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Chapitre 1 : Les ruines de Pitioss [Pv Viladra & Victor]

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ft. Victor Skaare

ft. Vâli Gungnir

「Honneur aux ombres」
Au final, le serpent s’avéra assez coriace puisque j’eus le loisir de voir Mascarade se faire légèrement malmené dans tous les sens. Au final, Vàli prit l’initiative d’attaquer et nous le vîmes foncer vers la créature avant de poser sa main sur ses écailles. Ah, un nécromancien… Charmante créature que voilà, je ne devrais pas être surprise de la part d’une goule, après tout.
Quand la peau du reptile commença à pourrir, je marquai une grimace de dégoût tandis que je continuais de faire bouger mes doigts indemnes. Quelle idée d’aller frapper à main nue sur une armure pareille… Je faisais vraiment n’importe quoi.

Au final, je laissai faire les hommes puisqu’ils semblaient commencer à s’entendre et j’eus presque une petite pointe de tendresse à l’idée de voir ces charmantes personnes coopérer avec autant de panache.
Quand mascarade réussit à s’en sortir, il fonça alors vers la créature et poings en avant, s’enfonça dans la plaie. Eurk, je n’osais même pas imaginer l’odeur de ses gants après une action pareille… Mais au final, cela sembla porter ses fruits puisque le serpent se tordit de douleur.

Bien plus efficace que moi, murmurais-je dans un soupir.

Analysant la situation, il ne fut pas difficile de comprendre que dans un noir absolu, le serpent devait avoir un odorat et une ouïe exceptionnelle pour se déplacer. Lui crever les yeux ne devrait donc pas trop l’handicaper en-dehors de la douleur et je préférai me focaliser sur les deux fentes qui lui servaient de naseau. L’empêcher de respirer correctement voire totalement ne pouvait que nous apporter un avantage considérable et il fallait bien passer aux choses sérieuses.

Disparaissant alors de ma place, je calculai mon portail pour qu’il se matérialise juste en face de la gueule et sans attendre, je sortis deux coutelas que j’enfonçai allègrement dans ses orifices olfactifs. Ma main droite manquant de force, seul le deuxième pu pénétrer jusqu’à la garde, laissant un flot de sang d’une étrange couleur m’inonder la peau. Ayant déjà disparu avant qu’il ne réplique, je me rinçai immédiatement les mains, une poussée de maniaquerie m’envahissant soudainement. On n’était jamais assez trop prudents…

Saisissant mon sabre, j’ouvris un nouveau passage entre la plaie dans laquelle martelait mascarade et ma position, plus éloignée. Me joignant à lui, j’entrepris alors de tailler à distance la peau maintenant visqueuse et charcutée du serpent à grands coups de lame avant d’accélérer le processus. Si j’avais été seule, j’aurais pris la peine de prendre ma nature de séraph pour l’immobiliser entièrement et l’achever, mais il était suffisamment grand pour que cela me bouffe trop de mana sous cette apparence fragile. Une prochaine fois…

Quelle plaie… Lâchais-je simplement en continuant de trancher la chair. Qu’est-ce qui va nous attendre, après…



Alors que Vàli s'était appliqué à sa tâche, Victor réagit au quart de tour. Frôlant le doux visage de la goule, il attaqua la bête de plein fouet, comme un gorille tapant le sol de ses poings vigoureux et puissant. Et dans le même temps, Viladra s'activa en affichant un portail pour venir asséner des coups de son sabre tranchant. C'était une symphonie de coups que prenait la bête et celle-ci, d'un souffle rauque, essayait tant bien que mal de se débattre. La goule, elle, restait accroché comme un paresseux dormant à une branche. Sangsue dans l'âme, il essayait de garder son pouvoir activé, afin d'étendre sa nécrose sur tout le corps mais manque de puissance, d'endurance, il se décrocha de son confortable nid pour tomber dans l'encre de chine qui jonchait le sol.

« J'imagine que c'est ma limite actuellement... » fit-il, le corps à moitié trempé dans l'eau. La bête, maltraitée à souhait, se débattit une dernière fois, secouant son corps dans tout les sens avant de s'étaler de tout son long, aussi raide qu'un spaghettis. La plaie dans laquelle Victor était commençait à palpiter. Puis, de sa blessure béante, naquit une explosion d'organes sanguinolentes qui ne manqua pas de recouvrir l'eau et la zone aux alentours. Des sortes de tripes verdâtres jaillirent tandis que la bête hurlait un cri étouffé. Immobile, le serpent semblait maintenant dormir paisiblement. Etait-il mort ? Endormi ? Vàli n'arrivait pas à voir mais dans tout les cas, il ne fallait pas traîner se dit-il. Se relevant de sa position, il récupéra son souffle avant de s'étirer de tout son long.

