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[Terminé] - "Can't start a revolution without severing a few spines."

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VAN ASTRAEUS HELIOS
IDENTITÉ
RACE ▬ Goule - Ange.
AGE ▬ 44 ans.
ORIENTATION SEXUELLE ▬ Hétérosexuel.
SITUATION PERSONNELLE ▬ Mariage réprouvé par sa moitié.
NATIONALITÉ ▬ Mearien.
FACTION ▬ Résistance.
MÉTIER ▬ Branche Tactique(?).


MAGIE ET COMPÉTENCES
PHYSIQUE
❯ agilité ● ● ○ ○ ○
❯ force ● ● ● ● ●
❯ endurance ● ● ● ● ●
(TECHNO)MAGIE
❯ mana ○ ○ ○ ○ ○
❯ puissance ○ ○ ○ ○ ○
❯ contrôle ○ ○ ○ ○ ○
❯ Absoluité : D'ascendance angélique, Helios est à même de se doter d'une paire d'appendices duveteux, leur palmure semblable à un plumage immaculé. Prenant racine à hauteur de ses omoplates, elles semblent être matérialisées selon sa bonne volonté, ne s'en incommodant nullement au quotidien, prêchant la simplicité sobre - spartiate - à l'éloquence dûment acquise au travers des origines de son paternel. N'étant nullement d'origine biologique, elles jaillissent au travers de la plaque lamellaire constituant son carcan d'obsidienne, mais les potentiels dégâts leur étant infligés se réverbèrent bien sur un système nerveux au même titre que le reste de son organisme. Elles adoptent une envergure appropriée pour soulever un corps aussi massif.

"Run if you must, but you'll only die tired."

❯ Androktaszai : L'Expéditrice. Terrifiant Psypher du Résistant. D'une manufacture paradoxalement dénuée de chaos, cet outil arraché des mains d'une dépouille déjà saisie par Rigor Mortis, éviscérée sans sommation par son nouveau détenteur, présente bien des particularités le démarquant de l'attirail habituel d'un militaire du rang. En travers de son dos, sans que l'on aperçoive ni sangle ni fourreau, repose cette hache aussi inquiétante que son porteur, ineffable présage de la guerre. La poignée enlacée de cuir dépasse dans le dos du géant, comme si elle tentait d'observer par-dessus son épaule, malicieuse sentinelle aux intentions viciées. Le cristal meurtrier, lui, héberge une nuée de visages hurleurs, faces prisonnières, peut-être, des damnés ayant été occis, trahissant un travail minutieux sur une ressource aussi rare. La lame rubescente aux bords déchiquetés est aussi large que le torse de son maître, et, fichée dans le sol, elle devait lui arriver à la taille. Ordinairement, une telle arme aurait été physiquement impossible à manier, ayant malheureusement trouver un formidable combattant aux aptitudes stupéfiantes. La demi-lune émergeant d'une gueule de loup soigneusement façonnée éclipse sa jumelle, s'étirant comme les mâchoires d'une bête épouvantable, sa portée s'étendant jusqu'à la moitié de la garde permettant son maniement. Arc-de-lumière vif de mort poupre. Un engin de destruction édifié non pas afin de combattre, mais de décimer. La volonté impie infusée dans cette arme en a érodé toute tentative d'humanisation, la rendant parfaitement adaptée à un individu tel que van Astraeus. Sépulcral artéfact, épuré, se discernant du commun des armes blanches par l'infini malveillance y résidant, hôte d'une animosité sans borne aucune, prédisposée aux démonstrations martiales oblitératrices de son détenteur animé d'un abyssal désir d'annihilation. Son statut de Psypher octroie également une capacité à son détenteur, pourtant démuni de tout contrôle technomagique. Fort heureusement, il s'agit d'une compétence ne requérant aucune habileté : chacun des arcs-de-cercle tracé par l'arme de cristal libère une gerbe de flamme affamée. Une analogie récurrente faite parmi les anciens subalternes serait qu'Androktaszai est à Helios ce que les crocs sont à un loup - à ceci près que les mâchoires d'une bête ne fende que rarement les êtres humains en deux avec une aisance écoeurante, insufflant une terreur indicible chez les survivants.

"The battle was never ending, sapping our minds and bodies to the point of exhaustion. But he thrived amidst the carnage, every killing blow renewing his bloodlust. He simply couldn't be stopped."

❯ Providence : Armure de plaque lamellaire presque caractéristique du colosse. Formidable prouesse de metallurgie, sans doute aurait-elle incarné d'origine un chef-d'oeuvre amplement suffisant sans compter son enchantement. Forgée pour épouser la stature conquérante de son propriétaire, Providence ne pâlit aucunement face à l'apparence atypique d'Androktaszai. Assemblage d'un harnois impénétrable, d'épaulières cornues retenues par d'épaisses sangles de cuir moucheté de sang, et de gants incarnant la personnification de la poigne de fer qu'exerçait Helios sur ses hommes, ce dernier est engoncé dans un rempart ambulant. Des croquenots sanglés, munis de crampons de sorte à permettre au titan de franchir les pentes, des tassettes ceintes à la taille par un massif ceinturon duquel chute une cascade de tissu lacéré, vestige de ce qui fut sans doute aucune une cape, par le passé - réduit à l'état de linceul balayant le sol dans le sillage de l'Insurgé. Octroyant une prestance impérieuse, oppressante, au van Astraeus, c'aurait été bien trop facile de se contenter de représenter une apparente absolue protection à un adversaire déjà formidable armé d'un pagne et d'une pierre. Enchantée, Providence déploie une sorte de magnétisme sur toute sa surface. En effet, c'est le seul moyen pour qu'Androktaszai réside en travers de son dos sans attache, aucune, mais au-delà de cette commodité, il s'agit bien d'une capacité effrayante. Affectant toute sorte de métaux vulnérables à un tel phénomène, elle est à même de dévier les assauts les moins lourds, les projectiles arrivant à terme de trajectoire, et, dans la mesure où son adversaire disposerait d'une force suffisante, d'au moins réduire la force de l'impact.

