Lost Kingdom  :: Akantha :: Sanctuaire du Feu

Quintessence indésirable [Xérie]

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ft. Viladra

ft. Xérie

「Par les éléments...」
Depuis la libération de Xérie, je partis quelques temps vaquer à mes occupations avant que l'un des informateurs des mages noirs ne me laisse un message dans l'une de nos bases. Il avait eu de la chance, je n'étais pas tellement impliquée dans la confrérie et j'avais tendance à ne pas me tenir aux nouvelles.
Attrapant la missive adressée en mon nom, je la parcourus rapidement des yeux, y voyant alors un ordre de mission. Ainsi, les choses commençaient à bouger... Et si notre chef décidait de faire appel à moi, c'est qu'elle était d'un enjeu, ou bien d'une difficulté majeure. Il était le seul, en dehors de mes confrères, à connaître ma véritable nature.

L'ordre était clair : un invocateur nécromancien avait trahi nos rangs et assassiné dix des nôtres. Des sous-fifres sans importance, de toute évidence. Leurs noms n'étaient même pas mentionnés... Il allait donc falloir le traquer et le tuer rapidement avant qu'il ne divulgue le peu d'informations qu'il avait réussi à récoler. Notre groupe étant totalement éparpillé à travers le monde, je doutais fort qu'il possède grand chose de très important, mais prudence était mère de sûreté... Et quand je compris qu'il travaillait en plus pour l'ordre des Astres, un sourire carnassier se dessina sur mon visage.
Brûlant la missive afin de ne laisser aucun trace, je fis rapidement un bon dans l'espace pour prévenir Hyun que maman partait quelques temps pour affaires personnelles. Décidément, la vie de famille, ce n'était pas pour moi...

Je n'étais pas la seule affectée sur cette mission et je lus, amusée, le nom de mon partenaire. De ma partenaire, devrais-je dire... Aller tuer un serviteur de l'Ordre allait assurément la mettre en joie. Connaissant ses lieux de replis de prédiction, je me téléportais trois fois avant de la trouver. Il allait falloir qu'elle se mette à la page et qu'elle se dégotte un cristalphone/ cristalboitemail/ cristalrondsdefumée parce que je n'allais pas pouvoir faire ça à chaque fois...

Je crois que ça va te plaire... Lui dis-je dans un sourire froid en guise de salutations.

Dans l'ordre de mission, la dernière position de notre cible se trouvait dans le sanctuaire du feu. Nous connaissions bien ce lieu... Il était souvent désert, mais il arrivait que quelques séraph en pèlerinage viennent s'y reposer et je m'y étais déjà rendue plusieurs fois par le passé. Aujourd'hui, cet endroit n'évoquait plus que du dégoût et des souvenirs désagréables. Une seule question me venait en tête : est-ce qu'un seraph pur serait assez stupide pour venir ici alors que deux âmes corrompues venaient y apporter la mort ? Lâchant un léger rire à cette idée, je contemplai longuement les hautes colonnes ouvragées qui soutenaient la structure imposante. Nous aventurant alors sur l'immense pont décoré d'or et de bronze menant au bâtiment principale, la fraîcheur de son ombre nous submergea tandis que nous mîmes un pied dans l'immense entrée.

Ce sont des abrutis, mais ils ne manquent pas de style, commentais-je, moqueuse en regardant les statues de marbre.

La pièce était de taille imposante, formant un cercle au sol dallé et dont de hautes colonnes soutenaient le plafond en ogive. Un escalier s'étendait au fond, menant aux balcons qui entouraient le décor comme une arène stylisée et royale. Les représentations du dieu ardent étaient présentes sur les tableaux accrochés au mur où dans sa grande représentation en pierres rouge, trônant sur son socle à l'étage. Ah, j'étais un poil jalouse... Même aux temps où tous les seraph étaient encore purs, nous n'avions jamais eu de si beaux temples. Je me voyais presque comme chez moi ici.
Ne voyant personne, je me doutais bien que si notre cible était dans le coin, elle se garderait bien de se montrer. Sortant mes deux épées, je tentai alors une nouvelle façon d'user mon pouvoir, déposant un pan de ma dimension autour de nous. Ouvrant son accès sur l'extérieur, je tentai alors de ressentir la moindre chose qui se déroulait dans mon champ d'action. Je ressentais des petites choses, mais je n'avais pas encore la pleine maîtrise de cette utilisation du pouvoir. Annulant ma dimension, je me tournais alors vers Xérie.

Il est là. Commentais-je tout simplement. Je sens sa présence, mais je ne la localise pas encore. Je vais...

