Lost Kingdom  :: Fhaedren :: Terres désolées

Si votre ramage n'as d'égal que votre plumage.

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Quelques années auparavant elle m'avait indiquer cet endroit pour l'une de nos rencontre, je ne me souviens plus du temps exact ... Je ne sais même plus si ma notion du temps est correcte, les années les jours ... Les heures elles même paraissent des secondes puis des mois.

Mon crâne me fait un mal de chien, et je me sens faible comme si j'avais consumer toutes l'énergie qui me restait. Je me rappel d'un fracas violent comme si j'avais heurté le sol a une vitesse démesurée, impossible je ne faiblis jamais. Et pourtant cette fois je ne sentais plus mon corps, comme si mon esprit n'était plus même relié a celui-ci c'est la première fois que je ressens cette sensation. Une sensation plus qu'étrange, celle d'être vulnérable presque ... Humain ?

Tout ce que j'entends ce sont les croassements de Kra, il ne m'aurait pas abandonner je le savais et en un rien de temps je prends le contrôle du freux qui se fige. Je me vois, là, allongé au sol dans un cratère fumant où trônent des traces d'énergie visibles a l’œil nu, une sorte d’ectoplasme bleuté et brillant qui illuminent la nuit naissante.

Mon armure est a moitié brisée et mon corps en piteuse état visiblement, rien de brisé mais de longues balafres quadrillent mon torse, je ne saigne pas étrangement ou du moins pas d'un sang semblable a celui que j'ai pu voir tout au long de ma vie.

Je lève doucement le bec vers le flanc de la colline au pied de la quelle je me suis littéralement écrasé, croassant par réflexe je prends mon envol pour rejoindre une petite grotte naturelle abritée par un rocher plus imposant que les autres. Je me pose a l'entrée de la cavité avisant l'extérieur une dernière fois pour être certains que personne ne trouve mon corps avant que je n'y revienne.

Le cliquetis des griffes du freux venant résonner dans la grotte alors que je sautille a l'intérieur, c'est elle que je cherche, la seule personne qui pourrait me maintenir en vie et me protéger le temps que je sorte de cette étrange stase dans la quelle j'ai été placé. Je croasse de toutes mes forces alors que j'arrive au bord de ce camp de fortune qui est plutôt bien entretenus, c'est une des caches que je visite les plus souvent étant donné que les terres désolées sont devenus ma nouvelle maison depuis la rébellion.

Le camp est assez basique, un feu, des peaux d'animaux plus ou moins imposant qui parsèment les murs pour garder une certaines chaleur dans l'endroit qui est bien sordide habituellement, et un coffre ... Un coffre énorme qui porte la marque de Mearian, un souvenir que je suis aller cherche là bas, personne ne sait comme ouvrir ce coffre à part moi et son créateur.

Le feu s'allume alors instantanément a mon approche, le corbin au plumage unique tirant sur le violet, son bec blanchis par le temps et son œil droit amoché par les chasses. Autant dire qu'il n'était pas difficile de le reconnaître parmi d'autres. Il n'est pas si différent de moi, la même âme, le même regard et les même réactions ... Un moi avec moins de plumes.





ft. Viladra

ft. Abaddon

「Fidélité funèbre」
Je regardais les flammes danser sans vraiment les voir, l'esprit perdu dans les brumes d'un passé lointain et désagréable. J'avais délaissé ma dimension, préférant savourer les sensations authentiques de la réalité, frissonnant avec délice lorsque la fraîcheur nocturne venait à caresser ma peau nue. La souffrance, la douleur, je ne la ressentais plus tant mon âme se noircissait dans l'insensibilité et l'indifférence... Je sentais que mon heure approchait, que la folie me guettait avec sournoiserie, attendant patiemment que je vienne enfin à perdre la tête. Cela me désolait autant que j'en jubilais d'avance. Je hâtais les préparatifs avec soin, accélérant certains projets et délaissant ceux qui n'avaient désormais plus aucune valeur. La fin s'avançait à grand pas et il me fallait la préparer avec soin car lorsque je reviendrai, plus rien ne serait pareil.

