Lost Kingdom  :: Ellgard :: La Capitale - Keivere, citée des Sciences

Leurs âmes perdues dans les festivités | ft. Aerith

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ft. Aerith
le diable

« Combien de temps encore ? »

Une simple question qui allait droit au but alors que tu attendais patiemment assis, tes doigts enserrant un alliage qui avait fini par être comme une seconde peau avec le temps. Tu décrivais cette pièce de ce seul vrai corps qui te rendait toi même, la pièce d'une chose qui t'offrait un masque. Un masque métallique que tu arborais en chaque mission où tu pouvais être l'outil que l'on avait fait toi. Un casque plutôt qui a défaut d'être couvert de boue, d'hémoglobine et autres traces d'usures se voyait couvert de poussière. Une poussière que tu balayais doucement mais sûrement d'un de tes doigts alors que ton regard se perdait dans cette visière teintée, tout ceci te... Manquait ? Un terme bien étrange pour décrire tout ceci à vrai dire, pour décrire le profond désagrément en toi, tu étais quelque peu fatigué et travaillé par le fait que l'on te garde en ce centre, bien loin de ton réel milieu de vie. Ils disaient que cela était pour ton bien, pour que tu puisses retrouver le plus rapidement le champ de bataille ou plutôt ton vrai environnement, ta seule et unique maison. Dans le fond n'était il pas légitime de vouloir te conserver ici pour t’assuré que tu serais aussi létale qu'avant ? Totalement mais ceci tu l'acceptais cependant à contre cœur, un mal nécessaire comme tant d'autres choses.

« - Une semaine, voir deux selon les résultats d'aujourd'hui sachant que nous avons terminé votre bilan physique. »

Une semaine, cela était déjà bien trop long mais il fallait que les têtes pensantes soient convaincues de ta capacité à toujours se débarrasser de nuisibles plus ou moins importants. Des nuisibles fanatiques, des nuisibles qui permettaient de tempérer les aléas de ton agressivité pour évité d'en faire payer le tribut à d'autres individus au mauvais endroit, au mauvais moment comme on pouvait simplement le dire. Tu bouillonnais intérieurement même si la tempérance était bien au rendez vous, même si les divers calmants faisaient effet et que les dosages avaient été méticuleusement suivi de par l'ensemble du personnel médical. Tu ne tardas à te redresser dès lors dépassant largement le frêle homme qui était resté à tes côtés, documents en main et qui t’indiqua qu'en partie le moment de variété était venu. Un moment que tu avais bien trop attendu, un moment qui avait une rare valeur pour toi. Tout être vivant avait en son esprit des instants précis plus importants que d'autres, une rencontre, une relation, une séparation mais tu n'étais pas vraiment comme le commun des mortels. Ton moment à toi, il était plus brutal, il allait être des plus simples, un affrontement pour déterminer si tu étais apte à maîtriser et par extension tuer une cible même si tu avais eu pour instruction de ne faire couler un quelconque sang.

Tu ne tardas à enchaîner les couloirs jusqu'à rejoindre une pièce à la taille moyenne mais vide, vide de toute chose hormis un mur en lequel se trouve un vitrage teinté. Des précautions prises sans doute de par ce que tu étais au fond au delà d'être un élément très voir trop efficace. On avait dès lors fini par t'y faire attendre quelques secondes puis quelques infimes minutes alors que tes poings se serraient encore et toujours d'impatience. Si tu avais été pâle de peau peut être aurait on pu remarquer une drastique distinction en la coloration de ton terme, la pression empourprant des parcelles blanchâtres. L'une des portes des lieux finissant par s'entrouvrir pour y faire pénétrer une femme plus jeune que toi sans doute de plusieurs années.

Tu ne t'étais point fait prier pour la décrire avec un étonnement entièrement conservé malgré tout, y avait il eu erreur sur la personne ? Non cela était peu probable que des scientifiques et médecins aient fait une chose si grossière mais cela ne t'avait empêché de doucement reporté ton attention vers le vitrage teinté ton regard trahissant facilement un jugement envers les individus qu'il dissimulait alors que tu avais légèrement désigner la jeune femme en cette même salle d'un doigt une voix finissant par retentir dans l'interphone.

« - Pour certaines raisons l'identité des deux individus sera conservés durant la phase de test. Nous vous rappelons votre objectif respectif à chacun à savoir maîtriser l'individu en face de vous. »

Un objectif simple comme on te l'avait énoncé avant, il était simple de voir que ton propre corps s'était déjà préparé à mener à bien ce simple devoir que l'on avait imposé à chacun de vous. Bien décidé en ton cas à conserver jalousement la victoire, cette chose qui ne pouvait être partagée en ce moment précis. Tu n'avais qu'une envie, celle que les rats de laboratoires finissent par vous donner le feu vert pour en finir et surtout le plus rapidement possible. Ton esprit avait faim, non pas comme un carnivore ou un omnivore mais plutôt comme un prédateur qui se nourrissait simplement du plaisir de la chasse. Un prédateur qui préférait l'effort et ce qu'il entraînait à un réconfort qu'il ne consommera jamais. On t'avait modelé pour massacrer, tu allais devoir te retenir aujourd'hui malgré tout même si cela pouvait être une bonne mise en bouche avant le retour au plaisir des semaines suivantes. Toujours en laisse, il suffisait que de quelques mots pour te lâcher alors que tu commençais à ne plus réellement te questionne sur le gabarit de ta proie.




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Rends-moi fier.

Elle avait, la première, pénétré le lieu. Il avait des airs d’arènes morbide où on envoyait de vulgaires sujets de tests au suicide, à un duel acharné où un finirait victorieux, et l’autre traumatisé, puis jeté ; une de ces batailles où il n’y avait de gagnant mais seulement un malchanceux. Mais elle, elle ne se savait pas captive. Elle se savait libre depuis longtemps. Elle n’était pas emprisonnée entre des murs épais, mais entre les serres puissantes d’un corbeau aux desseins obscurs. Elle ignorait qui elle ferait face aujourd’hui et n’avait d’ailleurs eu que peu de précisions sur sa présence ici - mais elle n’avait pas échappé aux yeux avides des scientifiques ellgardiens. Aerith avait passé peu de tests ; son potentiel à chaque fois jamais poussé à son maximum pour préserver sa discrétion. Elle semblait forte - plus forte qu’une femme et qu’un homme ; proche du surhomme mais pas assez pour éveiller les sens les plus perfides de Ragnarök. Et puis, elle ne leur appartenait pas. Elle était sous le joug d’une créature possessive. Ils n’avaient aucun droit.

Avant de rentrer dans l’arène grise, elle avait au préalable glisser sur sa chair une combinaison de cuir noir voilant l’intégralité de son derme jusqu’au cou par une fermeture éclair solide et épaisse. La matière était souple et pourtant solide, lui conférant une facilité de mouvement et un confort non négligeable pour un combat dont l’issue n’était pas mortelle. Aerith ne sa battait cependant pas pour le simple plaisir de se défouler. Lorsqu’Aerith se battait, elle déchirait, hurlait, dépeçait le chair et son sang se mêlait à celui de son adversaire, sa victime ; créant un breuvage méphistophélique dont elle se délectait une fois l’adrénaline descendue, et l’endorphine s’échappant des pores dilatés de sa peau. Elle aimait ça. Elle aimait se défouler, libérer ses pulsions et trouver un exutoire à tout ce contact social qui parasitait son être et la transformait lentement en ces créatures de chair et de sang. Ces créatures qu’elle méprisait tout autant qu’elle adorait, qu’elle chérissait justement pour cette faiblesse délicieuse dont elle aimait se repaître tout entière.

Elle attendait donc là, glissant des regards sur la vitre teintée, observant et assimilant rapidement son terrain. Elle avait effleuré les murs, le sol, pour mieux utiliser ces éléments à son avantage ; si elle ne pouvait le tuer, elle allait l’humilier et marquer son territoire, montrer sa supériorité et sa souveraineté dans ce lieu si elle ne pouvait le démontrer par son statut social.

Très vite, les portes coulissantes automatiques s’ouvrirent sur un homme. Aerith le suivit du regard, ses iris opalins détaillant sa carrure avec une grande attention ; supputant par ce biais sa force physique. Il était grand, bien plus grand qu’elle. Il semblait mature - si elle ne pouvait poser d’âge sur sa face, elle le supposait dans la fleur de l’âge. Il avait une carrure sèche et athlétique, entraînée non dans le but de se battre et de maîtriser mais de broyer et tuer. Elle pouvait même voir, à travers les reflets halés de sa peau atypique la taille anormale de ses muscles et de ses os. Un intérêt semblait naître en elle, mais elle ne manifesta rien. Elle glissa son regard sur les cicatrices qui sillaient sa peau, mais ne s’attarda pas trop longtemps dessus. Elle voulut sourire, mais s’était contenté d’écouter les directives qui lui avaient été imposées.

