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Renaissance du chagrin [Hyun]

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ft. Viladra

ft. Hyun

「Éclosion écarlate」
Hyun se tenait à mes côtés, sa petite silhouette plongé dans mon ombre, ainsi que celle plus massive du robot qui ne le quittait jamais. Ouvrant mon portail sur la réalité, une bouffée de chaleur nous submergea alors tandis que la lumière aveuglante du soleil nous fit plisser les yeux. Déboulant dans la ruelle déserte d'un petit village d'Akantha, nous mîmes le pied dehors et je refermai ma dimension sur sa machine, nous laissant alors comme deux inconnus au milieu d'un endroit hostile. Je connaissais ce lieu... C'était plus un nid à pillards et à meurtrier qu'un réel hameau plein de paysans. Je n'étais pas venue ici au hasard, c'était l'heure de son premier test...

Je dois passer voir une vieille dame, lui dis-je alors gentiment. Elle veut que je lui montre l'image de son mari une dernière fois.

Une raison bien humaniste... Cela me débectait, mais il ne fallait pas qu'il sente ma corruption tout de suite. Je ne voulais pas l'effrayer ou lui montrer une facette trop cruelle de ma personnalité maintenant... Quand il se sera endurci et que j'aurais bien son esprit entre mes mains, peut-être alors me montrerai-je plus naturelle. En attendant, pour un enfant, ce n'était pas le mieux à faire...
Lui adressant un sourire rassurant, je me mis alors à avancer tandis qu'il me suivait à la trace. La journée touchait à sa fin même s'il faisait encore jour... C'était une heure où les gens sains rentraient chez eux, et où la racaille se mettait à sortir. Cette fois, c'était ces individus qu'il fallait que je trouve... Et cela ne prit pas beaucoup de temps.

Une femme et un enfant étaient des cibles de choix, cela attirait immédiatement la convoitise. Parée de vêtements finement brodés, la garde de mes armes était ouvragée et je savais que cela ferait des envieux parmi les voleurs et les agresseurs.
Alors que nous longions une rue plongée dans l'obscurité des murs des maisons nous entourant, cinq silhouettes nous barrèrent la route à l'opposé. Attrapant nerveusement le bras de Hyun, je le tirai alors en arrière, pivotant avec une expression de terreur feinte. Sans surprise, trois nouveaux abrutis débouchèrent de l'autre côté, nous coupant toute retraite.

Je... Je ne peux pas maîtriser ma magie sous la panique... Lâchais-je, un tremblement mesuré dans ma voix.

Dégainant l'une de mes épées d'un mouvement fébrile, des rires répondirent à mon geste visuellement pitoyable. Ah, une jeune femme paniquée et un pauvre gamin sans défense... Venez donc nous cueillir, misérables insectes... Le plus dur dans cette histoire, serait de me retenir de leur trancher la gorge et de leur arracher la trachée.
Inspirant longuement, je fis signe à Hyun de se mettre derrière moi, dos au mur.

Ne t'inquiète pas, lui dis-je, un sourire crispé, je vais... nous sortir de là.

Je faisais en sorte que derrière cette assurance et cette protection maternelle transparaisse bien le manque de confiance et la fragilité d'une jeune personne faible.
Lorsque les deux petits groupes d'hommes armés s'approchèrent de nous pour nous prendre en étau, je brandis alors ma lame vers le plus proche.

Reculez !

Sans surprise, il éclata de rire et ne prit même pas la peine de tirer la machette qui pendait à sa ceinture. S'arrêtant à moins d'un mètre de nous, ils nous entouraient maintenant comme une meute de chacals guettant deux lapins sans défense. Contrôle toi, Viladra... Il ne faut pas perdre le contrôle...

J'vais t'proposer aut' chose, ma p'tite. Tu ranges ton épingle et p't'être qu'on f'ra pas de mal au gosse. Toi par contre... Tu pourrais p't'être nous remercier de notre gentillesse !

Quelques éclats lubriques dans leur regard accompagnèrent ses paroles. Les hommes... De véritables imbéciles. Cela ne me prendrait que quelques secondes de les annihiler... Mais il allait que je provoque un électrochoc chez Hyun pour qu'il laisse son pouvoir se manifester.
Feignant de retenir un sanglot, ma main trembla alors mais je ne lâchai pas mon arme pour autant. Quand le chef de cette bande d'idiot s'avança vers moi, je regardai alors ses doigts crasseux s'approcher de mon bras. Réagis, Hyun... Ou je ne saurai pas m'arrêter si ma folie éclate...

