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Ravages Monstrueux - Visite des ruines (Jor', Maximus, Kryos, Sif)

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The Ruins
Ravages Monstrueux

« I wonder which one will fall. I wonder which one is the monster. I wonder which one will catch the other. Do you smell me, as much as I smell you? Do not worry my dear, I know the truth; I'll be the one eating you. »
Traître parasite, démon ! Hurlèrent-elles. Plus les mots de l’Oracle se déversaient tel un fiel incessant sur ses squames, et plus le temps semblait long. L’impatience liée à la curiosité avait raison de lui, rendant cette aura constante trop vive et constante. Le Jörmungandr voulait être seul, seul face à la bête, pour la comprendre, pour comprendre. Et ce parasite infâme qui avait prononcé qu’il retrouverait sa forme… Osait lui mettre des bâtons dans les roues.

Jor’ avait joué sur le silence jusqu’ici, ce silence lourd qui se pressait sur Sif avec envie. Mais ce dernier ne semblait guère assez s’affairer sur son âme pour qu’elle prenne ses jambes à son cou et Kryos avec elle. Alors, plus le triton vendait la mèche et plus l’Inquisiteur ne se rapprochait dangereusement, jusqu’à ce que son ombre surplombe la soldate. Sa main, vicieuse, suave et lente, glissa sur son épaule avec des relents de soutien, mensonge voilant la lourdeur. Ses écailles glissaient sur sa jolie nuque, alors qu’il fixait avec dépravation malsaine le fauteur de troubles. Il ne prononça une réplique grave que lorsque Maximus finit sa phrase.

« Ce que je fais Oracle ? Ecoutez-moi bien et ne perdez pas une miette de ce que je prononce. J’observe, j’analyse et j’étudie une bête aussi immense qu’un cachalot. Jusqu’ici voici ce que j’ai constaté : la circonférence de l’incident ajoutée à l’absence totale de corps ou de réelle habitation montre que l’attaque s’est faite en une fois, et que la bête a gobé en un seul instant un village entier par-dessous. On a donc la taille de sa gueule et on peut donc en déduire en partie son gabarit. L’absence de réels survivants ajoute à cela que l’attaque a été rapide, brève, faite avec minutie et perfection. Aux vues de la quantité de viande et de matière ingérées, je doute que l’animal puisse bouger rapidement, sa digestion doit être lente et prendre un certain temps avant qu’elle ne bouge à sa prochaine cible. En attendant ? Peut-être se terre-t-elle sur le lieu de son repas. »

Peut-être n’était-ce que des mensonges, il en est que son regard caché par le casque en disait long sur la fureur qu’il portait à son parasite. Ses mots avaient beau reflétés la situation, toute son aura susurrait de s’éloigner, de fuir et de le laisser agir. Sa main délaissa l’épaule de Sifnir, et il s’avança pour faire le tour de l’Oracle. Ses paumes se posèrent dans son dos, tandis qu’il grondait, d’une colère peu contrôlée et que beaucoup pouvaient sentir dans l’air. La puanteur de la rage, le venin de l’horreur.

« Maintenant, si je demande que vous alliez faire ce camp plus loin et tout de même proche, vous le faites. La raison n’est pas suicidaire : je veux voir quand la bête va se mouvoir si elle n’a pas déjà bougé pendant que vous me faites perdre mon temps. Savoir l’heure de la dernière attaque, puis quand elle s’en va et recommence pourra nous donner son temps de digestion autant que la vitesse à laquelle elle se rend à sa prochaine cible. De là, nous aurons des informations précieuses quant au temps d’action que cela nous laisse entre deux attaques. »

Il se pencha vers lui, et chuchota sans pour autant chercher à se cacher des autres.

