Lost Kingdom  :: Ellgard :: La Capitale - Keivere, citée des Sciences

La peur abreuvant la fureur | ft. Jor'

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the thing
ft. Jor'
le serpent

Une pièce aseptisée en laquelle les mains frêles de ces mains s’affairaient à diverses tâches. Des silhouettes médiocres voguant de gauche à droite à la recherche de pièces, de divers objets des plus encombrants pour leur poids. On aurait dit comme une fourmilière en une toute autre proportion alors que ces scientifiques du Ragnarök miroitaient autour d'une seule et unique chose, dans un seul et unique but. Ils déambulaient autour de ta carrure alors que tu te tenais là au milieu de la salle, une épaisse combinaison noirâtre le long de ton corps. Une tenue qui pouvait paraître si légère à première vue mais bien plus complexe en réalité en son fonctionnement et la texture en laquelle elle fut composée. Le fleuron de l’ingénierie d'Ellgard disaient ils pour un humain lui permettant de surpasser sa condition, permettant surtout à un prédateur fabriqué de quasiment toutes pièces d'en devenir encore plus dangereux. Tu allais pouvoir d'ici quelques secondes revêtir intégralement ta seconde peau ou plutôt ta prison de métaux qui te rappellerait à jamais le fait que ta force, ton endurance, ton agilité, la chance d'avoir été sorti des bas quartiers reviendrait à jamais à la nation du nord. Cruel dilemme entre celui d'avoir échappé à une vie de misère pour celle d'un individu à l'indépendance sacrifiée, aux droits quasiment inexistants à vrai dire.

Tu étais impatient au fond, impatient que les petites mains du Ragnarök finissent leurs tests sur ta personne en cette journée alors que les jours étaient comptés avant que tu ne retournes en Fhaedren. Ton terrain favoris, une vaste étendue où tu pouvais faire valoir les intérêts de ta nation tout comme à l'opposé un endroit où tu n'avais plus réellement à avoir peur de la chose qui sommeillait en toi, la chose calmée par les drogues. Le combat pour la gloire, il te manquait tout comme de façon plus perfide le désir de douleur, le désir de voir la douleur des autres te manquait, manquait à ta facette la plus déplaisante. C'est sur cette pensée que la peuplade autour de toi s'activa définitivement, un amas d'aiguilles venant prendre place le long de ton dos, suivant la colonne vertébrale. Un individu les incorporant minutieusement en chaque orifice visible en ta combinaison, tout homme aurait du grimacer face à la pénétration de sa chair surtout en une parcelle si sensible et importante de son anatomie mais il n'en était rien. Habitué au message que ton corps te véhiculait, modifié pour n'exprimer que d'une certaine façon la douleur, le stress, la peur, réduisant ces effets à une simple information.

Les pas maladroits des ingénieurs s'en suivant alors que les diverses plaques de métaux vinrent se placer le long de ton enveloppe charnelle scellant ton sarcophage. Tu te sentais comme complet alors qu'il ne te manquait plus qu'à tenté une série de premiers mouvements afin de voir si le travail avait été bien fait. Un simple geste du bras, de la jambe puis quelques pas, tu n'allais pouvoir te réhabituer du jour au lendemain à l'expérience étrange qu'offrait cette cuirasse qui lisait en ton esprit chacun des mouvements que tu souhaitais exercer. Quelque peu maladroit pour l'instant, la journée s'annonçant des plus simples pour l'instant tandis que des exercices allaient t'attendre d'un moment à l'autre.

Une porte finit ainsi par s'ouvrir un premier individu la franchissant. Un homme qui paressait quelque peu dérangé, cette même personne finissant par prendre la parole.

« - Mesdames et messieurs, nous reprendrons les tests prévus un peu plus tard dans la journée. Le bras droit de Conquête souhaiterait s'entretenir avec le Centurio Fearghal. »