Un silence pesant prit place. Une minute. Deux minutes. Trois. Aerith s’impatientait, mais ses sens furent à nouveau éveillés, non, excités, lorsque la voix d’un des scientifiques s’échappa du microphone pour résonner dans la pièce circulaire dans laquelle ils se trouvaient.

« Vous pouvez commencer. Nous arrêterons le combat lorsque l’un d’entre vous ne sera plus en état de combattre. »

Il ne put finir sa phrase, qu’Aerith s’était déjà élancée avec une célérité effarante en direction de son adversaire ; démarrant les hostilités pour, dans un premier lieu, jauger sa puissance et s’adapter à cette dernière. Ici, ils n’avaient que leurs poings, leur réactivité, et aucun mouvement maladroit ou déplacé ne devait être effectué. Elle profita de sa rapidité, peut-être de l’effet de surprise pour se glisser dans le dos du colosse. Une simple nanoseconde avait suffit pour que ses bras et ses jambes soient recouvertes de ses écailles si caractéristiques et d’une solidité incroyable, renforçant discrètement ces parties de son corps sans que cela ne soit perceptible par les scientifiques de par l’épais cuir qui recouvrait sa chair. Elle plia une jambe et effectua un mouvement circulaire sec avec l’autre dans le but de balayer son adversaire et de l’envoyer au sol dans un premier lieu. S’il n’esquivait pas, elle avait gagné. S’il encaissait, elle partait avec un  avantage non négligeable, persuadée que ses membres n’étaient capable d’endurer un choc aussi violent. Et si par malheur il esquivait, elle l’aurait jaugé.
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Un muscle se contractant le long de tes mains alors que tu forçais quelque peu toujours sur celles-ci pour te tempérer là où tu aurais voulu doucement amener à leur propre contact tes phalanges. Des phalanges qui auraient pu finir par doucement craquer sous une certaine pression si tu n'étais pas trop occupé, trop concentré sur elle. Elle qui fut d'abord au centre de ton attention de par son gabarit encore une fois peu traditionnel, elle qui semblait quelque peu vide de réaction à ton image comme si se retrouver face à un colosse n'était pas trop dérangeant. Un cœur disproportionné continuant à battre à un rythme des plus calmes paradoxalement même si celui-ci était près à s'emballer à tout moment pour abreuver ton enveloppe charnelle, pour porter en l'ensemble de ton corps cette délicieuse chose qu'était l'adrénaline. Il ne manquait qu'une chose, une simple qui se changeait en éternité à tes yeux. Une simple autorisation pour pouvoir enfin commencé à en découdre. Tu te languissais pour une chose qui normalement n'aurait jamais dû avoir un effet exacerbé sur un humain, sur une psyché sans doute considérée comme normale. Ton esprit ne cessant de se répéter maladivement des instructions précises, des instructions des plus simples, contrôler et non pas tuer.

Une longue attente qui vint se conclure par la délivrance que tu attendais, tu aurais pu être étonné de par ses premiers mouvements rapides. Des gestes qui dépassaient ceux de divers autres individus maladroits sans pour autant en être bien trop dangereux. Tu avais déjà depuis la sortie de ton coma repris les exercices, des choses fades mais là tout était différent. Tu avais la satisfaction de pouvoir mettre un visage sur la chose qui allait devoir accaparer tous les espoirs, le potentiel que l'on avait placé en toi. Ta tête venant passer par dessus ton épaule pour pouvoir observer partiellement les mouvements de la seconde cobaye en cette pièce à défaut de pouvoir totalement te retourner. Sa personne se baissant ce qui provoqua inévitablement une réaction des plus basiques en ton esprit, tes pieds ne tardant à se décoller du sol pour ne point être heurté par cette jambe qui avait fini par en partie se retrouver sous ta vue là plus bas. Il te suffisait de si peu pour que l'alchimie en ton crâne se ravive, une alchimie qui liait adrénaline, fureur, rage. Une alchimie qui n'avait qu'un but, repaître tes instincts les basiques, tes instincts les plus inhumains. Inhumains comme le simple plaisir de voir l'hémoglobine ruisseler. Ruisseler en de longs râles de douleur, d'agonie même si ceci n'était pas une nouvelle fois à l'ordre du jour.

Ta réponse se profila donc face à ce premier assaut tandis que tu retrouvais le contact du sol, tu t'étais empressé de quelque peu trouver le sol volontairement te baissant pour mettre une main puis l'autre sur le mollet de la jeune femme. L'agrippant de ta poigne de fer, tes crocs, tes mains se resserrant pour s’assurer une prise des plus fermes, tu la tiras vers toi de toute tes forces même si pendant un léger instant tu fus étonné par la force que tu avais du déployer. Tes veines se dessinant soudainement le long de tes bras et d'autres parcelles en rapport avec la partie de ton anatomie qui était sollicitée. Tu aurais pu penser cela étrange, étrange que le mastodonte ne puisse tirer un petit bout si frêle à première vue, un petit bout qui devait tout miser sur son agilité. Tu n'avais sans doute pas pu exercer totalement la manœuvre que tu voulais mais cela avait fini pour la déstabiliser temporairement sans doute, voir la tirer. Cela faisait si longtemps que tu n'avais eu à allier de nouveau ton agilité et ta force en un mouvement précis, l'engrenage de chair reprenant merveilleusement ses habitudes comme si on avait réussi à profondément graver cela en ton être. Te restait il un vrai semblant d'humanité sous cette peau ? Hormis des organes uniques et une réflexion qui tenait plus de la programmation qu'autre chose, le tout couronné par des simples stimulus de survie exacerbés pour la brutalité.

Tu ne perdis la moindre seconde par la suite pour t'élancer du mieux que tu le pouvais en la position que tu étais, épaule la première pour tenté de la plaquer. S'il s'avérait que son agilité était son principal atout elle allait devoir esquiver à défaut de pouvoir normalement se mouvoir une fois plaquée entièrement à terre. Tu aurais pu tenté autre chose, tu aurais pu vouloir enfoncer en la pâleur étrange de sa joue ta main refermée, tes phalanges nimbées de cette alliage quasiment incassable. Tu aurais pu la tuméfier mais les ordres étaient les ordres et tu étais civilisé pour l'instant, tu n'étais pas cette bête. Cette chose que l'on pouvait raviver de par tant de façons, cette chose qui sommeillait à moitié sous bien des anti psychotiques. Un prédateur qui n'offrait que ses aspects positifs tel la dévoration de la peur, du stress, d'une éventuelle douleur qui paralyserait même les plus endurants. L'humain prédominant, tu ne devais l'amocher, juste la maîtriser elle qui représentait curieusement ton échappatoire sur de si nombreux points.




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Ses jambes ne touchèrent pas les mollets de l’homme, et elle le vit créer une rapide impulsion avec ces membres pour esquiver son coup. Alors qu’elle s’apprêtait à se relever pour reculer et préparer un nouvel assaut, elle sous-estima l’agilité du colosse qu’elle supposait lourd, lent, bien que possédant sans aucun doute une force de frappe acceptable. Il rejoignit rapidement le sol, avant d’agripper sa cheville dans le but de la ramener à lui ; elle ne pensait pas qu’il soit impossible pour un homme ce gabarit de s’emparer et de maîtriser son poids à bout de bras malgré sa masse imposante. Ce qui la surprit sans doute, légèrement, était qu’il fut capable de l’attirer à lui pour la projeter en arrière - Aerith se réceptionna sur ses pieds d’une façon assez maladroite et brutale, reprenant rapidement son équilibre. Elle eut le temps de réagir face à l’assaut du garçon sans énormément de mal, analysant au fil du temps ses mouvements et son style de combat. Il semblait à l’aise avec ce qu’il faisait, et une mèche épaisse de sauvagerie était trempée dans son sang à chacun de ses mouvements secs et puissants. Heureusement pour elle, elle se savait plus rapide, plus forte ; peut-être à tort ou à raison. Créature apocalyptique, aucun être charnu n’était capable de lui faire ployer le genou, et cet homme là ne serait une exception.

Elle se décala de quelques pas chassés de côtés au dernier moment agiles et précis, profitant de son geste pour se glisser à nouveau dans son dos. Un large sourire mesquin orna les lippes rosées de la femme, et d’un mouvement sec, elle s’empara d’une poigne de fer du haut de l’homme, déchirant d’un geste ample ce même tissu qui recouvrait la partie supérieure de son corps. La matière s’évanouit rapidement sur la froideur du sol gris. Aerith rit.