« Et pendant ce temps… Oracle… Vous vous plaignez et tergiversez sur des stupidités, effrayé par quelque chose qui ne vous est pas encore arrivé. Plus que cela, vous osez semer le trouble chez mes soldats, ceux-là mêmes qui cherchent à vous protéger et à amener à bien une mission qui n'a fait que mort et immondices. Continuez et je pourrais penser que vous êtes de mèche avec la créature, aussi obscure qu'elle. »

Un sourire vicieux se peignit sur ses lèvres pâles. Cette constatation en disait plus sur ce qu'il pensait de l'Oracle, dans un affront froid et un poison impitoyable. Brusquement, il revint à Sifnir. Le titan n'avait pas besoin d'aboyer, sa voix se fit sifflante, noyade immonde dans des abîmes, juste pour elle, juste pour eux :

« Quand je vous ordonne quelque chose Chevalière, vous le faites sans discuter. Je ne veux ni me répéter, ni vous voir hésiter. Maximus ! »

Son ton se fit moins lourd, la peur toujours collée à sa peau, nourrie par une excitation qui ne se calmait guère avec le temps.

« Veuillez aider votre collègue et l’Oracle à faire ce camp, en amont. Je vous rejoindrais, plus tard. Nous discuterons de ce que nous ferons à ce moment. » Il revint à sa position initiale, près de la terre retournée, sans un mot de plus, jusqu’à ce qu’il termine dans une menace tout sauf jouée : « Maintenant. »

Son discours n’était que pures théories outrageuses. Mais elles étaient là pour couver son intention autant que le véritable sujet de discorde entre l’Oracle et lui. Elles pouvaient être vraies ou fausses, elles faisaient office de poudre aux yeux pour la soldate et son collègue, que les mots du triton se perdissent dans son discours de rationalité. Jor’ s’était adapté à ce rôle d’Inquisiteur. Il avait beau être insignifiant, il promettait pouvoir. Mais ce dernier devait être réaffirmé par la discipline. Or… Si Kryos remettait en doute sa position auprès des deux humains, ils poseraient plus de questions qu’ils ne devraient.

Sa main revint effleurer la terre retournée. Envieuse. Il voulait les voir partir, maintenant. Bientôt, frère, susurrèrent-elles dans leur disgrâce.

(c) DΛNDELION







Signas:
 
« La colère du titan était présente entre eux comme l'éclat aveuglant d'une étoile en train de mourir, oscillant dangereusement sur le fil du rasoir, à là limite entre s'effondrer et exploser, vent solaire ravageant les pensées et la surface de l'esprit en une bourrasque ardente et pleine de fiel. Le titan émanait là des choses que Kryos connaissait bien pour les avoir ressenties par intermittence les deux derniers siècles. Des pulsions destructrices et pleine de mort, ravageant, déchiquetant, naufrageant les impudents qui osaient naviguer sur les flots noirs de son royaume avec l'arrogance de ceux qui se pensaient impunis. Il était terrible et fascinant à la fois, gouffre insondable qui plongeait dans les abysses de mythes plus vieux encore que l'histoire. Que n'aurait pas donné Kryos pour remonter le fil de sa vie jusqu'à l'origine de sa naissance, de projeter ses sens si loin dans le passé qu'il n'aurait même pas été certain de pouvoir en revenir. Mais n'était-ce pas là un prix bien dérisoire à payer pour assister au temps des dieux ?

Kryos accorda à peine un regard de considération à la venue du capitaine ellgardien, ses sens bien trop occupés à canaliser les débordements empathiques tumultueux qui jaillissaient ici et là de ses compagnons jusqu'en lui, le pire étant évidemment le serpent qu'il avait en face. Il sentait le doigt effroyable d'une gueule béante aux relents méphitiques caresser sa nuque avec l'insolence d'un prédateur qui raye la chair de ses crocs juste en l'effleurant. Le triton sentait le pouvoir qui était le sien se consumer avec un peu plus de force, imprégner toutes les fibres de son corps comme une chaleur malveillante, irradier silencieusement pour venir se fracasser contre cette cape de peur et de ténèbres qui accompagnait le Jörmungandr comme un linceul. Quelques gerbes semblaient déborder ici et là, ajoutant un quelque chose de surnaturel à l'atmosphère à mesure que leur deux auras tentaient de se tourner autour pour s'emparer de l'autre. Ses yeux rivés sur le casque noir et insondable de l'inquisiteur, le cœur de l'Atlante battait dans ses tempes avec une tension acérée, injectant dans ses veines un insidieux poison à mesure que la créature devant lui parlait. Et il n'appréciait pas beaucoup le charabia que cette dernière lui sortait. Au-delà même de la véracité de ces propos, c'était sa crédibilité et le statut tout entier d'Atlantys que le Jörmungandr balayait avec mépris. Cela, il ne pouvait le permettre.