"I swear to you, we put a dozen arrows into him and he just stood back up. These so-called Blackstones, these madmen of Akantha — there is no stopping them."

PHYSIQUE
"My men ambushed the traveler in the woods, but it was we who were surprised. Such keen senses, swift motions, flawless strikes. We never stood a chance."

Sous la massive carapace d'obsidienne d'Helios apparaît une peau bronzée - marquée par le soleil. Les rayons de l'astre solaire qui frappent, inlassablement, implacables, sur le sable de l'arène. Sur le sable du désert. Se réverbèrent sur l'acier, aveuglants. Un corps forgé par la guerre, la violence, incapable de se résoudre proprement à la sérénité, et au calme. Paix, tranquilité - voilà les actes de chiens domestiques ayant réprouvé leurs crocs. Les uniques irrégularités présentes sur l'épiderme du colosse sont les stries blanchâtres se démultipliant. Sur ses mains, ses avant-bras. Constellant ses quadriceps, son dos, ses flancs. Détourant son oeil gauche, incapable de perforer son globe oculaire. Sa lèvre supérieure, fendue - dans le tracer du tranchant l'ayant pratiquement rendu borgne. Présentant une constitution athlétique, il repose sur deux pieds fermes, manifestement habitués à l'effort, accompagnés de cuisses profilées et de mollets proéminents qui sont preuves d'une capacité à se mouvoir aisément et prestement. Un fessier ferme, surplombé d'une échine dont les muscles dorsaux sont vigoureux, et les trapèzes robustes. La face est à l'image de l'arrière, dévoilant une ceinture abdominale dessinée et sèche, elle-même dominée par un solide plastron pectoral et souligné.  Deux épaules trapues arborant de puissants bras, et des mains fermes comme des étaux d'acier, capable de briser os et métaux avec la même facilité.

Une arme construite par les années d'esclavage - puis, les saisons dans l'arène. Et enfin, la décennie dans l'armée. Un cycle infini de férocité, sauvagerie, ayant façonné son être de la même façon qu'on forge une lame. Une existence transformée en sanglante croisade, moisson terrifiante dont il avait jusqu'à récemment perdu l'objectif de vue.

En effet, au-delà de sens guerriers accrus, Helios présente également une aisance physique tout bonnement absurde. Ce qui octroie au Tyran l'opportunité de faire preuve d'une puissance potentiellement étourdissante et improbable, d'une force abrutissante semblable à un blizzard déchaîné face auquel un homme n'est rien. Ses réflexes fulgurants prennent par surprise - car au-delà de l'handicap incarné par sa carrure, Helios dispose de toutes les compétences d'un maître d'armes. Vif, chacun de ses mouvements imprégnés d'une dextérité martiale asphyxiante, une gestuelle exsudant d'une froide expertise. Formidable épéiste, la Goule semble également capable de faire preuve d'une ingéniosité et d'une adaptabilité surprenante, ayant expérimenté la survie en milieu hostile avec le sentiment d'urgence lui pressant la cage thoracique, traduction d'une formation adéquate.

Et lorsqu'il entre en mouvement, c'est avec la férocité dégénérée qu'on lui a enseigné. Une célérité incompréhensible, dépassant les normes avec une aisance écoeurante. Une agilité rendue rigide par son attirail, couplée avec une force physique écrasante. Implacable lame d'énergie à peine perceptible, s'abattant comme un assaut frénétique sur ses proies avec une vigueur renouvelée à chaque étincelle projetée par l'entrechoc des armes. Une rage viscérale naissante, un rugissement avide de carnage qui n'est pas sans évoquer le tonnerre et la peur qui lui est intiment liée. Une tempête d'acier et de douleur. Un ouragan de destruction animé par une sauvagerie et une malveillance inhumaine, dès lors qu'on s'attire l'ire du Résistant. Son hostilité, violente, qu'il ôte ou endosse comme un manteau, le fait se muer en l'espace d'un instant d'un être passif à un combattant entraîné dont l'unique volonté est l'annihilation de tout danger immédiat. Dans ces cas, l'aura de l'ancien gradé varie drastiquement, explosant dans toute sa sombre splendeur. C'est une peur primitive, une angoisse animale, un frisson glacé qui court sous la peau comme un ver insidieux, le long de l'échine. Il inspire une terreur bestiale, un effroi sublimé, une bouffée d'épouvante qui paralyse les poumons, qui fait courir un frisson spinal grouillant sous la peau, rôdant sur les os. Et là où seul un froid tétanisant régnait un instant plus tôt, un éclat cruel et féroce semble poindre, alors que ses iris métalliques harponnent sa première cible, dont le monde semble soudainement immergé, attiré sous l'eau, le temps se distordant pour adopter une dimension ralentie. Une pression incommensurable. L'environnement crépite d'une tension malsaine, comme précédant une tempête. Et cette angoisse s'imprime lentement dans le psyché des témoins. Comme une marque au fer rouge. C'est une certitude déconcertante, mêlant les frissons d'une agonie prochaine à l'effroi incontrôlable lié à une menace imminente, un noir désir d'annihilation.

Son faciès aux traits taillés à la serpe, durcis par la rigueur d'un quotidien spartiate, ne présente aucune élégance particulière. Expression impavide en permanence placardée comme une façade à toute épreuve, réhaussée d'une crinière argentée - digne legs de sa génitrice -, l'alchimie ne saurait accomplir sa besogne, et contrairement à sa soeur cadette, Helios n'a pas le loisir d'être qualifié comme ayant un visage charmant. Une tête qu'on attribuerait facilement à un individu ayant favorisé une ascension sociale au travers du monde militaire. La seule caractéristique hors-norme de l'Obsidien - si ce n'est son presque mètre quatre-vingt dix de hauteur - sont ses iris. Trônant au sommet d'un cou de taureau ceint par un colifichet - curieuse plaque de fer, prix de son service chez la Légion d'Obsidienne -, ses saphirs céruléens renforcent la prestance impérieuse du colosse. Orbes orageuses jumelles, constamment animées d'une étincelle féroce, ne demandant qu'un appel d'air pour exploser et s'embraser, conférant une présence de conquérant à Helios. Aspirant à la royauté sans esquisser le moindre geste.
CARACTERE
"While most orders teach the merits of calming the seas of the soul, the Blackstones have embraced the raging inner storm."

