Lost Kingdom  :: Akantha :: La Capitale - Everbright, cité des rois

Un jour comme les autres... ou pas [Pv. Adrian]

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Un jour comme les autres... ou pas
Comme chaque matin, je contemplais la lueur azurée de l’aurore depuis l’un des toits d’Everbright. C’était mon rituel matinal. Je sentais la brise souffler sur mon visage, flottant légèrement mes cheveux. Si la plupart des personnes se mouillaient la figure pour se réveiller, moi je me servais du vent. Mais, si je me posais sur l’une des faîtes d’une maison de la cité, ce n’était pas seulement pour me délivrer pleinement du sommeil. Je profitais de la vue pour regarder l’horizon, vers le nord-est de la ville. Là où se trouvait Mearian. Théopolis, pour être précis. Ma patrie. Même si j’avais renié leur religion, cela resterait à jamais le pays où j’étais né et où j’avais grandis. Cela me peinait que ma propre soeur considérait que j’étais responsable de la mort de notre mère. Peut-être que cela lui passera, un jour.

D’habitude, je ne restais pas plus d’une heure sur le toit. Et je ne changeais pas ma routine. Il m’avait suffit d’un saut et d’une roulade dans les airs pour regagner le pavé des quartiers sans me blesser. Bien que je sentis quelques vibrations de mes semelles jusqu’aux chevilles. Mais, rien de désagréable. Cela n’allait pas m’empêcher d’aller travailler. En effet, être un enfant de la rue, du moins un jeune homme au vu de mes 18 ans, ne voulait pas dire sans emploi. J’étais dénué de toit. On me donnait assez d’argent pour survivre. En parlant de cela, je devais me rendre à mon rendez vous quotidien. Tous les jours, chaque matin, je devais livrer des baguettes et des pains aux chocolatines à quelques habitants de la ville. Comme d’habitude, j’arrivais à l’heure à la boulangerie et je me servais de ma capacité à me déplacer avec les immeubles pour apporter rapidement la nourriture aux clients habituels.  

Voilà maintenant 4 ans que je travaillais ainsi. Ma routine. Mon quotidien. Chaque jour ne semblait pas être différent. Vous me direz que beaucoup d’ouvrier était comme moi sur ce point là. Mais eux, ils avaient au moins un foyer. Après la livraison journalière, comme toujours, le boulanger me récompensait en me donnant une miche de pain. A force de m’en nourrir, le goût était de plus en plus fade, bien que l’aliment soit de bonne qualité. C’était dans des moments comme ça que je regrettais d’avoir fugué de mon manoir. Bon, à m’entendre, on dirait que je voulais revenir à l’arrière. Non, j’étais juste nostalgique et c’était dû à ma vie monotone que je menais. Bien que j’aimais la liberté, je me rendais compte qu’elle était vide sans raison de vivre. Si on l’avait cherché, il fallait savoir ce qu’on allait en faire une fois qu’elle soit entre nos mains.

Je me posais en haut d’un des rares arbres de la ville, regardant la foule et en mangeant mon pain. Les jolies dames et des beaux hommes accoutrés de vêtement plus luxueux que les nobles meariens. En général, je tentais de les éviter, car ils n’avaient aucune pitiés pour quelqu’un vivant dans la rue tel que moi. Et puis, ils n’étaient pas du genre à donner de l’argent, même quand on leur rendait service. Si les riches akanthiens avaient un défaut, cela serait l’ingratitude. Je généralise, bien sûr, ils n’étaient pas tous comme ça. Mais, ceux que j’avais rencontré l’étaient. Des nobles sans titre approprié qui avaient seulement la chance d’être né dans ce milieu, mais n’ayant pas accompli de fait d’arme ou quoi que ce soit d’autre dans le genre.

Je restais là, percher sur mon arbre, ayant déjà mangé la moitié de ma miche, en attendant qu’un enfant de la rue vienne me donner un boulot. Mais, au fond, je souhaitais qu’il se passait quelque chose qui me délivrerait de ma vie monotone.