L’enfant n’affichait aucune réaction sur son doux visage bien au contraire, il restait de marbre devant ces derniers sans prononcer la moindre parole ou même la moindre opposition face à leur agissements d’ailleurs, le garçon se contentait d’un rôle de spectateur face à la pièce de théâtre qui se déroulait devant ses yeux restant bien en place sans prendre la peine d’intervenir. Un certain vide avait envahi le regard pourtant plein de vie du jeune garçon, comme si son âme avait disparu emportant avec elle toutes ces choses, ces sentiments qui apportaient cette douce et agréable chaleur qui parcourait ce corps frêle en temps normal.

Alors que les prédateurs refermaient leur étreinte macabre sur ceux qu’ils avaient pris pour proie, le jeune enfant d’une voix assez froide et monotone s’adressa à la femme qui s’occupait et prenait soin de lui.

Viladra…Pourquoi ces personnes nous veulent du mal alors que nous ne sommes pas en guerre ? Nous ne combattons pas pour notre survie ou bien celle de notre peuple, nous ne combattons simplement pas.. Pourquoi veulent-il nous faire du mal, sans la moindre raison ?


Le garçon sans réellement attendre sa réponse continuait son ascension ignorant les mouvements des hommes et ainsi forçait son interlocutrice à faire de même comme si de rien n’était, cette question n’était pas innocente ou n’avait pas pour but de faire peur à ces étranges personnes. Non, bien au contraire Hyun était tout aussi perdu que pouvait l’être un enfant comme les autres, pourtant ce dernier comprenait la nation de guerre, du moins comme on avait pu lui apprendre à l’armée, mais à la plus grande surprise de la femme aux longs cheveux bruns l’enfant n’était pas conscient de la notion de conflit, mais surtout des vices qui découlent des gens pervertis par certaines vertus.

En même temps que la jeune femme sortait son arme pour se défendre l’enfant cessa ses mouvements lui aussi observant, une nouvelle fois la situation alors que ces hommes semblaient devenir beaucoup plus entreplant vis-à-vis de leur petit groupe et surtout envers la femme qu’il accompagnait dans cette étrange contrée.

J'vais t'proposer aut' chose, ma p'tite. Tu ranges ton épingle et p't'être qu'on f'ra pas de mal au gosse. Toi par contre... Tu pourrais p't'être nous remercier de notre gentillesse !

Il ne laissa à peine le temps à l’homme de finir sa phrase qu’il répondit par-dessus, tout en ignorant totalement du regard ce dernier arborant toujours ce regard vide de vie.

Ne pas faire de mal aux autres est une forme de gentillesse ?


L’enfant ne semblait plus être le même, aucune hésitation pouvait se faire sentir dans sa voix bien au contraire une certaine assurance s’en dégageait, mais le plus troublant n’était pas cette assurance provenant de nulle part, mais bien la disparition de ce ton doux et chaleur au profit d’un beaucoup plus froid et avenant comme si la flamme animant le cœur du jeune garçon s’était éteinte.

La première intervention de l’enfant pouvait émettre un doute par rapport à tout cela, mais cette seconde montrait bien que ce n’était pas qu’un simple hasard des circonstances et que le garçon était bien véritablement à l’origine de ces choix.  

héhé.. Les gars vous avez entendu ça ?

L’individu s’esclaffait de tout son être face aux paroles du jeune garçon, ce dernier semblait avoir une nouvelle cible ce dirigea dans la direction de l’enfant abandonnant pour le moment toute l’intention qu’il avait envers Viladra. Continuant son ascension accompagnée par les rires roques de ses camardes, il se mis accroupis au niveau du garçonnet qui ne changea aucunement d’expression.

Faisant enfin face à son interlocuteur l’homme afficha un visage beaucoup plus sérieux et presque menaçant tout en employant le ton qui allait avec ce dernier prit la parole.

C’est faire preuve de gentillesse. Quand je sais très bien que je pourrais vous anéantir toi et ta petite maman sans le moindre petit effort, je me retiens pour votre bien et ne t’en fais pas après que ta mère nous ait remerciés gracieusement nous vous laisserons partir. C’est bien la moindre chose après tout ce qu’on fait pour vous.

Le bougre marqua une certaine pause et approcha encore plus son visage du jeune garçon.

Non ?

Son interlocuteur approchait sa main de la chevelure du jeune garçon afin de lui offrir une certaine caresse humiliante devant les yeux de ses compagnons qui se délectait de la situation, mais l’homme n’eut pas le temps de finir son mouvement que l’enfant reprit le flambeau de la parole.

Je vais faire preuve de gentillesse alors, merci beaucoup de m’avoir appris cela?


Le fanfaron n’eut pas vraiment le temps de réagir aux paroles de l’enfant que son bras pécheur luisait d’une douce et lumineuse couleur cyan et lentement ce dernier se dissipait dans de petite particule qui semblait emportées par le vent, l’homme ne montrait la moindre douleur bien au contraire même s’il était surpris par ce qu’il se produisait ce dernier observait le tout comme si de rien n’était alors que petit à petit son bras disparaissait.