Ne viole jamais une femme - respecte-la comme le temple sanctifié qu'elle incarne.
Ne porte jamais atteinte à l'intégrité physique d'un enfant - si revêche, c'est à ses géniteurs que tu devras en rendre compte.
Ne mens pas, ne triche pas, ne vole pas. Laisse cela aux gens médiocres.
Ne retourne jamais tes crocs contre la main t'ayant nourri, logé, aimé.
Ne laisse jamais l'idée du profit te guider sur la voie du mal.
Ne cesse jamais de guerroyer pour tes valeurs, jusqu'à ce que l'enfer gèle. Alors, seulement, bats-toi sur la glace.

Un code de conduite dicté par Dixios, le mentor de l'Obsidien. Colosse psycho-rigide en apparence, Helios obéit à des règles strictes, propre à l'existence spartiate menée par un individu ayant accompli une ascension sociale au travers du domaine militaire. Sans grande surprise, il n'aspire aucunement à l'élévation spirituelle - son psyché endoctriné par les sciences de la guerre incarnant le squelette de son mode de pensée. Loin du matérialisme pour autant, van Astraeus accorde en certaines valeurs une importance quasiment démesurée. La loyauté, l'honneur, la force. Pragmatique, il serait bien incapable d'appréhender le fait que de telles notions sont loin d'être binaires, et si promptes à la controverse. Puissent les Seraph garder le pédagogue se décidant à faire la morale à l'Ange, borné et sourd aux propos de ses interlocuteurs.

Helios a été forgé aussi bien mentalement que physiquement par son expérience. Ne se soumettant que rarement au point de vue de ses homologues, son sens logique et pratique prime sur les avis apportés et à considérer dans une potentielle équation. Il est de ceux qui campent sur leur position - et n'en démordent jamais, à moins d'être mis face à l'échec par raisonnement infaillible. Qui plus est, il n'existe aucun grand guerrier pouvant se targuer d'avoir un intellect défaillant - de tels individus connaissent rarement une fin avouable. L'Obsidien se plaît à s'estimer à sa juste valeur, il n'est plus le jeunot pataud et maladroit qu'il fut, en pénétrant pour la première fois dans l'arène. Habitué à un certain statut social au travers de son ancien poste dans l'armée d'Akantha, la Goule ne tolère pas l'irrespect gratuit, ce qui nous permet d'aborder une nouvelle facette de sa personnalité.

Van Astraeus est incroyablement rancunier. Toutes les dettes se payent - surtout lorsque la prime est de sang. Il n'existe pas pire individu à se mettre à dos, malgré son attitude franche, honnête, parfois brutale. Sa détermination brûlante, sa soif perpétuelle de vengeance, de représailles, le transforme en féroce traqueur. Un poursuivant n'ayant aucun repos, adoptant une marche forcée, les yeux rivés sur sa victime. Peu importe la distance mise entre lui et son détracteur, il finira par se saisir de ce dernier. Helios a cependant la décence de ne pas être un tortionnaire. Et les torts de chacun leur appartiennent, il ne s'en prendra aucunement à la famille des concernés afin de les tirer dessus, régi par ses principes. Androktaszai, l'Expéditrice, s'abat tôt ou tard à la manière d'un couperet sur sa victime. Comme une malédiction. Une perpétuelle menace rôdant au-dessus de la tête de ses adversaires.

Se faisant l'écho parfait des enseignements de la Légion d'Obsidienne, Helios n'est malgré son code de conduite pas un individu avec lequel traiter à la légère. Ses iris orageux se font une parfaite fenêtre vers l'âme du Tyran. Parfois imprévisible, presque bestial, dans ses exactions. Ces légionnaires d'Akantha sont considérés comme de lugubres figures, même au sein des autres régiments. Réprouvant tout droit de rétraction sur leur engagement, ils incarnent une meute d'esclaves affranchis, de criminels condamnés, de minorités écrasées, ou encore de veufs et veuves fuyant l'oppression sociale. Débarrassés de leur existence antérieure au travers de la vertu purificatrice de la douleur. Et même parmi ces chiens enragés, l'Ange s'est démarqué, obtenant le rang de second aux côtés de la femme l'ayant arraché à l'arène. L'Obsidienne n'a pas les prétentions absurdes d'incarner une grande et vaste famille. Il s'agit davantage d'un refuge pour les marginaux désireux de profiter des bénéfices du statut de militaire, loin des foyers malgré l'absence de conflit ouvert d'Akantha. De s'épanouir dans un groupuscule, édifiant quelque chose de plus grand que leur propre bien-être.

Van Astraeus n'a pas le prétention de se considérer comme un formidable leader, malgré ses indéniables compétences dans le domaine de la guerre. Surnommé "Tyran", les Obsidiens sous la tutelle du conquérant n'ont pourtant jamais réellement eu à se plaindre. Méticuleux, ayant appris de sa supérieure, Helios est une présence inspirante, hors du champ de bataille. A la façon d'un paternel stéréotypé : bienveillant, mais ferme. Incapable de s'armer de la condescendance abhorrée des officiers habituels, il n'était pas rare de le croiser à des heures avancées, assis autour d'un feu avec des soldats du rang, s'attardant sur un jeu de carte, les traits tendus par la concentration malgré l'air rieur furetant sur ses lèvres. Au même titre qu'Helios fait preuve d'une certaine indulgence à l'égard des civils, son attitude vis-à-vis des hommes sous ses ordres est sans doute ce qu'on pourrait le plus rattacher à une sympathie latente, au couvert de son attitude dure, farouche. Nul doute qu'il aurait mené une croisade seul pour réclamer vengeance au nom de ses subalternes.