L'annonce faite, les multiples vivants à tes côtés s'activant afin de quitter les lieux. On pouvait lire sur le visage de certains comme une appréhension mais qui n'égalait pas celle de celui qui avait pris la parole qui paressait plus touché. Tu ne savais ce qui était à l'origine d'une perturbation dans le comportement de ce mortel, ceci ayant eu le don d'attirer ta curiosité l'espace d'un moment. Il ne restait donc plus que toi ici, patientant en observant sous différents angles tantôt tes avants bras, tantôt le casque qui se trouvait non loin de toi à la visière teintée jusqu'au moment précis ou une personne à la carrière bien différente de celle des rats de laboratoire finit par se profiler. Une carrure qui portait quelque chose avec elle, qui laissant en son sillage une sensation que tu ne connaissais ou du moins que l'on t'avait appris à ne plus craindre mais plutôt à la jauger, voir à la goûter pour le chasseur qui sommeillait en toi en ce moment précis. Décidément depuis ta sortie de ce coma, les visites les plus étranges les unes que les autres ne faisaient que commencer comme si les monstres d'Ellgard s'étaient donnés rendez vous pour voir le retour à la vie d'une création elle faite de la simple chair d'un humain avec quelques ajouts.





The Reflection
Brynjar & Jor'

« Look at you. Essence of brutality, predation and anger. Look at you, a monster domesticated like a dog. I feel your poison, my tremendious creation. And I promise you the most darkest chaos, just for you, I promise you no antidote. »
Cela aurait pu être une visite comme une autre. Une de celles qui se terminait en rage et grondement, en marque brûlante de rappels cliquetants. Une de ces visites qui lui susurrait à quel point ce corps ridicule était facile à briser, une de ces visites qui resserrait le collier juste pour le plaisir de l’étrangler. Lui rappeler. Lui rappeler sa condition inavouée.

Mais était-ce son instinct qui l’avait guidé, ou bien la curiosité malsaine qu’il portait à cette autre expérience ? L’avait-il ressenti, au plus profond de lui ? Ce doute infâme qu’ils avaient peut-être réussis. Ce qu’il lisait justifiait alors son imagination foisonnante, pleine d’horreurs, et désormais d’infamie et de fascination. Infamie de voir le succès de leurs opérations en utilisant ce qu’il était, un titan, un mythe. Fascination de savoir qu’un humain pouvait soutenir toute l’obscurité, tout le poison de ses veines… Mais pour combien de temps ?

« Bras droit Conquête, vous ne devri… »

La tête de faucon du scientifique se retrouva trophée dans la main du saurien. Geste rapide, brutal, contorsion prédatrice.

« Je veux le voir. »

Ca gargouillait dans la gorge de cette souris, ça excitait ses sens d’écailleux. Il traîna la proie à lui, son casque se tournant pour faire face à ce visage impuissant. Il accentua ses dires par cette directive délibérée, langue persifflante noyant les sens humains.

« Maintenant. »

_________________

Les portes s’ouvrirent sur une partie du complexe de Ragnarök. Le Jörmungandr fit claquer ses bottes dans la salle aux lumières fades, pour faire face à l’individu en question. Une écaille factice mais si ressemblante, sifflèrent ses squames, emplies d’intérêt. Ses mains se tenaient derrière son dos, tandis que sa respiration glissait dans le silence du lieu froid et austère. Il tenait le dossier de la monstruosité face à lui. L’armure l’enveloppait tel un carcan noir, cousin au sien.

Il l’avait déjà vu, il avait compris d’une certaine façon que son sort physique était lié au sien, à ce qui traînait sur sa peau et prenait des vies. Mais ce qu’il redoutait inconsciemment, était parvenu, et rôdait telle une sensation familière dans ses squames. Il observait à travers la carapace le cœur humain, vibrant et pourtant si noir. Il observait ce sang rubis parcouru de puanteur et de putréfaction. Sa putréfaction.

Ses pas l’amenèrent au casque laissé là, il y déposa sa serre gantée, dans une expiration rauque. Un miroir de terreur et de chasse, de prédation et d’excitation… Son regard caché par son propre casque se porta au visage trop humain de sa créature… N’était-il pas la sienne ? Il se rapprocha, serpent curieux entourant de ses anneaux cette création, indécis entre ressentir une rage morbide et une envie suave. Il fixa ses yeux globuleux dans ceux du centurio, cherchant une réponse, un doute, l’humanité vile caractérisant sa race. Il ne voyait que les racines de son propre reflet. Et il l’aimait, ce reflet, dans le plus beau des tabous.

Son aura s’éloigna avec lui, son ombre glissant, fixant, happant l’air et l’odeur macabre du soldat. Il finit par briser ce silence lourd et insupportable de sa voix modifiée par son couvre-chef.

