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Pour les progrés de la science

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Blackwood Amalia
IDENTITÉ
RACE ▬ Lycan Vulpes (renard donc canin)
AGE ▬ 43 ans mais elle ment régulièrement sur son âge pour sembler humaine (27 ans).
ORIENTATION SEXUELLE ▬ ça ne l'intéresse pas vraiment, tant qu'il n'y a pas d'utilité derrière (comprendre qu'elle agit par nécessité pour pratiquement tout).
SITUATION PERSONNELLE ▬ célibataire je présume ?
NATIONALITÉ ▬ Akanthienne à l'origine, elle n'est pas spécialement proche de sa famille...
FACTION ▬ Mage de l'Empire
MÉTIER ▬ Scientifique ? Biologiste et chimiste à priori.


MAGIE ET COMPÉTENCES
PHYSIQUE
❯ agilité 1 1 0 0 0
❯ force 0 0 0 0 0
❯ endurance 1 0 0 0 0
(TECHNO)MAGIE
❯ mana 1 1 1 0 0
❯ puissance 1 1 1 1 0
❯ contrôle 1 1 0 0 0
Comme beaucoup de Vulpes, la force d'Amalia ne se situe pas dans sa puissance physique mais au contraire dans ses capacités psychiques et sa finesse d'esprit. Bonne actrice, elle est encore meilleure menteuse et sait profiter de ses charmes pour avoir ce qu'elle veut, ce qui en fait une femme redoutable.

Très tôt, elle a appris à développer ses compétences magiques sans toutefois correctement les contrôler. Capable du meilleur comme du pire, la rousse peut faire usage d'un sort très puissant qui la videra totalement et qu'elle ne maîtrisera que... moyennement. On parle ici donc d'une experte de la magie entropique.

Compétences raciales :
Vulpes cambium : Ama passe sous sa forme de renarde. Son odorat est nettement plus développé et elle possède une vision nocturne avantageuse. Son pelage soyeux n'est pas sans rappeler sa belle chevelure rousse. Elle est aussi définitivement plus agile et plus rapide sous cette forme, ce qui lui garantit de pouvoir voyager à moindre contrainte et en autant de temps qu'un humain à cheval. Sa petite taille, celle d'un renard naturel, est aussi un avantage quand il s'agit de se faufiler quelque part ou de se libérer d'une étreinte.

Hybrida cambium : Ponctuellement, certains Lycans sont capables d'avoir une forme intermédiaire entre leur forme humaine et leur forme animale. Cette forme hybride admet une apparence monstrueuse, souvent hideuse, mi-homme-mi-animale. Cette capacité, encore plus rare chez les Vulpes, Ama l'a malgré tout développée après avoir remarqué que cela affectait positivement sa magie ainsi que sa rapidité et ses réflexes. Mais aussi que cela nuisait à ses capacités cognitives, au contrôle de ses pouvoirs et à sa dextérité. C'est toutefois sous cette forme que la jeune femme est capable du meilleur comme du pire : peut-être est-ce grâce à cet aspect de la malédiction des Theriantropes que ceux-ci ont fini par se croire descendus d'anciens dieux.

Compétences magiques :
Arcanum Celesis : Nommée après l’archimage Antares Celesis, l’Arcanum Celesis est un arcane de la magie météorologique rarement enseigné en vertu des dangers entropiques de son utilisation. Pourtant l’Arcanum Celesis peut jouer un rôle majeur dans certains procédés scientifiques, puisqu’il s’agit d’une magie opérant au niveau moléculaire. Permettant d’agiter ou au contraire de ralentir les molécules, l’arcane influe ainsi sur les variations de températures et de faire fondre ou geler un objet au toucher. De récentes rumeurs indiqueraient que l’Empire serait parvenu à mettre la main sur une scientifique maîtrisant, ou presque, l’Arcanum Celesis et que l’enseignement de cet arcane aurait repris dans certaines académies. Bien évidemment, tout le monde n’est pas d’accord avec cela : certaines choses gardées secrètes pendant des siècles devraient parfois le rester. Passée maître dans l'utilisation de l'Arcanum Celesis, Ama est capable de faire fondre ou de geler un objet léger en moins d'une minute. Toutefois, plus un objet est lourd ou massif et plus le temps nécessaire pour perturber ses molécules est grand : le temps nécessaire à l'application du sort se voit ainsi doublé voire décuplé pour des objets plus grands. À titre d'exemple : un objet léger et friable ne nécessitera que quelques secondes, là où une bûche prendra une minute et un rocher de taille humaine une demi-douzaine de minutes. La constitution des cibles entre aussi en ligne de compte.

Ama est aussi capable d'influer sur les molécules présentes dans l'air pour réchauffer ou refroidir l'atmosphère dans un rayon de dix mètres autour d'elle. Ce faisant, la température ambiante ne pourra pas excéder quarante degrés celsius et passer en-dessous de la barre des moins dix, à moins de se rapprocher de la source que sont les mains de la mage, beaucoup plus chaude ou beaucoup plus froide en fonction du sort.

PHYSIQUE
Roux. C'est probablement le premier adjectif qui viendrait à l'esprit de quiconque la regarderait, de près comme de loin. La tignasse d'Amalia est plus qu'une simple masse de cheveux : il s'agit de l'incarnation de ce qu'elle est et de ce qu'elle représente. S'il y a bien une chose pour laquelle elle doit remercier ses origines Lycanes, c'est son épaisse chevelure ignée.