Elle était cette créature, qui, si elle avait un goût prononcé pour les choses bien faites en possédait également un plus acéré pour le sadisme et l’amusement. Tous étaient ses proies avec lesquelles elle s’amusait d’une façon bien relative, et si celui-ci n’entrait évidemment pas dans son tableau de chasse, rien ne lui empêchait de se jouer de lui. Le moral influait sur la façon de combattre d’un homme, Aerith le savait, et la façon dont elle sous-estimait ses ennemis les plaçaient dans plusieurs types d’états différents. La majorité des cas, cela créait en eux un sentiment de colère indicible, ce qui renforçait l’adrénaline et les poussait à en faire davantage, quitte à commettre des erreurs fatales. Puis, il y avait ceux qui étaient emparés et paralysés par une frayeur, eux étaient en général morts depuis longtemps. Et enfin, il y avait ceux qui, trop absorbés par la fièvre du combat ne prêtaient attention aux provocations de la bête. Ceux-là étaient à ses yeux les plus délicieux, lorsqu’elle se délectait de leurs abats. Tant de fierté, au fond d’eux, au creux de leurs organes qui leur donnait un goût âpre et indélicat, grossier, et pourtant addictif.

Le dragon finit par créer une impulsion sur un pied pour se projeter en arrière de quelques mètres, son mouvement la faisant atterrir à nouveau sur ses deux pieds avec la même maladresse. Cette dernière n’était hélas pas calculée. Elle essayait d’effectuer des mouvements larges, qui ne nécessitaient pas une trop lourde agitation de son organe vital. Ce dernier était encore fragile, nouveau, juvénile et faible de la moindre marque d’excitation et le sang que ses artères accueillait avait à chaque pulsation la sensation d’essuyer de violentes entailles au fond de sa chair. La cicatrice linéaire qui parcourait son corps était encore fraîche, ses agitations trop brutales avaient déjà par le passé délié quelques sutures de sa chair. Lui rappelant comme la vive douleur de ce soir-là.

Aerith était resté passive, détaillant les courbes musculeuses du torse qui se présentait à elle ; voyant avec une meilleure netteté les cicatrices qui constellaient son épiderme sombre - héritage d’origines orientales. Elle aurait voulu plonger ses crocs dans cette chair juteuse et laisser son sang glisser le long de son œsophage, goûter son liquide vital et les saveurs exotiques de sa peur, de son angoisse, de son anxiété, de sa colère ou de son indifférence. Elle eut quelques frissons à cette simple pensée, et la faim, au fond de son estomac hurlait. Un regard à la vitre teintée ; ignorant si son maître était présent derrière cet écran unique. Elle le savait, elle ne devait pas.
Peut-être était-il un akanthien - un esclave. Peut-être n’était-il pas un homme ; elle avait vu beaucoup d’hommes dépasser la moyenne physique de leur faible race, mais considérait toujours ce genre d’individus comme étant exceptionnels. Tout en s’apprêtant à esquiver ou parer la moindre attaque fulgurante (ou pas) de son adversaire, Aerith fit enfin lever sa voix dans la pièce insonorisée.

« Montre-moi ce que tu as dans le ventre, gros tas. »
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Cela allait être long, un peu plus long que ce que tu avais prévu et dès lors il n'y avait eu une infinité de réflexion en ton esprit en ce moment précis. Il n'y avait eu qu'une inconnue plus complexe qui était venue se rajouter en cette longue équation qui devait définir ton niveau actuel de récupération. Une inconnue qui était bien trop étrange à tes yeux, une inconnue bien plus lourde que les nombreux androïdes ou cyborgs que tu avais pratiqué, une inconnue trop agile et rapide pour un poids si important. Tu te demandais ce que l'on t'avait amené, tu te demandais qui on t'avait déniché en ce moment précis alors que tu t'étais rapidement redressé. Assaut raté tandis qu'elle vint passer une seconde fois en ton dos, non pas pour te déstabiliser cette fois-ci mais simplement te défaire d'une des étoffes de tissu qui te choyait. Elle était différente de ce que tu avais l'habitude de pratiquer, elle était différente d'un simple pion que les scientifiques utilisaient. Des individus bien trop concentrés sur leur tâche normalement, des individus qui ne s'offraient le luxe de rire en un instant comme celui-ci. Tu avais une tâche la maîtriser mais ceci en était quand même un tant soit peu intriguant, plaisant peut être même ?

Une nouvelle distance s'étant instaurée entre vos personnes, te retournant pour décrire une nouvelle fois celle silhouette qui n'était pas celle d'une combattante, du moins d'une combattante normale de cette taille. Des oreilles peu communes s'extirpant de cette chevelure pure, tu en étais devenu curieux au point où étrangement cette chose s'était calmée au plus profond de toi, au point où il avait laissé la lucidité refaire surface de façon si excessive. Le molosse cessant de ronger les barreaux de sa cage, la créature rôdant mais avec curiosité alors que ton regard ne cessait de se mouvoir trahissant une attention devenue autre que celle nécessaire simplement à un affrontement. Tu savais donc sur quoi elle reposait pour s'en sortir, son agilité, sa vitesse et sans doute ses réflexes alors qu'elle paressait comme maladivement captivée. Captivée par la création que tu étais, une création si rare en les confins du nord. Tu n'avais qui sait pas tenu rigueur des propos de la jeune femme lorsqu'elle tenta de te provoquer alors que tu étais égaré en tes pensées si tempérées. L'animal ayant accepté l'humain, un si sublime travail de concert pour combler tant une curiosité humaine qu'une soif bestiale. Est-ce que l'un d'eux allait il prendre le dessus aujourd'hui ? À voir.

Sachant donc à quoi t'en tenir alors que sa provocation finit de faire écho, tu t'élanças mais avec toute mesure paradoxalement. Non pas comme une chose, non pas comme un soldat mais plutôt tel amalgame de qualités que l'on avait greffé à une masse de chair parfaite. Un amalgame de pensées qui décortiquait en sa rapide approche chaque infime réaction possible de la nocive belle. Ton avancée s'enchaînant d'un pas sur le côté, bras en position pour bloquer un coup durant ta manœuvre alors que l'on aurait pu croire que tu avais simplement souhaité en un premier temps la charger. La propulser sauvagement contre ce mur contre lequel tu aurais pu l'acculer même si ceci n'aurait jamais marché de par l'aisance qu'elle avait déjà démontré. Tu en étais plus appliqué anormalement, le naturel revenant, ton plus pur talent et instinct se ravivant face au plaisir d'un affrontement qui allait être intéressant. Tu te saisis donc de son bras tout en te glissant dans son dos, réalisant une simple clé sur celui-ci, ton pied venant s'écraser une fois ce geste exercé contre son jambe, son mollet pour la faire fléchir. Tu aurais pu tenté de la mettre au sol en exerçant une pression bien plus massive sur cette clé de bras et cette jambe que tu avais attaqué mais tu t'étais contenté de la repousser.

Tu lui rendis sa liberté alors que peut être un léger sourire se dessinait le long de tes lèvres, un sourire de contentement des plus primaires. Un contentement face au fait que la suite allait être assurément plaisante pourvu que ses futurs assauts à elle n'aient le don d'exciter la créature en toi plus que nécessaire. Cela serait un si grand gâchis alors que les scientifiques pouvaient t'observer sous la forme, la personnalité qu'ils auraient toujours voulu entrevoir en toi si ce défaut de... Fabrication ne s'était jamais trop manifesté. Fléchissant tes membres pour la suite du divertissement qui allait arriver dans quelques imperceptibles secondes, tu te permis de rétorquer ceci.

« - Dans ce cas offre moi un vrai défi, petite chose. »

Tu comptais gagner même si la distraction allait être de mise, la seule vraie question était de savoir si elle allait finir par côtoyer encore un petit moment l'humain aussi simple soit il face à l'adversité ou alors le carnassier. Stabilisé tu l'étais mais pour combien de temps ?




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Ses paupières semblaient lourdes. Il n’avait pas réagi à sa provocation, et elle ne pouvait le dévorer. Cela était fâcheux. Elle aurait dû s’en douter. Mais cela ne brisa pas le sourire qui avait orné lèvres et étiré ses commissures, au contraire. Il avait le physique et le mental d’un combattant, cela était bien et satisfaisant. Peut-être serait-il capable de lui offrir un combat digne de ce nom, bien qu’il soit amical.
Non, il n’était pas amical. Aerith n’éprouvait pas la moindre sympathie ni considération pour l’homme noir, peu importe sa force. Elle l’estimait à peine, et c’était parce qu’il avait eu la capacité d’esquiver une de ses attaques. Grâce à ça, elle l’avait cerné. Pas totalement, il n’était sans aucun doute pas au maximum de sa force capable d’être déployée, mais chaque seconde passées au combat réduisait ses chances de victoire. Aerith explosait ses adversaires sur la durée. Malgré sa force, elle sait que son endurance sera toujours supérieure et que si celle de son corps humain ne suffit pas, elle aurait toujours d’autres alternatives. Sa stratégie était d’accabler lentement mais sûrement, jusqu’à sentir et voir la sueur ruisseler et les muscles congestionnés hurler de douleur sous l’effort prolongé. Elle comptait adopter la même technique avec lui. Picorer sa chair jusqu’à ce qu’il grimace.