Ne vous donnez pas cette peine... Me voilà !

Et surgit de nul part comme un putin de bouffon d'une boite de clown, un homme enveloppé dans une cape coloré apparut en haut des escaliers. En dépit de son style vestimentaire qui était déjà un sacrilège suffisant pour l'exécuter, je ne pus m'empêcher de me demander comment on avait pu laisser entrer une telle chose dans la confrérie des mages noirs. Les recruteurs n'étaient pas très regardant.
Haussant un sourcil circonspect, je le regardai alors faire de grands gestes théâtrales en lâchant quelques phrases grandiloquentes dont je n'écoutais que la moitié. C'était pour une merde pareille que l'on envoyait deux seraph... ? Espérons qu'il vaille le coup, je ne voudrais pas en ressortir frustrée...

Plus on est de fous, plus on rit-ih ih ih ! Gloussait-il, dément. Venez faire connaissances, mes bébés !

Et quatre silhouettes aux couleurs des éléments apparurent. Un putin de nécromancien... Je ne les avais jamais vraiment appréciés, et il m'en dégoûtait encore plus.
Couvrant la zone de combat de ma dimension, je tâchai alors de repérer le moindre trouble qui pouvait sortir de l'ordinaire. Bien que pas encore au point, ce fut néanmoins ce réflexe qui me permit de repérer à temps un homme décocher sa flèche sur nous. Déployant un portail devant Xérie et moi, le projectile disparut aussitôt dans le néant. Comptant alors les silhouettes qui popaient une à une, je repérai cinq archets, cinq hommes dotés d'armes au corps à corps, et les quatre mages élémentaires qui se plaçaient de façon à nous séparer.

C'est vraiment la décadence, à l'Ordre des Astres... commentais-je en faisant annulant mon portail.
combat de lâches

Après ma libération, j'avais parcouru le monde à la recherche de mon fils. Ce nouveau monde dont je ne connaissais rien avait quelque chose, d'effrayant, d’effroyablement délicieux. J'avais pu voir de mes yeux la technologie qui régnait en maître à Ellgard, tous esclaves de leur magie usurpatrices née des cristaux. J'avais vu ces hommes et ces femmes fait de métal, ces cyborgs semeurs de mort, de véritables armes de destruction. J'ignorais si mon aversion pour cette technologie qui s'était développée dans mon dos, allait disparaître un jour. J'ignorais si ma fascination pour leur efficacité pour la destruction allait prendre le pas... j'en doutais fort. La technomagie était l'une des principales raison de ma captivité, couplé à une cage trop petite, c'était affligeant de constater avec quelle facilité Justice avait réussit à m'enfermer. J'en éprouvais une réelle honte, transperçant mon ego de par en par.

Depuis, j'avais rejoins les mages noirs, et seul notre chefs et mes confrères, connaissaient pas véritable nature. Un messager me fit parvenir une missive alors que je me trouvais en Akantha. A défaut de pouvoir affronté de front l'Ordre des Astres et enclenché Almost Dead pour tous les infecter, je devais user de stratagèmes plus élaborés : comme m'allier à une cause qui m'importait peu. Il était évident que les cristaux étaient puissants, mais les cristaux seuls ne sauveront pas le monde, il est essentiel de les lier à la religion, à nous seraphs. De simples mortels ne sont pas digne d'utiliser une magie si puissante. A défaut donc de pouvoir attaquer de front, je me devais de suivre certaines contraintes liés à mon affiliation aux mages noirs. Ce qui allait me paraître pénible, prit une tournure inattendue. Ma partenaire n'était autre que Jalousie, fort bien.

Je n'eus aucun mal à me rendre au Sanctuaire du Feu, un endroit que je connaissais bien. Ma mémoire, éprouvée par le temps, me jouait parfois des tours, mais dans l'ensemble, j'en gardais tout de même un souvenir assez clair et précis. Viladra ne devrait pas tarder à faire son apparition, sortie du néant, comme elle aimait le faire. Depuis combien d'années ne s'était-elle pas déplacé de manière normale?

Quoiqu'il en soit, il s'agissait d'éliminer un élément devenu incontrôlable, autrement dit, je pourrais user de mes pouvoirs, tuer, torturer et être de surcroît félicité pour ses excès de cruauté... que demander de plus? Et comme je m'en doutait, Viladra apparu devant moi sans crier gare.

« Je n'en doute pas... » dis-je sur un ton monocorde, lui offrant le même sourire froid, quoique légèrement sardonique.