Amalia, c'est un petit brin de femme. Pas spécialement grande, pas non plus minuscule, ce n'est clairement pas sa taille, dans la moyenne des humaines, qui permet de la distinguer au milieu de la foule. Ce n'est pas non plus sa corpulence : elle n'a pas à se plaindre de ses formes parfois généreuses, qui savent être discrètes lorsque l'occasion s'y prête. Outre cela, son corps est mince, pas fin ni maigre. Juste mince. Et assez mince pour lui permettre une agilité presque féline. Presque.

La féminité n'est peut-être pas non plus ce qu'Ama cherche à faire paraître en premier. Sa démarche n'est pas rythmée par le bruit de ses talons hauts puisqu'elle préfère largement des bottes ou des bottines confortables à ces terribles escarpins qui lui tordent les chevilles. Elle n'est pas non plus chaloupée car... il n'y a rien d'agréable ni d'utile à se balancer de la sorte, réellement.

Enfin, c'est une scientifique quoi. Même physiquement, cela se laisse transparaître : lorsqu'elle n'a pas ses robes de mage, son apparat est simple et plutôt monotone. En nuances de blanc, de gris et rarement de bleu ou de jaune. Mais très rarement, seulement si on lui demande d'être présentable auprès de ses supérieurs.

Outre ses cheveux donc, le seul élément véritablement saisissant chez Amalia est son visage. Et plus particulièrement ses yeux, irradiant d'un rouge incandescent, comme s'ils étaient en feu. En fait, ses iris semblent naturellement en parfait accord avec sa toison, qui devient son pelage lorsqu'elle change de forme.

On pourrait alors jurer voir non pas un animal se mouvoir, mais une flamme danser entre les arbres des bois d'érables où elle aime chasser à la nuit tombée.
CARACTERE
Le caractère d'Ama n'est peut-être pas le plus fascinant dans sa psychologie tortueuse et... dégénérée. Car Ama est cruelle et ne se prive jamais lorsqu'il s'agit d'en faire la démonstration. C'est peut-être sa plus grande qualité. C'est peut-être son plus grand défaut.

L'empathie à son degré zéro : aucune compassion et aucun contact humain, à moins qu'il n'ait un intérêt pour elle. Et peu de choses savent susciter l'intérêt de la scientifique. Son travail, ses expériences et l'évolution de sa carrière ; à moins de pouvoir l'avancer sur l'une de ces choses, inutile d'aller vers elle. Et si jamais il vous arrive de mentir quant à vos véritables intentions, mieux vaut craindre son regard capable de jeter des éclairs.

Ama est arrogante, mais ne se préoccupe pas de savoir si cela frustre les autres ou pas. Elle sait être à l'écoute de ses supérieurs et les tient en estime, mais ne les considère jamais que comme des obstacles sur son chemin. Car elle compte s'élever plus haut et un jour superviser ces mêmes personnes qui se complaisent à lui donner des ordres. Imposer son propre règne de terreur. Toutefois, elle ne fera jamais rien pour aller contre l'ordre établi par l'Empire. Après tout, elle est loyale. Loyale au point de ne jamais se réfréner lorsqu'il est question de sacrifices et de tourments pour les autres. Ou bien pour elle-même.

Ce qui compte, c'est le résultat, peu importent les moyens intermédiaires.

Raisonnez de cette manière et vous comprendrez à quel point il est possible de devenir un monstre. Et à quel point la bestialité de cette poupée rousse ne connaît pas de limites.

Cette façon de penser, Ama la doit en grande partie à certains drames s'étant déroulés durant son enfance. Puis à la façon grâce à laquelle elle a pu « revenir à la vie », sous l’égide de l’Empire.

La jeune Lycane n’est pas non plus totalement hermétique aux sentiments. En vérité, elle les ressent même davantage que la moyenne des humains et de ses congénères. Mais elle les enfouit au plus profond d’elle-même, par peur de devoir faire face à ses propres démons. C’est donc la peur qui consume la scientifique et l’oblige, paradoxalement, à commettre des horreurs qui pourraient l’épouvanter encore plus. Cet ouroboros qui la fait fonctionner comme un programme le ferait d’un Automata, pour l’instant.

Il existe encore une centaine de défauts qui pourraient être soigneusement listés pour établir une description complète d’Amalia, mais il faudrait y passer la nuit. Et le temps est précieux, dans cette vie. Seuls certains immortels peuvent se targuer de ne pas compter les minutes. Ama le fait, elle. Elle estime la valeur de son temps et le distribue avec parcimonie. Rien ne doit la freiner dans ses expérimentations. Rien. Comme une mère tient à ses enfants et les chérit, en temps normal, la rousse, elle, prend grand soin de maintenir ses avancées scientifiques. Jour après jour. Nuit après nuit.

Si toute cette couche de défauts, d’horreurs et de crasse ne l’a d’ailleurs pas encore faite tuer, c’est car, pour surplomber le tout, la Lycane est une très bonne actrice. Elle sait manipuler les gens pour leur faire croire ce qu’elle veut qu’ils croient sans faire preuve de magie. Elle sait feindre les émotions et même sourire.