Et très clairement, il avait ici une arme dont il n'aurait aucun scrupule à user : le scandale diplomatique.

Après tout, n'était-ce pas là l'occasion rêvée ? Qu'en avait-il à faire que cette chose ravage les forêts et villages de Nueva dans le fond ? Oh certes, ça présentait son lot d'inconvénients et la possibilité de participer à sa mise à mort ferait rayonner un peu plus Atlantys. Mais, concrètement, si elle venait s'en prendre à Lelanaserine Kryos ne doutait pas un seul instant qu'elle n'aurait aucune chance si tous les mages de la cité ou ne serait-ce que de l'université s'unissaient pour lui arracher la tête. En cela, tant que Kryos pouvait continuer d'étudier les manuscrits qui y étaient jalousement gardés, le reste il s'en moquait. Alors, maintenant qu'il baignait dans cette aura de terreur qui réchauffait son âme avec la froideur des abysses, il se remémorait la première fois qu'il avait vu le titan dans sa vie.

Titanesque, fier, indomptable. Beau.

Et qu'était-il maintenant ? Un être faible à l'apparence humaine, se comportant comme un humain et enchaîné par ces derniers. Un être misérable. Kryos était allé en Ellgard trouver le titan et il avait eu de la chance de pouvoir repartir, dans un succès mitigé qui avait fait de lui le maître d'un estropié plus que le maître des serpents. Mais maintenant que le Jörmungandr était en Nueva, presque seul avec lui, sans soutien ni témoin ni appui, n'était-ce pas là une occasion unique de finir ce pourquoi il était allé dans les terres du nord voilà six mois de ça ?

Si la mission se passait mal.

Si l'inquisiteur passait pour mort.

Si tous se trouvaient ravagés et brisés.

Il ne resterait plus que lui et le serpent, à sa merci. L'Atlante ignorait ce qu'Ellgard avait volé au titan pour qu'il soit ainsi devenu servile, mais plus cette réflexion avançait et plus il se trouvait face à un mur : qu'est-ce qui valait plus à ses yeux que la Source magique ? Il devait impérativement ramener l'attention du titan dans le droit chemin. C'est à dire le sien.

Voilà qui devenait l'évidence même et, intérieurement, l'Atlante sourit. La créature de cauchemar en devenait presque secondaire tant l'avidité mégalomane du triton étouffait sa psyché malade et inconsciente. Le cœur toujours palpitant à ses oreilles, un quelque chose de subtil venait néanmoins de changer dans la pulsation de celui-ci, une toute nouvelle ambition venait de fleurir dans le secret de son crâne. Et pour la mener à bien, il aurait ce temps interminablement long qu'ils partageraient ensemble à chevaucher dans la forêt. Probablement pourrait-il aussi tenter d'utiliser les deux soldats qui accompagnaient l'inquisiteur.

Mais il devait pour l'heure répondre à l'affront du titan et Kryos endosserait pour cela pleinement son rôle de représentant Atlante. Voilà un jeu dangereux, que d'exciter le serpent monde, mais si les ellgardiens étaient si fanatiques des preuves alors ils devraient bien se garder de laisser la moindre trace physique sur lui.

Digne et fier, avec toutefois dans le regard l'ombre de ce quelque chose de charismatique mais d'un peu arrogant si caractéristique à sa race, Kryos répondit d'une voix assurée mais posée à son vis à vis qui semblaient déjà parti à retourner la terre d'une façon mystérieuse. S'il fallait qu'il affronte la tempête, alors très bien, qu'il en soit ainsi.

_ Voilà des conclusions fort intéressantes, seigneur inquisiteur Conquête. Et, si je ne doute pas de la sincérité de votre désir d'apporter aux locaux le soulagement de cette peur qui les oppresse depuis peu, je crois cependant que vous vous égarez. »

Un instant de silence, comme pour mieux marquer des propos subtilement ironiques. Mais le titan semblait oublier que s'ils avaient un pacte, il n'était pas sa chose. Toutefois, pas encore. Et il n'hésiterait pas à le rappeler.