Codage par Libella sur Graphiorum









"Un jour comme les autres

...ou pas"

"Delagrietta / Neal"






Des centaines de sabots heurtaient le sol à vive allure, écrasant la terre sous leur surface et en projetant une motte vers l'arrière au moment où ils le quittaient. Nos capes sombres, enveloppant nos corps blêmes dans une noirceure absolue, volaient derrières nous en offrant un obscure ballet dans l'aube. Le hennissement des bêtes retentissait dans ce rythme effréné à quelques reprises alors que le son des rapières, sabres, estocs et autres lames de duels de leurs cavaliers émettaient un cliquetis bien singulier à chaque fois que le corps des destriers redescendait, dans le mouvement de leur course. Il y avait là une cinquantaine de têtes humaines m'accompagnant dans cette longue chevauchée dont nous voyions enfin la fin sous les magnifiques formes d'Everbright. L'image de la capitale ne cessait de s'agrandir devant nous, dépassant la simple illusion d'un mirage et devenant bientôt réalité. Mon dernier passage dans la cité maîtresse de la Cours des Cendres datait de plusieurs mois, presque une année entière et cette fois-ci, j'y allais pour un événement bien spécial, mais qui devait être gardé secret. Un événement qui changerait la face du monde pour certains, probablement, et qui ferait bien des vagues en dehors même des murs de cette ville. Les Delagrietta ne manqueraient donc pas à l'appel.

Arrivés à quelques centaines de mètres des défenses de la cité, faisant une halte juste devant la ferme d'un civil qui devait très probablement approvisionner les stock de sa royauté, je levai un poing en l'air, invitant aux miens à faire de même. Un nuage de poussière s'éleva autour de nous, cachant momentanément notre identité aux vigiles d’Everbright, mais de chaque côté de notre formation un homme tenait à bout de bras un étendard . L'écu des Delagrietta y était brodé, annonçant ainsi aux braves gardes que nous étions tout aussi Akanthien qu'eux et aussitôt notre cor eut crié que ceux d’Everbright répondirent de concert. Les portes, activés par un mécanisme à engrenage, s'ouvrirent tranquillement devant nous et le son de leurs chaînes percèrent le silence de la routine fermière des environs. Sous mon regard se dévoilait donc l'artère principal de la ville et tous ses marchés exagérément trop chers, mais où l'on y trouvait absolument tout ce que nous désirions. Engageant le trot, le reste de mes hommes emboitèrent le pas, et bientôt, nous fûmes partis des rues et ruelles d'Everbright. Sur notre chemin et avertis par le son de nos destriers, les gens s'écartaient. Notre première halte serait à l'écurie, sans grande surprise, puis nous nous dirigerions vers la maison Noble des Delagrietta, dans les bons quartiers. Un manoir y était construit et les ainés du clan, retraités de leurs services, y habitaient. Il servait aussi de demeure provisoire au clan lors des rencontres avec les ducs ou encore lors de réunions importante entre-nous. Là, nous pourrions manger et boire, à notre faim, avant d'assister à la rencontre le lendemain.

Perçant la route, frayant notre chemin en direction de notre destination, je fis signe à mon cousin de continuer avec les hommes pendant que moi-même et deux soldats à la solde de notre nom nous nous séparions du groupe. Avant d'aller jusqu'au manoir, il me fallait passer par les marchés afin de rapporter à nos ancêtre un cadeau digne de ce nom. Peut-être étais-je le chef de cette bande, mais les traditions restaient les traditions. Nous n'arrivions pas à l'improviste sans offrir de présent en guise de gratitude, surtout à nos ainés. S'ils n'avaient plus le pouvoir politique de donner des ordres et prendre des décisions importantes au sein des leurs, ils restaient néanmoins nos pères, nos mères, nos oncles, nos tantes. Ils méritaient ce signe de reconnaissance et de respect pour ce qu'ils avaient accomplis, pour ce qu’ils étaient.

