Lost Kingdom  :: Ellgard :: Les Confins du Nord

Barbecue dans la montagne [Mort]

Voir le sujet précédentVoir le sujet suivant

« Voilà déjà quelques mois que Sieghart avait dû succéder bien malgré lui au précédent inquisiteur Mort, Erwann Daniels. Le souvenir de la disparition de celui-ci - et surtout les circonstances amères dans lesquelles cela avait été fait - restait toujours aussi vif et douloureux mais commençait peu à peu à passer en arrière plan à cause des innombrables affaires plus ou moins importantes à gérer. Et par l'Empereur, des affaires il y en avait. Ce n'était même pas la Résistance, qui agonisait quelque part dans un silence étouffé, qui le préoccupait le plus, mais bel et bien la sécurité intérieure du pays et les exactions de certains individus avec bien trop de zones d'ombre à son goût pour l'importance qu'ils possédaient. Et s'il faisait travailler les services de renseignements à plein régime en ce moment, il prenait un soin tout particulier à noyer et fragmenter les informations qu'il laissait transparaître au travers de ses requêtes pour qu'il soit extrêmement difficile, sinon impossible, de comprendre où il voulait en venir.

Pour l'heure, il était temps de faire une pause de quelques jours. C'était là une occasion rare de délaisser le pesant habit d'inquisiteur.  Il n'appréciait guère l'idée de déléguer sa charge durant ce laps de temps - si court soit-il - et une partie de son esprit restait malgré lui focalisée sur les évènements à venir et en cours pour éviter d'avoir l'impression de perdre son temps. L'idée était partie d'une discussion avec Maximus - celle où ils évoquaient les bandes dessinées clandestines éroticoromantiques entre Maximus et Sifnir -, celle de faire un barbecue perdus loin dans la nature sauvage et solitaire pour se couper d'un peu tout avec quelques autres gars de l'armée histoire de partager pour une fois autre chose que les moments souvent difficiles du devoir militaire. Ça se voulait complètement informel et, à vrai dire, c'était l'occasion parfaite pour faire une petite surprise : il était temps que le lieutenant Meridius devienne le capitaine Meridius. Mais puisqu'il était hors de question de vendre la mèche, Sieghart avait comploté avec le lieutenant Illian pour obtenir sa complicité et choisir les quelques invités. Officiellement, il s'agissait d'une mission où les deux seraient mandatés afin d'escorter un dignitaire important depuis son domaine jusqu'à la capitale pour éviter toute attaque de la Résistance. Il aurait, en effet, des informations de premier ordre qui étaient trop dangereuses pour les coucher par écrit dans un courrier.

Le domaine en question - le fief de Haute-terre - n'était autre qu'une résidence secondaire qui avait longtemps été la propriété d'une haute gradée de Famine jusqu'à ce qu'elle ne meure finalement de vieillesse, sans héritier, et que la demeure ne retourne à l'Empire. Voilà des années maintenant qu'elle était restée inhabitée, uniquement entretenue par quelques serfs, jusqu'à ce qu'elle ne soit offerte voilà plusieurs mois par l'Empereur à Sieghart au retour de son voyage à Akantha. Située dans le nord est du pays, a bâtisse était perchée sur un promontoire rocheux et tenait en réalité plus du petit château que du manoir secondaire. Construite de pierre et de bois, son architecture était d'un style tout à fait traditionnel et qui n'avait absolument rien à voir avec l'allure ultra moderne de ces bâtiments d'acier et de verre qui se dressaient dans la capitale. La région étant montagneuse, on pouvait facilement comprendre que ce lieu avait servi de place forte à un moment ou un autre de son histoire pour contrôler la région. Il y avait quelques villages simples ici et là aux alentours qui étaient sous la tutelle du seigneur de ces terres et le tout était perdu dans une forêt qui s'étendait à perte de vue.