Perdue dans ses pensées, son cerveau animal mis un certain temps avant de réagir à son nouvel assaut. Elle s’apprêtait à esquiver son coup et profiter de l’ouverture pour lui en asséner un, très sereine. Mais sa sérénité, sa détente était également un des plus gros défauts d’Aerith lorsqu’elle se battait. Je pense qu’elle ne prend jamais vraiment ses adversaires au sérieux, et c’est ce qui lui fait défaut. C’est seulement lorsqu’elle commet une erreur (qui peut lui être fatale) qu’elle prend enfin les choses au sérieux. Par peur de perdre, et par honte. Son cerveau réagit lorsqu’il se glissa dans son dos mais son corps n’eut hélas le temps de se mouvoir, il se saisit de son bras ; les mâchoires du dragon se serraient, prête à encaisser le choc qu’elle allait recevoir. Il pouvait lui casser le bras, je suis persuadée qu’Aerith elle l’aurait fait. Il aurait pu s’en saisir et la projeter contre un des murs solides de la pièce, il avait déjà montré son potentiel physique. Mais à la place, il tordit son bras, le bloquant dans son dos, et elle sentit une pression contre la commissure de son genou, au niveau du mollet. Cette même pression lui fit plier la jambe, son genou trouvant le chemin du sol en un bruit sourd qui fit s’effriter le pavé de la pièce. Il la libéra, la projeta, et la femme creusa davantage la distance en effectuant une rapide roulade.

Son visage était rouge. Cela se voyait. Lorsqu’Aerith rougit, ce sont principalement ses oreilles qui sont accablées. Elle était rouge de honte, et elle sentit son corps prit de spasmes incontrôlés quand il prit la parole. Ignorant si cela était de la colère, de l’amusement ou de l’excitation, elle se décida de déglutir cette bile noire et informe qui avait remonté son oesophage. Ses doigts glissaient sur sa fermeture éclair, remontant d’un geste presque trop humain celle-ci pour vérifier sa solidité sur l’extremité de sa combinaison.

« Ils parlent tous beaucoup, mais lorsque leur langue est déliée de leur bouche, ce sont des sons sourds qui s’en émane ! »

Des mots assez lourds de sens, qui dévoilaient une envie pas si latente de lui arracher ce même appendice humide. Qui dévoilaient également par la même occasion ses propres pulsions sanguinaires. Chacun avait ses tares. Aerith en possédait beaucoup.
Ne souhaitant attendre qu’il s’élance vers elle en premier, elle brisa les mètres qui les séparait. Les informations affluaient aussi rapidement que le sang irriguait son être, et elle analysa la situation. Elle s’était arrêtée face à lui, reprenant un équilibre sec sur ses appuis, avant de lever la jambe dans l’illusoire but de lui asséner un high-kick. Elle savait qu’il pouvait réagir à ses coups, et donc à celui-ci. Lorsqu’il s'apprêtait à s’emparer de sa cheville pour parer son coup, Aerith abaissa sa jambe avec une célérité impressionnante, la reposant au sol et s’en servant d’appui. Pour elle, la scène se déroulait comme sous l’eau. Il avait à peine relevé le bras, c’était suffisant pour créer une ouverture toute particulière qu’elle voulait embrasser et dévorer.

Regard sur son torse. Elle se cartographiait ses organes. Ici, il y avait le coeur, il devait battre à une vitesse délicieuse. Plus bas, il y avait l’estomac. Là, ses intestins. Ses reins. Et enfin, juste là, son foie. Aerith serra le poing, la pression créant un frottement caractéristique du cuir, et laissa ce dernier entrer en collision avec l’abdomen de l’homme. Oui, son abdomen, visuellement. Mais intérieurement, elle avait visé juste, droit, avec une précision chirurgicale le foie du garçon, toute sa force s’écrasant contre ce dernier. Un crochet au foie ne pardonnait pas, il ne pardonnait jamais. C’était un coup paralysant qui suffisait dans les combats ordinaires, lorsqu’il était bien exécuté, à remporter avec brio un duel. On se relevait de beaucoup d’assauts, mais pas de celui-ci. La douleur était étrangement courte, mais on était pantois, haletant, et à la merci de son adversaire si l’on ne s’était pas au préalable déjà écroulé. Aerith savait cependant que cela ne suffirait pas pour l’homme. C’est la raison pour laquelle elle voulait s’assurer de l'efficacité de son coup en employant toute sa force. Cependant, elle n’avait pas su contrôler cette dernière. Son coup projeta le soldat contre le mur le plus proche - le poids de l’homme creusant une fissure inquiétante dans la matière. Aerith suivit la formation de la fissure de près, et sourit. Oui, il était lourd. Colossal. Elle l’avait senti. Elle était heureuse. Elle voulait le dévorer.

Son regard se glissait sur son corps encore peut-être affecté par son coup, et ne décida de ne pas l’accabler davantage. C’était un tour de force qu’elle voulait humiliant. Il était bien plus grand, et devait se penser plus fort qu’elle. Ce n’était pas le cas. Aerith était imbattable. Elle l’était. La femme bomba la poitrine, lissant sa tenue de cuir d’une main distraite.

« Tu exagères, ce n’était rien. Debout. »
@feat brynjar fearghal #6b70b0
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le diable
Noir, blanc et carmin, une nouvelle teinte venant s'ajouter à une palette qui était la sienne. Une palette que tu découvrais doucement mais sûrement même si tu doutais de voir d'autres couleurs s'ajouter à ce tableau. Un coloris rouge qui était différent de celui auquel on t'avait habitué, différent du sang mais non pas différent de la réactivité du corps face à l'effort. Une idée des plus simples se gravant en ton esprit, une idée sur la raison d'un tel changement de par les propos qu'elle avait tenu au par avant. Elle prit la parole une nouvelle fois alors qu'elle paressait porter un passager intérêt sur sa tenue, un léger détail dans un échange qui allait être brutal, sauvage mais non pas forcement barbare. Tu étais donc resté stoïque à sa prise de parole alors que certains auraient pu frémir, considéré qu'ils avaient fait une erreur de par les capacités que la jeune femme avait démontré en amont. Toi, tu considérais avoir eu ce que tu voulais, tu considérais que tu allais avoir ce que Ragnarök n'aurait jamais pu t'offrir dans cette période précise. Une digne remise à niveau accompagnée de sueur, d'un magnifique témoignage de l'effort et qui sait du sang ? Une gerbe ou deux alors que ton être était encore tout frais en une parcelle précise suite à ta précédente blessure.

Tu n'aurais pas dû penser à ceci d'ailleurs... Alors qu'elle s'élança en ta direction, tes bras se trouvant relevés face à toi. Tu n'attendais qu'une chose, ses coups. Tu étais près à les encaisser, à attendre une faille et à l'exploiter alors qu'elle paraissait irritée. Une perception que tu avais exagérée ou alors un soupçon de rage que tu avais sous estimé. Une rage que tu connaissais que trop bien, la fureur incontrôlée qui n'avait qu'une seule et unique envie, ravager. Tu ne savais quel sentiment, émotion la gouvernait présentement mais tu avais commis une erreur. Réflexes toujours un peu trop mous même si la technique avait commencé à revenir comme tu l'avais démontré précédemment. Tu voulus dès lors attraper sa jambe comme elle l'avait souhaité, clair manque de stratégie et de laisser aller. Tu ne tardas à sentir une information que ton organisme ne connaissait que trop bien, un signal de douleur émanant d'abord en le haut de ton ventre. Ton dos finissant lui aussi par te concéder la même connaissance, les yeux clos lorsque ta carrure heurta le mur. Cela fut déplaisant même si un humain lambda aurait déjà été cloué par la douleur, même si ses vertébrés auraient déjà montrer une claire faiblesse.