J'avais toujours été sensible à l'architecture. Mes temples étaient de véritables oeuvres d'art, j'y mettais un point d'honneur. Maintenant, je n'en retrouvais plus nul part, de toutes les contrés que j'avais visité, il n'en restait aucun. Bienveillance était tombé dans l'oubli et son opposé parfait, Cruauté, n'avait même jamais fait couler d'encre. Pleine d'amertume, je suivais les pas de Jalousie, d'une démarche assurée, élégante, gracile. Mon apparence humaine discordait avec ma forme séraphine. Sous les traits d'une rousse en apparence fragile, je jouais sur le peu d'attention que me portait mes adversaires, afin de mieux frapper, les enveloppant d'une cruauté voluptueuse.

« Ils ont bon goût, dommage que leur intelligence se limite à cela. »

Aucun rire n'était sorti de ma bouche, un léger sourire en coin avait néanmoins animé mes traits un court instant avant de retrouver leur impassibilité que j'aimais arboré le plus souvent. Analysant la pièce, j'évaluais la distance sur laquelle je serais la plus efficace. La faiblesse de mon corps était toujours présente, de façon plus ténue, mais tout de même présente. Resté enfermé pendant près de soixante années n'étaient pas sans conséquences, soyons logique.
Notre cible devait se trouver ici, à moins que les informations qui nous ont été transmises soient fausses, le fouteur de trouble ne devrait pas tarder à apparaître. Un invocateur nécromancien, rien que ça. Les invocateurs ne m'avaient jamais inspiré confiance, je ne les appréciais pas particulièrement. Leur magie était à mon sens, lâche, comme celle de Viladra. Finalement, ce combat promettait d'être intéressant, deux lâches qui s'affrontent, vraiment très intéressant.

« Je ne suis pas d'humeur à jouer à cache...
- Ne vous donnez pas cette peine... Me voilà ! »


Irrité par la tournure que prenaient les événements, je ne pu m'empêcher de remettre en cause mes récents choix. Intégrer les mages noirs signifiait me battre aux cotés de ce genre de spécimen édulcoré? J'étais décidément devenue complètement folle, l'enfermement ne m'avais pas aidé. Fronçant légèrement les sourcils, j'étais partagée entre mon envie d'en finir vite, et celui de lui offrir une lente et douce agonie, faire durer le plaisir. Malgré que cela soit une mission, mes instincts de tueuse s'éveillèrent naturellement. Une veine pulsa à ma tempe, des crépitements dans les doigts et la rage aux bords des lèvres.

« Qu'on en finisse... » dis-je exaspérée.

Les quatre mages s'étaient séparés en deux groupes de deux. Eau et Terre sur Viladra, appuyés par les cinq archets qui décochèrent leur premières flèches comme un seul homme. L'instant d'après, Sneaky Wave avait réduit à néant leur flèche et les avaient propulsé à travers la pièce. Cependant, l'attaque n'était pas assez puissante pour que la noirceur ne les gagnent, ils se relevèrent, légèrement sonné. Les cinq autres possédaient, épées, poignards, haches, couteaux papillons et gourdins. Air et Feu me faisaient face, tandis que je me remettais de ma précédente attaque. Nous allions devoir nous battre ensemble, joignant magie défensive et support à ma magie offensive. Liées dans l'adversité, comme toujours, il était évident que nous devions êtres synchrone si nous voulions nous en sortir vivantes.
Eau et Terre mêlèrent leur pouvoir pour diriger un jet d'eau puissant entouré par des ronces sur Viladra, les archets étaient prêt à tirer leur prochaines flèches.


ft. Viladra

ft. Xérie

「Par les éléments...」
 Alors que l'exaspération commençait à pointer le bout de son nez, je constatai néanmoins avec un plaisir non feint que nos adversaires étaient plus coriaces qu'ils ne le paraissaient. Si chacun d'eux présentait séparément une menace insignifiante, leur cohésion, elle, était travaillée et soignée. Il allait falloir que Xérie et moi soyons coordonnées aussi si on ne voulait pas se retrouver prises en tenaille... Voilà bien longtemps que je n'avais pas été mise en difficulté.
Lorsqu'un jet d'eau entouré de ronces fusa vers moi, je créai un nouveau portail qui absorba le choc. M'engouffrant dans ma dimension, je disparus alors de la scène, laissant ma partenaire temporaire aux bons soins des mages de feu et d'air.