Sans activité industrielle, sans surpopulation, sans montagne de déchets et sans presque personne autour hormis d'honnêtes gens vivant une vie simple. Ici, il était difficile de croire que le reste du monde pouvait être agité. Et pour couronner le tout, la région étant riche en sources d'eau chaude, la demeure avait été construire sur l'une de ces points d'eau, ce qui lui assurait une douceur indécente quelle que soit la période de l'année, grâce à un astucieux système de canalisations dans les murs et le sol.  Il y avait même, un peu plus loin à quelques encablures, un chalet construit au bord d'un de ces petits bassins. On pouvait le voir du château, à moitié enfoncé sous la frondaison des arbres.

N'ayant jamais vraiment eu le temps de venir visiter sa toute récente acquisition, Sieghart avait quand même fait dépoussiérer les lieux de vie principaux de l'endroit en prévision de sa venue pour remettre de l'ordre, mais de nombreuses pièces et ailes restaient encore à réveiller qui n'avaient pas vu le jour depuis plusieurs années. Il découvrait lui-même les lieux et même s'il s'était habitué au fil des années à la débauche de luxe qu'on pouvait trouver dans les hautes couches d'Ellgard, il y avait ici un quelque chose d'authentique et de différent, de reposant, qui semblait appeler à la contemplation et freiner l'empressement. Au moins, il savait où il finirait probablement ses jours quand il serait vieux et décati. »

>> Image de référence de la « modeste demeure secondaire »









BBQdans la montagne




L'hiver est au plus loin de son apogée et la trêve estivale offre un paysage verdoyant. La températures est douce, et le vent charrie des odeurs de terre et de pollen. L'espace de quelques semaines, Ellgard vire son voile d'hostilité pour laisser un visage plus sympathique. Quelque chose de plus majestueux. Comme si la terre s'en voulait de demeuré stérile et inhospitalière le reste de l'année.
En bref, un temps idéale pour fêter une promotion.

- On est bientôt arrivé.

Perdu dans la nature,mon regard se tourne vers Maximus l'air blasée par cette promenade aux accents ennuyeux. Pas d'action, pas d'adrénaline. Juste une escorte avec des aristo ellgardien -tout ce qu'il y a de plus détestable aux yeux d'un digne agent des forces spéciales, une mascarade imaginé par l'inquisiteur et moi pour lui laisser au maximum l'effet de surprise. Je dois avouer que Sieg m'a étonné avec son idée. Et que pour une fois, je me suis détachée de son titre pour fomenter avec lui un plan millimétré.
Au final, en dehors d'un malheureux réflexe de la part du futur capitaine. je ne présage que du bon.

Sur mon cheval, je me surprend a me perdre aisément dans mes pensées. Un effet secondaire du paysage majestueux et des chemins escarpés, je suppose. Au détour d'un relief, la façade haute et imposante domine le paysage brusquement. Une architecture étrange, presque inconnue a mes yeux. Mon expression s'étonne et je siffle doucement. Il faut dire, entre les building de la capitale et les bidonvilles qui l'entoure, mon oeil n'est pas habitué au travail de la pierre. Ps aussi complexe. C'est donc ce genre de bâtiment qui pullule plus sud ? J'aime bien. C'est rustique et en même temps, ca a ce truc exotique qui attise ma curiosité.

Ce qui m'inquiète le plus en fait, c'est que Sieg qualifie cette baraque de " modeste chalet". Je souffle discrètement du nez en me demandant par mégarde qu'elle tête pourraient avoir une véritable maison à ses yeux.

- On est sensé être attendu et je ne vois pas de serf

Constat calculé que je laisse en suspend a notre approche. On continue malgré tout la marche atteignant l'entrée de la bâtisse déserte. Pied a terre, je laisse nos chevaux attaché a un porche. Laissant mon compagnon frapper à la porte. Sans réponse. On échange un regard et ce dernier se décide a ouvrir, laissant entrevoir une pièce immense, plongée dans la pénombre agréable et douce. Et le silence de cathédrale nous laisse seul avec le grincement des gonds mal huilés

- J'aime pas ca Max. Tu penses qu'on arrive trop tard ?