C'est donc à bonne allure, que nous nous dirigeâmes sur la place publique. Rapidement, je passais sous mon regard la plupart des panneaux des différentes échoppes, tentant d'en trouver une qui attirerait mon regard. La plupart d'entre elles avaient un symbole qui facilitaient la vie des potentiels clients à savoir quel genre de trucs ils y vendaient. Le traditionnel marteau et enclume indiquait une forge,par exemple, ou quelque autre pièce d'équipement. Et alors que mes yeux se braquaient sur les vitrines d'une herboriste du quartier, une ombre passa rapidement devant moi et mon destrier, précédant tout juste le cri d'une passante qui assistait à la scène. Un enfant, à peine âgé d'une dizaine d'année, s'était immobilisé devant moi. En une fraction de seconde, mes yeux croisèrent les siens. Inconscient des dangers, le bambin avait pourchassé quelque chose jusque là et il se trouvait maintenant devant les sabots de ma bête qui hennissait.

Tel un éclair, une illusion si brève que terrible, ce fut alors ma propre fille que je vis à la place de ce garçonnet et sans hésiter, je tirai sur les reines de ma monture, la faisant se cambrer vers l'arrière. Elle poussa un cri suite à ce geste brusque et ses pattes arrière glissèrent sur le sol. L'un de mes pieds se détacha de l'étrier, mais mes réflexes prirent le dessus et mon poid se transféra sur l'autre jambe. Je quittai ma position assise et l'entièreté de mon corps fut balancé du côté opposé, mon dos heurtant le flanc du cheval avant que je ne repose le pied au sol. Rapidement, mes hommes vinrent m'aider à maîtriser la bête effrayée, puis un homme d'âge adulte accourra vers le petit gars, le prenant dans ses bras et l'amenant hors de danger. Les pleurs de l'enfant se mélangèrent bientôt au bruit de mes jurons. L’adrénaline retombait et l'image de ma fille s'effaçait du visage du bambin. La réalité me reprenait, mais le stresse lui restait et se transformait alors en colère. Serrant les dents, je laissai mes soldats s'occuper de la monture, passant ensuite une main tremblante dans ma longue chevelure.


-père de l'enfant
Excusez-nous Sir! Excusez-nous par pitié! Nous avons eu un moment d'inattention et mon fils s'est…

Mais avant même qu'il puisse continuer, ma voix retentit tel un rugissement par-dessus la sienne alors que mes pas, sauvages et hostiles, me dirigeaient vers lui à vive allure, ne lui laissant que le temps de déposer son stupide gamin dans les bras de sa mère.

-Adrian
UN MOMENT D'INATTENTION?!?!? VOTRE NÉGLICENCE AURAIT BIEN PU ME COÛTER UN BRAS ESPÈCE D'IMBÉCILE. SANS COMPTER VOTRE SALE GOSSE…

Et si les mots furent dur, la réponse de ce brave homme me fit écarter les yeux, autant de surprise que de rage. M'attaquer à son gamin n'avait peut-être pas été la meilleure décision, mais celle qu'il venait de faire était probablement la pire de toute sa vie. Pauvre inconscient…

Fronçant les sourcils, bougeant la tête sur le côté et arrêtant son coup de poing avec la paume de ma main, mes crocs apparurent entre mes lèvres tel un sourire carnassier. Mes griffes se plantèrent dans la chaire de ses doigts et d'un mouvement brusque, je repoussai l'homme d'un coup de paume au torse, le faisant valser quelques pas vers l'arrière. Cul contre terre, il toussa bien creusement en appuyant sa main directement à l'endroit où je l'avais atteint, et il semblait maintenant réaliser quelle erreur il avait faite. La foule entière de la place publique fut soumise au silence le plus total. Si les gardes locaux voulurent d'abord réagir, ils fermèrent rapidement les yeux au vu de la situation. Le pouvoirs des nobles à Akantha était bien grand et ils le savaient. Il valait mieux ne pas se mêler à ce genre d'altercation, s'ils ne voulaient pas se retrouver sans emploi. Ce qui me laissait le champs libre si je voulais punir cette larve d'avoir osée penser pouvoir lever la main sur moi.

