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Une plume qui en rencontre une autre || Aveleen

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une plume qui en rencontre une autre.
Cela fait combien de temps que tu existes Nael ? Combien de siècles sont passés depuis que tu as ouvert les yeux pour la première fois ? Peut-être trop longtemps, peut-être que tu aurais dû cesser de vivre depuis un moment déjà. Tu n’en sais rien, tu te poses trop de questions sur ta raison d’être, sur ce que tu devrais faire pour remplir ta vie d’autres choses que des drames. Tu es à Nueva, tu réfléchis à ce que tu pourrais apporter, ne serait-ce qu’un peu, à ces gens qui vivent comme toi, qui foulent ces terres, qui voyagent, qui découvrent… Toi, tu sais trop de choses sur l’histoire de ce monde. Peut-être que tu devrais partager tout ça ? Mais pourquoi donc ? Les erreurs commises ne sont pas suffisantes pour qu’ils ne les répètent pas. À croire que les leçons du passé n’ont pas d’importance.

Tu avances, tes pattes bondissent à travers les bois et les racines, tu parcours cette forêt sans aucune hésitation au vu du temps que tu as passée à chasser à l’intérieur, maintenant il y a une espèce de réserve naturelle pour préserver les espèces car il y a justement trop de chasseur. Ça te dégoûte encore Nael, de voir qu’il y en a qui tuent pour le plaisir et non pour le besoin. Survivre ne devrait pas être une excuse pour exterminer les espèces, mais ça encore, ils ne le comprennent pas. Tu es de passage, tu aimerais aller à la capitale des elfes pour te renseigner un peu, mais tu as encore un peu de chemin à faire. Tu es sûre au moins que là-bas tu ne seras pas considérée comme une chose à attaquer, il y a des personnes comme toi au sein du conseil des sages à ce que tu as entendue, alors ça devrait passer.

Plein après-midi, au vu de la saison qui se réchauffe, tu restes dans l’ombre pour ne pas avoir trop chaud et tu continues ton avancée jusqu’à entendre quelque chose de dérangeant. Un bruissement proche, tu stoppes ta course pour regarder autour de toi. Un animal ? Un braconnier ? Tu fronces tes sourcils en fixant la source du bruit sans arriver à voir ce que cela pouvait bien être. Tu regardes rapidement autour de toi avant de sauter pour t’accrocher à une branche et mieux voir depuis le dessus et tu aperçois juste une ombre. Qui pouvait bien se balader ici si ce n'était pas un chasseur ou un voyageur perdu ? Tu soupires d'avance, n'aimant pas l'idée de devoir aider un de ces mortels qui ne sait même pas se repérer.

Tu fixes ta cible qui a d'ailleurs une drôle de couleur de cheveux et tu prends alors la parole tout en restant perchée sur ta branche. Si elle tente quoi que ce soit, tu étais à ton avantage dans ces bois.

« Qui es-tu ? Un braconnier ? »

Non, elle n’y ressemblait aucunement, mais ne sait-on jamais. Cependant au vu de ta proximité, elle devrait t'avoir entendue ladite personne. Reste à voir comment elle allait réagir.
BY MITZI


Aveleen se balladait à travers la grande forêt de Nueva. Seule en cette belle journée, elle avait choisit de ne pas se livrer à une sortie aérienne comme souvent, mais plutôt de rester à pieds. Certes cela ne procurait pas le plaisir de sentir le vent lui caresser doucement le museau, ni la brise s'infiltrer entre les plumes de ses ailes, mais l'ombre tamisée des grands arbre du pays des elfes avait quelque chose de magique également et de vivifiant. Ces balade à pieds étaient en fait moins grisante que les longs vols ponctués de cabrioles aériennes, mais plus reposantes à bien des égards.

En ce début d'été Nuevien, les sous bois étaient frais et agréable pour la rouquine qui progressait tranquillement entre les grands arbres. Circë, retenue par ses occupations de sage n'avait pas trouver le temps de l'accompagner aujourd'hui, mais Aveleen elle garderait toujours sur son temps des moments pour aller se perdre dans la nature et profiter de sa sérénité. Sa sage avait bien comprit que cela n'était pas négociable et n'avait jamais cherché à l'en empécher, même lorsque Pégase s'était mise gravement en danger en se laissant surprendre par une tempête avant de finir capturée par un navire de pirate. Mais c'était là une autre histoire...