Tout en était différent pour toi, la résilience à la douleur entrant en jeux alors que tu venais d'en ressentir le tout premier soupçon. L'alliage qui recouvrait ton squelette, ta musculature mutée ayant réussi à encaisser. Ta première réaction étant peu communes pour un vivant ayant encaissé ceci, tu conservais les yeux clos la main droite se redressant pour passer le long d'une cicatrice fraîche. Fraîche comme la douleur que tu percevais toujours, une douleur qui émanait d'une parcelle qui fut bien plus gravement touchée il y a de cela plus d'un mois. Tu te relevas cependant en simple battement de cils, sans la moindre maladresse ou quelconque tapotement du sol de par tes mains en amont. Tes iris se posant sur sa personne qui attendait patiemment la suite, qui t'avait fait savoir en quelques mots que ce n'était que le début. Il était vrai que vous veniez de gravir un palier tout comme quelque chose d'autre avait fini par se développer, par renaître. Il grognait, montrait les crocs en une parcelle de ta cervelle, ses messages s’amplifiant mais non, son heure n'était pas arrivée. Sanguinaire créature, son moment n'était venu alors qu'il manquait son tribut favori, la magnifique sève qui entretenait la vie. Ce liquide cramoisi au goût métallique, un liquide dont tu n'avais jamais senti l'envie de t'en abreuver mais qui offrait de si splendides spectacles pour le prédateur qui te torturait.

Si ton anatomie avait réagit ainsi ta fierté, ton ego en avait pris un léger coup. Un coup bien présent mais étrange, elle n'était pas humaine, tu en étais convaincu et cela atténuait ce sentiment qui avait commencé à te ronger. Un désir vindicatif, celui de lui rendre sa monnaie. Tu avais envie d'elle, non pas de la femme qu'elle était, de ses formes mais de sa douleur. Une envie primitive, dérangeante pour Brynjar, pour toi, un merveilleux trophée pour la monstruosité. Il commençait à avoir faim même si tu ne vrillais pas, du moins tu le supposais. Une lente inspiration s'en suivant alors qu'une canine se planta en ta lèvre inférieure, la maltraitant à un rare pour chasser ce naturel inhumain qui avait commencé à se faufiler.

« - Commençons. »

Un mot qui voulait tout dire, ironique de par les instructions qui avaient annoncé plus tôt le début des hostilités. Ta langue venant humidifier tes lippes, récolter peut être une légère perle pourpre de par la force que tu avais imposé sur cette chair douce. La douleur toujours présente mais plus que domptable. Tu t'élançais en une nouvelle joute vers elle, ton poing s'écrasant contre une de ses premières défense cherchant à faire baisser sa garde au niveau de la tête. C'est en mouvement simple, comme un écho que chacune de tes mains vint se fracasser contre ses oreilles. Synchronisation parfaite alors que son oreille interne venait d'en être altérée. L'équilibre se faisant perfectible, tu balayas ses jambes d'une des tiennes sans guère plus de cérémonie pour la réceptionner avec une envieuse brutalité d'un coup d'épaule contre sa cage thoracique. La propulsant à ton tour contre le mur opposait qui pris un relief tout aussi dérangeant que son jumeaux.

Tu la fixais, curieux même si tu ne doutais pas de son éventuelle résilience, une résistance qui ne t'aurait pas étonnée le moindre du monde vu le déroulement de cette séance étrange. Oreille interne déstabilisée temporairement, respiration coupé pour quelques secondes sûrement. Tu aurais pu lui tendre la main, l'aidée à se redresser mais non, ce moment n'était pas venu. Tu voulais ressentir ce que l'on t'avait ôté depuis plusieurs mois, depuis ton coma, tu voulais ressentir la douleur, l'adrénaline, les enivrantes sensations d'une lutte si simples.



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dans les festivités

domination


Elle observa les courbes du corps de l’homme embrasser avec perfection le mur dans lequel il avait été encastré. Les pierres se délogèrent de leurs nids, roulant maladroitement contre le sol. Aerith savait qu’elle n’avait pas mesuré l’étendue de sa force et avait fait sans doute une démonstration trop révélatrice de cette dernière, mais cela n’importait peu. Un homme ordinaire aurait eu les os broyés, mais lui avait simplement était projeté et la preuve - le mur s’était plié sous sa masse. Elle en avait à présent la certitude, ce garçon n’était pas humain. C’était quelque chose de différent - elle ne saurait pointer du doigt la catégorie dans laquelle elle aimerait le ranger. Pour le moment.
Et puis, vint une odeur particulière. Ce n’était qu’une fine exhalaison se mêlant à l’acier froid, au cuir et à la pierre. Mais c’était également quelque chose de familier et d’exquis, éveillant les sens de la dragonne comme ceux d’un requin sous l’eau. Le sang. Ses pupilles se dilatèrent. Le sien. De ses orbes, elle chercha la source sur son corps hâlé. Cette cascade, ou ce ruisseau qui aura laissé s’échapper de son coeur un liquide qu’elle aimait tant. Sa lèvre. Elle avait entraperçu son carmin, et resta captivée, subjuguée quelque chose, à l’image d’un animal. Son côté animal qui s’était endormi s’éveillant à nouveau, plus sauvage encore, entourant son cerveau humain d’un lierre grimpant et tenace pour enliser ce dernier dans les sables mous de sa bestialité.

Elle l’observa attentivement se relever, et la charger. Lorsqu’il l’accabla d’un coup, elle para avec aisance ce dernier grâce à la solidité de ses avant-bras, créant une ouverture sur son visage qu’elle serait capable de rapidement combler grâce à l’autre. Mais elle ne s’attendait sans doute pas à ce qu’il percute ses deux oreilles, créant non pas une douleur mais une sensation de perte d’équilibre et de vertige que même elle ne pouvait ignorer. Sa vision devint floue et vacillante, et elle voulut reculer pour reprendre ses esprits. Cependant, elle sentit pour la première fois ses jambes se faire balayer par celle du garçon, et finit rapidement par être projetée à son tour contre un mur, faisant trembler la pièce et créant également une fissure - crevasse dans le béton.

Son corps entier était plus ou moins endolori. Aerith resta immobile sans doute une seconde ou deux avant que sa vision soit plus claire et nette. Elle sentit une violente douleur parcourir son corps, et ce n’était pas dû à son impact. Son dos était peut-être un peu engourdi, mais elle savait qu’elle était capable de se mouvoir et de s’extirper de son trône de pierre sans aucun mal. Aerith déglutit, et sentit à la naissance de sa gorge se former une boule informe et épaisse aux saveurs métallique qu’elle connaissait trop bien. Ses bras se relevaient, et elle glissa une main tremblante en direction de la fermeture éclaire à l'extrémité de sa combinaison. Elle abaissa le zip jusqu’au milieu de son estomac, dévoilant deux formes épaisses caractéristiques à la femme mais surtout une longue et profonde cicatrice aux sutures visibles et liées à sa chair avec la force et détermination d’un boucher, et précision d’un chirurgien. La cicatrice, encore fraîche, avait laissé perler quelques gouttes de sang le long de son derme clair, et lorsqu’elle le réalisa, son souffle se mit à s’accélérer et son coeur s’emballer. Elle avait cette impression qu’il était fragile, et qu’il allait exploser à tout moment. Après tout, ce n’était pas le sien. Holker lui en avait fourni un nouveau, et ignorait s’il était stable. Elle glissa un regard empli de détresse en direction de la vitre teintée, avant d’observer à nouveau sa propre blessure, relevant lentement sa fermeture à nouveau jusqu’à son cou. Elle n’avait plus de temps, mais elle n’avait pas non plus le droit d’échouer.

Son corps se redressa d’une lenteur golémique de sa prison de pierre sans se relever, et elle épousseta ses vêtements avec le même calme, comme si rien de ceci ne s’était passé. Aerith calma son souffle, son excitation et son anxiété, sachant que si elle continuait à s’enrouler dans ces sensations, elle finirait par perdre. Aerith ne voulait pas perdre. Elle aurait voulu revêtir de sa forme plus naturelle, mais savait qu’elle ne pouvait simplement pas. Que dans un endroit où même l’air respiré est analysé, il fallait se faire discret. L’esclave prit une grande inspiration, et quitta le mur en prenant appui sur ce dernier pour s’élancer en direction de son adversaire. Sa vitesse forma une irrégularité étrange dans l’air.

Elle glissa au début sur l’homme, serpentine, avant de se nicher une fois encore dans son dos, profitant de sa taille hautement inférieure pour s’échapper avec aisance de ses mains colossales si jamais il avait voulu l’agripper entre. Désormais positionnée sur ses épaules, derrière lui, Aerith enroula ses jambes autour du cou de l’homme, effectuant une violente pression contre. Elle sentait les muscles de sa gorge se contracter pour faire face à la sensation d’étouffement, et rêvait d’à la place glisser ses doigts contre sa chair et de l’enserrer jusqu’à observer son visage se teindre de couleurs qui lui étaient peu naturelles. Sans attendre, parce qu’elle savait cette position risquée pour elle, Aerith se balança en arrière dans l’unique but de faire basculer l’homme de son côté. Ses appuis étaient solides, et elle dû employer plus de force qu’elle ne le pensait pour ce faire, ses jambes et ses abdos se contractant douloureusement. Jambes toujours autour du cou de l’akanthien, elle se réceptionna sur les mains, profitant de ce nouvel appui solide pour violemment employer une nouvelle force et soulever le colosse au dessus du sol, le faisant s’écrouler au sol face contre terre, le sol de l’arène à nouveau maltraité par les assauts puissants des combattants.