Je réapparus sur le balcon dans le dos d'un des archets, mais peut-être posséda-t-il une technique de senseur car il para mon attaque par le métal de son arc avant que le fil de ma lame ne lui tranche la gorge. Ah, plus intelligent que je ne le pensais... M'écartant hors de sa portée, je vis alors son confrère le plus proche décocher une flèche droit sur moi. Ouvrant un portail, je la laissai alors traverser ma dimension avant d'ouvrir une seconde issue dans son dos. La pointe transperça la peau fine de son cou juste sous la limite du casque, ressortant en une gerbe rougeoyante. Esquissant un sourire satisfait, je disparus à nouveau et retournai au niveau inférieur, toujours invisible. Cette fois-ci, il allait falloir abandonner un combat passif et passer à l'offensive... Cela me changeait, ce n'était pas déplaisant.

Rangeant l'une de mes épées pour sortir deux lames de jet, j'armai alors mon bras et projetai avec force et précision l'une d'elle sur le mage de terre à quelques mètres de moi. L'acier sembla jaillir du néant mais je ne pris pas le temps de vérifier si je l'avais touché que je me déplaçai à nouveau vers un autre archet qui visait Xérie, pensant sans doute que je m'étais enfuie. Ne lui laissant pas le plaisir d'effectuer son acte puérile que je réapparus au-dessus de lui, me laissant alors violemment retomber d'une hauteur de trois mètres. Mes deux mains entourant la garde de mon arme, la pointe perça sa nuque dans un craquement de vertèbre écœurant. Perforant trachée, poumon jusqu'à l'estomac, son cri d'agonie se perdit dans un gargouillement sanglant et je me reçus souplement sur son cadavre avant de retirer mon arme.


Ffsshh

La flèche fusa vers moi et je l'esquivai presque par hasard alors que je m'écartai du corps encore agité de soubresauts. La pointe entaillant ma cuisse en une ligne de feu, je grimaçai sous la sensation peu agréable et portai une main à ma blessure, vérifiant qu'elle n'était pas gravissime. Propre, cet imbécile avait au moins eu la bonne idée de bien affûter ses traits...  Et moi j'avais été trop confiante, sous-estimant leur capacité de réactions. En général, tuer une ou deux personnes avait tendance à calmer les autres... Mais j'avais des combattants expérimentés en face de moi, ils ne se laisseraient pas distraire facilement.
Il se trouvait de l'autre côté de la pièce, sur le balcon d'en face. Je le voyais déjà encocher sa flèche, prêt à me viser à nouveau. Puisque la situation s'y prêtait, autant m'entraîner à maîtriser cette nouvelle capacité...

Déployant à nouveau ma dimension invisible sur la zone, je tâchai alors d'analyser le moindre mouvement qu'il s'y déroulait. Je commençais à reconnaître et à ressentir la position des personnes dans la pièce, mais leurs mouvements étaient encore flous et je ne pouvais pas me fier entièrement sur ce que ce sixième sens m'apportait. Pas encore.

Voyant leurs confrères s'occuper de la grande brune, les mages du feu et du vent se tournèrent comme un seul homme vers la femme à la chevelure flamboyante. Tandis que le premier faisait apparaître un cercle de feu autour d'elle avant de le refermer à une vitesse inquiétante, le second attisa les flammes jusqu'à les rendre hautes comme deux hommes. Profitant que sa vue soit amoindrie par le brasier, un lancier se saisit de l'une de ses armes et la projeta avec dextérité, droit vers la Cruauté... Pendant ce temps, un épéiste s'approcha à la limite de la magie de ses supérieurs, attendant l'occasion de la couper en deux si elle venait à en sortir.
combat de lâches

Le monde autour de moi disparu. Ma vie, détruite, anéantie, ma détention dans les grottes oubliées, mon amant cruellement assassiné, mon fils introuvable... Toute ma haine, ma soif de sang, fusèrent en moi comme un puissant jet de lave, volcanique. La noirceur s'empara de mon âme et dans un cri infernal, je projetais toute ma peine droit sur les mages de Feu et d'Air. Le hurlement fut spectaculaire, transcendant. L'air se déchira, dans des ondulations circulaires qui se dirigèrent droit sur les mages, concentrés sur leur oeuvre meurtrière. Le choc fut tel, qu'ils décollèrent du sol, arrivèrent à hauteur des plafonds, avant de s'écraser au sol dans un craquement infernal. Quelques os cassés, mais toujours en vie, il ne fallait pas sous estimer des mages aussi puissants.