Aveleen se laissait guidée dans sa ballade par son confident de toujours. Sa perception des vents lui permettait d'appréhender les obstacles qui pouvaient venir se dresser sur sa route, mais aussi se ressentir l'explosion de vie que recelait la plus importante forêt du monde. Que cela soit des oiseaux qui chantaient et que la rouquine avait hâte de pouvoir accompagner de son xun, ou bien des petits mammifères qui couraient rapidement entre deux terriers creuser sous les trous imposants. Les insectes non plus n'étaient évidemment pas en reste, bruissant de tout côté à vous en donner le tournis. Parfois au loin, la rouquine ressentait furtivement le passage de gibier, toujours alertes et qui s'échappait face à l'inconnu potentiellement dangereux qu'elle représentait. Les odeurs boisées n'étaient également pas en reste, entre les différentes variés de mousses, les parfums musqué des différents cervidés et l'odeur sucrées des baies qui arrivaient à maturité dans les sous bois...

Aveleen était ravie d'avoir opté pour cette ballade sylvestre, tout cela était un véritablement ravissement pour ses sens. Avant de se poser pour jouer et somnoler comme elle en avait l'habitude, elle souhaitait s'enfoncer plus profondément dans la forêt, afin d'être certaine de ne pas être dérangée. Alors qu'elle commençait à s'être un peu éloignée de la vie, il lui semblait que la vie sauvage reprenait encore d'avantage ses droits qu'ailleurs sur ce monde, comme si la faune semblait totalement à l'abris des menaces extérieures...

Alors qu'elle continuait de progresser, Aveleen sentit finalement une présence différente de celle des animaux. Son confident venait lui glisser à l'oreille que plus loin, plus haut également, se trouvait quelque chose, ou quelqu'un plutôt d'inhabituel... Elle semblait se cacher au milieu des branchages avec aisance, mais cela ne suffisait pas pour échapper au vent joueur et enjôleur qui  venait courir partout entre chaque feuille et rapporter ce qu'il voyait aux oreilles de la rouquine. La présence ne semblait pas agressive, elle restait immobile. Du fait de sa position surélevée, Aveleen assumait qu'elle surveillait les environs. Sans doute avait-elle le regard scruté sur elle, mais cela pégase ne pouvait le savoir.

Finalement une voix vint troubler le concert offert par la nature sylvestre auquel la rouquine aurait tant voulu se joindre. Une voix, sèche, autoritaire, claquant tel un fouet, mais pas mal intentionnée. La voix d'une gardienne qui se demandait qui osait troubler la tranquillité et l'harmonie de ce lieu de paix. Bien que les braconnier représentaient un véritable danger pour une mythologique comme pégase, le mépris que la gardienne plaça dans ce mot la convainquis qu'elle n'en était pas une. La théorie de la gardienne semblait se conforter. Peut être une druidesse elfe ? Aveleen ne pouvait distinguer ses traits malheureusement, et la profusion de vie autour d'elle ainsi que la distance l'empêcher de les ressentir par les vents...

Pégase posa son regard vide en direction de la voix qui venait de la questionner avec ce ton inquisiteur. Son attitude ne laissa paraître aucune agressivité alors qu'elle répondit avec un ton poli, agréable et légèrement chantant du fait de sa bonne humeur et de son absence de peur :

«Je me nomme Aveleen Windmir, première tribun du sage Septimus et bien que je ne saurais dire comment je dois paraître à votre regard, je ne pense pas avoir les airs d'une braconnière. Je suis en fait musicienne et je cherchais un endroit paisible pour pouvoir m'exercer à mon art avec ces maîtres que sont les oiseaux... Ce lieu m'apparaissait comme un sanctuaire gardé, vous en êtes la gardienne ? Navrée d'en avoir troublé la quiétude. »



une plume qui en rencontre une autre.
Elle s’explique sans se montrer sur la défensive, elle donne son nom et son occupation tout en justifiant sa présence en ces lieux. Tribun de Nueva, elle n’est donc pas une ennemie. C’est ce que tu juges sur l’instant en l’observant elle et ses étranges cheveux rouges. Elle n’a pas l’air d’une elfe, peut-être une humaine. Tes lèvres se crispent dans une moue mauvaise, tu n’aimes pas ces êtres, cette race qui semble plus égoïste que le reste. Et pourtant, ils ne sont pas les seuls à agir selon leurs envies, tu en es consciente. Méfiante, tu ne descends pas tout de suite, tu plisses tes yeux d’aigles pour mieux la détailler et voir si elle possède quelque chose qui t’aurait échappée.

« Une musicienne… »

Effectivement, elle possédait un étrange objet avec des trous dedans, comme une flûte mais en plus rond. Tu arques un sourcil avant finalement de te laisser tomber de ta branche pour t’approcher d’elle. Elle vient de Nueva, cela montre déjà que tu n’es plus très loin de ta destination, mais surtout qu’elle pourrait te donner les renseignements dont tu as besoin au vu de sa position. Tu approches d’elle lentement, sur tes gardes, juste histoire de bien évaluer le danger même inexistant qu’elle pourrait dégager. Rien, juste de la bonne humeur sortant de son visage, tu t’arrêtes à quelques mètres d’elle pour t’adosser contre un arbre.