Mais retrouvez-vous face à elle, sans son masque, et vous n’aurez aucun mal à voir la noirceur presque palpable de son âme.
HISTOIRE
L’air frais, une respiration, un cri. Amalia vînt au monde dans la précipitation et l’angoisse. Déjà bien avant sa naissance, la peur l’enserrait de son étreinte glaciale et lui comprimait son petit cœur. Elle n’était pas née sous une bonne étoile. Elle était plutôt née sous de mauvais augures, son destin était scellé par tous les maux qui avaient pu s’échapper de la boite de Pandore.

Ama était le fruit d’un amour secret qui n’aurait jamais dû voir le jour, car sa mère était promise à un autre. C’était ainsi chez les Lycans : on décidait du sort des jeunes femmes pour les marier aux gens de bonne famille, généralement sans leur consentement. Mais Elvin n’était pas de haute extraction : c’était un voyageur, un homme à la barbe mal taillée et au corps trapu, qui ne faisait que passer.

Il résidait à l’époque temporairement dans un village humain, à proximité de celui des Lycans, où il troquait son gîte contre des services. Sa force et sa stature étaient particulièrement utiles aux champs, lorsqu’il s’agissait d’aider les paysans. C’était alors lors d’une matinée tout à fait banale qu’il était tombé sur cette jeune femme à la chevelure de flammes. Helis s’était exceptionnellement éloignée de la meute ce jour-là pour faire quelques emplettes au marché. On parlait d’un dimanche, jour de providence où leurs regards se croisèrent et où ils s’adressèrent la parole pour la première fois.

Elvin n’aurait jamais dû rester.

Il connaissait les enjeux et les dangers de ce qui devint au rythme des semaines, puis des mois, leur amour secret. Mais ne pouvait désormais se résoudre à laisser sa douce renarde, désormais enceinte du fruit de leur pêché, affronter seule son destin. Les Lycans n’avaient pas pour habitude d’être particulièrement cléments quant à ce genre d’écarts, quand bien même les Vulpes étaient moins brutaux, mais plus vicieux. Et le futur mari d’Helis, un Lupus des Griffesang, n’était pas connu pour sa tendresse ni son infinie gentillesse.

Le scandale éclata toutefois sept mois après la conception d’Amalia. La malchance avait voulu que la jeune mère soit la troisième fille de la famille principale Vulpes et donc que l’histoire soit d’autorité publique. La chose était devenue affaire d’état et non souci de famille, tous ceux de la meute se l’étaient accaparée et demandaient justice.

Jorge Patterousse n’était pas un mauvais chef, ni un mauvais père, mais il s’était depuis longtemps résolu à devoir faire des sacrifices et à favoriser les mariages par alliance pour ses filles. Sa famille n’était pas particulièrement puissante ni influente et il devait subvenir aux besoins de la meute. La décision qu’il s’engagea à prendre, un mois avant la naissance de sa petite-fille, fût alors celle qui trancha le mieux et calma la tempête qui faisait rage dans le village : Helis et Elvin seraient bannis, contraints à vivre leur idylle ailleurs et faire comme bon leur semblait.

A cette nouvelle les deux jeunes gens se réjouirent… avant d’entendre la suite du jugement : le fruit de leur union, lui, resterait au sein de la meute pour servir loyalement chaque membre dans le besoin. Une vie d’esclave se profilait donc pour l’enfant qui ne porterait jamais le nom des Patterousse, ni celui d’aucun autre Vulpes. A la rigueur celui de son père, originaire d’Ellgard : Blackwood. Mais beaucoup s’étaient déjà résolus à l’appeler sympathiquement « la Bâtarde ».

Le jour où Amalia vint au monde fût ainsi le jour le plus triste pour ses parents, qui n’eurent pas le temps ni l’occasion de porter et embrasser leur progéniture. Car déjà on les chassait vers le lointain, en dissimulant l’enfant dans un drap de lin.

« - …voilà pourquoi mes enfants, ne rompez jamais un engagement, sinon vous finirez comme la Bâtarde. Abandonnés et esseulés, » conclut le vieux Giles tout en récupérant le moule à gâteau, abandonné sur la table. Autour de celle-ci, trois paires de grands yeux bleus clignèrent d’incrédulité : l’histoire d’Ama ne manquait jamais de les fasciner, surtout lorsque c’était Giles l’Ancêtre qui la racontait.

« - Mais dis, vieux Giles, que sont devenus Helis et Elvin après tout ça ? demanda le petit Eric Patterousse, décidément le plus intéressé de tous puisque cela concernait directement sa famille. Ils ne sont plus jamais revenus ?

- Non, jamais. Peut-être sont-ils morts aujourd’hui que cela n’y changerait pas grand-chose : l’exil ici est similaire à la mort. Et ton grand-père a depuis longtemps fait son deuil de sa fille disparue. Reste sa progéniture. »

Dans le fond de la pièce, deux petites mains s’activaient désormais pour nettoyer les couverts et  ustensiles utilisés au cours de la soirée. Comme tous les mercredis, le conteur du village organisait chez lui ce genre d’événements où les enfants étaient conviés pour en apprendre plus sur l’histoire du village. Et comme tous les mercredis, sa place était aux fourneaux puis, plus tard, au nettoyage de ce qui avait été sali et au rangement de ce qui avait été désordonné.