Poussant un soupir, j'étendis mes longues jambes près du feu, laissant sa chaleur m'envahir tranquillement tandis que je déposai mes deux lames à mes côtés. Ici, personne ne pouvait venir troubler ma quiétude si ce n'était quelques animaux nocturnes. Le lieu se trouvait dans une des très nombreuses grottes de l'empire perdu où le moyen d'accès se résumait au vol ou à la téléportation. Nous n'étions que deux à connaître cette cache et je prenais grand soin à éliminer tous les voyageurs égarés qui venaient à s'approcher de ce sanctuaire de tranquillité. Je n'accordais ma confiance qu'à de très rares personnes, et encore, jamais entièrement... Mais en récompense de sa fidélité et du soutien qu'il m'apportait, j'avais fait une entorse pour lui.

A moitié étendue sur une lourde couverture de fourrure, je levai mon regard vers l'entrée de la grotte où le ciel étoilé se découpait nettement malgré la cime des hauts arbres qui dissimulaient l'ouverture. Un bruit de plumes me sortit de ma rêverie et je vis bientôt une ombre furtive pénétrer dans mon antre. Tirant une lame de jet, j'attendis qu'elle s'avance dans la lueur du brasier pour retenir mon geste de l'épingler. Que faisait-il ici, sans son maître ? J'attendis quelques secondes, m'attendant à voir débarquer Abaddon. Pourtant, personne ne suivit l'apparition de son corbeau et je compris que quelque chose n'allait pas. Son animal ne le quittait qu'en de rares occasions et c'était toujours pour la même raison : lui servir de yeux et d'oreilles... Ainsi, ce n'était pas un simple volatile au plumage violet qui se tenait devant moi, mais l'un de mes alliés le plus fidèle et son absence ne signifiait qu'une chose : il n'était pas en état de me rejoindre.

Voyons... Murmurais-je alors en me levant souplement. Où te caches-tu, mon ange...

En réponse à ma question, il prit alors son envol et je le suivis à la trace, me téléportant régulièrement pour esquiver les chemins les plus longs. Je mis peu de temps à remarquer le cratère fumant qui se trouvait non loin de là, les arbres proches ayant été arrachés ou noircis sous l'impact. Légèrement anxieuse, je me rendis en son centre dans un dernier éclat de magie et m'agenouillai doucement au côté du corps abîmé d'Abaddon. Il était à peine conscient et je sentais qu'il quitterait bientôt la réalité. Le connaissant, je savais qu'il avait du se lancer dans la traque d'une cible de choix, mais cette dernière semblait lui avoir donné plus de complications qu'il ne le pensait... Était-elle encore dans le coin ? La tuer me causerait un plaisir non négligeable, mais la priorité n'était pas là...

On dirait bien que je t'ai trouvé. Lui dis-je, amusée, bien qu'il ne m'entendait sans doute plus.

Et ouvrant un portail, je nous transportai alors jusqu'à notre antre dans laquelle je l'étendis près du feu. Le délestant de ses habits en lambeaux, je retins un soupir de lassitude à l'idée de devoir procurer des soins. En général, ce n'était pas tellement moi qui me chargeais de veiller les patients, mais plutôt moi qui les envoyais en réanimation, hm.
Humidifiant un tissu, j'entrepris d'ôter les principales traces de son sang bleuté, notant que son corps était exempt de blessure. Une magie bien pratique que la sienne... Bien que dévastatrice en terme de contrecoup.

Son corbeau se tenait à ses côtés, ayant retrouvé sa nature sauvage. Il ne se méfiait plus de ma présence mais il ne faisait pas attention à moi, se contentant de fixer son maître en se dandinant d'une patte à l'autre. Cela devait être agaçant d'être constamment suivi par une créature, je me demandais comment il faisait pour apprécier cette présence constante... Peut-être était-il moins solitaire qu'il ne le paraissait.
Le faisait boire quelques gorgées d'eau, je finis alors par m'asseoir à ses côtés, m'adossant tranquillement contre le mur et me réchauffant près du feu. Il ne devrait pas tarder à reprendre conscience, mais ses forces et son énergie magique mettraient plus de temps à revenir...
Elle l'avait remarquer, heureusement. En quelques battements d'ailes je rejoins mon point de chute de fortune, le freux se pose non loin alors que je reprends brutalement en partie conscience.