Inspirant était le terme employé pour le décrire, hors du champ de guerre. Mais, une fois engagé, Androktaszai libérée des entraves magnétiques, Helios change pour devenir une icône bestiale. Figure galvanisante, dans une transe frénétique, l'Obsidien se mue en formidable machine de destruction, véritable virtuose du meurtre. Son endurance effrayante, la précision chirurgicale de ses coups... Ses prouesses martiales agissent comme autant d'afflictions morales sur ses opposants. Ses rugissements poussent chaque légionnaire à se transcender, transformant au fur et à mesure chaque membre de cette force armée en terrifiants assaillants dirigé par un instinct de meute singulier. Une valse martiale oblitératrice, teintée de la férocité humaine - terrifiant facteur soulevant des peuples. Des percées inespérées, sans perdre de vue leurs objectifs. Se souciant uniquement d'obtenir un triomphe écrasant - la victoire totale n'est-elle pas le dû de ceux baignant dans l'exultation d'une extermination absolue ?

Il n'existe pas de grand guerrier idiot, et Helios se démarque par un intellect tranchant résultant d'une éducation approfondie. Mécanique froide, cartésien, son mode de pensée certes rigide fut jusqu'à présent particulièrement approprié pour les domaines dans lesquels le Tyran évoluait. Le considérer comme un individu de culture serait se méprendre - il n'est pas de ce genre d'intelligence. Très peu d'intérêt pour la grande littérature, vous l'aurez compris. Sans doute qu'entretenir une discussion avec un être aussi binaire n'aurait pas grand intérêt, mais il entretient un esprit vif, tranchant. Logique - de façon presque morbide. Il aborde les situations avec un pragmatisme dérangeant, dès lors qu'on ne le prend pas à parti, et que son code n'est pas en jeu. Si laisser cet homme-ci être passé à tabac lui permet d'atteindre la cantine plus rapidement, alors, il ne mouftera pas. Individualiste au possible, hors de ses domaines de prédilection, il n'incarne pas réellement l'image propre et immaculée du grand paladin à laquelle on aurait pu s'attendre. Presque égocentrique, si ce n'était pour ses qualités exacerbées, il n'est pas sans rappeler la facette maudite de sa génétique.

Enfin, il est possible de le considérer comme taciturne. Aura dominante, impérieuse, intimidante - quel besoin éprouverait-il de discuter avec des cafards sans couleur, sans saveur ? Saveur est le terme. Son appétit croissant pour la chair humaine n'est pas sans traîner à l'arrière de son crâne en permanence. Certains s'abandonneraient sûrement à des dilemmes sempiternels sur une loi de causalité, ou s'attardant sur des notions abstraites de bien et de mal. Aux yeux usuellement azurés d'Helios, il s'agit simplement du travail de la nature. Il est né prédateur - alors la question ne se pose nullement. N'ayant développé que peu de kink vis-à-vis de ses repas, l'Obsidien s'est pourtant trouvé un favori chez les violeurs, maintenant ses victimes méticuleusement en vie tandis qu'il s'en repaît. Bannissant la caste féminine de son régime alimentaire, ainsi que les enfants, Helios se surprend parfois à se priver, comme mué par un instinct paternel lui étant pourtant étranger. Il ne leur accorde aucun intérêt particulier, si ce n'est l'évocation de son code. Il s'agit simplement de respecter ses principes, la bienveillance envers les civils ayant ses heures, le dédain, d'autres.

Séparé de sa moitié après avoir quitté l'armée d'Akantha au profit de la Résistance, Suhnat de la Légion d'Obsidienne l'a réprouvé. Perdant son second, son amant, et peut-être le père de sa progéniture, le van Astraeus n'est que peu fier de cette finalité. Sa loyauté indéfectible, sa dévotion absurde envers sa qualité première, l'ayant failli. Et une certaine culpabilité semble poindre dans son esprit pourtant si centré sur ses besoins personnels - et sa faim indicible. Cependant, la recherche perpétuelle de sa soeur cadette incarne la raison même d'être resté en vie les vingt-six dernières années de son existence. Et sa vengeance sur les van Astraeus, l'épilogue de cette dernière.

Gabriel et sa Résistance seront l'outil parfait. Un échange équivalent où tous les partis sont gagnants.

" Je ne suis pas guidé par la haine. Je ne suis pas guidé par la peur. Je ne suis pas guidé par le désir, le devoir ou quoi que ce soit de rationnel. Je ne les comprends plus depuis longtemps. Tout ce qu'il me reste, c’est la Vengeance ; froide, dure et finale. "

HISTOIRE
"The Legions each glorify their victorious warriors in their own unique way. Some celebrate and drink, others honor the dead, but the Blackstone Legion worships the purifying virtue of pain."

Ils ne comptaient manifestement pas venir le chercher, chez l'oncle Dixios. Le regard dans le vague, un Helios frêle, encore dans l'enfance, semblait comme phaser, dans une torpeur léthargique. Spectateur de son existence, il ne reprit que vaguement consistance lorsque son précepteur lui offrit une lettre stéréotypée - signée par les géniteurs l'ayant abandonné là pour donner naissance à sa soeur.

*****

Le Tyran bascula de sa chaise, sur laquelle il s'était endormi depuis un moment, déjà. Le siège reposant sur deux pieds, bottes calées sur la table, la chute fut difficile, et accompagnée d'un grondement de courroux teinté de douleur. Vision obscurcie, sens engourdis, la capacité d'adaptation de l'Ange prit les devants, et rapidement, il comprit sa situation, en percevant le chaos ambiant, les cris, les coups. Rapide coup d'oeil ; son épée avait disparu de la table sur laquelle elle résidait. Première soirée en Akantha, après avoir franchi la frontière, et le voilà qui avait déjà perdu de vue ses objectifs. Helios se redressait en maugréant de façon incompréhensible, se massant le bas du dos, l'ivresse encore palpable ralentissant ses mouvements et ses réflexes foudroyants. Pour le moment, il n'était qu'un autre ivrogne attiré de force dans une bagarre générale, et il avait bien trop mal à la tête pour pleinement y participer. Aussi se serait-il dirigé vers la sortie, si un poivrot téméraire ne l'avait pas attrapé par l'épaule, pour le retourner, et le frapper en plein visage.