C’est la plus grande politesse dont je pouvais faire preuve, vous punir pour votre affront sans vous faire le moindre mal et maintenant vous pouvez repartir chez vous comme si de rien n’était en gage de remerciement de votre clémence.


Il sera son second poing et le projeta avec violence sur le jeune garçon, tout en hurlant de toute ses forces.

RENDS MOI MON BRAS !

L’assaut du brigand n’eut même pas le temps d’atteindre le jeune garçon que son second bras se dissipa lui aussi dans cette douce et agréable lueur tandis que l’enfant ne fit le moindre mouvement d’esquive ou bien de peur, bien au contraire, avec le même calme que précédemment ce dernier reprit ses paroles.

Il semblerait que finalement la politesse n’est pas ce que vous souhaitez, je m’en excuse alors mes méthodes n’étaient sans doute pas les bonnes.


Une explosion de sang émanait des deux trous béants qui se trouvait à la place des bras alors que l’homme poussait un hurlement de douleur, l’enfant recouvert de tout ce sang continua son chemin comme si de rien n’était ayant toujours le même regard vide, une fois au niveau de Viladra ce dernier lui tendis la main comme un petit garçon le ferait avec sa mère.

ft. Viladra

ft. Hyun

「Éclosion écarlate」
Hyun dépassa mes attentes, et de loin... Je me rappellerai toujours de ce sentiment euphorique quand je compris le niveau de puissance que je possédais désormais à travers lui. Oui, un seraph, aussi innocent et nouveau-né soit-il, restait une machine à tuer parfaite. Nous étions faits pour être au sommet et pour régner sur le commun des mortels... Et il venait d'appuyer un peu plus cette théorie. Que la vie était cruel... Offrir le corps d'un enfant innocent aux mains d'une âme corrompue et damnée. Il ne me resterait plus qu'à entretenir ta soif de sang et ta fidélité indéfectible...

Feignant toujours la peur, je fis un geste pour empêcher l'abruti de s'approcher de l'enfant, mais je fus sans surprise arrêter par deux de ses sbires qui m'attrapèrent chacun un bras, m'empêchant d'approcher. J'inspirai longuement, silencieusement et avec patience, refoulant les envies de déchaînement qui s'agiter en moi. Le contact de leur main sur ma peau me débectait au plus au point et je sentais ma magie s'agiter tandis que je plantai mes ongles dans mes paumes, perçant la peau fragile de mes mains pour tenter de garder l'esprit clair. Résister... Il ne fallait pas que je me laisse aller, pas si près du but...

Il s'agenouilla en face de lui, le narguant de paroles qui me donnaient envie de vomir et de lui arracher la trachée à mains nues. J'imaginais déjà son crâne se fracassant contre la roche, le goût de son sang et ses hurlements d'agonies résonner à mes oreilles comme une ode aux ténèbres. La corruption était si tentante... Il était si facile d'y sombrer en ayant pourtant conscience que la chute était sans fin. J'approchais bientôt du point de non-retour, je savais que viendrait le temps où je perdrai mes dernières traces d'humanité et où je ne serai plus capable de penser qu'à travers la haine et l'amour de la destruction. Cela signerait ma fin... Et je saurai alors me détruire pour renaître à nouveau.

Hyun... Murmurais-je d'un ton désespéré.

Oh oui... J'étais désespérée. Désespérée par tant de bêtise et de faiblesse... J'étais désespérée de voir ces êtres inférieurs penser que nous valions moins qu'eux. La colère, la jalousie de savoir que cette race soumise était capable de se permettre des pensées aussi simple alors que mon esprit était torturé en permanence. Je voulais les voir périr, les voir mourir dans de longues souffrances en ayant pour seule possibilité que de regretter d'avoir voulu un jour se dresser face à ceux qui les dépassaient à des années lumières.

La magie illumina la scène et mes pulsions se figèrent lorsque je vis le chagrin réagir avec une beauté et une cruauté admirable. Délestant notre agresseur fantoche de ses bras, l'enfant semblait alors transporté dans une sérénité malsaine, s'exécutant sans broncher. Moi, je me sentais jubiler intérieurement et mon corps se mit à trembler légèrement sous l'excitation. Apeurés, les hommes encore en vie reculèrent de terreur tandis qu'une gerbe de sang nous éclaboussa tous comme une fontaine de jouvence. Ah, douce euphorie... On aurait beau mépriser ces pratiques, il n'y avait que dans ce genre de situations extrêmes que l'on se sentait vraiment vivre.

Rentrons, Hyun... Murmurais-je alors tandis qu'il se glissait à mes côtés.