Mon œil droit s'ouvre et je ressens une vive douleur dans l'abdomen comme si il venait d'être percé brutalement par une lame, le corps emmagasine la douleur et en sauvegarde son empreinte sous différentes formes. Il venait de me retranscrire ses derniers souvenirs avant cette explosion violente, c'est tout ce dont je me souviens ce démon imposant me dominer de plus d'un mètre alors que sa lame s'abat sur mon ventre.

Une exécution nette et pourtant j'étais toujours vivant ... Je me souviens d'autre choses, une plume blanche et une noire glisser au gré du vent et reposant au sol proche d'une flaque de sang bleuté. Certainement des divagations due a la douleur où avais je encore à découvrir sur mes propres capacité ? Une choses est certaines je suis encore en un seul morceau.

Je sens des mains, froides au premier contact et j'entends une voix féminine, elle résonne doucement dans l'écho d'un dernier cri tiré de mes souvenirs, un cri guttural presque infernal.

On dirait bien que je t'ai trouvé.

Elle m'avait retrouvé oui, et heureusement pour moi. Je sens que mes forces sont vidées, toutes l'énergie que j'ai accumuler au fil de mes combats ... Envolé et j'allais devoir recommencer ma chasse a ses débuts.

En un clin d’œil elle nous ramène dans la grotte, je referme mes yeux et sombre quelques secondes dans l'inconscience, une douce inconscience qui se parsème une nouvelle fois de souvenirs. J'ai arracher son bras a ce démon, à la force de mes mains seules, un nouveau cri me sort de l'inconscience et je sursaute légèrement avant d'ouvrir les yeux.

Ma peau est encore légèrement humide et je ne porte plus les restes de mon armure, je glisse rapidement une main sur mon abdomen pour vérifier qu'il n'est pas ouvert ... Rien.

Ont dirait bien qu'une nouvelle fois je te dois une vie, Douce Jalousie. Arrivais je finalement a prononcer a mi-mot, ma mâchoire encore engourdie ça devait faire des heures que je n'avais pas parler.

Le freux tourne alors vers la sortie de la grotte et s'envole a la recherche de mon arme, elle devait se trouver dans le coin et j'en aurais besoin bientôt.

ft. Viladra

ft. Abaddon

「Fidélité funèbre」
Alors que je commençais à fermer les yeux en pensant m'assoupir quelques instants le temps qu'il se réveille, je le sentis sursauter et je posai mon regard sur lui. Le voyant émerger peu à peu de son inconscience, je me redressai alors afin de me pencher vers lui, vérifiant qu'il n'était pas dans un mauvais état. Apparemment pas puisqu'il eut la force de me parler, soulignant que je lui avais une nouvelle fois sauvé la vie. Ah... Les bonnes actions s'enchaînaient, c'était à se demander si j'étais véritablement corrompue.

Esquissant un sourire, je me contentai d'acquiescer la tête avant de pousser une bûche dans le feu du bout du pied. Son corbeau était parti, sans doute récupérer l'arme qu'il lui manquait nous nous retrouvions donc isolés dans un silence à peine brisé par les craquements de bois brûlés.
Lâchant un fin soupir, j'étirai mes bras avec nonchalance, déplorant cette enveloppe charnelle aussi faible.

Ta fidélité compense , Abaddon. Mais bientôt il te faudra te renforcer jusqu'à ce que plus personne ne puisse te barrer la route... Nos ennemis sont nombreux, il reste du chemin à faire.

« Et bientôt il me faudra quelqu'un lorsque je renaîtrai sans aucun souvenir... »

Devais-je le prévenir maintenant de ce que je comptais faire ? Ce n'était peut-être pas le moment... Mais si j'avais confiance en mes capacités, rien ne me disait si je n'allais pas mourir demain. La folie me rongeait à petits feus, je sentais ma conscience défaillir au fil du temps et bientôt, je ne contrôlerai plus rien.

Abaddon, il faut que je te mette au courant d'un projet... Qui n'est pas immédiat, mais qui a son importance.

Finalement, autant lancer les informations de suite, il pourra réagir en toute préparation. Je ne faisais jamais confiance entièrement à quelqu'un, mais il était l'un des rares à m'avoir suivi lorsque de ma chute... Ce dévouement valait toutes les promesses du monde.