« L’humain est fragile, effrayé, infime. En masse il est un parasite cherchant seulement à survivre. Incapable d’accepter que les choses ne soient à sa portée. Incapable de comprendre qu’il n’est qu’un microbe sous les millénaires et les puissants… Il se croit capable d’obtenir cette puissance, de la posséder, de l’utiliser pour ne serait-ce qu’amoindrir la peur viscérale qui les putréfie. Il essaie, il crée des armes pour contrer la nature des choses, l’inexplicable à leurs esprits resserrés. Et alors ils se croient dieux, pour avoir conçu et dompter une vie de rage et de violence. Un prédateur. »

Jor’ ouvrit le dossier dans sa main pour tourner les pages une à une, et finalement terminer ce discours qui avait tant de sens à ses yeux, mais incompréhensible certainement pour autrui.

« L’humain est pourri. »

Il le referma, revenu face au centurio après avoir fait le tour de ce dernier pour l'examiner sous toutes les coutures.

« Comprends-tu ? » Le questionna-t-il sans réellement attendre de réponse.

Une autre question, en réalité, hantait ses sens, hantait son cœur excité par cette rencontre. Oui, plus il l’observait, et plus il voyait le délire des humains, l’expérience et les résultats de son hémoglobine et écailles sur lui. Le saurien se pencha en avant, chuchotant sa véritable question dans une confidence à deux :

« La ressens-tu ? La rage inhumaine coulant dans tes veines. La ressens-tu ? L’ignominie frissonnante de meurtre et de chasse. » Ses écailles frissonnèrent, extatiques. Sa main se leva en l’air jusqu'au niveau de son propre visage, et son ton sifflant mima la pensée folle et excitante, les paroles impies des créatures du cœur. « Dévore-les. Tue-les. Éviscère-les tous! Qu’elles susurrent. »

La mélopée macabre de notre entité, gémirent-elles avec envie.


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le serpent

Les pions ayant définitivement quittés les lieux, il ne restait enfin que les deux, deux choses étranges. Deux entités bien différentes mais unies dans leur singularité même si leurs fondements respectifs étaient bien différents. Il t'épiait, pour des raisons diverses même si tu ne pouvais pas à vrai dire y poser le moindre mot. Tu savais que tu étais comme une bête de foire qu'importe ton accoutrement, qu'importe tes chaînes de métaux ou ton gabarit titanesque sur lequel on avait dessiné au scalpel, aux aiguilles et bien plus. Cela tu t'y étais fait avec le temps, le fait que l'on t’ausculte de bien des façons mais il y avait un plus ici. Un plus que tu ressentais d'abord le long de ton derme, sous cette combinaison aux plaques de protection que tu portais. Tu sentais tes poils se hérisser doucement mais sûrement comme si l'adrénaline du combat se dispersait en ton organisme mais non, il manquait l'affrontement cependant. Tes sens s'éveillant même si ton cœur pulsait à un rythme toujours aussi simple, un rythme si insolent qu'importe le danger qui pouvait le menacer, vouloir l'arracher. Ce sentiment qui s'était répandu en toi, cela était comme de la peur du moins ce que tu connaissais comme tel même si la faculté de percevoir cette émotion t'avait été altérée.

La peur, elle était si inhabituelle en toi et à la fois si rapidement domptée alors qu'il avait pris la parole tournant tantôt quelques pages en un dossier pour de nouveau te dévorer dans le moment qui suivit. Tu étais toujours comme mal à l'aise même si ceci se dissipait, même si tu domptais cet étrangeté comme tu matais après chaque crise tes instincts les plus primaires ou plutôt l'instinct le plus primaire qui te décrivait, le goût de la chasse. Le goût de la prédation mêlé à une fureur sans nom une fois la proie entre tes griffes humaines, ta poigne d'acier. La bête en toi s'était dès lors ravivée, discrètement comme elle avait toujours su le faire depuis le début, comme si inconsciemment elle ne voulait trahir le fait que tu as sans doute commencé à développer une accoutumance à ton traitement. Il se contentait d'observer à travers tes yeux, tendant une légère oreille en partageant pour l'une des rares fois une certaine curiosité avec l'humain. Pouvait on dire que ce discours avait eu son effet ? Partiellement mais encore fallait il en définir le degré, encore fallait il pouvoir un peu plus sonder ton esprit et le paradoxe que l'on avait fait naître en toi. Antithèse vivante que tu étais, l'être soi disant civilisé se refusant au destructeur alors que les deux auraient tellement à gagner.