Et attrapant la main rougie et innocente qu'il me tendit, je lui adressai un tendre sourire. L'intimant à me suivre, nous dépassâmes alors les hommes indemnes et stupéfiés de terreur sans les regarder. Menant l'enfant jusqu'au bout de la rue, j'attendis que nous ayons tourné au coin du virage avant de me baisser à sa hauteur et de saisir son visage d'ange entre mes mains. Essuyant délicatement le sang qui coulait sur ses joues, je pris une expression rassurante et adoptai alors une voix douce.

Merci, Hyun... Grâce à toi, je me sens de nouveau en sécurité. Mais il faut que je règle quelque chose... Alors ferme les yeux et compte dix secondes. Tu me fais confiance... ?

Et tandis qu'il s'exécutait, je disparus dans les airs. Nous étions dans un endroit reculé de tout mais il n'était pas question de prendre le moindre risque... La présence de Chagrin était encore un secret et je savais que les seraph purs n'hésiteraient pas à le traquer s'ils apprenaient sa fragilité émotionnelle actuelle. Il n'était pas encore assez solide pour s'exposer en plein jour... Et je ne le laisserai personne apprendre son existence.

Les rescapés de son carnage avait presque atteint l'autre côté de la rue lorsque je matérialisai devant eux. Puisqu'il était question d'effacer les preuves...
Faisant s'abattre les ténèbres sur leurs âmes, je tirai alors ma lame dans un chuintement feutré. Que la sentence divine s'accomplisse...

huit... neuf... dix...

J'avais déjà posé mes lèvres sur le front du jeune enfant, le goût du sang de nos ennemis se déposant sur mes lèvres carmins.

Dans notre état, nous allons faire peur aux villageois, on va aller se rincer un peu.

Nous téléportant à une oasis éloignée dont j'avais connaissance, je m'agenouillai alors au bord de l'eau clair et aspergeai mon visage, enjoignant Hyun à faire de même. A vrai dire, je me fichais totalement d'être couverte de sang, je n'étais pas non plus venue ici au hasard. Cet endroit était un véritable piège pour ceux qui ne connaissaient pas le désert, mais pour ma part, c'était un terrain d’entraînement parfait pour une jeune recrue au potentielle surpuissant.

Alors que tout semblait paisible, le sol se mit à trembler de plus en plus fort et six monticules de sable explosèrent dans des nuages de poussière qui nous cachèrent la vue. Créatures endémiques de la région, les vers du désert étaient totalement stupides mais leurs dents acérées, leur vitesse, leur peau robuste et leur possibilité de se mouvoir sur terre comme en-dessous en faisaient des adversaires coriaces. Je ne pris même pas la peine de feindre la terreur, Hyun semblait rentrer dans un état de transe meurtrière et je comptais profiter de ce fait là pour le pousser à se dépasser encore... Guettant sa réaction, je reculai alors légèrement pour le laisser seul face à son destin.


L’endroit semblait paradisiaque, un paysage presque idyllique peint par la force de la nature sans la moindre intervention de l’homme sur ses choix artistiques qui étaient en tout point parfait aux yeux innocents du jeune enfant, pourtant recouvert de sang de ses précédents exploits qui restaient toujours dans cette magnifique continuité artistique qu’il admirait encore et encore. Sans le moindre mot les yeux grands ouvert comme serait ceux d’un enfant découvrant ses premières décorations de noël, cette surprise mena inévitablement à un sourire radieux et ébahi sur le doux visage du garçon qui découvrait le monde qui l’entoure en faisant des douces et lentes tours sur lui-même irradiant ce petit coin de paradis se trouvant sous ses yeux part son émerveillement.

L’enfant, pour la première fois depuis de nombreuses années pouvait de nouveau ressentir cette douce et étrange sensation qui l’habitant lorsqu’il découvrait de nouvelles choses, de nouveaux paysages, tout simplement les secrets de la nature et ses créations qui étaient l’œuvre d’un maitre qui est et sera encore et toujours inimitable aux yeux du jeune garçon même si ce dernier fait de son mieux afin d’en faire au moins une copie convaincante à l’aide de ses étranges pouvoirs.

Cette douce et étrange excitation envahissait l’estomac du jeune garçon, ayant un effet assez positif sur le jeune garçon qui affichait un sourire encore plus radieux alors qu’il portait sa main sur son ventre encore frêle et plat loin de ce que l’on pouvait apercevoir pour les autres jeunes garçons de son âge dans ce qui constituait son ancienne patrie et pays d’adoption, tout simplement ce qu’il considérait comme sa maison, le glorieux et majestueux empire d’Ellgard comme ces derniers s’appelaient.