Comme je t'en ai déjà parlé, ma race est vouée à perdre la maîtrise de leur conscience. Repris-je alors d'un ton égal. Je sens que ma corruption grandit et il m'arrive parfois de me laisser aller à... quelques éclats de folie. Tu as déjà pu en être témoin... Néanmoins, bientôt je ne pourrai plus contrôler ce que je fais, et à ce moment là il me faudra mourir.

Marquant une courte pause, je redoutais autant que j'attendais ce moment. La mort m'avait toujours fasciné, je l'avais toujours désiré connaître cette peur qui motivait les autres, mais maintenant je commençais moi-même à craindre de devoir dire adieu à mes souvenirs.

Ce que personne ne sait, c'est qu'une fois qu'un seraph revient à la vie, il perd ses souvenirs. Je ne me rappellerai donc plus des quatre cent ans d'existence de cette vie-là... Et je ne saurai donc pas faire la différence entre mes alliés, et mes ennemis. Il faudra que quelqu'un de confiance vienne me récupérer pour m'empêcher de prendre un mauvais chemin...

C'était assez hypocrite de dire cela étant donné que j'avais déjà chuté mais ma vie actuelle me convenait désormais. Je n'avais plus ces vieux regrets qui m'assaillaient jadis, maintenant je ne voulais plus perdre tout ce pour quoi je m'étais battue...
Elle me parle de ce qu'elle est véritablement, il est vrai que les séraph étaient fascinant dans leur méthode de fonctionnement. Je n'en ai jamais su plus que ce qu'elle m'en avait dit et elle me révèle un peu plus, m'explique que je dois la retrouver une fois qu'elle reviendras a la vie car elle est doit selon elle mourrir pour revenir plus saine.

J'ai passer ma vie, dont une grande partie dévouée a faire de ses désirs des ordres. Tout ça car ma vie et mon destin est lié a ce qu'elle est, les anges servent les séraph et comme a mon habitude je ne comptais pas la décevoir. Par dessus tout car elle m'as sauver la vie par deux fois.

- "La question semble plus une évidence pour moi, je ferrais comme tu le veux, Jalousie. Je t'ai servie loyalement pendant la plupart des années qui composent ma vie de chasseur ... Ne t'en fais pas, je ne les laisserais pas faire de toi ce que tu ne veux pas, je te le promet."

L'idée d'avoir possiblement une occasion de tenir de nouveau tête aux séraph me fait largement frémir, et l'idée de perdre ce qu'elle représente pour moi n'était pas envisageable.

- "Je ferrais tout mon possible, mais seul même si je tue plus de démons que la surface du continent je ne serais pas assez puissant pour les faire plier. Du moins je ne pense pas alors a moins que tu ai un plan, il vas nous falloir des alliés puissants, ce que tu dois posséder je n'en doute pas."

Je me redresse a peine avant de comprendre que je ne porte plus mon armure et je la cherche du regard, encore un peu dans les vapes. Chacune de mes articulations émettent des craquement sonores alors que je vérifie une dernière fois que je suis en un seul morceau.

- "J'ai un moyen fiable de retrouver une petite partie de mes forces. Je comptais garder ça pour un cas d'urgence ... Et je pense que s'en est un."

ft. Viladra

ft. Abaddon

「Fidélité funèbre」
Comme je m'y attendais, Denael prit la nouvelle sans faillir et je retins un sourire devant cette démonstration de force physique. Je n'avais pas choisi cet ange au hasard... Il était hargneux tout en étant réfléchi et sa soif de puissance était sans pareil. Un jour, je ferai en sorte qu'il atteigne le sommet et qu'aucun séraph ne puisse se dresser face à lui... Alors peut-être pourrais-je m'appuyer sur un soutien solide sans craindre de devoir agir. La force était grisante, je la savourais chaque jour et je remerciais autant que je maudissais cette vie de danger et de combat. Rien n'avait réussi à me mettre à genoux en plus de quatre siècles et si la lassitude et la fatigue m’oppressaient de plus en plus, je savais qu'il me restait suffisamment de ressource pour embraser quiconque se dresserait face à moi.

Il fallait déjà que je m'occupe de réunifier la guilde des mages noirs car si elle n'était rien pour moi, il fallait tout de même reconnaître que leur présence pouvait être d'une utilité confortable... Et pour cela, il allait falloir trier et écrémer les rangs, à savoir traquer les inutiles et les espions... Chaque guilde en possédait et je faisais en sorte de ne pas me mêler à eux pour ne pas me faire remarquer. Notre existence était censée être un secret et pourtant, des murmures sur le groupe commençait à se faire et certaines bouches chuchotaient un peu trop régulièrement notre nom.