« Je ne suis pas une gardienne, juste une vagabonde qui ne fait que voyager à travers le monde. »

Inutile de préciser que tu volais aussi. Mais ça, ça ne concernait que toi.

« Qu’êtes vous ? »

Tu fixes ses prunelles qui sont aveugles et qui pourtant, ont su où trouver les tiennes quand tu étais perchée sur cette branche. Elle possède donc soit une magie qui a pu te repérer, soit elle a eu un coup de chance en tournant la tête vers ta voix quand tu as parlée. Tu pencherais plus pour la première option cependant, trop parano pour croire aux coïncidences. Tu as repris le vouvoiement vu qu’elle l’avait employée avec toi, mais tu n’en restes pas moins sur tes gardes. Peut-être une salamandre ? Cela irait avec la teinte carmin de sa crinière. Pourtant, tu soupçonnes qu’elle soit bien autre chose.  
BY MITZI


Le ton inquisiteur de celle que la fille des vents avait prise pour la gardienne de ces lieux ne s'était guère adouci face à la réponse qu'elle venait d'entendre. Perchée dans un arbre, Aveleen pouvait presque ressentir de manière palpable son regard qui venait la détailler avec minutie et défiance. Cependant, malgré la rudesse du ton de la femme, Aveleen pouvait également y déceler une légère mélodie presque aviaire qui avait de quoi la laisser perplexe. Qui pouvait bien être cette femme qui visiblement n'aurait montré aucune pitié à un braconnier…


Elle descendit finalement de son perchoir et s'approcha légèrement dans sa direction. Ses pas bruissaient à peine sur le sol moussu de la forêt Nuevienne, sans les messes basses de son confident de toujours, la fille des vents ne pourrait sans doute même pas ressentir sa présence. Elle restait à une distance de sécurité raisonnable, s'adossant finalement contre le tronc solide d'un arbre. La rouquine n'avait pas bougé, comme face à un animal sauvage, elle ne laissait paraître aucun signe d'agressivité afin de ne pas se faire une ennemi de cette femme. La prêtresse d'Aeros n'avait pas peur, elle ne faisait pas partie des cibles de celle qui venait de l'apostropher ainsi. Il ne fallait cependant pas risquer d'incompréhension. Le fait qu'elle se soit rapprochée était déjà bon signe, cependant elle n'avait pas relacher sa vigilance, en témoignait son attitude globale.

Une vagabonde et non une gardienne, sans doute pas une dryade du coup, ces dernières ayant tendance à être fortement attachées à leurs terres. Elle ne paraissait pas non plus humaine dans son attitude globale… Une elfe peut être ? Ou autre chose… Dans tous les cas, elle devait se poser des questions similaire car bientôt elle demanda à la fille des vents ce qu'elle était… et non qui elle était… Se pouvait-il qu'elle soit également un de ces êtres à part que les gens nommaient mythologiques ?

"Cette question n'est pas coutumière ma foi et pourtant on me l'a déjà posée par le passée… "

Les souvenirs de cette difficile journée en mer rejaillir alors dans l'esprit millénaire de la fille des vents. En cette rude journée, la terrible capitaine n'avait pas été dupe et n'avait rien voulu entendre que du vrai. Bien que cette nouvelle interlocutrice ne semblait pas posséder le même besoin de domination que la pirate, son ton restait bien assertif. Il s'agissait de femmes fortes, qui ne se laisseraient pas duper si facilement. Mais elle n'était pas dangereuse et cupide comme la pirate, elle ne semblait pas motivée par cela… et aujourd'hui, Aveleen n'était pas sans défense.

"Je pourrais vous répondre que je suis tribun et musicienne, que j'officie également pour le dogme d'Aeros, seigneur des vents parmi les 5… mais bien que véridiques, ce sont pas là des réponses à votre question j'en ai peur.
Vagabonde, vous parcourez le monde et aujourd'hui vos pas vous menèrent en ces terres bénies de Nueva, connues pour leur bienveillance, leur verdure, leurs appâts. Sans donner de nom, vous me questionnez, m'observez, me jugez; alors que de nous deux, c'est bien vous l'étrangère en ces terres, avouez que ce n'est pas la norme. Cependant, je ne vous pense pas malévole et n'ai pas à rougir de mon héritage, aussi vous répondrai-je en toute sincérité. Je parcours ce monde depuis bien des années, tantôt libre, tantôt enchainée, sous les traits d'une femme ou d'un cheval ailé. On me nomme Pégase, fille d'Aeros et des 3 sœurs prêtresses de Luménal que le ténébreux un jour a maudit."


La musicienne laissait filer les mots comme ceux d'une partition. Le ton était joyeux, léger, rieur. Face à la défiance, elle présentait la bienveillance; mais ne restait pas dupe et ainsi enchainait :

"Et vous vagabonde ? Quelle est donc votre histoire ? Et quel hasard a conduit nos chemins à se croiser en ce jour ?"