Alors que le soleil recouvrait entièrement le corps du jeune garçon par ses nombreux rayons, lui offrant l’impression de recevoir une douce et chaleureuse étreinte comme une mère pourrait le faire à son enfant, une goutte d’encre vint s’abattre sur la merveilleuse toile qui se dressait devant les yeux ébahi de l’enfant qui avait impuissance observait le travail de maitre se faire détruire par d’autres de ses créations sans pouvoir rien y faire pour préserver ce coin de paradis, car cela était le cycle naturel des choses comme on avait pu lui apprendre si difficilement durant ses années de services.  

Nous tendons à la mort, comme la flèche au but et nous ne le manquons jamais, la mort est notre unique certitude et nous savons toujours que nous allons mourir, n'importe quand et n'importe où, n'importe la manière. Car la vie éternelle est un non-sens, l'éternité n'est pas la vie, la mort est le repos à quoi nous aspirons, vie et mort sont liées, ceux qui demandent autre chose réclament l'impossible et n'obtiendront que la fumée, leur récompense.

L’enfant observait ce spectacle de destruction impuissant, alors que ces mots résonnaient dans sa tête encore et sans cesse.

Le sourire de ce dernier avait disparu pour un visage ravagé par la tristesse alors que son monde venait sauvagement de se faire détruire sous ses yeux, alors qu’il venait tout juste de le découvrir et n’avait pas eu le temps d’en apprendre la moindre chose comme il l’aurait tant voulu, car cet endroit avait un certain potentiel que l’enfant arrivait à ressentir au plus profond de son être.

Il n’eut vraiment le temps de réagir qu’une puissante tempête de sable se levait suite aux nombreux mouvements destructeurs de ces étranges créations qui obéissaient à leurs instincts naturels comme le faisaient les animaux normalement, mais le jeune garçon ne pouvait pas s’empêcher de ressentir une certaine haine envers leurs gestes qu’ils ne comprenaient sans doute pas, seul l’appât d’un repas les animaient.

Le garçon ne semblait y avoir aucune objection, abandonnant presque son combat alors qu’il ne l’avait pas encore livré, baissant la tête en direction du sol ainsi que les épaules comme si le poids du monde s’abattait sur ces dernières sans la moindre sommation. Pourtant, une personne avertit pouvait ressentir une certaine colère qui s’échappait du jeune garçon, non c’était beaucoup plus qu’une simple colère basique, cela ressemblait à un profond chagrin d’une puissance incommensurable, comme si l’enfant venait de subir un traumatisme qui se répétait encore et sans cesse devant ses doux yeux innocent d’un bleu infini.

Le nuage de poussière était encore plus épais coupant ce dernier du monde, créant presque une zone pour lui et sa torture qui semblait sans fin, jusqu’à que l’une de ces bêtes sauvages intervienne pour mettre un terme à ses souffrances dans un puissant bond d’une dizaine de mètre dans les airs afin de s’abattre comme une épée de Damoclès sur le jeune enfant qui ne montrait la moindre opposition à cette exécution.

Hyun, tout se répète éternellement, le jour et la nuit, l’été et l’hiver mon chat. Le monde tourne en rond tout simplement, ce qui est engendré doit retourner au néant, ce qui est né doit mourir, tout cela pour revenir encore plus beau et plus fort un jour tu sais. Maintenant ne pleure plus pour moi.. ce..
N’est qu’un au revoir et pas un adieu…

On.. se reverra mon chat..

C’est une promesse...


Le souvenir apparut comme un flash dans les pensées du jeune garçon, repêchant ce dernier qui petit à petit sombrait dans un étrange océan noir qui semblait envahir la moindre parcelle de son corps qui semblait changés pour une chose monstrueuse, qui semblait enfoui tout au fond de son être et qui était pourtant si réaliste. L’enfant n’eut pas le temps de réfléchir à cette étrange rencontre ou bien réaction, les mots de son ancienne amie avaient tout juste eu le temps de le faire sortir de cette mélasse pour se défendre à l’assaut aérien de l’annélide qui était à deux doigts de s’abattre sur sa personne.

Il n’eut suffi que d’un mouvement de main du jeune garçon pour réunir une quantité astronomique de mana au niveau de sa paume de main dans une forme sphériques parfaite, cette boule d’énergie était en mouvement intérieur constant comme si des millions d’aiguilles d’énergie s’y trouvait et suivait un sens de rotation défini jusqu’à leurs libérations qui arrivait très bientôt. En Effet il n’eut qu’une courte seconde afin de propulser sa main en direction du monstre le touchant de plein fouet avec son orbe tourbillonnant.