Le cercle de feu qui m'entourait n'avait pas disparu pour autant, mais, les flammes avaient perdu de leur intensité, si bien qu'elles rasaient presque le sol. L'instant d'après, je me retrouvais avec un poignards planté dans l'épaule. Immédiatement, mes traits furent déformés par une expression de douleur hideuse, et mes yeux progressant vers un noir abyssale annonçaient la souffrance qui allait s'abattre, inexorablement. Le lancier et l'homme à l'épée furent infectés et sans aucune connaissance de mon pouvoir, ils ne pensèrent pas à s'éloigner pour échapper à une lente et douloureuse mort. Contorsion et hurlement, jamais je ne me lasserais de ses cris, suppliants, demandeur de clémence. Mais la Cruauté n'est pas clémente, elle est intransigeante et mortelle. Des larmes noires coulèrent de leurs yeux exorbités par la douleur. Je me joignais à eux dans la souffrance, elle nous liait, nous rapprochait, eux y succomberaient, moi, je vaincrais. Dans une danse disgracieuse, leur corps s’effaça, à mesure que le poison insidieux s'insinuait en eux, jusqu'à leur dernier souffle. Leur calvaire prit fin, et je me relevais, à bout de souffle, les sens exaltés, grisée par la souffrance.

Me saisissant de ma hache, je traversai le feu, telle Daenarys, mère des dragons avant de rassembler mon courage pour extraire le poignard de mon épaule. J'en profitais pour le projeter sur celui qui faisait virevolter des couteaux papillons dans les airs. Sans succès. Rien d'étonnant, je n'avais jamais été très douée pour le lancer de projectiles, mais manier une hache, c'était une toute autre histoire. Néanmoins, je sentais mes forces diminuées à grande vitesse, ma faiblesse physique était encore présente, ma capacité à utiliser la magie était grandement réduite. Si ce combat venait à s'éterniser, j'étais certaine d'en sortir totalement épuisé. La douleur dans mon épaule, lancinante, remontait jusque dans ma nuque et avait réduit les capacités de mon bras gauche. Bien heureusement, il se trouvait que j'étais une droitière habile. Déchirant un pan de tissus, j'enroulais mon épaule de la chute, me créant ainsi un grossier bandage, suffisant à limiter la perte de sang.

« Dommage que vous ne sachiez pas manier ce poignard comme vous le faites avec la magie. » ricana l'homme aux couteaux papillon.

Agacée, je plongeais mon regard dans le sien, dans l'intention de lui insuffler un sentiment de peur, mais rien ne se passa comme prévu. Les deux mages avaient reprit leurs esprits et dirigeaient vers moi un souffle de feu incandescent. Nous entrions alors dans un rapport de force magie. Sneaky Wave fut projeté une seconde fois, d'une puissance forte à modéré et annula le brasier qui menaçait de me faire rôtir. Mais peut-être étais-je insensible au feu, avec cette chevelure flamboyante, peut-être étais-je née des flammes plus que de l'eau. Cette simple pensée m'arracha un sourire ironique. Au même moment, un couteau papillon siffla à mon oreille et le troisième homme se précipita sur moi avec la ferme intention de tuer. Je ne pouvais qu'admirer sa détermination. Parant le premier coup du plat de ma hache, je me dégageais d'un mouvement sec vers le bat avant d'entamer un saut tournant sur moi et d'abattre l'arme, cette fois du coté tranchant, meurtrier.


La femme aux cheveux de jais semblait concentrée sur une tâche inconnue, les trois archets y virent une occasion d'attaquer. Encochant leurs flèches comme un seul homme,
avec une vitesse effarante, ils lâchèrent une rafale de flèches toutes plus aiguisées les unes que les autres. Presque immédiatement, l'un se détacha du duo pour attaquer de front, flèche à la main, il semblait être animé par de sombres desseins, surement causé par la mort de ce qui devait être ses amis. Les mages de l'eau et de la terre reprirent leur ouvrage funeste, s'alliant une seconde fois, une puissante vague apparu devant la jeune femme, tandis que du lierre grimpait sur son corps à une telle vitesse que ce n'était qu'une question de secondes avant que la plante n'atteigne sa gorge. La végétation, en même temps qu'elle grimpait, appliquait une constriction spectaculaire, enfonçant ses épines vénéneuse dans la chaire molle du corps immobilisé.