Malgré son ivresse, van Astraeus fit un pas en arrière. Et son expression impavide, glaciale, se craquela, fissurée, avant de voler en éclat sur un masque de rage en prenant pleine conscience de ce qu'il venait de lui arriver, portant une main à sa mâchoire. Alors âgé d'uniquement 18 ans, l'hybride était un miracle génétique, disposant déjà à l'époque d'une stature suffisamment imposant pour rivaliser avec un homme adulte.

Décharge neuronale, impulsion sauvage.

Le coup qui atteint son adversaire sous la mâchoire le souleva du sol comme un bambin, avant qu'un nouvel assaut ne l'atteigne aux côtes, le pliant en deux, pour mieux refermer sa main massive sur l'arrière de la tête de sa victime, le surélevant légèrement avant de l'encastrer dans le plancher en le défigurant, fracturant la planche de bois sur laquelle il l'abattait. Enfin, l'Ange se redressait, ses saphirs céruléens exhorbités par la colère noire qui vrombissait au fond de son être. Inspirant profondément, il bombait le torse, la douleur se répandant comme une onde de chaleur dans son visage l'éveillant pleinement. Colosse à la musculature massive, cette dernière roulait sous sa tunique, alors qu'il la ramassait en grondant, se ruant déjà à la rencontre d'un autre opposant stoppé net dans son mouvement, surpris de le voir briser une telle distance en l'espace d'un souffle. En expirant, sa bottine gauche oblitéra la rotule de l'homme, l'amenant à bonne hauteur pour être assommé d'un direct du droit. Les mains de l'Obsidien leur faisait l'effet de coups de gourdin, brisant les os avec une facilité déconcertante.

Une prestance écrasante. Un tyran primitif, bestial, qui aspirait à la royauté sans esquisser le moindre geste. Il réduisait les environs au silence par sa simple existence, véritable hégémonie chaotique et flamboyante de tension. Une électricité parcourait l'endroit ; intime mélange de panique, d'effroi, et de frustration. Après tout, qui ne serait pas légèrement désarçonné de percevoir la présence suffocante du Tyran, ayant transformé une rixe de bar en passage à tabac, démonstration martiale malgré le poison courant dans ses veines ? L'atmosphère était comme gelée dans le temps, pétrifiée par la terreur sublimée qu'infligeait la Goule à son entourage. Tous les cloportes s'applatissaient, oblitérés par l'impériale aura farouche d'Helios, dont le regard tranchant se promenait à la recherche d'un individu encore ivre. Une suprématie déconcertante qui le privait de sa propre concentration. Tout du moins, s'en persuadait-il, alors téméraire, présomptueux, et surtout à moitié ivre.

Enfin, les gardes firent irruption, mettant un terme au chaos. Déjà, ils clouaient l'une de leur victime, à même le sol, réenclenchant le noir désir d'annihilation du Tyran qui percutait brutalement un autre homme des coudes au niveau de la poitrine, le propulsant sur la table adjacente qui cédait sous la forme de l'impact, pendant que l'étranger abattait son poing dans le faciès d'un autre, l'éjectant au sol avec la même facilité, disposant d'une gestuelle martiale écrasante, face à des bouseux. Réflexes fulgurants, il fléchissait les jambes pour éviter le coup d'un garde s'étant approché drôlement vite, fracassant son coude vers son visage découvert, lui brisant le nez dans la foulée. Pivotant sur ses appuis, Helios se fondait de côté, esquivant l'arc-de-cercle tracé par une massue, et déjà, on le saisissait aux épaules. Il se servait de cet appui opportun pour forcer sa ceinture abdominale à relever ses jambes, écrasant les semelles de ses bottes dans le plexus solaire de l'homme à la masse, en plus de coller son assaillant au mur pour lui faire lâcher prise. Aussitôt, il tombait sur son bras en s'effondrant sur lui-même, pliant les genoux, avant de lui donner un coup de tête d'anthologie qui l'envoyait rejoindre les autres ivrognes à même le sol. En se redressant, le Mearien reçut un coup à l'estomac, le forçant se plier, puis un nouveau à la figure, lui ouvrant la lèvre. Sa main mutilée tenta de se refermer sur le poignet de son opposant, sans succès, étourdi. Rapidement, les autres lui vinrent en aide, et en l'espace d'un souffle, il fut maîtrisé, malgré la dévastation semée dans le bar, traîné à l'extérieur, à moitié sonné par les bourrades répétées qu'on lui assenait en guise de représailles, le tenant par les bras.

C'était sans doute le geste le plus stupide de l'histoire d'Helios. Ivre mort, s'en prendre aux gardes d'une frontière, se débattre, avec toute la fougue que sa jeunesse lui offrait alors. Un jeune adulte ne disposait pour ainsi dire d'aucune chance, formé au combat par son oncle ou pas, et ce malgré un physique avantageux. Ses lippes fendues s'entrouvrirent, afin de vomir une pléthore d'insulte, son faciès réduit à l'état de bouillie sanglante.

Un dernier coup au visage, et ce fut le vide.

*****

Le monde s'était réduit à un espace d'agonie et de ténèbres. Tout ce qu'il pouvait ressentir, c'était la douleur. Il était allongé dans un cachot sans fenêtre et écoutait les rats gambader autour de lui. Il n'y avait jamais aucune lumière. Le plafond n'était qu'à un mètre vingt du sol, et la cellule faisait moins de deux mètres carrés, sans aération. De l'eau suintait des murs, qui étaient glacés. Il se réveilla dans les ténèbres et la puanteur du cachot humide, puis rampa jusqu'à la grille de la porte en pierre, qu'il trouva au toucher. De l'air frais venait du couloir, et il respira un grand coup. La lueur des torches lui vrillèrent les yeux. Avec difficulté, il se hissa sur ses deux rotules. La Liberté toquait à sa porte. N'est-ce pas ?

*****

Grognement au réveil, yeux qui papillonnent, s'habituant à la luminosité tamisée de la calle.