_ Vous n'êtes pas ici en Ellgard et je ne suis pas votre soldat. Votre pouvoir s'arrête à votre capacité à coopérer avec les autres, pour le moment proche du zéro, et vous n'avez sur le royaume des flots ni autorité ni préséance. Votre comportement est indigne des éloges que j'ai ouï dire sur votre nation et votre Empereur mais je préfère mettre vos accusations grotesques sur le compte de la tension qui règne en ces lieux.

Les stupidités sur lesquelles je tergiverse impliquent notre survie immédiate à tous ici présents. Aussi, vous devriez considérer avec un peu plus d'attention les conseils de quelqu'un capable de voir le futur avant de continuer de projeter à tout va votre aura de terreur dans les entrailles de la terre. »


Aucune agressivité dans ses propos, seulement un air de gravité propre à la situation. Un air peu être un peu plus chatoyant que ce qu'il aurait dû être tandis que l'air semblait presque saturer de leur affrontement magique invisible, pesant sur les esprits comme un voile insaisissable.

_ Vous semblez ne pas comprendre mon précédent avertissement inquisiteur, aussi vais-je être plus clair pour vous éviter de me sous estimer. Si vous usez de force sur moi, d'une quelconque manière, je vous fais renvoyer à la frontière et vous pourrez dire adieu à ce que vous êtes venus chercher ici, quoi que ce soit. Atlantys ne tolèrera pas un tel affront et il serait dommageable pour tous d'en arriver à cette extrémité. »

Kryos avait beau commencer à se lasser du rôle d'Oracle, d'autant plus depuis que toute cette merde de prophétie semblait prendre littéralement vie, il avait au moins cette assurance, celle d'avoir le soutient d'Atlantys et l'oreille des sages de Nueva, si ce n'est d'une partie de son peuple. S'il devait battre la campagne pour dénoncer les exactions du grand dévoreur serpentin sur les terres nueviennes auprès des populations locales pour coller une révolte à la figure des ellgardiens, le triton n'aurait aucun scrupule. Surtout considérant sa nouvelle ambition. Euryale l'avait toujours mis en garde contre la nation du nord et les expériences auxquelles elle avait assistées dans l'Empire étaient bien suffisantes pour leur passer définitivement l'envie d'y aller.

Se rapprochant d'un pas mesuré et presque trop parfait de l'inquisiteur, il lui fit face en déployant subtilement la radiation fascinante et pleine de beauté surnaturelle qui pulsait en lui avec ce frisson caractéristique que dégagent les Atlantes qui sont pleins de mystères. Juste une once, un tour de passe passe, mais qui convoyait un message bien plus subtil à l'égard du titan. Il la laissait également effleurer les esprits des deux soldats, résistant presque au désir malsain de profiter de la tension déjà présente pour déchirer un peu plus leurs esprits. Mais il n'en fit rien et termina par une constatation impérieuse en ce qu'elle était sans appel.

_ Je vais plutôt rester ici pendant que vos soldats montent le camp. Les visions d'Aquaros n'ont que faire de ces querelles, le dieu n'attend pas. »

Et de le dépasser sans un regard pour personne, commençant à s'enfoncer dans les ténèbres avec toutefois quelques précautions à cause du terrain accidenté. Attentif, il guettait autour de lui, à l'affût de la violence ellgardienne ou des mouvements de la chose au devant de laquelle il finissait pourtant par aller, non sans éprouver un frisson glacial dans le dos. Tout ceci lui paraissait futile, mais avait-il vraiment encore le choix ? Peut-être devrait-il provoquer lui-même le courroux de la bête et les faire tous avaler. Peut-être était-ce là la chance de réaliser son désir. Au moins, c'en serait fini de leurs mascarades, de l'Oracle et du Roi déchu. »



#9900CC

 
 

 

 

  Ravages monstrueuxChapter 2

 

 
Je me sens fébrile. Complétement lessivée par le simple effort de rester debout et attentive à la conversation qui se joue devant moi. Mes pensées s'accrochent, donne du sens à leur tournure de phrase sophistiqués et leur vocabulaire inutilement complexe. Neha n'aurait pas offert meilleure spectacle diplomatique.