Poussant un soupir, je le regardai alors se redresser, constatant que ses blessures étaient tout de même sérieuses à défaut d'être mortelles. Souriant légèrement, je tendis alors le bras vers lui et glissai mes doigts dans l'une de ses longues mèches argentés. Je me rappelais encore du moment où il était apparu... S'il avait dépassé le siècle, je ressentais encore cette jeunesse impétueuse des anges nouveaux... Mais il était différent. Il était un bouclier pour moi, celui qui supporterait chacune de mes erreurs et saurait les rattraper quand je faiblirai.

Ménage toi. Dis-je alors en rompant le contact. Même si ma fin approche, elle n'est pas encore là et il nous reste beaucoup de choses à accomplir...

Me levant souplement, je défroissai distraitement le tissu de mes vêtements et ramenai ma chevelure en arrière. Le temps... Il s'accrochait à moi sans me laisser respirer mais j'en disposais à foison.
Comme l'avait souligné Abaddon, j'avais des alliés, ou du moins des contacts à défaut d'en être et il allait falloir que j'en use pour quérir des informations essentielles. Bientôt aurait lieu cette fameuse rencontre diplomatique à Akantha, les hautes pompes de chaque royaume allaient se ramener et c'est à ce moment-là que des yeux et des oreilles ne seraient pas de trop. Je ne comptais pas m’immiscer directement dans leurs histoires puériles d'alliance, mais si je pouvais marquer ma présence, peut-être était-ce le moment...

Il va falloir que je me déplace beaucoup dans les jours qui viennent. Repris-je calmement. Rester dans l'ombre à ses avantages, mais ce n'est pas facile pour agir... Et ils se trouvent que certains de nos amis peuvent en savoir plus que ce que l'on croit.

Fixant le ciel étoilé qui se détachait à l'ouverture de la grotte, un courant d'air glacé vint agiter les flammes du feu et je croisai mes doigts entre eux, réchauffant mes mains glacées. Le corps humain était si faible... Devoir m'en accommoder était un véritable supplice.

Ton existence est encore secrète... Si quelques séraph peuvent se souvenir que je t'ai sauvé lors de la rébellion, tu dois être insignifiant à leurs yeux et il vaut mieux qu'il en soit ainsi. Ils n'ont pas conscience de ton potentiel et leur prétention naturelle les confortera dans l'idée que tu es faible.

Laissant échapper un rire méprisant, je tournai alors le dos au ciel pour lui faire face. Il allait effectivement falloir qu'il se renforce... Mais nos capacités étaient si différentes que je ne pouvais pas l'entraîner correctement. Néanmoins, peut-être ferai-je comme avec Hyun en le mettant dans des situations extrêmes pour qu'il repousse ses limites. J'attendrai qu'il soit complètement remis, ce serait stupide de le perdre dans un bête exercice...

Lorsque tu seras en forme, nous nous pencherons plus attentivement sur ton cas... Si je n'ai cessé de progresser en quatre siècles, il n'y a aucune raison que tu ais atteint tes limites maintenant... Et il va falloir les repousser.


Je penche la tête sur le côté gauche sans la quitter du regard, intrigué par ses mots. Non pas par leur signification, mais par la peur de l’inconnu qu'elle dégage a cet instant. Étrange de la voir ainsi, elle qui as toujours était si sûre d'elle, confiante.

Je souris alors brièvement en sentant ses doigts parcourir cette mèche de cheveux, elle sait que je lui suis dévouée quoi qu'il arrive, quel que soit ses choix je ne me suis attaché a aucun groupe ou aucun chef, seulement a elle. Jalousie qui représente désormais tout ce qui me reste dans ce monde qui semble fade hors de mes chasses et d'elle.

Des potentiels traitres, des espions et des "alliés" qui ne disent pas tout, voilà un programme intéressant même si je ne suis plus aussi puissant qu'avant. Puissance qu'elle comptait visiblement me donner a nouveau, même plus visiblement ce qui ne manquait pas d'attiser mon désir une nouvelle fois. Je lève alors doucement ma main pour venir laisser mon pouce caresser sa joue, souriant de nouveau et inconsciemment un peu plus cette fois.