ft. Viladra

ft. Xérie

「Par les éléments...」
Le cri de Xérie résonna dans la salle et je sentis plus que je ne vis les deux mages se faire projeter en l'air avant de retomber avec fracas. Lâchant un ricanement amusé, ma perception dimensionnelle se précisa un peu plus chaque seconde et je n'eus pas besoin de me retourner pour ressentir les vibrations des cordes des derniers archets. Alors que j'allais parer leurs attaques puériles, je me sentis soudainement clouée au sol et je remarquai avec une surprise non feinte des ronces s'élançant à l'assaut de mon corps. Sans réfléchir, je me plongeai dans ma réalité, refusant l'accès à cette magie meurtrière, esquivant alors deux des flèches. La dernière réussit à m'atteindre au bras droit avant que je ne me dérobe, arrachant un lambeau de chair et me tirant un rictus de douleur.
Me débarrassant de mes bottes désormais en lambeaux, je poussai un long soupir de lassitude meurtrière. Ils n'étaient pas si forts que cela, mais leur cohésion était leur atout principal... Et moi je sentais la folie me gagner en même temps que la haine.

Plongée dans la pénombre apaisante de ma maison dans l'ailleurs, je portai ma main à ma nouvelle blessure, constatant qu'il me faudrait un moment avant qu'elle ne guérisse et ne s'efface. L'enroulant dans un bout de tissu arraché à mes vêtements, je laissai alors la magie affluer en moi avant de ressortir au centre de la pièce, en suspension sur le seuil de ma dimension. Faisant tomber la nuit dans le regard des deux mages, je tendis ma main teintée de sang vers les trois soldats inconscients de leur bêtise. Jaillissant des ténèbres, des barbelés acérés vinrent transpercer leur corps de toutes parts. Immobilisés dans une douleur sans nom, je me délectai de leurs hurlements soudains tandis que la vision de leur état parfaitement intact rendait la scène grossière. Le pouvoir sur l'esprit était si vicieux...

Misérables insectes... Murmurais-je, glaciale.

Tirant trois lames de ma ceinture, j'armai mon bras valide sans me hâter et abattis ma sentence divine.
Lorsque les effets de mon pouvoir disparurent, leurs cadavres s'affalèrent lourdement au sol, le manche de mes armes saillant de leur poitrine et répandant lentement une flaque de sang sur les dalles marbrées. Il allait falloir que je me ménage, je sentais déjà mes réserves s'épuiser à grande vitesse... Multiplier les portails, maintenant ma zone sensitive et user d'illusions avaient un coût important, et je n'étais pas en forme séraph. Il était pourtant hors de question que je ne m'abaisse à me montrer sous ma véritable nature... Ils n'en étaient pas dignes.

Disparaissant pour réapparaître auprès de mes dernières victimes, je récupérai mes lames de jet et fis face aux mages qui se tenaient de l'autre côté de la pièce. Toujours privés de leurs sens, je ne pris pas la peine de savourer cette faiblesse que je fis apparaître une entrée à mes côtés tandis qu'une sortie s'ouvrait dans leur dos. Ramassant un arc au sol, j'encochai alors une flèche et visai le centre de ce passage dimensionnel. La corde vrombit entre mes doigts, me tirant une grimace lorsqu'elle me rappela douloureusement ma blessure. Tournant la tête, je constatai alors le résultat de ma tentative d'épinglage...

Les mages de feu et d'air se relevèrent, blessés mais encore en pleine possession de leurs moyens magiques. Commençant à comprendre les pouvoir de la femme en face d'eux, celui du feu créa autour d'eux une barrière de flammes chargées de magie, prête à encaisser la prochaine attaque à leur place. Maintenant une distance respectable après avoir vu l'agonie de leur sous-fifre, le mage de l'air invoqua ensuite les vents, vidant alors un espace d'un rayon de deux mètres autour de la jeune femme. Privée d'oxygène, il était prêt à déplacer sa magie si elle faisait le moindre mouvement pour s'en échapper.

Et maintenant, catin... Lâcha-t-il dans un gloussement malsain, essaye donc de hurler...

Et sans se dire un mot, les deux derniers lanciers s'armèrent de l'une de leurs armes avant de la projeter sur la jeune femme. Le dernier assassin, armé de deux lames moyennes, se tenait légèrement en retrait, prêt à foncer sur elle dès le premier signe de faiblesse.

combat de lâches

L'agacement devint plus profond, virant à l'exaspération la plus totale. Je n'avais pas rejoins les mages noirs pour me battre contre un vulgaire invocateur nécromancien. Sa magie de lâche qui visait à envoyer d'autres se battre à sa place avait le don de m'irriter fortement. Paradoxalement, la difficulté du combat était excitante. Avoir un adversaire qui a du répondant, et surtout coriace, ravissait mes sens. Douleurs, souffrances, tortures et déshumanisation allait être au rendez-vous. J'ai repassé l'extraordinaire saut des mages sous le choc de Sneaky Wave dans ma tête et je n'ai pas pu retenir un sourire lorsqu'un des deux s'exprima de façon grossière. Ce n'était que le début des effets secondaires de l'onde meurtrière.