J'encaisse même le reproche de Hallvarod avec plus de résilience que je ne me sens capable d'avoir. C'est ainsi que je résiste contre ma propre faiblesse. Contre cette partie de moi qui ne veut que déserter sur le champ cette mission. Qui veut courir jusqu'à ce que mes poumons crachent leurs mucus et que mon estomac rende son fiel.

Immobile, je tourne la tête vers Jor. Et mon esprit n'attend que le mouvement de tête salvateur de l'inquisiteur pour que mon visage se redresse vers Maximus. Je lui offre comme comité d'accueil un regard entendu avec lui. Forgé par quelques années de camaraderie -et d'une certaine obligation à la discrétion de notre relation, mes yeux lui délivrent le message silencieux : Nous devons parler.

Quand je peux m’échapper enfin de cette scene. J'embarque avec joie Maximus, le plus loin en amont. J'attend d'être à une saine distance d'eux pour briser le silence d'une voix basse mais néanmoins courroucée.

- Merci de m'avoir sortie de ce traquenard. Cet oracle est un genre d'agité à moitié dément. Paranoïaque et illuminé. Un concentré de pathologie mentale à lui tout seul.


La colère ravive mes veines avec quelque convictions. Alors je crache mon venins pour me sentir exister quelque par dans cet univers. C'est futile, mais dans l'immédiat, je veux juste a tout prix oublier ce sentiment vertigineux, cette impression d'avoir voulu avec conviction m'éteindre l'espace d'un terrifiant instant.

- L'Oracle a fait mine de savoir des trucs louches sur la nature et les desseins de l'inquisiteur. Je te transmet l'info si tu veux essayer d'être dans les bonne grâce de l'autre parasite de bureau. Mais à mon avis, la fonction du mystique est juste celle de nous faire perdre du temps.

Mon regard se tourne vers les deux énergumènes en contrebas. D'ailleurs, l'oracle semble dangereusement en train de s'agiter dans le centre des ruines. Je me détourne d'eux avant de reprendre ma marche avec fureur

- Qu'ils crèvent tous les deux.

C'est bon. Je suis prête a monter le camp. Surtout si la créature se pointe a cet instant. Je me contenterai d'obéir à ces putains d'ordre si je ne suis bonne qu'à ça aux yeux de ces gens.

 

  ©️ Jawilsia sur Never Utopia
 

 




The Ruins
Ravages Monstrueux

« I wonder which one will fall. I wonder which one is the monster. I wonder which one will catch the other. Do you smell me, as much as I smell you? Do not worry my dear, I know the truth; I'll be the one eating you. »
Il le tuerait. Un jour, il attraperait son petit cou entre ses paumes et savourerait le bruit de sa trachée se brisant, de sa peau se déchirant, du goût du sang poisseux giclant sur ses lèvres. Il s’imaginait chaque détail de la scène, de cette irrévérencieuse pièce de théâtre dont la fin ne serait que d’une profondeur macabre. L’hémoglobine ne rendrait les rideaux que plus rouges, les spectateurs horrifiés par la sentence d’un mythologique qu’on avait que trop rit. Cet oracle en premier. Il osait le menacer, remettre en question dans tous ces mensonge subjacents qui les liaient et les étranglaient.

Ses doigts dessinèrent dans la terre, saupoudrèrent de rage les relents d’un génocide. Les pas de l’Oracle vinrent s’imprimer dans la terre retournée. Il osait rester… Enfonce-le, noie-le dans cette ignominie, donne-le en pâture ! Ses squames hurlaient à l’infamie. Le Jörmungandr frissonna à cette envie qu’il refrénait. Son casque se tourna vers Sif, pour un simple mouvement de tête. Qu’importe que l’Oracle resta… Les deux soldats loin de lui était le principal. Jor’ ne voulait que lui et le monstre dans cette conversation. Et désormais, Kryos était une part de lui, que le triton voulut l’accepter ou non. Il était condamné.