Consciente de sa propre histoire depuis une décennie déjà, Amalia écoutait toujours les contes du vieux Giles avec une oreille attentive ; l’autre elle la gardait pour la réalisation de ses diverses tâches. Elle avait appris à se faire discrète, pour ne pas recevoir des coups de bâton malencontreux. Mais cela lui permettait aussi de savoir tout ce qui se tramait. Elle attendait donc les mercredis avec une hâte dissimulée, car même si sa place n’était pas à table avec une part de gâteau comme les autres enfants, elle pouvait toutefois écouter les histoires du vieux renard.

Une fois son travail terminé, elle raccompagna finalement son cousin chez eux. Le petit Eric était probablement le seul à lui adresser la parole et à l’appeler par son véritable prénom, même s’il y avait une demi-douzaine d’années de différence entre eux. Voilà désormais quinze ans qu’elle avait été habituée à ce mode de vie.

« - Papa dit que je devrai bientôt partir chez les Griffesang pour être leur pupille. J’ai un peu peur d’aller là-bas, il paraît que ce sont des gens durs et violents.

- Je suis sûre que tout va bien aller, tu seras leur invité. Les invités sont toujours traités avec respect. Et puis, à ce que j’ai compris, ici aussi il y en aura un. Un pupille des Griffesang. C’est un échange, en quelque sorte.

- J’espère qu’il ne sera pas trop méchant avec toi. Il paraît qu’ils ne voient pas d’un bon œil le fait que tu sois encore en vie… »

Ama resta silencieuse. Elle ne savait pas trop quoi dire : ce n’était pas la première fois que l’on remettait son existence en question. Certains Vulpes, plus radicaux que d’autres, l’auraient volontiers vue six pieds sous terre plutôt qu’à passer le balai sous leur propre toit. Mais si elle s’occupait de leurs tâches ménagères, c’était bien car ça les arrangeait, quelque part. On la sommait de venir par courrier plus qu’elle n’imposait sa présence aux autres.

« - Je ferai comme j’ai toujours fait, je n’ai pas d’autre choix tu sais. »

Pendant de longues minutes, Eric demeura coi à son tour. Quelque chose semblait le démanger, mijotait dans sa cervelle. Une question qu’il mourrait d’envie de poser, même s’il savait qu’il n’était déjà pas autorisé à adresser la parole à la Bâtarde et devait normalement lui demander de nettoyer la boue sous ses souliers.

Finalement, il brava une fois de plus les interdictions de ses parents :

« - Ama, pourquoi n’as-tu jamais essayé de t’enfuir ? Tu pourrais partir et vivre ta propre vie, au lieu d’être l’esclave de la meute. Pourquoi ne pars-tu pas ? »

La fillette considéra longtemps la question. Et envisagea de répondre alors que les lumières de la maison Patterousse se faisaient de plus en plus visibles à l’horizon.

« - Ce village est la seule chose que je connaisse. Si je devais m’enfuir, je ne saurais pas où aller et finirais peut-être par être l’esclave de quelqu’un d’autre… quelqu’un de pire, » expliqua-t-elle simplement. Cette dernière phrase, comme désavouée, était pratiquement venue mourir au fond de sa gorge.

Leur discussion n’alla pas plus loin ce soir-là.

Durant les mois qui suivirent, Eric et Amalia eurent plusieurs fois l’occasion de discuter, mais jamais de quelque chose d’aussi important ni décisif que l’hypothétique départ de la jeune femme. Si elle avait finalement trouvé son petit confort, à servir les autres et à vivre dans une minuscule chambre de bonne au sein de la demeure des Patterousse, elle était toujours persuadée que l’extérieur ne pourrait être que bien pire. Que la liberté avait un coût.

Mais l’arrivée de Herald Griffesang, un peu après le jour de ses seize ans, ne tarda pas à bousculer son petit monde de certitudes.

Herald était brun. C’était l’une des premières personnes à la chevelure brune qu’elle connut, car chez les Vulpes le roux était une couleur commune. Quelques fois, certains Vulpes des contrées lointaines passaient rendre visite à de lointains cousins : ils avaient des pelages différents, parfois cendrés et parfois blancs, mais jamais bruns comme celui d’Herald. Il était aussi trapu, bâti comme un véritable chasseur. Et exceptionnellement grand pour un enfant de quinze ans. Physiquement, c’était donc une masse. Mais pour le plus grand malheur d’Ama, c’était aussi un jeune homme violent, assoiffé par le sang et l’envie de se battre.

Dès son premier jour, il brisa une dent à un Vulpes qui avait visiblement osé « lui sourire alors qu’il n’y était pas invité ». Car les Griffesang étaient les alphas canins de la région, Herald tenait à le rappeler en martelant l’idée que tout lui était dû. Bientôt, le Lupus seul parvint à instaurer un règne de terreur dans le village. Même Jorge, le vieux chef de la meute, était impuissant, contraint de laisser passer les moindres caprices de son pupille, plus par désir de diplomatie que par peur.

Si les gens du village apprirent donc à craindre le Griffesang, ils ne mirent pas longtemps à prendre davantage en pitié la pauvre Ama que le Lupus ne tarda pas à s’approprier. Au point même que la jeune fille n’avait pratiquement plus l’occasion de sortir du manoir. Parfois même de la chambre du loup.