Faisant les cents pas devant lui, lui laissant le temps de se relever, je ne le quittai toutefois pas des yeux. Tel un prédateur observant la proie qu'il avait acculé au pied du mur, je jouais avec ses nerfs, tout en sentant cette envie irrépressible de lui trancher la jugulaire monter en moi. Puis, comme alerte à mon environnement par la même occasion, quelque chose attira mon regard abyssal ailleurs, tout juste au dessus de moi. Un pied pendait de la branche juste au dessus de moi, appartenant à un homme beaucoup plus jeune, beaucoup moins expérimenté en apparence que moi…mais qui se trouvait maintenant mêlé à toute cette histoire. Une idée me traversa alors l'esprit. Une idée qui donnerait peut-être une chance à l'un ou à l'autre. Je m'adressai alors à cet inconnu…


-Adrian
Toi…toi qui n'a rien de mieux à faire que de regarder le malheur frapper à la porte de cet inconscient. Descend de ton perchoir…car je te donne aujourd’hui un grand pouvoir entre les mains : le choix de vie ou de mort. Descend…et bats toi contre lui. J'appel le sang. Si tu gagne, je te récompenserai et son sort dépendra de ta parole. Si tu perds…alors je déciderai de ce qu'il adviendra de lui et tu aura peut-être sa mort sur la conscience. Si tu refuses, je le tue sans hésiter, sur la place publique…devant sa femme et son gamin…


Un jour comme les autres... ou pas
Finalement, ma journée n’allait pas être aussi monotone que cela. Alors que je mangeais ma niche de pain, un hennissement sourd me fit sursauter. J’avais presque failli faire tomber ma nourriture. Mon réflexe avait eu la chance de le rattraper. Pendant un instant, j’avais l’impression que mon coeur s’était arrêté de battre. Je regardais la scène qui suivit : un noble aux cheveux soyeux et longs réprimanda furieusement le père d’un enfant qui pleurait. Pour ma part, quand on n’est pas fichu de se lever tout seul comme un grand, on est mal placé pour engueuler quelqu’un. Et puis, il aurait pu faire attention et regarder où il allait. Cependant, le noble n’avait pas non plus tout à fait tort de gronder le pauvre homme : il aurait pu surveiller son enfant.  Cependant, cet aristocrate m’intriguait : bien qu’à première vu, il faisait preuve d’arrogance et de narcissisme, je sentais aussi de l’inquiétude dans ses paroles. Il était inquiet pour l’enfant, même dans sa vulgarité. Et c’était rare à Everbright.

Très vite, la foule s’arrêtait pour assister aux spectacles. L’homme venant d’un rang social modeste avait fait la bêtise de répondre à l’insulte de l'aristocrate par la violence, mais ce dernier se révélait être un vampire d’une force bien plus élevée que la sienne. Evidemment, la milice n’intervenait pas, car ici, à Akantha, les nobles faisaient la loi. A croire que c’était un crime d’être né dans la pauvreté ou dans la classe moyenne. Rien que le fait qu’il y avait légalement des esclaves et des lois dessus en disait long sur la logique de ce pays. J’aurai bien voulu partir, mais pour aller où ? Les autres pays étaient de l’autre côté de la mer et voyager clandestinement était un risque que je ne pouvais pas encore prendre.

Le vampire prenait son temps pour réfléchir à un châtiment. Il tournait autour du pauvre homme, tel un loup face à sa proie. On aurait dit qu’il allait se jeter sur lui, à un moment ou un autre. Puis, soudain, à mon grand malheur, le noble remarqua ma présence.