- "Je savais que te rejoindre était loin d'être une erreur, je te suivrais où que tu aille. Je n'ai pas peur d'eux même si je les redoutes, ce qui fait d'eux des proies plus qu'intéressantes."

D'un geste vif je retire alors ma main pour venir l'embrasée d'un mouvement de poignet, les flammes mordant rapidement mon avant bras alors que je souris de nouveau. Visiblement ma puissance est restée presque intacte cette fois même si mon corps semble affaiblis pour le moment.

- "Il ne me faudra pas plus de quelques jours pour être prêt a combattre a nouveau, mais si je dois le faire avant ça, j'en serais capable ne t'en fais pas pour moi."

Je le sais au fond de moi, ils ne m'égalent pas et encore moins avec son soutient. Ils sont faibles de par leur confiance et si aucuns adversaire je ne crains, il n'en est pas que je sous estime. Ils savent utiliser leur magie, leurs lames, et pourtant ils n'ont aucune chances.

Mon œil droit vire alors au violet alors que je ferme le poing, les flammes qui dansaient sur ma peau disparaissant aussi tôt , satisfait je laisse un nouveau sourire balafrer mon visage.

- "Le freux a retrouver ma lame, une bonne choses. Il vas me falloir une nouvelle armure et vite, je ne connais personne qui sache faire des armures a ma taille cela dit."

Je penche de nouveau la tête, dans l'autre sens cette fois et approche d'un pas vers elle, sans pour autant envahir de trop son espace, laissant pour une fois apparaitre un sourire aussi franc que rare.

- "Où que tu aille, je te suivrais Viladra. Sans hésiter ou défaillir, j'ai fais la promesse de te servir toi et tes intérêts où que je sois, et quel que soit celui qui décide de te tenir tête j'en ferrais un souvenir si inintéressant que tous l'oublierons. J'ai chasse plus que de raisons pour accumuler ce qu'il me fallait pour te servir a ta juste valeur, il est temps que je sois ton bras, Jalousie, tu peux compter sur moi quel que soient tes plans."

ft. Viladra

ft. Abaddon

「Fidélité funèbre」
Denael confirma une fois de plus sa dévotion et je lui souris au moment où ses doigts effleurèrent ma peau. L'un des rares à pouvoir se permettre ce geste inconscient... Certains y auraient déjà perdu un bout de chair. Ah, Viladra... En plus de devenir folle, serais-tu plus conciliante ? La pitié et l'attachement étaient synonymes de faiblesse, tu l'as pourtant bien appris...
Lâchant un soupir, j'acquiesçai simplement la tête lorsqu'il termina son monologue et me penchai avant de saisir une couverture du bout des doigts. Me redressant alors, je la fis passer derrière ses épaules avant de l'y enrouler doucement. Il commençait à faire froid et même les anges déchus pouvaient tomber malades... Ils n'étaient pas épargnés par ces vices contrairement aux séraph.

Quelques jours... Soulevais-je alors que je lâchais le tissu. Oui, il te faudra un peu de temps pour récupérer l'intégralité de tes forces, mais une nuit suffira pour que tu sois de nouveau apte au combat. Je n'aime pas l'échec et je sais que c'est un défaut que nous  partageons...

Lâchant un ricanement, je m'éloignai et d'une poignée de terre, éteignis le feu. La cime des arbres nous protégeait de la plupart des regards indiscrets, mais la lueur devait quand même percer dans les hauteurs et je ne souhaitais pas de visites ce soir. Denael n'était pas en état de combattre et je n'étais pas d'humeur à le materner si je devais empêcher des intrus de nous mettre la main dessus... La soif de sang avait ses limites, et il fallait que je contrôle la mienne pour ne pas tomber un peu plus rapidement dans la corruption.

Tu vas dormir pour le moment. Demain nous récupérerons ta lame et tu t'occuperas de celui qui t'a mis dans cet état. C'est le genre de situation qui ne doit plus se reproduire désormais... Un simple démon ne deviendra désormais qu'un détail pour toi car nos adversaires sont bien plus puissants que cela.