L’Inquisiteur se releva, pour mieux marcher entre les ruines, se rapprochant de l’Oracle tout en restant à quelques mètres. Il passa derrière un bout de ruines pour rester cacher des gardes. Ses mains s’emparèrent de son casque qu’il détacha et posa sur la terre humide. Ses paupières s’ouvrirent, ses yeux globuleux devenant douloureux sous cet air non-filtré. Mais là était un besoin. Sa voix devait se faire entendre, sans cet écho faux et humain qu’apportait cette armure. L’humidité de la forêt soulageait à peine sa respiration. Ses poumons brûlaient. La douleur ne fit que raffermir son aura.

Les yeux du monstre brillèrent dans la nuit noire, tandis qu’ils observaient le corps chaud et fin, appétissant de Kryos. Il chuchota, dans une confidence à deux, de cette voix grave et putride :

« Qu’importe ce qui va se passer, tu es désormais prisonnier de cet étau. »

Si ce supposé frère était encore endormi sous terre, il y avait de grandes chances que sa gueule béante les engloba tous les deux. Kryos en était-il effrayé ? Et lui, l’était-il ? Un peu. Ce soupçon humain qui lui collait aux écailles et cherchait à maudire le maudit. La folie noyait cette mince angoisse. La folie de savoir. L’envie de susurrer une idée.

Sa paume se posa sur la terre retournée, comme pour atteindre la peau infâme du monstre, comme pour s’y lier. Il rapprocha ses lèvres de la lande, prêt à l’embrasser de son souffle putréfié. Un sourire macabre déchira ses joues, et sa langue pernicieuse susurra dans sa langue de titan. La voix grave du saurien glissait dans les vestiges de la terre, de ces connotations rappelant son ancien corps, de ce sifflement rappelant les abîmes de l’océan, le silence de milliers de marins engloutis dans ses crocs, la voix millénaire et insoumise des abysses. Il était là un chuchotis rappelant l'écho triomphant du rugissement d'un titan.



L’Inquisiteur termina ce discours dans un sifflement pourfendeur. Il ne pouvait parler plus, en dire plus. Et il espérait cette réponse, que la bête ne fut disparue à jamais. Son regard revint à l’Oracle, et son sourire s’agrandit encore, plein de promesses et de mensonges. Mais lesquelles étaient fausses ? Lesquels étaient vrais ? Il voulait voir la créature, il voulait la ressentir et serpenter autour. Le Jörmungandr déposait des mots doux et crochus, enveloppés d’une peur sempiternelle. Ce monstre serait-il utile à ses objectifs, à ceux de Satan ? Ou bien n’était-elle qu’un parasite de plus à dévorer d’une tendresse malsaine ? Emmenés par le fond, nous les dévorerons.


(c) DΛNDELION







Signas:
 


Into the jaws of death, into the mouth of hell.




Je ne me fais pas prier un seul instant pour suivre ma belle doctoresse loin de cette folie. S’éloigner rapidement des gens avant qu’il ne me prenne l’envie de régler les problèmes d’obéissances de l’oracle de manière… définitive. Je tache de mettre un maximum de distance entre nous et les autres avant de laisser tomber mon équipement au sol. La petite clairière était suffisamment dégagée pour monter nos tentes et nous avions une vue correcte sur les ruines.

- Faut pas trop t’en étonner, en plus d’être un illuminé croyant en des petits êtres dans les nuages, c’est un Atlante. J’en ai déjà croisé quelques-uns et il était tous aussi fumé du casque que lui. Vivre dans la flotte à longueur de temps doit leur ronger le cerveau et les rapprocher un peu plus de leurs potes les poissons.

Si la plupart des races humanoïdes me semblent pour la plupart d’imbue d’eux même, celle des Sirènes est à un tout autre niveau. Si leur beauté physique a quelque chose de surnaturel, leur suffisance équilibre diablement bien la balance.

- N’y fais pas attention, il veut sûrement semer la confusion dans nos rangs pour pouvoir agir sans s’inquiéter de nous. Ne commençons pas à nous soupçonner entre Ellgardien. On sait déjà ce qu’est ce monstre, Et puis, ne nous mentons pas Sif, a par lui et Néha, les autres m’ont l’air d’être une belle bande de bras cassé. Les miliciens locaux ne nous seront d’aucune aide, alors si on se divise entre nous, on est foutue. L’autre abomination à beau nous révulser je sais au moins de quoi il est capable…

Je m’interromps quand mon esprit tilt enfin lors de son dernier jet d’acide sur ce que j’aurais dû faire depuis le début. Ce n’était pas une approbation de ses paroles qui la réconforterait… putain ce que je peux être lent d’esprit parfois. Alors qu’elle commençait à se pencher vers nos affaires pour se lancer dans les travaux, je l’entoure de mes bras et la ramène contre moi, enserrant avec tendresse ce petit brin de femme.

