Lost Kingdom  :: Ellgard :: La Capitale - Keivere, citée des Sciences

les cris des âmes en perdition — ft. jor' r. hallvador.

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The Mistake
Vanyce & Jor'

« One time. I've let you live one time. The mistake in my scales, crawling to whisper my misbehave. And you came back, ô... I'll drawn you in despair. I'll swallow you to break you, to correct you. »
Il avait mal. Un mal qui ronge l’âme, qui ronge l’esprit à un point où la rage même n’arrivait plus à le stopper. Il sentait ses écailles, ses anneaux sous les vagues, le grondement sourd entre ses os. Il les sentait sans pouvoir les agripper, pris au piège dans un corps trop infime pour sa masse. Les promesses d’Aerith étaient ce qui le gardait moins fou, moins… Effrayé par la possibilité d’un piège éternel. Et celles de Kryos, un Oracle, calmaient son impatience et infestaient tel un poison sa raison. S’il ne le croyait pas au début, ses actions sur Fhaedren avaient légèrement changé son opinion. Le serpent monde doutait de la validité mortelle du triton.

Charlatan ! Rugirent ses écailles. Jor’ brisa le verre qu’il tenait dans sa main. L’action fit sursauter les quelques employés du palais. L’Inquisiteur resta immobile, sa respiration sifflante, robotique, creuse. Son regard restait fixé sur la table, caché heureusement par son casque. On ne croit que nos semblables, ronronnèrent ses anneaux. Celle qui putréfie et dévore. Satan et lui étaient deux prédateurs dont les trahisons mutuelles s’empilaient sans pour autant laisser la rancœur tenace. Car l’un comprenait l’autre, car ce n’était qu’instinct et faim. Malsain.

Jor’ avait besoin de prendre l’air. Une simple bouffée de ces miasmes humains avant de faire face aux autres Inquisiteurs et leur suffisance. Il les tuerait, un jour, il les goberait vivants. Sans se soucier d’être discret, le saurien se glissa contre le mur immense du palais, faisant face à deux employés pris d’amour futile pour un manant. Il voyait leurs cœurs stopper un battement, en dénotant sa présence.

« Plutôt que de jouer, tuez-le ou envoyez-le ailleurs. »

L’Empire était déjà tendu, à cause de la Résistance, Mearian et même Akantha. Cela l’animait d’une satisfaction bien rancunière, et d’un ennui profond. Serpent en laisse, il se devait de montrer les crocs à tout étranger se trouvant près des Impériaux. Le Jörmungandr sentit ses écailles frissonner. Il fixa ce visage aux yeux se détournant, ce visage fin, aquilin, vif, ces cheveux blancs. Il ne reconnaissait pas son visage. Ses écailles frissonnèrent encore, alors il prit une longue inspiration. Son odeur était familière. Jor’ était de ces monstres à l’odorat brillant ; chaque corps possédait un humus unique, bien lié à ses émotions.

Il fixa le sang pulsé dans ces muscles. Ses yeux ne se détachèrent pas de cette silhouette fine. Il se mit à courir. Ô… Vanyce. La plus belle de tes erreurs est de courir face à un chasseur. Car sa gueule béante n’en a que plus envie de te gober. L’erreur, sifflèrent-elles à l’unisson.
Les deux mécréants fixèrent, méfiants, l’inconnu fuir. Jor’, lui, gronda.

« S’il s’avère que c’est un résistant et que vous ne l’avez pas attrapé ; je me charge de vous éviscérer. »

L’excuse parfaite. Ils détalèrent, comme ayant le diable aux trousses. Lui, s’ébroua, avant de mieux entamer sa poursuite. Elle lui en rappela une autre, d’il y a quelques années… Elle lui avait filé entre les doigts. Cette fois-ci, il ne laisserait sa proie glisser tout là-bas. Les crocs se découvrirent en un sourire malsain, suave, envieux. Son regard brilla de convoitise et d’une excitation difficile à dissimuler. Il voulait ramper, ligoter, montrer à cette erreur de sa part, qu’il lui montrerait petit à petit la voie sans issue.

L’armure cliqueta lourdement sous ses pas, l’ombre du Jörmungandr filait devant lui, autour de lui. Il rattrapa les deux humains et les dépassa pour mieux s’engouffrer dans une rue adjacente à celle qu’avait prit le fuyard. Poussant les passants brusquement, glissant entre les corps habilement. L’ombre se cabra, ses pieds escaladèrent le bois, le toit. Les tuiles se brisèrent sur le sol tandis qu’il atterrissait de toute sa masse informe devant le jeune garçon.

Un genou à terre, près de sa main gantée, avant qu’il ne se relève pour lui faire face. Non. Tu ne pouvais pas lui échapper. L’obsidienne contrastait avec la blancheur de son erreur. Elle cherchait à l’avaler, envieuse. Il se rapprocha inéluctablement. Jor’ n’avait rien besoin de dire. Les mots glissaient entre eux. Les deux autres humains arrivèrent de l’autre côté de la rue, observant un Inquisiteur déformé, cloîtrant le fuyard contre le mur.

Il ne chercha pas même à le toucher, il le tenait entre ses anneaux, dans sa présence. Son casque se rapprocha de ce visage jeune, ne demandant que des cicatrices pour l’enlaidir. Encore un peu. Assez pour l’effleurer de la froideur du métal. Le serpent prit une longue respiration, frissonnante, sinueuse. Il gobait son odeur sur son palais avant de sortir d’une voix grave :

« Je n’offre sursis qu’une fois. »

Et le fiel se répandit sur tes fines épaules.


(c) DΛNDELION







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