Oui, tu voulais devenir mon bras ? Tu deviendras plus que cela, tu seras ma lame, mon bouclier, ma voix et mes yeux à la fois... Tu brandiras l'étendard de ma vengeance sans faillir et je pourrais alors contempler ton ascension avec fierté. En attendant, il restait encore du chemin à faire...

A l'aube, nous partirons... Et j'espère que tu m'apporteras un divertissement appétissant...

C'était son combat et non le mien. Un bon moyen de tester ses compétences, de le renforcer et d'en apprendre plus sur sa façon de se battre afin de fusionner nos compétences. Nous nous connaissions depuis longtemps, mais un binôme, cela se travaillait et nous ne l'avions pas fait depuis des mois.

La flamme s’étouffe alors sous la fine couche de terre, je regarde la couverture sans vraiment comprendre a quoi elle pouvait servir au début avant de me rendre compte que je suis bien plus à l'aise sous cette seconde peau.

Cela faisait quelques temps que j'avais pris la décision de partir chasser seul, presque un an entier depuis la dernière fois que j'ai profiter d'un lit ou d'un feu, je n'en ressentais pas le besoin. Et pourtant je gardais cette couverture qu'elle m'avait offert, certainement parce que c'est elle qui me l'as offerte justement ...
Cette grotte qui paraissait pittoresque a première vue représente alors un des premier endroit sûr que j'ai connus depuis longtemps, les seuls souvenirs précis que j'ai sont parsemés de lames qui s'entrechoquent et d'hémoglobine a haute dose. A part ce dont je me souviens d'elle, elle qui hormis de représenter tout ce que je pouvais trouver d'attirant chez une femme, elle est ce que je convoite le plus ... Un parfait exemple de puissance et de liberté.

"Ce n'était qu'une erreur d'inattention. Une fois que je l'aurais passer au fil de lame, il ne représenteras qu'un pas de plus vers ce qu'il me faut pour te servir comme tu le mérite."  

Je souris alors en coin en venant m'asseoir contre la paroi rocheuse, proche de la sortie que je scrute sans cesse, même si cette grotte est un des endroits les plus accueillant que j'ai connus depuis longtemps je n'avais qu'une envie, prendre ma revanche sur ce démon et recouvrer mon pouvoir.

"Il est puissant, mais sous ton regard je ne peux pas être battus, ce n'est pas une possibilité envisageable."

Dormir, un concept que j'avais rayer de la liste des choses que je fais, gorgé d'énergie j'avais le besoin constant de me déplacer de dépenser, tuer et accumuler. Mais je sentais mes yeux s’alourdir bien vite, et je me surprends même a bailler l'espace d'une demi seconde venant frotter mes yeux je fronce du nez.

"La fatigue des hommes doit leur peser, je ne suis pas habitué a ça ... Je suis censé garder les yeux ouverts, ou les fermer ?" Je lève le nez vers elle en lâchant cette phrase sans le moindre ton de gêne ou d'ironie, non, je ne savais pas dormir ou manger ou bien même vivre au sens que les humains entendaient, je ne savais que tuer. Si je les fermes ... Je pourrais être en position de faiblesse, si quelqu'un nous trouvait il faudrait que je ...

Je tente de me relever un peu trop précipitamment a cet instant, grognant de douleur. Mes plaies étaient refermées mais mes muscles souffraient encore légèrement de l'empreinte qu'avait laisser la frappe du démon.

"Je ferrais mieux de me reposer, oui." Finis-je par concilier, légèrement maussade et surtout amer de voir que je n'arrivais pas me tenir debout et que cette faiblesse était exposée devant elle.

"Il ne se trouve pas loin d'ici, je trouverais de quoi me faire une armure de fortune ici, il doit bien rester des vestiges d'équipement que j'ai entreposé quelques part.

ft. Viladra

ft. Abaddon

「Fidélité funèbre」
Denael n’oppose aucune résistance malgré sa mauvaise volonté à vouloir se reposer et je le regardai s’installer plus confortablement dans les couvertures. Nous avions le temps, il était inutile de se presser hâtivement lorsque l’avenir nous tendait les bras.
Confirmant simplement ses mots d’un simple sourire, je détournai alors mon regard de lui et m’avançai jusqu’à l’entrée de la grotte, désormais plongée dans la pénombre. Quelques braises encore rougeoyantes brillant dans le noir, je sentis plus que je ne vis Denael s’abandonner dans un sommeil profond et réparateur. Ses blessures étaient sérieuses et si sa régénération était appréciable, il était évident qu’il ne serait pas au maximum de ses capacités au réveil, mais cela suffirait amplement à retourner réparer sa faute… Celle d’avoir perdu.