Et lorsqu’elle le faisait, c’était rarement avec un visage indemne et souvent avec des hématomes sur tout le corps.

« - J’avais entendu parler de toi avant même mon arrivée au village. En vérité, je mourrais d’envie de te rencontrer. Maintenant que je te tiens entre mes griffes, je ne vais pas te partager avec les autres. Non, tu es à moi, tu es ma chose et tu vis uniquement pour moi et personne d’autre, Bâtarde. »

Herald lui en faisait voir de toutes les couleurs. Il la battait, l’affamait, la torturait et ne se privait jamais de lui rappeler qu’elle avait de la chance d’être en vie. Qu’il était assez bon pour ne pas la tuer maintenant. Plus d’une fois, elle fut tentée de lui demander d’abréger ses souffrances. Mais ce n’était pas comme ça qu’elle avait été élevée. Elle avait malheureusement été élevée pour être domestiquée et asservie par les autres. Elle restait donc silencieuse. Silencieuse même lorsqu’elle se faisait frapper, car plus elle se démenait, plus elle criait ou pleurait et plus son tortionnaire y prenait un malin plaisir.

Le calvaire dura ainsi plusieurs années. Des années que la jeune femme ne vit pratiquement pas défiler. Tout ce que pouvait faire son grand-père, qui ne l’appréciait pas mais ne la détestait pas non plus au point de se délecter de ses souffrances, c’était de faire venir un médecin du village humain pour la soigner régulièrement. Et plus le temps passait, plus il était rare qu’elle regagne sa chambre, lorsqu’Herald la faisait dormir dans une cage installée à cette effet, au sein de ses propres appartements.

D’horribles choses se passèrent alors, certaines qu’elle ne parvint jamais à oublier et qui restèrent gravées dans son esprit. D’autres que son inconscient élimina automatiquement, pour qu’elle ne sombre pas dans la folie.

Elle ne vit pas le jour de son dix-septième anniversaire, ni celui de son dix-huitième, de son dix-neuvième ou de son vingtième. Mais un jour, par souci de bonté peut-être, Herald lui offrit le droit de fêter son vingt-et-unième anniversaire.

« - Profite-en Bâtarde, ce sera mon unique cadeau, sourit-il ce jour-là, en l’envoyant chercher un gâteau d’anniversaire chez les pâtissier du village voisin. Et tu as intérêt à revenir, sinon je te retrouverai, je te ramènerai et le châtiment que tu subiras sera bien pire que la mort. »

Aujourd’hui encore, Ama se souvient encore parfaitement de ce moment. Pour la première fois depuis de longs mois, elle était sortie de la chambre d’Herald. Un puissant courant d’air l’avait même légèrement déstabilisée, lorsque celui-ci avait claqué la porte dans son dos. Ou bien peut-être était-elle devenue trop frêle pour pouvoir lutter contre le vent. Elle n’eut de toute manière pas le choix. Bravant les intempéries d’un automne pluvieux, elle goûta les précipitations aussi bien que l’air frais de l’extérieur, dont elle avait oublié les parfums. Pour une fois depuis longtemps, elle eut l’occasion de se dégourdir les pattes sous sa forme animale en traversant la forêt qui séparait les deux villages. En une heure seulement, elle était ainsi arrivée à destination : le village humain, celui où sa mère avait rencontré son père.

C’était la première fois qu’elle y allait. Secrètement, elle espérait y voir ses parents, même si elle se  doutait qu’ils devaient être partis ailleurs, très loin d’ici. Elle aurait espéré se réfugier dans les bras d’une mère et demander à un père de la protéger… mais dans cette vie, elle était seule.

Plus d’une fois elle songea aux mots du petit Eric et à la possibilité de s’enfuir, mais ne fit rien de tel. Comme Herald l’avait prédit, elle trouva la boutique du pâtissier ouvert et profusion de pièces montées et de gâteaux comme elle n’en avait jamais vus. En voyant la jeune femme aux allures de souillon entrer dans son magasin, l’homme s’offusqua nettement :

« - Désolé ma p’tite dame, mais je ne distribue pas les invendus en journée. Revenez ce soir. »

La bouche de la renarde s’ouvrit et se referma plusieurs fois, avant qu’elle ne puisse en faire surgir quelques sons qui se muèrent finalement en mots. La main tendue avec assez d’argent pour remplir sa mission, elle avait soigneusement compté, elle murmura :

« - J-j’ai de quoi payer… »

Conscient que quelque chose ne tournait pas rond, l’artisan regarda celle qu’il pensait être une vagabonde avec un air perplexe. Si ce n’étaient pas ses vêtements en lambeaux, sa peau crasseuse et multicolore d’ecchymoses dénotait de très mauvaises conditions de vie. Conscient qu’il ne pouvait pas aider tout le monde, il haussa alors tout simplement les épaules et demanda :

« - Quelle pièce et pour qui ?

- Celui-là. C-c’est p-pour moi…. Mon cadeau d-d’anniversaire. » répondit la jeune femme, dont la voix semblait fragile au point de pouvoir s’effondrer à tout moment. Que ce soit la voix ou sa propriétaire, les deux n’avaient définitivement rien de très rassurant. Comme si celle-ci cherchait à contenir un sanglot à chaque inspiration.

