greffes de la Dryade avaient touché la flore environnante, celle-ci se désintégrait pour ne laisser que poussière derrière elle, achevée par une maladie mystérieuse qui ne laissait rien derrière elle. Il ne restait que aux deux Sages de tenter d'en apprendre plus sur cette poussière en prenant garde de ne pas trop toucher les plantes contaminées sous peine de provoquer une réaction en chaîne qui pouvait s'avérer dangereuse au vu du rapprochement des arbres dans cette partie de la forêt... A moins que tenter de déterminer d'ou provenait cette odeur de soufre soit une piste plus intéressante à leurs yeux.

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