« - La rage, je ne compte plus ces fois où je l'ai ressenti même si j'ai une impression bien différente sur le sujet. L'impression d'avoir comme un parasite trop dérangeant enfoui, un parasite qui m'a sans doute rattaché au souffle de la vie malgré tout refusant de voir son hôte mourir. »

Un parasite qui était sans le moindre doute à l'origine de ta longévité sur le champ de bataille, les plus infâmes des blessures n'ayant jamais réussi à définitivement t'enraciner à la terre et à la pestilence de la décomposition. Tu n'appréciais cette sangsue en ton esprit pour tout les torts qu'elle pouvait te causer, n'ayant cure du destin de tes semblables, ton déficit d'empathie le démontrant merveilleusement.

« - Mais rare sont ceux à avoir conscience de ce qui se cache vraiment sous cette seconde peau et encore plus en ma chair. Tu entres cependant dans une catégorie bien différente, une catégorie que tu viens d'inaugurer. Qu'est ce que tu me veux ? Aucun individu aussi avisé soit il ne sait jamais permis de vouloir apprécier ce que je cache réellement. »

Tu ne ressentais quasiment plus la moindre peur étrangement dirigée vers l'individu face à toi, vers le bras droit donc le comportement te paressait bien trop curieux à sa façon. Insolite pour rester simple, tu n'arrivais à expliquer cette envie qui l'animait, qui transpirait en ses propos et actes. Tu percevais plutôt une crainte envers ce qu'il cherchait à attiser, une frayeur qui était bien plus personnelle. Un effroi vis à vis de ce qui se tapissait, rôdait au plus profond de tes songes. Tu avais toujours été convaincu que qu'importe les massacres que tu avais déjà pu perpétrer, ceux-ci avaient toujours été trop... Humains ? Comme si ta fureur avait toujours été retenue par ton semblant d'humanité arrangée, comme si la bête savait qu'elle devait agir avec minutie pour ne pas faire chuter son hôte sans lequel elle ne pourrait perdurer. Si Brynjar mourrait, son destin y serait lié. Le vrai épouvante c'était donc celui-ci, celui de savoir qu'un jour le prédateur allait agir sachant qu'il n'aurait absolument rien à perdre qu'importe l'issue. Une vision qu'il avait non pas sournoisement instiguée mais plutôt ramenée au premier plan.

Tu fis dès lors un pas en sa direction arrivant plus que jamais proche de lui alors que ta main vint récupérer non loin de toi ton casque. Des paroles amplis d'inquisition s'extirpant d'entre tes lèvres.

« - Ils s'émerveillent tous face à l'humain qui porte ses trophées à même la peau, tout comme le bras droit que tu es devrait le faire mais ce que tu cherches ce n'est pas logique, raisonné. Pourquoi tu amènes ce sujet là où moi même je suis convaincu de n'avoir jamais livré le pire de ce que l'on m'a inoculé, heureusement. Tu parles trop bras droit de Conquête. »

Tu avais jeté le respect que tu portais habituellement à la hiérarchie, un respect que l'on avait marqué au fer rouge en ton esprit car là, la hiérarchie n'existait plus sur cette thématique surtout lorsque on te l'imposait ainsi.





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Brynjar & Jor'

« Look at you. Essence of brutality, predation and anger. Look at you, a monster domesticated like a dog. I feel your poison, my tremendious creation. And I promise you the most darkest chaos, just for you, I promise you no antidote. »
Jor’ l’écouta, et ce qu’il entendait ne lui plaisait pas. Il tourna lentement le dos à Brynjar, dans une déception acide. Ses mots étaient humains. Imparfait reflet de la beauté sombre, grondèrent-elles. Le serpent avait face à lui ce qu’il exécrait le plus au monde : une bête qui se domptait, un résultat parfait pour ces scientifiques qui osaient lui arracher toute la puissance de qui il était, de ce qu’il représentait. Ils l’arrachaient avec désir, ces humains putrides, pour le modeler à leur convenance et créer un homme-prédateur, au cœur partagé dans un parfait équilibre de rage et de contrôle. Non. Cela ne lui plaisait pas. Ils ne les laisseraient pas faire.

« Heureusement. » Répéta-t-il dans un murmure sombre.

Malheureusement. Et il ferait tout pour que cette rage prit le dessus, pour noyer l’infamie humaine de ce centurio dans la plus belle des eaux de jouvence, dans la plus torrentielle des haines. Car Brynjar à ses yeux, n’était pas qu’un de ces humains maudits… Il le pressentait. Il sentait l’humus familier de ses écailles, de ce qui était la définition même de son être.