Elle se délia rapidement de lui, prenant position à califourchon sur son dos et venant chercher ses poignets pour les lier dans son dos, le tenant ainsi dans une position humiliante et dans laquelle elle dominait. Aerith voulut rire, mais lorsque son abdomen se contracta pour ce faire, elle ne pu seulement expirer qu’un grognement de douleur, alors que les sutures de son thorax se déliaient lentement. Elle toussa douloureusement, puis se pencha sur son adversaire au creux de son oreille, inspirant une profonde bouffée de son odeur et se délectant de cette dernière, profitant de peut-être cet infime moment d’accalmie.  Elle finit par murmurer doucement avec une sensualité volatile qui lui était propre.

« Aerith. »

Ils avaient été lâchés ici comme des bêtes, ignorant tout l’un de l’autre, mais la femme, bien que monstre, avait fait preuve d’humanité - suffisamment pour l’informer de son nom, et qu’il puisse à l’avenir en poser à son visage si jamais il arrivait qu’ils se croisent à nouveau.
@feat brynjar fearghal #6b70b0
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ft. Aerith
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Tu patientais, ton impatience se trahissant de par tes mains, tes poings qui vinrent se refermer pour te tempérer une nouvelle fois. Tu ne doutais pas qu'elle allait se relever, qu'elle le devait pour ton envie car tu voulais te battre, elle n'avait pas le droit de chuter maintenant, de montrer de la faiblesse. Il y avait une telle opposition en chacune de vos réactions, en les émotions que chacun semblait éprouver ici précisément. Sa main tremblante ne t'ayant échappé alors qu'elle se portait vers la partie supérieur du zip qui maintenant sa tenue. Une tenue qui ne tarda à s'ouvrir partiellement alors que tu vins naturellement observer ce qu'il y avait à offrir, non pas ce qu'il y avait à offrir pour un homme simple mais plutôt ce qu'il y avait à concéder pour la chose en toi. Tu étais en quelque sorte doublement curieux de cette cicatrice fraîche, non pas aussi importante que celle que tu avais eu à supporter, que tu supportais encore. Cette blessure qui s'était vue ravivée il y a quelques instants. Définitivement elle n'était pas humaine comme toi, du doute tu n'en avais plus mais le problème restait entier pour l'humain encore et toujours, qu'était elle ? On t'avait si longtemps rabâché qu'une fois au meilleur de ta forme tu te devais d'être le summum de la race humaine, des races qui peuplaient l'Empire mais elle...

Une réflexion que tu ne pouvais développer actuellement, développer entièrement à cause d'elle alors qu'elle en était aussi l'origine. Tu commençais à te sentir différemment, différent car il commençait à émerger après de par la vue, cette vue de la chair travaillée qu'elle t'avait offert. Il n'avait pas envie de croquer, non une nouvelle fois il n'avait jamais ressenti cette envie mais il désirait plus que tout voir ce qu'il y avait en un si petit corps, voir ce qui s'y cachait réellement. Du sang ? Était il rougeâtre comme le tien ? Avait il la même odeur que celui de ton espèce ? S'il n'y avait que cela en questions même si cela aurait été trop long à développer. La curiosité balayant un désir de savoir ce qu'elle était tout comme si sa tolérance en bien des domaines dépassait celle des autres mortels. La bête, elle en était charmée, tout sauf un signe des plus positifs alors qu'il se contentait de l'amusement de la chasse, qu'importe la forme que ce divertissement pouvait prendre. Il ne fallut que quelques instants pour qu'elle se redresse comme tu l'avais silencieusement prédit. La distraction pouvant dès lors continuer autant pour votre plus grand plaisir que celui des individus en blouse de l'autre côté de cette vitre.

Tes pupilles se dilatant dans la seconde qui suivit, démontrant ta fascination et plus que tout ton envie, ta convoitise pour elle. Une convoitise qui n'était plus celle d'une personne lambda, une convoitise tout sauf simple, une convoitise qui était celle de l'animal. L'animal qui avait subtilement attendu non pas que ta patience disparaisse mais plutôt se mue en une envie étrange. Elle avait fini par se faufiler en ton dos pour la énième fois, un acte qui devenait des plus usés dans sa stratégie, un acte que tu aurais du prévoir. Ses manœuvres s'ensuivant sans que tu ne puisses y faire quoi que ce soit hormis au début résister à la pression, cherchant à rentabiliser chaque parcelle d'oxygène que tu avais pu captiver avant le début de ces nouvelles hostilités. Tu vins finir une nouvelle fois au sol alors que la jeune femme avait fini par déployer cependant une rare force, une force que tu n'avais pas encore vu chez une entité de chair ou d'engrenages. Sa personne prenant le dessus sur toi, tes bras n'étant plus les tiens présentement. Tu étais anormalement passif en ce moment, n'ayant pas cherché à te débattre plus que cela lorsqu'elle vint se saisir de ces deux membres. Étais tu encore *conscient* ou non ?

Un grognement provenant de l'inconnue qui te dominait, ce n'était pas l'homme qui avait pu l'apprécier. Six lettres se déversant en un esprit qui avait cédé non pas sous l'effort, non pas sous la douleur mais plutôt à la volonté grandissante de la créature qui avait fini de s'éveiller.

« - Fin de la séance, nous vous ouvrirons d'ici quelques minutes, nous devons régler quelques points de notre côté. »

Pour lui ce n'était pas terminé, pour le chasseur cela ne faisait que commencer encore une fois même s'il y avait qui sait un semblant de raison en ton raisonnement. On ne pouvait le dompter, drogues et autres mesures n'ayant jamais eu un vrai effet sur le prédateur en toi. Tu commenças ainsi à serrer les dents, la pression exercée en ta propre mâchoire en devenant si brutale, si douloureuse pour toi même alors que tu entamas un effort qui prenait tout son sens de par la fureur de la monstruosité qui avait pris le contrôle. Tes jambes vinrent se mouvoir, cherchant un appui aussi difficile soi il pour te redresser alors que tes bras réalisaient une labeur toute sauf normale de par l'effort déployé pour retrouver ta liberté. Ta respiration se faisant plus sauvage pour couronner la tout, tout sauf irrégulière comme celle d'une personne entraînée. Tu te redressais tant bien que mal supportant son poids qui te broyait le dos, qui mettait à l'épreuve ton anatomie. Tu cherchais à retrouver une simple position pour basculer en arrière, l'écraser de toute ta carrure en ta propre chute. Ton enveloppe charnelle voyait chacune de ses veines atrocement se dessiner alors que ta cicatrice la plus faible te lançait, t'ordonnant de cesser une telle activité à moins d'être sûr que celui-ci ne dure qu'une petite poignée de seconde.

Tu chutas donc en arrière et sous la rage, tu te plaças au dessus d'elle la dominant à ton tour. Tu la dévorais du regard, le parasite sanguinaire en toi étant heureux d'enfin pouvoir la dominer de toute sa grandeur, d'enfin la voir qui sait offerte à ta colère, ton agressivité incontrôlée. Tu vins joindre tes deux mains au niveau de ta tête dès lors, un geste bref mais en lequel tu avais déployé toute la force que Ragnarök avait pu t'offrir. Tes poings chutant sauvagement vers son visage. Il y eut un bruit, celui d'une chose brisée, celui d'une chose fracassée par une soif insatiable. La rage ayant fini par détruire le sol à la gauche de la tête de celle qui aurait dû rester une inconnue. Tu respirais si bruyamment, la bête aboyant à l'idée d'avoir perdu son moment de gloire, d'avoir vu l'humain reprendre le dessus. Sa fureur qui ne devait être que sienne ayant été manipulée, exploitée par le vrai hôte de ce corps, de ton corps.

Tes doigts se délièrent ainsi, l'une de tes mains venant s'apposer à l'opposé de sa semblable, contre ce sol de l'autre côté du visage de la femme. Ta poigne captivant les amas du sol maltraitée par la frappe qui n'avait pas atteint sa cible. Les paupières finissant par voiler ton regard alors que tu te relevais doucement mais sûrement. Tes lèvres se séparant pour lui retourner une simple chose, pour lui retourner une chose qui ne te correspondait.