On dit que l'on peut vivre d'amour et d'eau fraîche uniquement, en cet instant même, j'étais à même de dire que l'oxygène était tout aussi important. M'écroulant d'une façon si théâtrale que cela ne pourrait passer que pour de la comédie, mais voyant que personne ne relevait, je me confortais dans l'idée que tout se déroulait à merveille. J'avais tout de même la désagréable impression que mes poumons étaient comprimés sous un bras métallique de cyborg de huit tonnes. :troll L'âme de ses deux mages étaient obscurcies à cause de ma précédente attaque. Dans un effort pénible, je dirigeais mon regard sur eux. Fièrs de leur oeuvre, ils me fixaient d'un air mauvais. Lorsque mes pupilles croisèrent celles du mage d'air, il s'immobilisa, arrêtant net toute production de magie. Un nouveau souffle d'oxygène me permis de me relever, sans jamais quitter du regard le mage. Je pouvais ressentir en moi la terreur que je venais de lui insuffler, elle était là, latente.

D'une façon inexpliquée d'un point de vu extérieur, le mage de feu se retourna contre son allié. Cela ne lui avait pas plu qu'il perde le contrôle de sa magie de manière aussi soudaine, sa barrière de feu s’éteignit lentement, jusqu'à disparaître totalement. Dans la foulé, l'homme aux couteaux papillons, qui ne possédait pas de poumons d'aussi bonne qualité que moi, gisait au sol, sans vie. L'attaque des mages avait tué un de leur allié, le premier signe de la faille de leur alliance. Sneaky Wave avait un effet subtile sur l'esprit, et se manifestait de manière totalement aléatoire suivant la personne qu'elle touchait. Elle était aussi un parfait support pour Cruauté voluptueuse, insuffler des sentiments n'en devenait que plus aisé. Alors que les deux élémentaires entamaient un combat dont j'étais à l'origine, j'en profitais pour achever les derniers combattants.

Hache en main, je devais économiser mon manu pour les cruautés que je réserve aux mages. Pleins d'orgueil, ils eurent la prétention de ne vouloir combattre qu'en un contre un. Certes, mes capacités au corps à corps étaient limités, mais des attaques magiques de faible puissance faisaient toujours la différence. Un homme armé d'un gourdin s'élança. Lent, bien trop lent. Même si je n'étais pas agile, sa lenteur aberrante me permis d'esquiver le coup. Inutile de vous dire que parer un coup aussi puissant n'était pas envisageable. Un cri strident de faible intensité suffit à lui retirer l'ouïe, de ses oreilles, un tracé couleur grenas fit son chemin. Comme une épée de Damoclès, ma hache trancha la chaire de sa nuque. Je sentis les vibrations de la lames dans tout le haut de mon corps. Chaque parcelle de chaire, chaque muscles, chaque os. Jusqu'à ce qu'un liquide chaud asperge mon visage, brouillant la vue d'une tête roulant sur le sol.

Le combat entre les mages se poursuivait, mais cette mascarade ne durerait pas éternellement, je ne disposais pas d'un temps infini. Le dernier combattant en vu avait une arme que je ne pris pas le temps d'identifier. A peine eut-il fait trois pas qu'un liquide noir sinuait sur ses joues. Ces orbites oculaires étaient d'une beauté à couper le souffle. Notre douleur se fraya un chemin dans nos deux corps, annulant mon pouvoir, le temps qu'il se rende compte de ce qu'il s'était passé, ma hache avait entailler son torse d'épaule à épaule. Un bruit sourd.

Fluc, fluc

Les flaques de sang se mêlèrent entre elles, reliant les alliés jusque dans la mort.  




« Magnifique. » dis-je pour moi même.




Comprenant ce que la jeune femme tentait de faire, le mage de terre provoqua un énorme tremblement de terre, brouillant les vibrations que la magie de leur adversaire pourrait percevoir. Plongée dans le noir complet, à la façon d'une araignée, le mage de terre se servit du séisme comme technique de senseur. La moindre fluctuation de magie,
il pouvait la ressentir, le moindre mouvement, il pouvait le ressentir. De son coté, le mage d'eau les entoura d'une sphère d'eau à double épaisseur. Ils se trouvaient dans la zone sans eau, tandis qu'une zone pleine d'eau les séparaient du monde extérieur. Ils avaient compris que cette femme irritante arrivait à se téléporter grâce à une magie très poussée. Si toute fois l'envie lui prenait de se téléporter directement dans leur zone d'air,
elle se verrait immédiatement bloqué par la magie du mage d'eau, et ce serait la noyade assurée.