Arme au clair, je commence a entrée pour le forcer a me suivre.

©️ Jawilsia sur Never Utopia





Quelques jours auparavant, Sif me fit une demande des plus particulière, me mettant par la même occasion dans la confidence de la promotion du futur capitaine Méridius des forces spéciales. Faisant partie des tirailleurs avalanches, et connaissant mon intérêt quasi-inexistant pour la fête, je ne voyais pas l'avantage que mon amie avait à m'attirer là-dedans. Et encore moins le profit que j'en gagnerai. Toutefois en m'expliquant ma tâche qui serait fort simple, mais néanmoins réalisable uniquement grâce à mes excellents talents d'archère, j'acceptais de mettre en place son plan mon ego bien flatté. Sifnir m'expliqua plus en détails le décor : un chalet en pleine montagne entourée d'une vaste forêt. Ma tâche : tirer à l'aide de mon arc sur une Piñata pour en délivrer son contenu, des confettis, sur le capitaine Méridius lorsque celui-ci pénétrerait dans la salle principale. Rien de bien compliqué, et l'idée de pouvoir m'échapper de cette fête pour aller chasser dans la montagne m'était bien tentant.

C'est ainsi que je m'étais retrouvé dans la luxueuse maison secondaire de l'inquisiteur Mort. Bien qu'aux premiers abords, j'eus du mal ne serait qu'à oser poser un pied à l'intérieur de la volumineuse bâtisse, j'avais au bout d'un certain temps néanmoins réussis à faire fis de cet obstacle qu'était l'admiration et je pus rejoindre les autres membres de l'inquisition qui s'attelaient déjà aux préparatifs. On était bien loin de ma modeste chaumière forestière, l'intérieur étant encore plus impressionnant que l'extérieur. Posant mon attirail de survie en montagne dans un coin de la pièce, je m'attelais à mon tour à l'organisation de la fête. J'accrochais quelques guirlandes au mur, et grâce à ma grande expérience de l'escalade cela fut un jeu d'enfant. Une fois les préparatifs finis, nous priment chacun nos places respectives. Placée derrière la table au fond de la salle, je pris la cible en joue attendant le moment opportun pour relâcher la corde de mon fidèle arc.

L'attente ne fut pas longue, et lorsque Sifnir entra dans la pièce, je décochai ma flèche qui perça l'air dans un majestueux sifflement jusqu'à la pinata qui explosa déversant les confettis dans les airs et sur le sol autour de l'invité d'honneur. Tandis que les invités hurlaient tous un énorme surprise, les rideaux furent tirés afin d'éclairer la pièce. Du moins c'est ce qui était prévu, mais ce fut un lieutenant vindicatif arme au poing qui explosa la porte d'un énorme coup de pied, afin de l'ouvrir. Dans un esprit de professionnalisme ma flèche atteignit tout de même sa cible. Cependant dans un esprit de de survie, je me mis assez rapidement à l'abri derrière la table. De peur qu'une balle ne se loge dans mon crâne.

➶ Follow your own way ➶


Into the jaws of death, into the mouth of hell.




Chiant, nul et totalement non-amusant. Preuve non-nécessaire que cette mission allait être d'un ennui a toute épreuve, c'est qu'on avait même pas eu de briefing qu'on était seulement deux en protection. Pas de renfort, pas d'unité d'intervention ni de surveillance, que dalle. Encore un haut dignitaire qui se croit important et qui demande la protection de l'armée, mais avec le bras assez long pour choper le top du top. Et pendant ce temps, on passe à côté des vrais problèmes de notre nation ! En plus c'était moi et Sif de dépêcher, ça veut dire que la paperasse est à l'arrêt sur mon bureau et que ça va à nouveau nous foutre à la bourre et pousser un peu plus les heures sup'. C'est en train de me rendre fou, je crois. Ça ne quitte plus me crâne, j'ai dû y passer trop de temps. Même plus le temps de réorganiser mes petites sauteries, ça me pompe déjà toute mon énergie.