Sa main hanta l’air, comme pour effacer les derniers mots tabous de sa chose. Un voile de fumée susurrant irrespect et hiérarchie. Jor’ n’était pas que le bras de Conquête présentement, il était le Jörmungandr. Il était moins à même de ressentir agacement face aux mots du centurio, de l'humain. Reprenons ce qui est nôtre…

« T’es-tu déjà demandé l’origine de ce parasite ? »

Il se retourna pour faire face à cette machine de guerre. Son regard globuleux venant suivre le chemin avide d’une part de lui dans le corps du soldat. Sans demander son accord, le saurien posa son doigt sur l’armure, il le glissa, suivant les veines, l’hémoglobine, ce parasite suave qui courait et agrémentait l’humanité de la plus laide des beautés.

« J’apprécie cette rage. Je l’accepte, je la vois et l’embrasse avec l’avidité sulfureuse et tentatrice des êtres oubliés. J’apprécie cette inondation de violence qui coule, s’encastre dans ton cœur car je la sens au plus profond de mon être. Car je suis… »

Sa main s’éloigna de l’armure, il ne continua pas sa sentence. Il ne préférait la continuer, il préférait attiser étrangeté tout comme retenir cette excitation maladive durcissant ses muscles. Le bras droit s’éloigna, ses anneaux serpentant dans les ombres. Il continua à caresser avec attention le fichier dans ses mains, pensif.

« Que se passerait-il… Si tu livrais toute la violence grondant et se développant au fond de toi ? Ne serait-ce pas la plus belle des libérations ? Embrasser ce que tu es, aimer leurs regard effrayés parce qu’ils ont crée… Ne voudrais-tu pas voir le désespoir dans les yeux de ceux te prenant pour leur chose ? »

Ses pas l’amenèrent derrière Brynfar, son ton insidieux, sombre et rancunier.

« Je parle trop oui, Brynfar. Mais ne voudrais-tu pas savoir ce qu’ils t’ont fait ? Ne voudrais-tu pas connaître le sort d’ignominie que tu pourrais leurs infliger ? A tous ceux qui osent te mettre un collier. » Il se rapprocha encore, pour chuchoter cette confidence malsaine à son oreille, langue glissant dans son cou, salive putride empoisonnant son lobe. « On sait tous les deux ce qu’ils pensent de toi. On sait tous les deux qu’ils te pomperont jusqu’à la moelle pour mieux te délaisser lorsque tu ne seras qu’un déchet incapable de supporter les effets de leur expérience. »

Jor’ se recula pour mieux faire le tour de son interlocuteur et lui faire face.

« Cette rage, ils la tueront s’ils ne peuvent la mettre en cage. Crois-moi lorsque je te dis que ce parasite deviendra virus, puis cancer, et entraînera ta mort dans une rage infâme… Sauf si tu l’embrasses avec toute l’avidité du monde, sauf si tu sais le contrôler sans tout ce qu’ils t’infligent, si  tu sais la nature même de ce qui te hante… Voudrais-tu savoir, Brynfar ? »

Sa main tendit le dossier au soldat, tel un cadeau maudit. Un sourire d’excitation déchira ses joues, tandis qu’il continuait dans un susurrement à deux :

« Voudrais-tu savoir d’où vient la chasse et la tuerie, l’ignominie de ces créatures impies, d'où vient cette langueur sombre te prenant au coeur... ? »

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le serpent

L'origine de ce parasite qui te bouffait, qui te dévorait un peu plus chaque jour et à chaque fois que l'on mettait à l'épreuve ta psychologie, que l'on t’envoyait dans les tréfonds de Fhaedren. Il y avait bien une origine à cette chose qui sommeillait en toi, qui se ravivait quand cela lui chantait. Une raison que tu avais toujours en ton cas lié à une incompétence scientifique des individus qui furent chargés de par le passé de faire celui que tu étais aujourd'hui. Il y avait sans doute eu une erreur,  un effet imprévu tout ce qu'il y a de plus simples car vous étiez toi et bien d'autres personnes les premiers cobayes humains. Tu n'osais toujours imaginer toute la force, la fureur qui se cachait en ton être si jamais tu en arriverais un jour à définitivement céder pour un temps. Tu étais la guerre, tu étais parfois fureur mais non tu te refusais d'être le chaos même si cela voulait dire paradoxalement leur appartenir. Leur appartenir pour ta propre sécurité en quelque sorte tout comme pour en protéger bien d'autres de ce qui pouvait se déchaîner, de ce qui pouvait s'extirper du plus profond de ta psyché, de tes entrailles souillées par la chimie et bien plus. Tu te voilais la face sûrement, penser ceci alors que tu avais toujours démontré un flagrant manque d'empathie en bien des aspects.