« - Brynjar. »

Un prénom imposé il y a si longtemps car celle faisait plus... Ellgardien disaient ils. Il y avait tant de questions en ton esprit et sans doute si peu de temps, une main finissant par se tendre, l'humanité se devant de reprendre le dessus pour chasser le plus rapidement l'obscurité qui s'était accaparée ta personne. Tu avais toujours faim en parallèle, faim de savoir.




leurs âmes perudes
dans les festivités

domination

Elle observait sur ses membres se dessiner l’irrégularité de ses veines, un relief appétissant qu’elle effleurait du mieux qu’elle pouvait à l’aide de son pouce recouvert de la même texture que le reste de son corps. Elle l’avait piégé là dans cette position, le retenant entre ses mains d’une façon ferme et contrôlée, immobilisant ses jambes lorsqu’il essayait de se glisser en dehors de son emprise. Elle aimait cette sensation de domination et la dégustait avec un contentement malsain, elle qui avait été humiliée par un homme qui osait se penser égal à elle. Égale à la créature de l’apocalypse. À la bête sanguinaire ayant dévoré hommes et Seraph.

La voix du scientifique retentit dans la pièce. C’est vrai, elle l’avait maîtrisé. Elle avait donc gagné. Une mine attristé s’empara de la face de la dragonne, qui, cependant, fut amplie d’une sensation de fierté. Elle savait bien que lui non plus n’avait pu montrer toute l’étendue de sa force, mais était contente de ce qu’elle avait pu démontrer. Un tour de force impressionnant. Elle avait mis au sol un colosse de feu aux poings fumants, et il était là, sous sa fragile emprise, dans la position la plus honteuse qui soit.
Elle fut cependant surprise de la force qu’il fut capable de déployer, chacune de ses terminaisons nerveuses, nerfs et muscles se pliant sous la force impérieuse de son cortex cérébral. Il se redressa pour la soulever, fracassant à nouveau son corps contre le sol, et inversa leurs positions. L’homme lui fit face, au-dessus de son corps, et Aerith plongea ses yeux en lui, déchirant son regard et sa face.

Il ne l’impressionnait pas. À ses yeux, il ne ressemblait qu’à une bête assoiffée de sang, énervée et désireuse de se repaître d’une chair chaude et humide de sueur et de larmes. Pendant un instant, en voyant la contraction de sa mâchoire et de son regard, elle se demandait s’il possédait les mêmes appétits qu’elle, les mêmes appétits qu’eux. Après tout on racontait qu’un homme était un loup pour l’homme, mais dans un monde comme celui-ci, l’homme se traquait et se chassait. Aerith était l’un de ces prédateurs aux mâchoires ensanglantés desquelles pendait des lambeaux de chair, et il y avait parmi le vivant quelques autres créatures, qui, comme elle, chassait les autres et régnait maître, prédateur suprême de la race la plus avancée de notre ère. Oui, elle se demandait s’il lui était similaire. S’il aimait se repaître d’abats dégoulinants, bouillants. S’il avait la chance d’être son égal, ou de simplement rester la proie qu’il était.

Même lorsque les poings de l’homme finirent par s’abattre sur le sol, créant multiples éclats de roches virevoltant, elle restait immobile, les yeux plongés dans les siens - sans que son être ne sursaute sous la violence du coup qui, elle le savait, aurait tout simplement pu heurter sa face et briser plusieurs de ses os. Peut-être même sa face entière aurait explosé son son poing, répandant dans la pièce circulaire sang et cervelle. Cette simple idée faisait frémir l’esclave qui se redressa une fois libérée de l’emprise oppressante de son adversaire. Son corps finit par totalement se lever, réarrangeant le col de sa tenue. Son visage reprit une expression neutre, les ridules joyeuses de sa gueule s’évanouissant comme les feuilles juvéniles d’un arbre en automne. Désormais, les choses allaient reprendre leur court. Elle allait redevenir l’esclave de son maître, servir ce dernier, obéir à ses ordres, et cela serait tout. Ce n’était pas une situation qui la déplaisait, mais elle savait que ce genre de dépaysements n’étaient pas forcément si courant que cela, malgré la régulière sollicitation de son maître pour des tâches parfois originales et plaisantes de par leur diversité.

Aerith entendit du plafond se mouvoir un mécanisme étrange, et elle leva la tête. Une petite trappe s’ouvrit discrètement et laissa deux fins bras télescopiques se diriger au niveau des combattants pour leur tendre une bouteille d’eau fraîche et pleine. Aerith haussa un sourcil et s’empara de celle qui lui était attitrée, dévissant sans mal le bouchon pour avaler le litre d’eau en trois gorgées seulement ; sa gorge draconique se distordant de façon inhumaine comme elle avait l’habitude de pour accueillir en son sein le liquide minéral. Aerith était un monstre qui devait se nourrir beaucoup, en quantité extraordinaire, ainsi, même sous sa forme la plus banale elle possédait ce qu’il fallait pour dévorer ou gober ses proies sans aucun mal ou sans se limiter à une fine entaille dans la viande pour pouvoir l’ingérer sans s’étouffer. Elle serra le plastique entre ses doigts cuirés, la jetant sur le côté après.

Un regard auprès de cet homme, qu’elle fixa du coin de l’oeil. Elle était satisfaite de ce combat, ainsi d’une humeur plutôt paisible, son ego s’étant nourri avec avidité de son ennemi - peut-être ne devait-elle pas le considérer ainsi. Elle fit quelque pas en sa direction jusqu’à ce que seuls quelques mètres les séparent. L’adrénaline redescendit, le calme prit place. Elle profita de ce moment pour détailler avec plus d’attention la créature - le monstre qui lui avait fait face, glissant une main distraite dans sa chevelure pour libérer cette dernière de l’emprise de l’élastique qui rejoignit le sol au même titre que le bout de plastique, sa crinière immaculée glissant le long de ses épaules pour s’évanouir plus bas. C’était un homme, un vrai. Il avait une mâchoire carrée et virile, des traits taillés à la serpe. Sa chevelure et ses yeux présentaient en effet tous les traits d’un akanthien, à l’exception près que ces derniers étaient en général flasques et malingres de par leur oisiveté et ce paganisme qui les rendait à peine plus intelligents que des primates. Il était similaire à cette région et pourtant si différent à la fois - cette alchimie pestilentielle créant en Aerith la naissance d’une fascination morbide, là au creux de son estomac. Il était grand aussi - immense. Elle avait l’habitude sous cette forme d’être dominée de taille par les hommes ellgardiens ; la plupart étaient assez grands, et Holker lui-même était une masse culminante de près de deux mètres. Sa musculature était épaisse, ses os semblaient large, c’était bien. Ses yeux observaient avec grande attention, de plus près, les cicatrices de son corps. Loin d’être naturelles, elles ne pouvaient qu’être le fruit d’un homme ; il ressemblait à ces toiles chaotiques crées par des artistes surréalistes plongés dans une folie indicible, enlisée profondément dans cette dernière. Il était une oeuvre dégoûtante. Elle aimait cela. Aerith sourit, satisfaite de son observation. Elle finit par entrouvrir les lèvres, inclinant la tête de côté.

« Dommage pour ton haut, lâcha-t-elle simplement, sans chercher à s’excuser. Elle n’en voyait pas l’intérêt. C’était un combat distrayant. »

Un sourire qui, s’il ne se voulait pas amical et dévoilait des canines blanches malgré le régime alimentaire douteux, était bel et bien sincère. Tranchante sincérité. Aerith croisa les bras sous sa poitrine, laissant cette dernière surplomber ses membres de façon exagérément suggestive.

« Tu étais monstrueux. Qu'es-tu ? »
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ft. Aerith
le diable

La clé se glissant dans sa fente, la cage se refermant dans l'instant qui suivit. Tu allais pouvoir être toi, ne plus avoir à se soucier d'un éventuel accès de rage. Tu n'avais pas obtenu ce que tu voulais même si tu percevais un sentiment de contentement, maigre ou non même si celui-ci te suffisait, pour combien de temps ? Un apaisement temporaire même si tu ne savais si cela allait te permettre de tenir jusqu'à ton retour en Fhaedren entre deux seringues, entre deux prises de ton traitement. Tu avais retrouvé la totalité de ton comportement humain, du moins le semblant de social que l'on t'avait inculqué pour vivre un minimum avec les autres vivants. Tenir une conversation, ne point paraître trop désintéressé même si pour l'instant ton attention était toujours un tant soit peu captivée. Tu attendais deux choses en ce moment précis, le retour de l'équipe scientifique sur ta situation tout comme d'éventuelles réponses face à un léger mystère. Tu allais devoir attendre dans l'un des certains cas même si tu étais convaincu que tu allais avoir droit à des élucubrations des plus inexactes ou alors un joli mensonge voir silence dans l'autre. Le mutisme restant le maître mot alors que vous retrouviez chacun non pas forcement contenance mais plutôt des pensées... Simples ?