Voyons le bon côté des choses... voyons le... hum... bon, pour l'instant je le vois pas, mais à n'en pas douter, il doit se terrer quelque part. J'ai confiance. J'étais dans un bon mood ce matin, et même la relative froideur de Sif à toute les avances que je lui ai faite sur le trajet n'avais sut entacher mon étrange bon pressentiment. La baraque qu'on m'avait vendue par contre était loin du château qui s'offrait à mes yeux. Si bien que j'étais à deux doigts de demander à la petite médecin si elle s'était pas planté de route lorsqu'elle fit une remarque sur notre comité d’accueil.
L’absence des fameux serfs par contre, ça c'est un coup dur pour mon humeur déjà toute chancelante. Juré si les gars ont trouvé le moyen de se faire attaquer dans ce lieu pommé AVANT qu'on arrive... je jure sur ma vie que je descends moi-même dans ces égouts et que je brûle toute leur putain de base. Je me suis pas tapé des heures de cheval pour tomber sur un : "Vous êtes lent et nul mdr".

Elle perd pas de temps en tout cas et commence à se glisser dans l’entrebâillement de la porte, j'ai juste le temps de la saisir par le col avant qu'elle ne pénètre à l’intérieur pour la rejeter vers l'arrière.

- Mais t'as pété une durite ou quoi ?! Arrête de foncer tête baissée et reste derrière pour me couvrir, idiote.

Étrange. Pourtant c'est pas son genre de faire preuve d'aussi peu de discernement. La moindre embuscade ennemie aurait pu lui être fatale si je ne l'avais pas arrêté, nous aurons une grande discutions plus tard au sujet de son acte, mais pour l'instant nous avons des choses plus importante à régler. Dégainant Sthéno et mon arme de poing, j'expédie ma jambe à la rencontre des gonds de la porte qui se brise sous l'impact et expédie l'immense plaque de bois à l’intérieur de la pièce sombre. Canon vers l'avant je pénètre à l’intérieur avec précaution... juste suffisamment pour voir une pointe de flèche, au loin, pointé vers nous. J'ai juste le temps de me placer entre elle et Sif et d'aligner ma visée avant de me rassurer lorsqu'elle nous rate total... comment ça clic ? Pourquoi mon arme est déchargé ?! Et c'est quoi qui me tombe sur les épaules ?! C'était pas une flèche ratée, mais un piège mieux ficelé que je ne l'aurais... ho. Ho...

Les chiens...

- Je vous hais.

By Halloween sur Never-Utopia


ft. MORT

Manoir de l'inquisiteur - Confins du Nord

Barbecue dans la montagne

Je n’avais pas l’habitude de ce genre d’événement.

Grandir au sein de la famille Vanaheim avait de nombreux avantages. Nous ne manquions de rien et nous vivions dans les beaux quartiers résidentiels de Keivere. J’avais eu accès à une éducation complète et de qualité. Mais il y avait un aussi des inconvenants à être le fils de Aegir Vanaheim. Ses ambitions et sa dévotion pour l’Empire faisait de lui un homme loyal pour Ellgard, mais un père déplorable pour ses enfants.

Jusqu’à mes 13 ans, mes interactions sociales s’étaient limitées à mon apprentissage de l’histoire, de la politique, des sciences et des arts martiaux au sein de la maison familiale. Mes précepteurs étaient pour la plupart des androïdes. Ma capacité à agir avec le reste du monde était bien limitée. Je ne me souviens pas avoir eu de réel ami à cette époque, mon père me surveillant constamment pour que j’atteigne son but. Ce n’est qu’en intégrant l’école militaire que j’ai dû apprendre à interagir socialement, mais là encore, il était hors de question que je profite de mes temps libres. Mon père me transmettait ses ambitions et son amour pour l’Empire. Sortir avec mes camarades était par conséquent compliqué.