Quel merveilleux travail les ellgardiens avaient ils réussi, assujettir un homme à des mensonges qui ne lui correspondaient pas. Au final n'y avait il pas qu'une seule et unique raison qui expliquait le fait que tu te contrôlais ? Un raisonnement des plus basiques pour toute créature soumise à la mort ? La mort justement, tu t'étais toujours considéré comme sacrifiable pour la gloire de l'Empire, pour son peuple mais ne te contentais tu pas de survivre comme tu le pouvais depuis des années ? Depuis toujours en réalité sûrement. Il rôdait toujours autour de toi, décortiquant avec minutie comme aurait pu le faire un de ces psychologues ce que l'on avait enraciné en ton être. Il examinait ce que tu cachais tout comme ce dossier entre ses mains devait bien l'aider de par l'attention qu'il y portait te disais tu. Effectivement il agissait comme un de ces médecins mais sans en avoir la moindre tact, venant triturer les cordes les plus sensibles de ton esprit. Tu les enchaînais ces émotions, ces réactions allant tantôt de la révolte face à ce qui t'était le plus intime puis l'amertume face à ce que l'on te faisait et que tu acceptais. Physiquement il n'y avait qu'un poing qui se refermait doucement et un regard vagabond mais en vrai il avait déjà balayé le spectre de toutes tes frustrations.

Il avait tiré sur la laisse, rappelé que pour tous les services rendues, toutes les victoires tu n'avais rien eu hormis le fait d'aborder de nouvelles cicatrices. Plus que tout, tu fulminais et ce n'était pas la réaction de la chose en toi qui était ainsi mais celle de ton humanité mêlée à l’amour propre que tout vivant avait pour lui. Tu te mentais mais cela était de nouveau sous ton nez, le fait que tu n'avais jamais rien eu, jamais rien possédé. Le fait que l'on t'avait toujours tout ôté, privé du droit le plus simple posséder. Tout ce que tu avais on te l'avait prêté ni plus ni moins alors que ce parasite, il était sans doute en réalité l'unique élément que tu détenais totalement. Quelle douce ironie ce destin, une ironie à la saveur de cendres qui emplissaient ta bouche rendant tout si fade inconsciemment.    

« - Tu ne m'apprends pas grand chose sur ce point, il n'y a qu'à voir plus de dix ans d'état de service et voir ce que j'en ai obtenu en retour. »

Une simple parole qui respirait le dédain, en suintait pour ne pas dire plus. Tu vins dès lors te saisir du dossier face à toi, celui qu'il te présentait et donc tu en connaissais une partie. Ton propre vécu des premières années sous la coupe des scientifiques se ravivant, un si grand nombre de souvenirs. Tu fis un simple échange avec ton interlocuteur lui tendant ton casque pour qu'il le prenne afin de pouvoir tranquillement feuilleter les nombreuses pages, plus précisément quelques unes, celles qui détaillaient ce que l'on avait ajouté en toi. Ce que l'on t'avait injecté pour que cela demande un si grand travail, des mois dans le coma et une chair si atrocement mutilée. Les os, le cœur, les muscles, le cerveau ils avaient joué avec tant de choses en des opérations si douloureuses pour ne pas dire inhumaines.

« - Dit le moi. »

Les yeux commençant à balayer les informations offertes à toi racontant les démarches et bien plus qui furent réalisés pour recouvrir tes os de cette matière supposément incassable pour commencer la longue liste des ajouts que l'on t'avait fait. C'est avec un cynisme titanesque, un pragmatisme cruellement insolent que tu rajoutas cette simple.

« - Mais qu'importe d'où cela vient, je ne doute pas que l'Empire garde jalousement en laisse ce qui lui a permis de forger ceci, de créer ce que je suis. Au moins je partagerais une chose en plus avec une parcelle de mes origines. »

Car l'Empire tu le savais, n'aurait jamais offert sa liberté à ce qui a permis de te rendre ainsi.