Un geste monotone s'en suivant de ta part alors que tu vins saisir la bouteille qui s'était présentée face. Une fadeur dans ton mouvement qui trahissait aisément une habitude ou un total désintérêt pour ce que l'on vous aviez confié à chacun. Cela ne t'empêcha de t'abreuver vidant rapidement le contenu du réceptacle en plastique alors que tu gardas le plastique entre tes mains, le serrant par intermittence, le faisant passer d'une paume à l'autre. S'il y avait au moins une chose que Ellgard n'avait pas raté sur ta personne, il s'agissait du fonctionnement de ton organisme inhumain qui gérait bien mieux les apports de bien des choses que tu ingérais au quotidien, encaissant mieux les périodes de privation à l'opposé. Tu n'avais qu'une faim qu'ils ne pourraient sûrement jamais tarir, une faim qui n'est pas enfoui en tes viscères, le long de tes papilles mais plutôt à une parcelle précise de ton cerveau. La parcelle qui gouvernait l'agressivité, une parcelle qui fut ravagée pour en échange te rendre encore et toujours si imperméable à bien des choses. Ton regard se portant en parallèle le long de la vitre tandis que tu patientais te demandant si les blouses blanches allaient prendre leur temps ou non.

Tu avais une sensation, une sensation que tu ne connais que trop bien. Une sensation qui normalement devait émaner de l'autre côté de ce vitrage teinté mais non, il venait de la personne face à toi. Un léger dérangement revenant, une mauvaise habitude ne se manifestant pas en tes réactions même si tu n'appréciais point être épié. Tu ressentais un autre manque, le manque du métal dont tu étais quasiment toujours affublé. Il était facile de savoir que son regard avait sans le moindre balayé tes stigmates, ceux de la guerre et ceux plus discutables, ceux que tu taisais généralement car cela ne devait être su. Quelle réaction aurait eu le peuple lorsque l'on lui aurait appris que des adolescents avaient été sacrifiés pour un soi disant progrès. Un progrès qui culminait à plus de deux mètres aujourd'hui, un produit tout sauf naturel une nouvelle fois de par ses scarifications. Tu doutais qu'elle se soit permise d'arracher ton haut en ayant calculé le fait qu'une quelconque extension des cicatrices de tes mains maculait le reste de ton enveloppe charnelle. Un compliment en quelque sorte s'extirpant d'entre les lèvres de ton interlocutrice alors que la fameuse question tomba inévitablement, machinalement.

« - Plus distrayant que ce que à quoi j'étais habitué. »

L'issue étant facile à deviner d'habitude, tu aurais pu la remercier mais cela n'était qu'un combat entre deux inconnues, rien d'extravagant. L'adrénaline ayant totalement chuté alors que la bête s'était rendormi pour de bon, définitivement pour aujourd'hui ayant eu son amusement cependant. Tu n'avais décidé de faire un quelconque commentaire sur ton haut, chose inutile tout bonnement. Tu ne tardas à répondre à sa question même si les propos que tu vins tenir n'avaient rien d'étonnant...

« - Un homme simplement, monstrueux si cela te chante de rajouter ce point. »

Ton regard se déportant subtilement vers le vitrage toujours intact alors qu'un affrontement disproportionné avait fait rage en cette pièce. Les murs pouvant témoigner de la violence des diverses manœuvres, mouvements qui y avaient été exécutés. Un doigt passant le long de la lèvre que tu avais précédemment mordu sauvagement, une rare goutte s'en voyant chassée alors que ton fluide vital avait fini par totalement se cristalliser en la fente que tu avais creusé. La réaction qui avait accompagné ta parole pouvait être vue comme un léger désintérêt ou alors une certaine façon de répondre de par des informations muettes.

Tu fis quelques pas vers elle à ton tour, baissant un peu plus la tête pour souligner sa taille, pour souligner le fait que l'on ne pouvait te berner à défaut de t'offrir totalement la vérité. Tu lui retournas dès lors une question non pas identique mais au même principe, une question sur laquelle tu ne te faisais pas d'illusion vu que tu ne t'étais pas montré des plus coopératifs.

« - Et toi ? Être aux traits humains ? »

Pour ne pas dire anomalie, terme qui aurait pu frustrer à tort ou à raison. Tu savais qu'elle garderait sans doute le silence mais le prédateur lui voulait savoir en quoi il aurait pu croquer pour simplement voir une gerbe de sang par amusement. Toi, tu étais peut être juste curieux de savoir si Ragnarök avait encore fait des siennes alors que bien de leurs créations étaient imparfaites sur bien des poids. Sa réponse, tu le savais encore une fois qu'elle n'allait transcender ton quotidien, un quotidien que tu traînais plus tel un boulet ou plutôt que tu supportais alors que l'on t'avait accroché une laisse en parallèle. Une laisse que tu acceptais car tu ne connaissais que cela, car on avait en sorte que tu ne connaisses que cela... La bête elle voulant son lot de sang, totalement inadaptée au contact des autres vivants.

« - Même si ta réponse sera aussi prévisible que la mienne. »

Un simple commentaire en plus, une main cherchant à cacher inconsciemment les traces irrégulières le long de ton bras.




leurs âmes perudes
dans les festivités

domination

Aerith n’aimait pas. Son encéphale était capable de ressentir un kaléidoscope infini de sensations et d’émotions, mais l’une de ses multiples faces était cachée. Elle n’aimait pas - l’amour était un sentiment qu’elle possédait sans doute, mais qu’elle n’a jamais réellement exploité. Même en fouillant à travers ses souvenirs elle n’arrivait à poser le doigt sur une émotion qui s’en rapprochait, et elle savait que cela était à cause de sa monstruosité. L’amour était trop simple pour être ressenti par la créature qui préférait s’adonner à d’autres émotions et sensations plus complexes et ambiguës que celle-ci, qui était pure, claire. Qui était tout simplement. Elle préférait haïr et adorer, par exemple, l’adoration prenant également une dimension différente qu’à l’aspect divin qui lui est associé. De la même manière, sa haine n’était pas quelque chose de lourd et de viscéral ; elle était aussi simple que le sentiment amoureux, au fond. Mais contrairement à lui, il y avait quelque chose d’exquis et d’appétissant à extraire de la nécrose qui se formait dans les esprits accablés. Quelque chose à exploiter, qui devait absolument l’être, au fond. Et elle sentait qu’en l’homme qui lui faisait face, il y avait possiblement quelque chose à exploiter. Cela était peut-être infime et insignifiant pour le moment, mais Aerith voulait creuser, gratter de ses griffes sa chair, ouvrir sa boîte crânienne et décortiquer ce qui se trouvait en elle. Peut-être serait-il décevant, comme beaucoup de créatures auxquelles elle s’est intéressée parce qu’elle ne pouvait pas les tuer, ou ne voulait pas justement pour chercher d’infimes relents sombres en elles. Lorsqu’elle observait les mimiques de Brynjar, elle pouvait y dégager quelque chose d’encore assez flou, mais de suffisamment net pour pouvoir l’attirer. Quelque chose à briser, là, en son centre, pour faire éclore toutes les fleurs de l’immense champs des possibles. Peut-être une bête à rallier à sa meute, à ses enfants. Peut-être un pantin. Un outil à exploiter pour son maître, ou égoistement, pour elle-même. Hélas, elle ne le reverrait sans aucun doute pas.

Le dragon écoutait la réponse de son adversaire de feu d’une oreille distraite, lui jetant un regard à peine poli. Elle se doutait qu’il ne réponde rien de particulier - elle n’avait à vrai dire pas attendu grand chose de sa question. Ainsi, elle n’était pas déçue, mais restait tout de même attentive aux paroles qu’il expirait. Lorsqu’il s’approcha, la femme soutint son regard sans un seul instant se laisser submerger par l’imposante taille du colosse. Les chiens les plus gros étaient souvent les plus peureux, les plus doux, et les plus prompt à bouffer au creux de votre main. Ils étaient aussi assez bêtes, à vrai dire. Tout en écoutant ses derniers mots, Aerith passa une main distraite sur ses avant bras, rétractant calmement les écailles qui les avaient recouvert pour assurer une force de frappe plus puissante qu’elle ne l’était déjà, tout en augmentant leur solidité. Il semblait terriblement désabusé. Un homme bien ennuyeux.

« Peu importe ce que je suis. »

Lâchés, elle esquissa un sourire mauvais. Elle arrivait à entendre derrière la vitre unique derrière elle les chaises rouler, le temps était compté.

« Je t’ai battu, et cela prouve ta faiblesse. Je pense qu'il vaut mieux pour ta fierté que je ne sois pas humaine. »

Une provocation soufflée, alors que les portes coulissantes s’ouvraient, dévoilant deux silhouettes blanches faisant signe à la dragonne de quitter la pièce. Elle accorda un dernier regard à l’homme noir et glissa une main dans ses cheveux, rejoignant les scientifiques ellgardiens à l’extérieur de la pièce.
@feat brynjar fearghal #6b70b0
Awful