Soudain, une boule, d'un rouge flamboyant, sortit du corps de la bête. Et, pour changer, celle-ci explosa en une autre effusion de sang; pour laisser paraître quelque chose de brillant. Prenant de l'avance sur ces compagnons, Vàli se rapprocha de cette chose brillante et fut surpris d'y voir une...clef. Une clef de grande taille avec une sorte de symbole représentant un quart de lune. Quelque chose disait que c'était là un item important à garder en sa possession.

« Et bien...Sacré confrontation...On s'en est pas mal sorti dis donc. Regardez, la bête nous a laissée quelque chose. » confia-t-il en se rapprochant de Victor, tendant ladite clef. « Je ne sais pas si la bête est morte ou endormie mais on devrait reprendre la route. ». Toutefois, il ne put s'empêcher d'arborer un sourire en voyant Mascarade. Si la bête avait légèrement tâché Vàli, il en était tout autre pour l'homme masqué. Un petit rire moqueur sur le visage, la goule se rendit compte que sa torche était tombée à l'eau, dans le feu de l'action. De la joie à la déception, il pestiféra de grossiers mots avant de regarder Viladra.  « Désolé, j'ai perdu la flamme. En tout cas, vraiment utile ce que tu sais faire. Utile dans toute les situations quand même. Je me demande bien où tu as pu acquérir ce pouvoir... »

Mes coups et ceux de mes coéquipiers firent mouche. Il faut dire, on n’y est pas allés de main morte. Sa chair pourrissait et moi je la tatanais allègrement. Pendant ce temps, Viladra tranchait sans vergogne sur tous les points faibles qu’on pouvait imaginer : en bref, face à un groupe de trois farouches aventuriers (dont un justicier) comme nous, elle n’avait aucune chance.

Elle poussa un dernier cri sourd alors que ses tripes se répandaient sur moi, qui étais au final au cœur de l’action, sans vouloir faire de mauvais jeu de mot. C’est dans ce genre de moments que je suis content que nous soyons dans un endroit légèrement aquatique. Je m’éloignais alors pour me plonger un peu dans l’eau et me débarrasser de l’odeur terrible des entrailles de la bête. J’étais maintenant très lourd car totalement mouillé avec mes vêtements que je refusais de retirer. Ça pouvait m’entraver mais je n’avais pas le choix : on ne pouvait pas me voir sans. Pas après m’être présenté comme Mascarade !

« Beau travail, fine équipe. Si c’est pas mort après ce qu’on vient de lui faire subir, je ne veux pas rester plus longtemps aux alentours, ça risquerait de nous jouer des surprises. Partons. »

Malgré le manque de lumière, j’entrepris la stratégie originale : longer les murs, n’importe quel mur, et voir s’il y avait une entrée. Une sortie. Un trou dans lequel se plonger. Quelque chose ? Il ne semblait pas y avoir de courant, donc il devait bien y avoir du sec, une plate-forme, quelque chose d’où partir ! Sinon c’est que nous étions dans une fosse qui servait de piège et l’idée de m’enchantait pas vraiment.

Je finis par trouver ce que je cherchais, totalement par hasard. Il fallait dire qu’à force de trébucher dans le noir, on finit par s’accrocher à tout. Donc, à ce petit bout de sec qui n’avait rien à voir avec celui d’où nous venions, j’en étais certain. J’appelais donc tout le petit monde pour qu’on se réunisse et qu’on puisse aller démonter le propriétaire de ces ruines, mon but avoué depuis le début de cette petite expédition. Je criais car bien évidemment après un combat pareil, je n’avais plus peur de rien. Au diable les monstres, au diable les vermines de ce vieux trou et surtout : au diable le type qui a construit ça dans le seul et unique but de nous piéger.

« Heeeey ! J’ai trouvé la suite, je crois. Il se trouve que je suis au sec et qu’il y a un couloir qui va tout droit, là. Je sais pas si c’est bien par là mais ça ne coûte rien de jeter un œil ? Après tout, nous n’avons pas plus de piste que ça et l’étrange morceau que nous a laissé la sale bête, là. »

Ceci dit et sans plus de considération pour ma personne ou les autres, j’avançais dans le chemin nouvellement découvert. À ma surprise, ce complexe sous terrain l’était vraiment (complexe) car nous arrivions alors à un carrefour. Plusieurs choix pour progresser. Mais aussi, au milieu, un genre de… pilier ? Il avait un genre de trou dessus qui ressemblait étrangement à ce que nous venions de trouver… Je ne sais pas ce que ça signifie, mais bon. Je suis curieux, comme tout le monde. Je donne voix à une proposition qui ravira sans aucun doute tout le monde, j’en suis certain.

« Dites moi, je peux voir le truc qu’on a trouvé plus tôt ? Ça m’a l’air… étrangement similaire, non ? On devrait essayer de les mettre ensemble. De mettre la clé dans ce truc, là. Ou juste d’essayer de les mettre en rapport, je ne sais pas. C’est suspect mais en même temps, il nous faut des indices pour découvrir le chemin vers le dernier étage de ce labyrinthe ! Qu’en pensez vous ? Je vote pour que nous le fassions, et si vous ne le voulez pas, je le ferai, moi ! »