Le gâteau choisi était une tarte aux pommes, assez simple et peu onéreuse mais probablement l’un des meilleurs choix que pouvait proposer le pâtissier. Celui-ci l’emballa ainsi avant de la confier délicatement entre les mains tremblotantes de sa cliente, dans un joli carton blanc bien hermétique. Le paiement s’effectua par la suite sans problème, mais l’homme conscient que la pauvrette lui avait donné beaucoup trop, lui rendit aisément la moitié de ses pièces, provoquant chez elle un air surpris assez inattendu pour le commerçant.

« - V-vous pouvez garder la monnaie…

- Je pense que vous en aurez plus besoin que moi. En plus, il me semble qu’il vous reste assez pour acheter de quoi vous défendre de la personne qui vous a fait ça. Chez l’armurier, au prochain croisement sur votre gauche, en sortant. »

Le pâtissier était une bonne personne. Et il avait finalement fait le lien entre les blessures infligées à la pauvre femme et de possibles violences conjugales. Il se souciait du bien-être de ses clients et des pauvres hères qui passaient près de sa boutique, même si la réalité différait un peu de ce qu’il avait en tête.

Jusqu’ici, Amalia n’avait jamais songé à la possibilité de mettre un terme à la vie de son tortionnaire. Machinalement, elle secoua sa tête de gauche à droite, trop effrayée pour envisager ne serait-ce que l’idée, et se précipita dehors, sous la pluie battante. De là, elle regarda à gauche puis à droite, dans l’espoir de retrouver son chemin, et finit par découvrir du coin de l’œil la boutique de l’armurier en question, faisant l’angle de la rue.

« - Non… c’est trop dangereux... » avoua-t-elle, sans pour autant s’empêcher de s’approcher de la boutique qui, dans tous les cas, se trouvait sur son chemin.

Peut-être était-ce l’air frais ou bien les multiples odeurs qui se bousculaient dans ses narines, toujours était-il que les idées fusaient désormais dans le crâne de la jeune femme. Deux options s’offraient à elle : retourner avec le gâteau à la maison ou s’enfuir et risquer d’être retrouvée par son ravisseur. Elle pouvait aussi acheter une arme comme l’artisan lui avait conseillé…

Elle s’en voulait désormais de ne pas s’être enfuie plus tôt, avant l’arrivée de son bourreau. Elle qui avait relativisé le danger, pensant que la liberté pourrait être pire qu’une vie de servitude confortable. Elle vivait désormais asservie et maltraitée, l’ombre même de ce qu’elle était auparavant. Aujourd’hui, Amalia se retrouvait au même croisement de sa vie. Mais elle ne voulait pas fuir, fuir avec la peur éternelle d’être retrouvée. Elle ne voulait pas non plus continuer à être la marionnette d’Herald. Mais elle pouvait mettre un terme à tout cela.

Elle entra dans la boutique, le gâteau toujours fermement tenu entre ses mains. Elle s’y accrochait comme elle se serait accrochée à la vie si sa vie avait valu la peine d’être vécue.

De nombreuses étagères présentaient une vaste collection d’armes. Des armes magiques, des armes à feu, des lames, sabres, épées et tout ce qui coupait et perçait. Avec l’argent qu’il lui restait, elle avait juste à peine pour acheter un poignard. Son regard se posa alors sur le manche en ivoire d’une petite lame fine, aussi fine qu’un coupe-papier.

« - Cet article vous intéresse ? »

Ama sursauta, puis fit volte-face pour dévisager le vendeur qui avait surgi de nulle part. Incertaine de ce pour quoi elle était là réellement, elle finit toutefois par hocher la tête sans mot dire. La peur la paralysait, autant que les sentiments contraires qui se bousculaient dans sa tête. Pour une fois, elle apercevait une lueur d’espoir au bout du tunnel.

« - Pourais-je voir… ce poignard ? »

Le vendeur la reluqua des pieds à la tête, avant de remarquer la petite boite blanche. Il comprit alors la raison de la venue de la jeune femme, comme si ce n’était pas la première fois que le pâtissier lui envoyait un client. Et ouvrit la porte en verre derrière laquelle se trouvait l’objet convoité.

Il expliqua alors que ce n’était pas une arme de facture légendaire, mais que le métal qui l’avait forgé était très résistant et assez tranchant pour découper la chair comme s’il s’agissait de papier. Priant la renarde de le suivre, il lui fit une démonstration en perforant sans difficulté une épaisse planche de bois, dans l’arrière-boutique. La lame n’avait absolument pas souffert de ce choc.

« - Elle est très légère et peut facilement être dissimulée. Je la tiens d’un ancien commerçant à la retraite qui, avec, a dissuadé de nombreux voleurs de lui faire les poches, expliqua l’armurier tout en tendant l’arme à sa cliente. Je peux vous faire un prix dessus. »

Ama saisit alors le poignard tout en conservant, dans sa main droite, le paquet contenant le gâteau. Le simple contact de sa main avec le manche suffit à la rassurer et à lui donner de nouvelles idées. Elle n’hésita pas plus longtemps et suivit son hôte jusqu'à son comptoir où elle régla son achat avant de s’enfuir dans la précipitation, sous le regard bienveillant de l’ancien propriétaire du couteau.