Ce fut sur le terrain, lorsque je fus diplômé et affecté à l’armée pour partir en guerre contre Mearian que je pu enfin me lier d’amitié avec mes compagnons. J’étais libéré de l’emprise de mon père. Mes permissions me permettaient enfin de découvrir mes collègues plutôt que de m’entrainer encore et toujours. Mais ça ne pouvait être aussi simple. Quand je fus récompensé par le titre de chevalier, mon père s’impliqua d’autant plus et mes permissions étaient alors utilisée pour que je rencontre ses connaissances des hautes sphères de l’Empire. J’oscillais alors entre mon métier de soldat, mes entrainements personnels, mes permissions avec mes camarades et les soirées mondaines de mon père.

Aujourd’hui, j’avais réussi à me séparer un peu plus de mon père en devenant Sergent des forces spéciales. Mais lorsque j’avais été invité à venir célébrer la promotion de mon lieutenant au poste de capitaine, je pouvais sentir son emprise encore présente. Comme voix, murmurant à mon oreille, j’avais la sensation de l’entendre dire qu’il s’agissait là d’une opportunité pour ma carrière. J’allais être en présence de l’inquisiteur, de mon capitaine, de mon lieutenant et il y aurait surement d’autres haut gradé de Mort. Il fallait que je fasse bonne impression, que je me fasse des contacts. Mais une autre voix, la mienne, me rappelait que je m’étais promis de ne pas agir ainsi avec mes compagnons de l’inquisition. Avec eux, je voulais être Aemdall, leur camarade, parfois leur ami, un homme bon qui se souciait de ses équipes et coéquipier. Je ne voulais pas jouer ce rôle que je prenais en présence du gratin Ellgardien. Mais il s’agissait quand même d’une opportunité qui ne se représenterait peut-être pas de si tôt.

Alors que faire ? J’avais longtemps hésité entre ma tenue militaire et des affaires plus simples. Finalement, j’avais décidé de m’en tenir à mes promesses. Mais au cas où, j’emportais avec moi ma tenue militaire. Difficile de perdre ses habitudes…

***

Le chalet de l’inquisiteur avait plus du manoir que de la modeste demeure à laquelle je m’étais attendue. En entrant dans cette « maison », j’avais grandement hésité à revêtir mon uniforme militaire. Porter uniquement des habits de ville semblait déplacé. Mais je devais rester moi-même et lutter contre les pensées envahissantes de mon père.

Pour l’instant, nous attendions la venue du futur capitaine. Il s’agissait d’une surprise et nous attendions en silence qu’il arrive, escorté par Sif. Je ne connaissais donc pas grand monde, les deux militaires que je côtoyais le plus étant en chemin. Si, il y avait Freya dans un coin, tenant son arc dans sa main, prête à décocher. Il y avait d’autres soldats avec qui j’avais eu l’occasion de discuter mais que je ne connaissais pas plus que cela. Et il y avait évidemment l’inquisiteur. Je l’avais déjà croisé mais j’étais loin d’avoir pu échanger plus qu’un simple bonjour avec lui. La simple vue de mon supérieur me donnait envie d’enfiler mon uniforme.

CRAC

La porte s’envola dans la pièce, rompant le silence dans lequel nous attentions Maximus et Sif. Je sursautais, tiré de mes pensées par l’arrivé fracassante de mon supérieur. L’arme au poing, il se tenait prêt à démolir les convives en plus de la porte de l’inquisiteur. Freya, imperturbable, décocha sa flèche qui vibra en plein vol et transperça la pinata suspendu au-dessus du soldat. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre l’embuscade dans laquelle il venait de tomber.

« SURPRISE »

Les convives remis de leurs émotions accueillirent le nouveau capitaine qui les regardait d’un œil noir. Personnellement, je me souvenais encore du revers prodigieux de Maximus pour me risquer à venir le saluer tout de suite alors qu’il venait de se faire piéger. Je préférais être sûr de ne pas perdre mon autre joue.