Toi…toi qui n'a rien de mieux à faire que de regarder le malheur frapper à la porte de cet inconscient. Descend de ton perchoir…car je te donne aujourd’hui un grand pouvoir entre les mains : le choix de vie ou de mort. Descend…et bats toi contre lui. J'appelle le sang. Si tu gagnes, je te récompenserai et son sort dépendra de ta parole. Si tu perds…alors je déciderai de ce qu'il adviendra de lui et tu aura peut-être sa mort sur la conscience. Si tu refuses, je le tue sans hésiter, sur la place publique…devant sa femme et son gamin…

Alors, il faudrait mille ans pour expliquer comment je venais d’être mêler à ce conflit auquel je n’étais ni une victime, ni le bourreau. Je n’étais ni innocent, ni coupable dans cette affaire. Pourtant, ce vampire venait de me choisir pour être celui qui sanctionnera le pauvre homme déjà blessé. Et il ne me laissais pas vraiment le choix, dans ses paroles : dans tous les cas, il fallait que le blessé souffre. Peut-être que l’aristocrate voulait faire un caprice et donner du spectacle au public. Car, honnêtement, il venait de prouver qu’il n’avait pas besoin de qui que ce soit pour torturer le père blessé.

Franchement, la récompense m'intéressait. Mais, m’attaquer à quelqu’un sans défense, blessé qui plus est, m’intéressait moins. Pour une raison qui ne me regardait pas. N’importe quel abruti ayant de la morale tiendrait tête avec le noble, qui n’avait rien de noble à part ses accoutrements, mais je n’étais pas un abruti. Je contemplais la foule et quelque chose attira mon regard. Cette chose qui me donna une idée. Est-ce que cela allait plaire à l’aristocrate ? Je ne le pensais pas, car si ce dernier voulait du sang - probablement pour se nourrir - il n’en sera pas servi. Du moins, pas au sens propre du terme, j’espère.

D’un saut, je descendis de mon arbre, faisant attention à ne pas atterrir sur quelqu’un. Je me dirigeais vers une personne du public et lui tendit la main.

- Votre violon, s’il vous plais, fis-je tout simplement.

En effet, c’était l’instrument à corde de cette personne que je convoitais. J’entendis des murmures m’imaginer de tabasser le pauvre homme avec le violon. Vu comme cela, ce n’était pas étonnant quand on n’était pas dans ma tête. Les bras tremblants, le musicien me donna son outil de travail. Il devait avoir plus peur du noble que de moi. Je n’avais rien d’effrayant physiquement et j’étais un humain tout à fait normal. Après de vif test d’accordage, je me dirigeais face à l’homme à terre, le regardant droit dans les yeux. La peur et la colère se reflétaient dans ses rétines. Le noble l’avait tellement amoché qu’il était évident qu’il perdrait un combat face à n’importe qui.

Je me positionnais comme un véritable violoniste. Jouer du violon faisait partie de mon éducation, au même titre que de nombreux instruments de musique. Franchement, j’aurai préféré avoir un ocarina entre les mains. Mais, que voulez vous ? On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Je pris un profond soupire, fermai les yeux et commençai à jouer.


Un jeune homme ayant grandi dans les rues d’Everbright pouvant jouer du violon ? Personne n’y aurait cru dans la foule. Je n’étais plus habitué à m’en servir, mais je n’avais pas perdu la main. Forte heureusement pour moi. Lorsque je finis ma mélodie, je tendis l’instrument à corde au père blessé.

- Joue mieux que moi et tu gagneras. Sinon, tu perdras.

Abasourdi, l’homme se releva avec difficulté et prit le violon. Déjà, cela se voyait qu’il n’en avait jamais tenu un instrument de sa vie. Il positionnait mal le violon. Et lorsqu’il commença à jouer… C’était l’horreur total. La musique n’avait jamais été aussi insulté. Je savais bien qu’il était blessé, mais quand même… Le vampire avait peut être appelé le sang, là c’était mes oreilles qui saignaient. Je faisais signe au piètre violoniste d’arrêter ce massacre, pour le bien du public, de la musique, mais aussi, à tous les êtres vivants dans ce monde.

- Je n’ai jamais entendu une telle calamité… mais, sans vouloir être prétentieux, il me semble que j’ai gagné, dis-je en me retournant vers le vampire.

Je m’imaginais déjà en train de me faire sucer à mort et à sang dans la seconde qui suivait. Peut-être qu’aujourd’hui, ma vie monotone s’était achevée… Mais, c’était peut-être ma vie tout court qui allait s’arrêtait.

Codage par Libella sur Graphiorum