- Chhhhhut, c’est bon, c’est fini pour ce soir, calme-toi ma belle, je suis là.

By Halloween sur Never-Utopia




Après tout vos petits moments dramatiques, les soldats tournent le dos et rentrent dans leurs tentes. Il est tard après tout. Alors que la petite équipe est occupée à se disputer, la nuit est déjà bien tombée et entamée. Pour éviter les températures et les prédateurs, mieux vaut ne pas traîner dans les parages et monter vos camps, oui ?

Le Jörmungandr essaie de communiquer à nouveau avec la créature. Il n'y a aucun bruit, rien. Pas de réponse, si ce n'est un grognement guttural qu'il peut à peine apercevoir sous la terre. Qu'était-ce ? Une réponse murmurée, une manifestation, ou alors le bruit du ventre d'un de ses équipiers ? Lui-même ne le sait pas vraiment. Le monstre n'est peut-être plus ici. Ou peut-être l'est-il encore...?

Lorsque vous finissez de construire vos tentes, vous vous organisez pour dormir. En plein milieu de la nuit, l'air dehors devient lourd, irrespirable, et quelque chose d'inquiétant semble roder. Maximus et Jor' trouvent le sommeil étrangement trop rapidement, comme ensorcelés, alors que Kryos est bel et bien réveillé et a les yeux grands ouverts. Il sent que quelque chose cloche. C'est similaire à l'impression qu'il a eu en foulant les terres désacrées. Quant à Sif'... Quelque chose la maintient éveillée. Elle n'a pas réussi à fermer l'oeil. Pourquoi ?
Toujours est-il que l'Oracle et le Médecin de Guerre voient sur les ombres de leurs tentes se dessiner des formes chaotiques.

Que comptez-vous faire ?




 
 

 

 

  Ravages monstrueuxChapter 2

 

 
Je profite de notre isolement pour poser brièvement ma tête contre l'épaule de mon capitaine. Ses bras m'offre cette bouffée d'oxygène salvatrice tant attendue. Ça purge les gesticulations anarchiques de mes pensés et appaise les tremblement de mes muscles.
C'est exactement tout ce dont j'ai besoin actuellement.

Alors oui, je profite avidement du confort qu'offre l'accolade de Maximus. Mais loin de me complaire dans cette étreinte, je m'en sépare brusquement après quelque instant. Comme si c'était une drogue dont je consommais dans le secret le plus inavouable. Faut dire que ma fierté souhaite éviter d'être pris en flagrant délit de geste affectueux.

- Merci.

De nouveau sereine, je me met nonchalamment a monter le camps. On prépare vaguement quelques rations avant de finalement décider de prendre ensemble une même tante. Laissant au retardataires le soin de partager la même couche.



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Je ne dors pas. Mon regard observe la voute de ma tante sans trouver le repos réparateur que mon esprit réclame. Il ne doit pas être minuit, mais j'entends déjà la respiration régulière de mon amant à mes cotés. Non sans une pointe d'agacement, mon œil dérive un peu plus vers les formes lumineuses qui agitent le tissus de notre gîte. Sans doute le feu mourant et ballotté par les vents du pays. Mon esprit se perd dans le mouvement hypnotique de la lumière qui vacille sur la toile. Mais non. Quelque chose ne se tait définitivement pas et mes yeux restent toujours alerte et éveillés.

Après un temps indéfinis, quelques tâches d'ombres trouble mon activité, mon esprit réagit au quart de tour en comprenant l'intrusion d'un tier. Je me redresse le plus silencieusement possible. Ma main vient pincer le nez de Maximus pour le réveiller en vitesse. Mes bras trouvent instinctivement mon arme et le pointe en direction d'une silhouette confuse mais proche.

 

  ©️ Jawilsia sur Never Utopia