Barbecue dans la montagne



Faust Kellner ft. Mort

"Et c’est plutôt… agréable au final."



Un léger blanc, du noir et je revois le chemin tracé jusqu’ici alors que je noue les décorations dans le plus grand des calmes avant de tendre le bras pour laisser mes collègues accrocher ce que certains d’entre nous fabriquaient. Jester s’arrête d’ailleurs un moment pour me regarder avant de lever son bras mécanique, me tendant un fil nuancé. La confection est nettement plus rapide lorsqu’il est à côté et d’une certaine façon, c’est un confort en plus de l’avoir près de moi bien que ce soit temporaire.
J’imagine que Maximus prendrait la présence de l’automata pour une insulte. Sûrement.
Pensée qui me rappelle la situation dans laquelle je me trouve actuellement.
Avec tous ses loyaux services, ça m’avait paru logique qu’il soit promu, mais annoncé aussi soudainement. Et surtout une fête rien que pour lui. C’était loin d’être anodin. C’est même plutôt généreux de la part de l’inquisiteur Dankmar. Surtout quand on a requis ma présence.
Enfin, ce n’est pas moi qui irait refuser une demande de ce genre. Pour plusieurs raisons je dois l’avouer. Ne pas désobéir à ses supérieurs en étant une comme une autre.

Si je devais résumer la scène, je dirais qu’on ne retiendrai que mon visage. Un “ah…” lentement prononcé en entendant l’invitation avant d’incliner rapidement la tête en signe d’approbation. Mais avec tout ça… Je me suis demandé s’ils savaient que l’idée était plutôt mauvaise. D’une part parce qu’une surprise de cette envergure ne le mettrai sans doute pas de bonne humeur.
Cela dit, j’ai étrangement l’envie de voir l’expression qu’il sortira, d’où ma présence actuelle. Et cette préparation soit dit en passant, vu que l’on nous avait assigné à plusieurs tâches, Jester et moi, dont… la cuisine pour mon hover bike… Bon, je sais bien qu’il s’agit d’une intelligence artificielle mais de là à l’utiliser pour des gâteaux… Si on me l’avait dit je n’y aurais pas cru tout de suite.
Pour le reste, mon acolyte de métal se devait de rester caché dans l’ombre du château. Les écuries en somme…
Je sens que je vais devoir nettoyer toute la crasse qu’il aura accumulé au retour…
Mais ça pourrait être bien pire après tout. Je ne m’attendais pas à ce que la réception se tienne au sein de ce château, celui de l’inquisiteur en plus. La vue de l’endroit a également le mérite de me faire réfléchir sur plusieurs sujets. L’environnement m’évoquant quelque chose sans que je ne le comprenne tout en me faisant pondérer la relation entre Dankmar et la montagne. À quel point sont-ils proches ? C’est une question qui me vient spontanément avant que je ne l’élude immédiatement sans le vouloir.

Je secoue rapidement la tête en me relevant alors que j'époussette rapidement mon uniforme. Il ne reste pas beaucoup de temps avant la venue du futur capitaine et tous mes collègues sont déjà en place. Et en ce qui me concerne, je penche pour plusieurs possibilités de réactions de la part du brun : la plus probable étant un réflexe de guerrier au moment où les confettis retomberaient, alors, je me suis contenté de rester appuyé sur l’un des murs du fond avant de croiser les bras. Observant mes vis à vis hurler joyeusement à l’instant x avant que mes pupilles ne s’agrandissent en constatant l’absence de mouvement de la part de l’ex-lieutenant.

Une phrase de lancée et le visage de Maximus s’assombrit, ses traits dévoilant ouvertement son air furieux tandis que les petits bouts de papiers colorés lui retombent dessus et face à cette vision, je ne peux pas m’empêcher de sourire amusé pendant quelques secondes. L’atmosphère est chaleureuse. Et c’est plutôt… agréable au final.




©️️AxyGry - Ariesten