Quant au mage de terre, il avait immédiatement repéré la jeune femme et percé le sol d'une puissante fleur carnivore s'était saisit du bras de la dite mage. Cette plante était particulièrement vorace, oui, mais friande de mana. En quelques secondes seulement, avant qu'elle n'ait eu la possibilité de se rétracter dans sa dimension mystérieuse, la plante lui avait pomper une quantité considérable de mana. Était-il possible que la seraph puisse trouver la mort par manque de ressource magie ? Nous espérons que ce ne soit pas le cas, il serait regrettable que le spectacle prenne fin de façon aussi brutale.

ft. Viladra

ft. Xérie

「Par les éléments...」
Le combat bien entamé, nous faisions désormais face à quatre mages élémentaires tandis que leurs pitoyables alliés gisaient dans leur sang. Je commençais à fatiguer... La forme humaine avait ses limites et quand je sentis la plante grimpante m'arracher une nouvelle partie de mon mana, je grimaçai d'exaspération avant de me réfugier une nouvelle fois dans ma dimension. Bien, puisqu'ils voulaient passer aux choses sérieuses... Il allait donc falloir s'y mettre. Ma priorité était le mage de terre, celui de l'eau étant bien trop occupé à maintenir son cocon aqueux pour les protéger d'une éventuelle attaque extérieur. Voyons, se pensait-il réellement en sécurité à l'intérieur de sa bulle ? Une aiguille... Et cela explosait.

Enfermée dans l'obscurité rassurante de ma protection, je laissai alors la magie affluer en moi, envahir mon corps et prendre possession de mon être. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas repris ma liberté, prisonnière de cette enveloppe corporelle bien trop faible et trop étroite...

Ma peau prit alors la couleur de l'ébène tandis que les flammes sortirent de ma crâne, remplaçant ma sombre chevelure. Les membres déliés, le regard inexpressif, je jaillis alors de ma dimension, débordante de vitalité et d'énergie. Flottant dans les airs, je ramassai une lance dans une flaque de sang et me tournai vers la bulle d'eau. Créant un portail à mes côtés, j'en ouvris alors un second à l'intérieur même de la protection liquide et sans hésitation, y plongeai l'arme acérée. Je sentis une résistance avant de frémir sous la sensation de la chair percée. Un cri fusa, de surprise d'abord, puis de douleur. Oui, quand on ne sait pas d'où vient l'attaque, il est difficile de la parer, n'est-ce pas... ?

Pauvre ignorant... murmurais-je.

Appliquant une nouvelle fois ma zone de perception, je sentis peu à peu l'énergie du mage de terre disparaître progressivement avant de s'éteindre brutalement. La bulle d'eau prit bientôt une teinte rougeâtre tandis que son sang se mêlait avec le liquide. Désactivant sa technique, je vis bientôt la silhouette de mon dernier ennemi, positionné aux côtés du corps transpercé de son camarde. Je ne lui laissai pas la possibilité de s'offusquer de ma nouvelle apparence que je saisis deux nouvelles lames de jet. En lançant une face à lui, je m'étais alors déjà téléportée dans son dos, lui lançant une seconde tandis que j'ouvrais un portail sous ses pieds d'où sortait une dernière lame. Pris en tenaille sur trois fronts, j'avais déjà obscurci sa vision, le plongeant dans la pénombre.

« Un insecte se doit d'être épinglé sur une planche... » pensais-je tandis qu'une nouvelle férocité me gagnait.

Les mages reprirent enfin leurs esprits face à la jeune femme rousse. Le mage d'air dressa immédiatement une barrière emplie de mana, destinée à bloquer les énergies psychiques de la jeune femme. Pendant ce temps, le mage de feu posa ses mains au sol et brutalement, la température monta graduellement dans la salle. Il y faisait une chaleur étouffante et les dalles se mirent à se craqueler avant de se briser en éclats tranchants sous le choc thermique. Des flammes envahirent immédiatement la pièce, ne laissant qu'un mince espace où se trouvaient les deux mages. Les flammes dévoraient la chair, le bois, mais faisaient aussi fondre l'acier le plus fragile... Oui, c'était un feu magique et la jeune femme finirait en cendre.