Une peur viscérale qui s'imprégnait dans le moindre recoin de sa carcasse gelée, réchauffant cette dernière d'une frisson d'effroi brûlant remontant sa colonne vertébrale comme autant de vers insidieux rongeant sa chair et lorgnant ses os, grouillant sous son épiderme avec une ferveur grouillante et écoeurante. Ses chaînes tintèrent, sans qu'il n'en perçoive le son. Il était plongé dans une réalité morose où la voix de Dixios ne résonnait plus, et où il était redevenu incapable de d'observer les choses qui l'entouraient avec un calme mécanique, une expertise martiale. En l'espace d'un instant, après son réveil, la façade de givre de l'Ange avait volé en éclats, s'étant fracturée en un battement de coeur. Son expression impavide s'était fissurée, laissant entrevoir une moue de surprise, avant de démarrer une lente et douloureuse descente vers la Peur.

Ses yeux électriques détaillaient avec une acuité surnaturelle les environs. Les fines raies de lumière solaire qui filtraient à travers un plafond de bois craquelé, les silhouettes humaines recroquevillées les unes sur les autres, entassées comme autant de sac à viande. Les cages solidement attachées et soudées à la calle, de sorte à ce que la houle ne parvienne pas à les desceller, les envoyant s'écraser au fond, voire endommager la coque du vaisseau qui voguait gaiement. Le colosse ne percuta pas immédiatement sa situation, glacé d'effroi, son regard usuellement si tranchant et oblitérateur arpentant de façon paniquée l'intérieur ce qui semblait être un navire à esclave. Il imaginait presque les plaintes et les gémissements tandis que ses narines se dilataient en captant la putrescence des corps humanoïdes, de la sueur et d'autres sécrétions séminales autant que des déjections. L'Enfer, sans autre forme de procès. La présence d'une foule d'individu tout autour de lui, alors jeune, inquiet, cloué sur place, rendit son souffle court, tandis que d'un geste brusque, il cherchait à se relever.

Ses appuis se soustrayaient déjà à lui, et il s'effondrait, cloué sur place par d'énormes chaînes. Ce n'est qu'en percevant son état de fatigue extrême et fictif qu'il comprit la situation, son regard paniqué s'intéressant à son environnement direct. Il était lui aussi dans une cage. Derrière des barreaux. Enfermé. Dans une cellule. Et il n'était pas seul. Il percevait cette crinière d'ébène, en faisant volte-face, ses traits contrits par la terreur et la panique, son cerveau tentant encore de faire le point sur tous les éléments apportés par son observation prolongée.

Et les jours passés en cellule...
Il avait incroyablement faim.

*****

Un coup d'assommoir dans les côtes tira Helios de sa frayeur, tandis que le contremaître et son cruel homme de main le molestaient. Ni une ni deux, son bourreau le tirait hors de la cage, réagençant les liens sans qu'ils ne puissent rien faire, poussant la loque humaine dans la cage juste en face, vide. Verrouillée, la Goule se redressait sur les avant-bras, difficilement, étourdi par la vitesse avec laquelle se déroulait les événements, comme s'il n'avait plus la bonne perception de l'espace et du temps, ou qu'il perdait régulièrement conscience. Un autre individu était introduit dans sa cellule, devenue commune, qu'ils appelleraient désormais " Le Carré ", l'endroit où ils se donneraient en spectacle en s'éviscérant les uns les autres pour de la nourriture. Son adversaire roula aussitôt vers la gamelle, observant du coin de l'oeil la réaction de l'Ange, qui eut un mouvement de recul presque craintif, soudain bien moins sûr de lui, inexpérimenté, arrachant un rictus mauvais à l'homme dont la couleur de peau évoquait la nuit. Ses yeux porcins enfoncés dans son crâne trahissaient une malice cruelle et malveillante, et il se désintéressait aussitôt de la nourriture, décidant aussitôt de faire passer un sale quart d'heure au nouveau. Car, à en croire sa façon d'appréhender la situation, bien plus à l'aise, ce type n'en était pas à sa première visite du Carré. La cellule n'était pas assez haute pour qu'ils se tiennent debout, aussi étaient-ils en permanence accroupis, sur les genoux, ou à quatre pattes. Et le coup qui atteint Helios, pétrifié, sous l'oeil gauche, lui fit l'effet d'un taureau qu'on percuterait de plein fouet.

Un nouveau coup de butoir l'atteint sous le menton. Les deux colosses avaient approximativement les mêmes dimensions, et leurs mains étaient similaires à des paires d'assommoir capables de broyer les crânes avec une efficacité incroyable. A ceci près qu'Helios avait alors une musculature bien plus équilibrée, dynamique, animale, semblable à celle d'un fauve, ciselée par un rythme de vie spartiate. Le goût métallique du sang lui monta aussitôt dans la bouche, l'écarlate s'écoulant d'entre ses lippes à l'époque encore blafardes durant une accalmie dans l'assaut frénétique de son persécuteur. Le gorille essaya de l'attraper au cou, mais Helios réagit enfin, se soustrayant à l'emprise de son opposant, roulant de côté après avoir balayé l'homme des avant-bras, l'empêchant de l'atteindre. Qu'est-ce qui clochait ? Il avait réagi presque mécaniquement. Des réflexes foudroyants qui n'avaient rien à voir avec son entraînement sous la tutelle de Dixios. Progressivement, le déclic se fit dans l'esprit enlisé de l'Ange, dont les saphirs céruléens s'illuminèrent enfin d'une lueur féroce. Il n'avait pas besoin de la force écrasante que lui octroyait une lame. Ni de l'intellect primaire qui le caractérisait. Pas plus qu'il n'avait besoin de Dixios, ou d'un avantage quelconque. Il allait survivre à la vie de lui-même, de sorte à ce qu'en retrouvant ses parents, et sa bien-aimée soeur cadette, ils découvriraient un homme. C'était une résolution froide, glaciale, bien mature pour un enfant jusque-là préservé et entravé dans une éducation inappropriée à la survie en conditions réelles. Et la souffrance qui assaillait ses nerfs invoquait chez lui une urgence toute aussi viscérale que la peur qui le paralysait auparavant.