Contrainte de se déplacer sous sa forme humaine sur le chemin du retour, Amalia mit plus de temps qu’à l’aller pour rentrer à la maison. Effrayée à l’idée qu’Herald se soit déjà alarmé de son absence, elle pressa toutefois le pas, tout en conservant la main rivée sur son arme, dissimulée dans l’une des grandes poches de son manteau. Elle hésitait encore, mais de nombreuses idées noires lui venaient à l’esprit.

Celle de se donner la mort, principalement.

Parvenue au bout de son périple, elle fut accueillie à l’entrée de la maison par son « bienfaiteur », qui ne se gêna pas une seconde pour lui soutirer le paquet des mains, l’ouvrir et arracher une partie de la tarte pour la goûter goulument.

« - T’en as mis du temps, Bâtarde. Mais ça fera l’affaire, » conclut-il tout en invitant son esclave, d’un geste de l’index, à retrouver l’espace confortable de sa geôle, dans sa chambre. Elle n’avait jamais espéré avoir une part du gâteau que son tortionnaire engloutit sans difficulté. Mais elle avait désormais quelque chose de bien plus précieux.

La cage d’Ama était petite et épouvantable, mais Herald y avait fait installer un matelas minuscule comme on offre un panier à son chien. C’était ce qu’elle était pour lui : un familier, un animal domestique. Il pensait l’avoir faite assez souffrir pour lui faire rentrer dans le crâne que c’était lui le maître. Saisissant l’objet dissimulé dans la poche de son manteau, la docile Amalia le glissa sous son lit de misère, consciente que son utilisation ne saurait trop tarder.

À ce moment-là, il lui sembla si facile de profiter de la prochaine nuit et du repos d’Herald pour se trancher les veines et partir tranquillement. Elle ne voulait plus souffrir et espérait que le Lupus serait assez contenté par la tarte pour la laisser tranquille.

Il n’en fut rien.

Une heure avant que la nuit tombe, le Griffesang regagna sa tanière et se délesta de sa veste et de ses chausses pour apparaître pratiquement dans sa tenue de naissance. Une ombre passa sur le visage de sa prisonnière lorsque celle-ci devina ce que serait l’issue de cette journée. Tout son être était désormais concentré sur l’utilisation nocturne de cette lame qui viendrait la délivrer de cette vie et de cet enfer.

Mais, grâce à un réflexe inconnu, sa main vint la saisir et la dissimuler dans son dos, lorsque le loup ouvrit la porte de la cage et aventura une main avec laquelle il saisit la chevelure de la pauvre renarde.

« - Tu as été plutôt gâtée aujourd’hui, tu ne crois pas ? » demanda-t-il avec un sourire sadique en obligeant sa congénère à le suivre jusque dans son lit, où une fois de plus…

Ce qui traversa la tête de la pauvre Amalia à cet instant-là fut une lassitude intense. Comme si tous les sentiments qu’elle avait dissimulés avaient surgi et lui avaient fait prendre conscience que cette vie avait beaucoup trop profité d’elle. De sa patience. De sa générosité. De son temps et de sa chair. On l’avait utilisée comme un objet depuis sa naissance et on l’avait offerte à ce monstre qui ne voyait en elle qu’un bout de viande, un paillasson, un…

Il la fit tourner sur elle-même, pour voir son visage au moment où il la pousserait sur son lit. Pour voir la détresse dans son regard. Mais cette fois-ci, tout ce qu’il trouva dans les sombres pupilles de sa proie, furent les ténèbres envahissantes d’une rancœur indescriptible. À cet instant, jamais Herald n’avait eu aussi peur de toute sa vie. Il tenta bien de reculer, de desserrer la pression de sa main sur la toison sale mais jadis si flamboyante de sa détenue. Mais quelque chose le stoppa net dans son repli.

Une douleur soudaine au niveau du cou, qui libéra dans sa morsure un filet de sang. Un éclair gris qui le transperça et se retira aussitôt, avant que sa main droite ne vienne palper la piqure et ne s’en retrouve recouverte d’un liquide rouge.

L’hémoglobine se déversait désormais à gros bouillons.

« - Que…  put juste prononcer le tortionnaire en essayant d’empêcher lamentablement l’hémorragie. Tu… »

D’un nouveau coup de couteau, Amalia vint déchirer le bas-ventre de son bourreau. Puis son torse, en de multiples endroits. En quelques secondes seulement, elle venait de le poignarder une dizaine de fois et ne semblait pas vouloir s’arrêter. Pas même lorsque le Griffesang chuta et s’écroula dans une mare de sang, inanimé.

Et dire qu’elle se serait tuée pour cesser cela. Qu’elle aurait mis un terme à sa vie. Quelque chose avait changé en elle : elle voulait vivre. Elle voulait vivre, mais pas dans ces conditions. La graine de haine avait germé et donné une nouvelle Amalia Blackwood, qui avait de nouvelles aspirations, de nouvelles émotions. Et une rancœur tenace envers ceux de sa race. Envers les Lycans, de toutes sortes. Envers les loups, brutaux et terrifiants aussi bien qu’envers les renards, peureux et lâches.