L’impact fut dévastateur, libérant une puissante onde de choc dissipant l’épais nuage de sable qui était dominant depuis l’assaut surprise de ces invertébrés dégageant enfin le champ de vision pour la jeune femme qui avait maintenant une vue d’ensemble sur la scène de combat et surtout la puissance du jeune garçon sur qui l’on pouvait voir encore les larmes perlant de long de ses joues, alors que ses yeux eux étaient pleins d’une détermination qui semblait sans limite.

Un puissant cri s’échappa de la bouche de l’enfant alors que la sphère d’énergie détruisait tout sur son passage, mais les pieds de ce dernier s’enfonçaient assez rapidement dans le sable du au poids du monstre s’écrasant sur sa technique, conscient de sa situation l’enfant porta sa seconde main sur celle détenant l’orbe tout en poussant un nouveau cri plus puissant que le premier. L’effet fut immédiat, alors que l’écho du hurlement du jeune garçon résonnait encore au travers les dunes qui tentaient tant bien que mal de l’étouffé, l’orbe se transforma en un puissant et épais rayons cyan qui mena vers une simple et totale annihilation du monstre ayant eu l’audace de faire un affront au jeune enfant.

Cela aurait pu être à double tranchant pour l’enfant, enfonçant ce dernier encore plus qu’il ne l’était déjà dans le sable, mais tout cela semblait avoir été pris en compte par ce qui semblait être plus qu’un simple garçon, mais bien un stratège qui en savait beaucoup plus sur le combat que l’on pouvait le croire par son apparence juvénile, c’était même sans doute l’une de ses sources de connaissance les plus fournis. En effet le tacticien n’avait pas fait cela au hasard bien au contraire, l’énergie de son attaque avait était suffisamment large et puissante pour dissoudre tout ce qui se trouvait aux alentours abandonnant dans un nouveau cratère fumant qui se refermait peu à peu par le sable s’affaissant sur lui-même offrant un escalier de princier vers la sortie.

Quittant ce qu’étais son tombeau l’enfant se heurta à un nouvel ennemi, qui était beaucoup plus sournois que le premier semblerait-il car le combattant avait surgi de sous terre afin de surprendre l’enfant ce qui fonctionna tout de même le projetant ainsi assez haut dans les airs, vers un ciel dont les nuages avaient été précédemment chassés par l’assaut du jeune garçon.

La stratégie de son ennemi fut assez concluante, car en effet cela avait provoqués de lourd dégât sur son corps juvénile, sans doute plusieurs fractures et cela par un simple et unique coup. L’enfant qui observait le ciel de plus près qu’il ne l’avait jamais fait, retombait lentement alors que son corps se tordait inconsciemment de douleur inondent son cerveau de diverses alertes qu’ils ne pouvaient plus traités par la surcharge d’information.

L’enfant ne semblait pas accepter son destin, d’un mouvement ce dernier fit une pirouette sur lui-même afin de faire face au sol et surtout à son ennemi qui l’attendait la bouche ouverte, le regard du jeune garçon était toujours animé par cette détermination qui était maintenant confirmés pour être infaillible d’un mouvement de bras du garçon quatre cercles partant du plus grand au plus petit, apparues dans la direction de sa trajectoire.

Lorsque l’enfant passa le premier cercle, une douce énergie cyan l’enveloppa

Le second cercle confirmait cette énergie qui devenait de plus en plus imposante et épaisse.

Le troisième n’était qu’une affirmation enfermant le garçon dans ce qui ressemblait être un cocoon d’énergie.

Le quatrième et dernier cercle était beaucoup plus fin que les autres et servait à affinés le matériel reçu, en effet alors qu’il traversait à toute vitesse ce dernier comme les précédents, la masse excédent d’énergie de l’avant fut dissipés taillant ainsi que qui n’était qu’un simple météore en une véritable épée de Damoclès s’abattant comme avait pu faire le ver précédemment sur son ennemi. La cible n’eut le temps de réagir à temps alors que l’étoile filante filait en sa direction, le transperçant sans le moindre mal de part en part jusqu’à s’écraser dans une explosion d’une rare ampleur sur le sol sableux du désert.

ft. Viladra

ft. Hyun

「Éclosion écarlate」
Hyun dépassa toutes mes attentes. Je savais que sous forme humaine, ses talents et ses compétences étaient plus que limités... Peut-être arriverait-il à tenir tête face à l'une des créatures, qui sait, à la tuer même, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il parvienne à en annihiler deux. Je le regardai alors utiliser son mana à la source même, puisant une énergie là où elle était et la maniant comme un artiste peintre jouait du pinceau. Oui, c'était bien plus intéressant et plus puissant que ce à quoi je m'attendais...