Il allait le tuer.

Helios dévia le lourdeau en le poussant de l'épaule, le plaquant dans un élan assassin courroucé. Se hissant à califourchon sur sa victime, ses veines s'embrasèrent, débarrassée de la peur qui l'habitait un moment plus tôt. L'animosité l'enveloppait de nouveau, son manteau d'hostilité se répandant comme une ombre tentaculaire suffocante autour de lui, alors que ses phalanges s'imprimaient dans le faciès dégueulasse de l'esclave lui barrant la route de la victoire, à hauteur de l'oeil zygomatique, crevant son orbite sous la force du coup. Il ne perdrait pas. Une première salve de direct du droit, frénétique, tandis que sa main libre clouait l'homme au sol, au niveau de la gorge, opprimant l'arrivée d'air pour lui embrumer l'esprit, ralentissant ses réactions, tandis qu'il gesticulait pathétiquement pour se soustraire à l'emprise de l'Ange. Ce qui les différenciait, tous les deux, c'était que la Goule s'était déjà abandonnée aux déboires du meurtre. Par sa faim. D'abord, accompagné par son mentor, malgré la révulsion de ce dernier. Puis, seul, épargnant à Dixios la culpabilité d'un tel méfait. Et il pillonnait son massif adversaire, implacable, cuisses comprimant sa ceinture abdominale, alors que son visage trahissait une concentration sans faille.

Un coup de coude aux hanches fit fléchir le van Astraeus, ouvrant une faille dans laquelle s'engouffra son opposant. Droit dans le piège mortel tendu instinctivement par le Mearien, qui, basculant, entraînait son ennemi avec lui, roulant jusqu'au bord de la cage, de nouveau à califourchon contre le bas du dos de l'homme noir au crâne rasé. Ses deux mains se refermaient sur l'arrière de la tête de la brute, qui, terrorisé, observait désormais les barreaux de la cage à quelques milimètres de son visage, appréhendant la suite. Et il avait manifestement vu clair, quant au déroulement des événements. Soudaine traction vers l'arrière, prenant de l'élan, avant de précipiter le faciès de sa victime contre la grille, son nez explosant dans une gerbe de sang, son oeil restant renfoncé dans son orbite, ses dents se déchaussant dans le procédé. Premier hurlement mué en gargouillis infâmes, alors qu'il vomissait du sang. Il haleta.

Helios s'était découvert une rage prédatrice. Il allait l'user jusqu'à la moëlle, avant de retomber dans la peur liée à l'enfermement. Ce qui signifiait...

Qu'il serait son exutoire.

L'Obsidien fracassait de nouveau le visage défiguré de son adversaire contre la grille. De façon répétée. Frénétique. Enragé. Rapidement, toute plainte d'agonie cessa, la torture du cadavre se prolongeant bien après sa mort. Le crâne percutait sauvagement le fer froid, malmené par la crise sanguinaire de la Goule retrouvant brièvement des forces, comme tout autre être humain submergé par l'adrénaline, ses réflexes meurtriers lui ayant offert une victoire difficilement acquise. Craquement sonore, son caractéristique du sang qui giclait, accompagné par des morceaux de cervelet, une mare rougeâtre puante cascadant en dehors de la cage jusque dans le bois crevassé de la cale, le Tyran secouant la main pour chasser tous les vestiges de cervelet coulant entre ses doigts. Il n'était pas étranger à cette forme de violence, malgré son âge - il s'agissait de nourriture. De la tête de sa victime ne restait plus qu'une masse de chair informe, ses nerfs optiques pendant de diverses mutilations profondes, à moitié broyés, ayant ancré les trois barreaux participant au procédé jusque dans la chair du cou, et dans le tas nauséabond.

Haletant lourdement, Helios promena son regard électrifiant sur les cages entrant dans son champ de vision, se heurtant à certains yeux reflétant la même étincelle de férocité malsaine, se promettant de garder ces types-là à l'oeil, et de les observer durant leurs affrontements. Se désintéressant du corps inerte du noir l'ayant malmené, profitant de l'adrénaline et d'avoir encore le contrôle total de son corps - ce qu'il savait provisoire, puisque le sentiment d'oppression lié à l'enfermement reprenait déjà rapidement le dessus, il s'intéressait à son butin, un verre en terre cuite mi-plein et une grosse tranche de pain sans doute racis. Vidant le verre, gobant le repas pour la forme, l'attention de la Goule fut captée par tout autre chose, en scrutant le cadavre informe.

Cette faim qui le tiraillait.

*****

Le quotidien était devenu un flot de temps indicible, le travail acharné dans une mine, menace permanente d'être réduit au néant par un effondrement ou un gaz qui exploserait au moindre contact avec une pioche, en cas d'étincelle. Le Tyran n'était plus à même de distinguer la transition entre les journées. Il était venu en Akantha après avoir été déclaré comme prêt par Dixios, son oncle, son mentor. A la recherche de sa soeur, et de ses parents - n'ayant aucune piste. Et le voilà qui se retrouvait à éprouver le quotidien d'esclave. Après chaque coma, il se redressait, la mort aux tripes, la charge absurde de travail et le manque de nourriture l'épuisant. L'épuisant ? Chaque "jour", certains de ses comparses trépassaient. Leurs cadavres disparaissaient alors, et Helios se sentait à nouveau lui-même. Personne ne posait de questions - cela arrangeait tout le monde. Ainsi, il ne dépérissait pas. Et il se renforçait infiniment, à chaque obstacle franchi. Chaque difficulté dépassée amplifiait la solidité d'un mental et d'un corps d'acier trempé. Une rage de vaincre sans pareille naquit dans les tréfonds de cette mine sans nom. Le tramplin d'Helios vers sa force et sa résistance inconsidérée.