Je n’avais guère besoin de repos et je passai le reste de la nuit à méditer sur mes actions passées et à venir. Le monde s’encrassait peu à peu dans un océan de médiocrité et je commençais à me demander ce qui valait la peine d’être préservé ou non. Les royaumes ne cessaient de se déclarer la guerre avant des les annuler dans des traités de paix aussi fragiles qu’hypocrites… Les pseudo-divinités ne prenaient plus leur rôle mensonger au sérieux, les antagonistes de notre univers devenaient des sauveurs et les héros finissaient dans la cruauté et l’oubli. Et moi, quelle était ma place dans tout cela ?

Ce fut donc sur des interrogations douteuses et inutiles que le soleil se leva lentement, baignant notre abri d’une lueur mordorée et apportant un peu de chaleur après une nuit fraiche. Entendant l’ange s’agiter dans mon dos, je ne me retournai pas, pivotant uniquement la tête de moitié dans sa direction. Des heures étaient passées mais j’avais l’impression que le temps s’était écoulé en une fraction de seconde. Il n’avait plus aucune prise sur moi et le ressenti que j’en avais en devenait aussi aléatoire que désagréable… Cette sensation oppressante de ne rien contrôler était d’une frustration constante, cela me donnait envie de me crever les yeux pour ne plus à voir cette absurde réalité.

Reposé ? Demandais-je simplement sans le regarder. Nous allons devoir y aller, le devoir t’attend…

Me relevant dans un bruissement d’étoffe, je saisis les deux fourreaux de mes lames posées contre la paroi rocheuse avant  de les accrocher à l’arrière de mon bassin. Revêtant une cape de soie noir, je rabattis alors la capuche sur mon visage et d’un mouvement de main, fis apparaître un portail brillant dans mon dos. En général ils étaient invisibles, mais je ne souhaitais pas voir Denael le chercher à tâtons pendant une heure…

Prends donc ce qu’il te faut et partons récupérer ton arme. Si nous tardons, ton adversaire risque de disparaître et je n’ai pas envie de gaspiller du temps et de l’énergie à le traquer. Il faut régler cette histoire, mais nous avons tout de même mieux à faire…

Esquissant un sourire légèrement carnassier, je passai furtivement la pointe de ma langue sur mes incisives avant de poser mon regard sur lui. Le plus dur dans ce combat, sera de rester impassible et de ne pas me laisser aller à l’engouement. Ce n’était pas mon affrontement… Et être passive n’était pas dans mes habitudes bien que je ne sois pas non plus une grosse fonceuse. C’était si fatiguant de sombrer dans la monstruosité….

Après une nuit approximativement bonne, entrecoupée par de rapides réveils qui ont pour cause des cauchemars étranges, des sortes d'appels de ce démon qu'il venait de combattre. En effet il n'en avait pas parler a Viladra, mais il portait une marque plus qu'étrange depuis la fin de ce combat, une marque embrasée sur la paume de la main qu'il cache sous un bandage.

Il ouvre les yeux, enfin et se relève de tout son long, libérant son aile de la paralysie du sommeil il gronde brièvement avant de se saisir d'une armure de rechange qu'il gardait dans un coffre, l'enfilant a la va vite il s'approche de la sortie et esquisse un simple sourire a la question.

Disons que ce seras suffisant, largement.

Le corbeau croasse et se dirige droit vers les deux, le manche de sa lame entre ses serres il la relâche au dessus d'Abaddon qui s'en saisit sans mal.

Il n'y as plus qua y aller, Douce Jalousie.

Désignant les montagnes qui surplombent l'ancienne citée d'un geste vague de la main il allonge de nouveau son aile.

C'est là bas que je l'ai combattus, j'ignore si il s'est rendus autre part mais j'en doute, il est certains qu'il doit continuer de savourer sa victoire dans son antre.

Sans plus attendre, elle ouvre alors un portail qui nous fait face et je comprends bien vite qu'il ne servait à rien de poser la question, il nous mènerait la où nous devons nous rendre.