Il réussit à détruire son premier adversaire dans un rayon de mana étincelant et je me protégeai légèrement les yeux pour ne pas être éblouie. Sa magie était puissante mais elle semblait encore brute, comme s'il n'avait pas eu encore le temps de l'affiner. C'était beaucoup d'énergie gâchée là où je voyais la possibilité d'affiner cette compétence. D'une grande vague destructrice, on pouvait en faire un unique rayon dévastateur... Mais on verra cela plus tard.

Submergé, il fut soudainement attaqué par un second adversaire qui le projeta en l'air. J'hésitais quelques instants à le sauver, mais c'était aussi dans l'affrontement et la douleur qu'on apprenait le mieux... Et ce fut une bonne décision car cela sembla débrider sa rage et une nouvelle part de puissance. Il retomba comme un ange aux ailes brûlées, abattant sa colère sur la créature qui fut réduite à néant. Je vis son corps sombrer vers le sol, s'écrasant au milieu du sable dans une gerbe de poussière. Là, il était temps d'intervenir...

Quittant mon petit promontoire, je me dirigeai alors vers la scène de carnage, observant les quelques morceaux gluants des vers des sables qui n'avaient pas été détruits dans le massacre. Enfermée dans un couloir de dimension, je passai aux côtés des créatures restantes qui ne me voyaient pas. Deux d'entre elles avaient fuit lorsque les choses avaient commencé à chauffer, leur instinct leur soufflant que ce n'était plus des proies mais des chasseurs qu'elles avaient visés. Il en restait encore deux qui se tenaient à distance, hésitant à s'en prendre à la petite silhouette brisée au milieu du cratère...

Bravo, Yun... Murmurais-je en m'agenouillant à ses côtés.

Je le pris délicatement dans mes bras, sa morphologie faible et légère me permettant de le porter sans trop de mal malgré ma musculature fragile. Je le portai jusqu'à l'oasis, lui passant de l'eau sur le visage et étendant ses membres endoloris avec douceur. Le sable s'agita dans mon dos et je sentis plus que je ne vis un ver des sables profiter de ce qui lui semblait être un moment de faiblesse. Sortant l'une de mes épées, je la projetai alors avec force sur le côté, créant un portail dans laquelle elle s'engouffra. Pauvre petite chose...

Ma lame ressortit sur le côté du ver, traversant la pellicule gluante qui protégeait son œil, et s'enfonçant dans celui-ci jusqu'à la garde. Un liquide visqueux en jaillit, suivit d'un cri bestial et étrange qui résonna dans le désert. Blessée, à moitié aveugle, elle se tortilla jusqu'à disparaître dans le sable, suivit de sa compagne. Elles n'allaient pas s'éloigner énormément, du renfort viendrait peut-être... Ou peut-être pas. Récupérant mon arme dont elle s'était débarrassée, je l'essuyai dans l'eau avant de la rengainer dans mon fourreau.

Yun, ouvre les yeux. Dis-je alors d'une voix ferme et douce à la fois. Il n'est pas encore temps de dormir...

Je continuai de passer de l'eau sur son visage, vérifiant que ses blessures n'étaient pas trop graves. Comme il n'avait pas conscience de sa forme séraphine, il ne savait pas exploiter toutes les possibilités de son pouvoir... Le chemin serait bien plus long pour lui s'il souhaitait se hisser au même niveau que les autres. Mais cela viendrait... A condition qu'il survive aux épreuves que je placerai sur son chemin.

L'enfant ne pouvait pas vraiment le savoir ou bien même le ressentir, mais Viladra tant bien que mal souhaitait prendre soin de son corps meurtris par l'assaut destructeur de l'insecte. Le corps inerte du garçon semblait fondre dans l'étreinte protectrice de la jeune femme, alors que les caresses de l'eau d'une rare candeur sillonnaient le moindre recoin de son visage juvénile jusqu'à s'aventurer sous les vêtements de ce dernier explorant ainsi de nouvelles contrées tuméfiées. Lentement les secondes, puis les minutes passaient et s'accumulaient, pourtant les nombreuses caresses intrusives de l'eau ne semblait pas influé sur le jeune garçon qui semblait toujours en l'état d'une simple poupée chiffon, mais les apparences étaient trompeuses.

Même si le corps du jeune garçon pouvait paraître vide de vie, comme un simple cadavre que l'on retrouverait par dizaine durant la guerre, la réalité des choses en étaient très loin. Contrairement à ce qu'on le pouvait apercevoir le corps de l'enfant fonctionnait à pleine puissance comme une véritable centrale nucléaire. En effet ce dernier absorbait toute l'énergie naturelle se trouvant aux alentours et la transformait afin de la convertir pour ses propres réserves qui ne cessait de s'agrandir sans même atteindre un certain plafond comme chaque humain devrait l'avoir.