*****

La chaleur étouffante écrasait sa capacité pulmonaire - l'air chargé de sable lacérait sa gorge, et ses voies respiratoires. Le chaos ambiant laissait un Helios désoeuvrait, se débarrassant des attaches l'attelant au chariot rempli de minerai. Libéré de son fardeau, portant une main en visière, l'Ange découvrait la situation. Le convoi d'esclaves et de marchands était assailli de toute part par la vermine. Fort heureusement, il ne s'agissait pas de monstres, sans quoi l'affrontement ne saurait se prolonger au gré des entrechocs entre les lames. Des bandits aux faciès dissimulés par une multitude d'étoffes se ruaient à la rencontre des contremaîtres armés de butoirs.

Rapidement, c'était la débandade. Sans forme de procès, les esclaves à la peau nue tentaient de prendre la fuite - comme si la moindre chance de survie les attendait, perdus dans le désert, ou dans Akantha. Autour du van Astraeus, les sabres chuintaient en fendant chair et ligaments, répandant les entrailles humides, gorgées de sang, à même un sable brûlant, s'en désaltérant avec une avidité croissante. Laissant échapper une quinte de toux, ses neurones fonctionnant à plein régime, la Goule tentait d'appréhender la nouvelle épreuve se présentant à lui. Nu comme un ver, sous un soleil de plomb, face à des bandits armés qui moissonnaient ses semblables au même titre que leurs maîtres, sans distinction aucune. N'ayant pas le luxe de dissimuler ses traits sous un foulard à la manière de ses propriétaires ou de leurs assaillants, Helios pivotait méthodiquement en se protégeant les yeux. Une éternité passée dans cette mine - mais les allers-retours entre l'escale la plus proche et son lieu de travail avaient malgré tout commencé à marquer sa peau, devenu cuir. Le sang pulsait dans ses veine, sombre choeur, hymne à l'annihilation. Voilà longtemps qu'il n'était pas entré en conflit, l'adrénaline se propageant dans son organisme comme une drogue fiévreuse.

Mais l'Ange n'allait pas se démonter, peu importait l'obstacle à franchir. Il n'en avait pas encore terminé, ici. Revenu au chariot, il extirpait une pioche de sous la toile, la soupesant, jusque là passé inaperçu des assaillants. De léger mouvement du poignet, se rappelant les gestes si souvent répétés dans les entrailles de la terre, inspectant l'état de l'arme de fortune, le souffle ralenti par une transe qu'il ne se connaissait plus.

Moment de flottement.

Le sable se souleva sous la forme d'un nuage aveuglant, autour du colosse, alors que d'immenses étendards immaculés se matérialisaient dans son dos. Voilà une éternité qu'elles résidaient dans son ombre à la manière d'un familier délaissé, interdit d'existence. Prenant naissance à hauteur de ses omoplates, les puissants appendices se déployaient dans toute leur splendeur, animés d'une lueur argentée éthérée, inappropriée à un combat perdu dans un désert. Battement unique - de concert avec le coeur de l'Obsidien, et une nouvelle onde se répandit à la surface, autour de lui, tous les témoins de la scène prostré, interloqués. Les ailes sectionnées d'un Ange devait valoir bien plus cher qu'un ramassis de caillasse, au fond.

Une simple flexion, et Helios s'extirpait à la gravité, ses puissantes ailes le catapultant dans les airs, se déployant uniquement pour le stabiliser l'espace d'un instant. Leur envergure ne permettait aucunement un vol stationnaire, mais leur force, se faisant l'écho des aptitudes physiques aberrantes de l'Obsidien, offrait bien des opportunités à leur détenteur, en plus de le soustraire à la portée de ses assaillants. Regard glacial, qui se rivait sur une première proie, pétrifiée au sol comme un rongeur face à un oiseau de proie.

Nouveau battement, propulsant l'Ange en direction du sol lors d'un piqué à la célérité phénoménale. Il heurtait le sol avec un fracas de tous les dieux, balançant sa victime au sol avec la même aisance qu'une poupée de chiffon, balayée par la soudaine démonstration de puissance pure de ce qu'ils prenaient l'instant d'avant pour un esclave. Mouvement du poignet, si souvent répété, et la pointe de la pioche se frayait un chemin dans le crâne du bandit, faisant fi des os tentant vainement de freiner sa progression. Et déjà, Helios s'en désintéressait, retrouvant l'avantage de la hauteur.

Ses déplacements aériens n'avaient aucunement la grâce qu'on aurait attendu chez un individu de son espèce. Ils transparaissaient cependant d'une certaine condescendant, toisant ainsi de haut les plébéiens se démenant pour ne pas être éviscérés un à un par leur nouvel adversaire. Féroces, erratiques, brutaux. Violents. C'était le terme. Une absence totale d'agilité, se contentant de prendre de l'élan, et de s'abattre comme une malédiction sur ses opposants, les décimant tour à tour. L'arme de fortune d'Helios remplissait son rôle, éventant cages thoraciques, perforant les crânes, déchirant des gorges. Inattendu partenaire sur lequel se reposer.

Sous les yeux ébahis de son propriétaire, van Astraeus extermina les embusqués sans remords aucun, avec comme seul juge l'astre diurne.

[...]
DERRIERE L'ÉCRAN
PSEUDO ▬ Sthelios / Spectre.
AGE ▬ 20 ans.
TU NOUS AS TROUVÉ OU ? ▬ Eury.
UN AUTRE COMPTE ▬ N/A.
LE PERSONNAGE DE TON AVATAR ▬ LoL ▬ Darius
TU AS LU LE RÈGLEMENT ? ▬ Oui !
x
Slt bvn
Cc
Bienvenue o/



Merci. \o


Impatient va
Bienvenue /o/


« Even if the morrow is barren of promises,
nothing shall forestall my return
»
« Invité, tu es le prochain sur ma liste »
@Lycoris : On sait tous les deux très bien que ça part d'un malentendu.

@Arcania : Merci !
bvn mdr
C'est dans la boîte !
Félicitation, te voilà officiellement validé ! *lance des cailloux festifs*

Une bonne fiche solide, parce que après tout, la violence résout tout les problèmes.

Sur ces mots, je te redirige vers la fiche personnage obligatoire afin de conserver une trace de ton évolution. Bon courage pour la suite !