Car c’étaient bien les hommes qui l’avaient mis sur la voie de la délivrance, au final, elle se sentait presque coupable de ne pas tenir davantage de son père que de sa mère.

Au bout de deux minutes passées à cribler le corps de son congénère de profondes entailles et à mutiler son horrible visage, la pauvre femme se releva enfin, couverte de son sang. Ce sang rouge qui symbolisait une nouvelle aube. Poignard en main, elle déboucha alors dans le corridor qui menait à sa chambre, où un tonneau rempli d’eau froide servait normalement à sa toilette. Se lavant puis se changeant en vitesse, elle n’attendit pas que l’on découvre le corps du pupille Griffesang pour fiche le camp avec les économies de ce dernier.

Après toutes ces faveurs qu’elle lui avait offertes, elle les avait bien méritées.

Pendant plusieurs années, la jeune femme battit alors la campagne à travers le monde. La première chose qu’elle fit fût de s’éloigner de son pays natal où les Lycans devaient probablement être à sa recherche. Elle ne chercha jamais à savoir ce qui était arrivé à sa famille par la suite et s’en fichait désormais.

À de nombreuses reprises, elle fût témoin de la mauvaise réputation qu’avaient les Lycans et, rapidement, elle comprit l’intérêt de masquer sa véritable nature au profit d’une identité humaine. Elle s’inventa même une vie lorsqu’elle découvrit l’existence de la magie et ses prédispositions pour la manier. Pour finalement avoir assez de force pour repousser quiconque cherchant à lui faire du mal. Elle enchaîna alors les instituts et académies pour en apprendre davantage. Puis finit par se spécialiser dans l’étude des sciences, qui promettaient bien des miracles.

Jamais elle ne se lassa de cette liberté, jamais elle ne rencontra d’épreuve aussi difficile que celles vécues dans sa vie passée. Dans son petit monde, le danger omniprésent qu’elle avait fini par s’imaginer n’était finalement que du vent.

Lorsqu’elle termina ses études au sein de la capitale d’Ellgard et s’intéressa à l’hybridation, permettant de créer des humains croisés avec des animaux, elle comprit ce qu’était sa véritable tâche. Ce pour quoi elle existait dans ce bas monde et qui l’enjoignit à proposer ses services à l’Empire. Les Lycans l’avaient toujours traitée comme une moins que rien, une paria : ni humaine, ni Lycan, elle n’était jamais rentrée dans aucune case. On l’avait méprisée, on l’avait trainée dans la boue et même désormais, elle refusait d’être ce qu’elle était réellement par peur de perdre toute crédibilité. Son extraction Lycane n’était pas un don, mais une malédiction qu’elle voulait à tout prix combattre.

Elle n’en était pas fière ; sa propre espèce lui inspirait un dégoût incommensurable.

L’Empire ne tolérait d’ailleurs que moyennement la présence d’autres êtres que les humains et, selon Amalia, il avait amplement raison. Elle avait fini par se persuader de la nocivité de la diversification des races. L’avenir n’était clairement pas dans le croisement de l’homme avec d’autres animaux, mais dans la domination d’une seule et même espèce : celle des humains, comme son père, comme le pâtissier, l’armurier et le médecin du village voisin. Ceux qui avaient fait preuve de compassion à son égard…

Le jour où Ama rejoignit l’Empire en tant que mage de la section scientifique fût ainsi celui où les derniers vestiges de son âme sombrèrent au plus profond de son être, tandis que naissaient ses premières expérimentations secrètes à base de thermolyse sur ses premiers, infortunés, cobayes. Des Lycans, comme elle.

Elle était désormais bourreau à la place du bourreau.
DERRIERE L'ÉCRAN
PSEUDO ▬ vous pouvez m'appeler Jordan
AGE ▬ 23
TU NOUS A TROUVÉ OU ? ▬ topsites
UN AUTRE COMPTE ▬ nope
LE PERSONNAGE DE TON AVATAR ▬ The Witcher ▬ Triss Merigold
TU AS LU LE RÈGLEMENT ? ▬ ouep
    Hello, bienvenue sur le forum happy j'espère que tu t'y plaira!

    Par contre, ton feat est déjà pris par un joueur ici, je te conseille de consulter le bottin des avatars ici pour être sûre de ne pas faire de doublon: http://www.thelostkingdom.net/t3-bottin-des-avatars
Bienvenue oé ! Bonne chance pour ta fiche !
Bienvenue parmi nous =)
Crediou, j'avais déjà changé en voyant que Lady Maria était déjà prise.

Je vais reprendre mes recherches ^^

Merci




Désolé du double-post.

Juste pour signaler que ma présentation est terminée (et mon avatar changé). Je m'excuse d'avance si j'ai fait un peu long, je voulais une amorce adéquate pour bâtir un personnage foncièrement méchant.




    T'inquiètes pas, on aime bien ça ici le staff passera vite te valider!
Bienvenue



Bienvenuuue
おめでとう !
Gégé t validé

LES TEMPS FORTS ▬ L'histoire est belle, bien écrite et la personnalité d'Amalia amenée petit à petit à ce qu'elle est aujourd'hui, c'était un plaisir à lire!


REMARQUES ▬ Rien de particulier, je note que tu ajoutera une magie plus tard.

Hâte que Lycoris et Amalia se croisent inrp, ça devrait donner une sacrée histoire :)