L'énergie débordait légèrement du corps encore infantile du jeune garçon, cela dans une douce et agréable harmonie qui envahissait peu à peu l'endroit emportant dans une légère brise toute la tension qu'avait pus suscités l'échange entre les démons des sables et l'enfant. Rapidement une certaine sérénité envahissait l'oasis, tendis que l'énergie de l'enfant semblait être en communion avec celle de la nature. Les secondes passaient et le lien entre les deux semblait être plus fort un lien harmonieux pouvait se faire ressentir, alors que l'aura du jeune garçon changeait de spectre joignant une couleur plus douce, plus aérienne montrant que la nature souhaitait reprendre ses droits sur son bourgeons.

L'énergie recouvrait maintenant totalement le jeune garçon, qui à la manière d'une feuille prenait lentement son envole de l'étreinte de sa gardienne, laissant son corps en possession de la nature qui fut étrangement assez réactif entourant l'enfant d'une épaisse couche de protection mélangeant le sable aux alentours afin d'en faire une carapace, un véritable tombeau prenant étrangement une apparence très féminine, un buste renfermement son étreinte sableuse sur l'enfant comme avait pus le faire Viladra auparavant.

La structure semblait aussi forte que pouvait l'être un château fait de pierre ou bien de fer, résistant malgré ses allures complexes à l'attraction terrestre et aux vents violents qui parfois traversaient les dunes la jeune femme pouvait apercevoir qu'aucun grain ne tombait, comme si la structure était tout simplement hors du temps, comment réagir face à une situation aussi intrigante ? Était-ce pour le bien du jeune garçon, ou bien tout simplement un piège qu'elle ne pouvait apercevoir, le temps passait pourtant aucune réponse ne semblait parvenir.

Que cela voulait-il dire ?

Ainsi il semblerait que Hyun avait beaucoup plus de ressource qu'elle ne pouvait le croire, avait-elle fait le bon choix en l'épargnant afin qu'il la rejoigne, un changement de bord pouvait être si facile surtout avec un enfant aussi chétif et vierge de toute expérience réel que pouvait l'être ce dernier.

ft. Viladra

ft. Hyun

「Éclosion écarlate」
Le combat avait été aussi bref qu’intense et Hyun avait finalement réussi sa tâche bien qu’il ait fallu que j’intervienne dans les derniers moments. En tant que séraph qui s’ignore, sa puissance était dévastatrice mais le contrecoup l’était tout autant… Je mis du temps à lui faire reprendre conscience, et si j’ai un peu de mal à me l’avouer, je fus soucieuse de son état quelques secondes. Quand enfin il sembla revenir à lui, ce fut pour puiser une nouvelle fois dans le mana environne afin de se créer un cocon à l’apparence féminine. Je savais que ce n’était pas une représentation de ma personne, elle reflétait très certainement une trace d’un traumatisme lointain dont je n’avais aucune idée.

Il va falloir apprendre à délaisser le passé… Ne pus-je m’empêcher de murmurer en fixant la silhouette.

Le laissant quelques instants entre terre et ciel, je pris le temps de balayer la zone avec mon mana, vérifiant qu’aucune créature ne viendrait nous importuner d’avantage. J’étais pensive, aussi… Il était d’une telle fragilité et pourtant ses capacités pouvaient être incroyable… Par ennui, je m’étais mis en tête de le recueillir, m’attirant ainsi un allié potentiel mais aussi une faiblesse et un risque dont je me serais bien passé. La part sombre qui m’habitait me pousser à le tuer, même si je savais qu’il renaîtrait directement aux sources de vie… Là bas, Semna attendrait son arrivée et qui sait, l’épargnerait peut-être malgré sa corruption. Je m’étais engagée dans une voie que je n’avais pas l’habitude de fouler, il était dangereux de s’entourer de personnes aussi instables… Déjà que je ne l’étais pas moi-même.

Le monde évoluait sans cesse, mais ne prenait pas forcément la bonne direction. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, je n’avais encore aucun objectif concret et je me considérais plus comme une âme errante, prisonnière de sa propre immortalité. Inconsciemment, peut-être que je cherchais à m’entourer ou à me créer des dangers afin de m’occuper du mieux que je pouvais… Et sans doute que le fait de m’embarrasser d’un enfant aussi étrange était la conséquence de mes propres doutes. Avait-il besoin de moi ? Ou était-ce moi qui étais en recherche d’un peu de piquant à travers lui…

Poussant un long soupir de lassitude, je décidai finalement de ne pas l’abandonner dans un tel endroit, préférant voir ce que l’avenir comptait me réserver.
Ouvrant un portail à sa hauteur, j’engouffrai sa personne préservée dans sa gangue de mana à l’intérieur de ma dimension et refermai le passage derrière nous. De notre présence, il ne resta plus qu’un vague amoncellement gluant de vers de désert, et une amertume presque palpable.