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Galahad - Le chevalier errant. [ Terminée ]

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Ellan Galahad

Civil, Mercenaire

Identité

  • Race : Humain
  • Âge : 31 ans
  • Orientation sexuelle : Hétérosexuel
  • Situation personnelle : Célibataire
  • Nationalité : Nuevienne

Points de caractéristiques

  • Physique :
  • Agilité :
  • Force :
  • Endurance :
  • (Techno)magie :
  • Mana :
  • Puissance :
  • Contrôle :

Compétences [3/3 slots]

À votre présentation, vous pouvez avoir jusqu'à trois compétences (mais une seule magie). Ces compétences peuvent être raciales, uniques, ou liées à l'utilisation de cristaux. En savoir plus. Les objets magiques tels que les Psyphers (armes) ou bien tout objet enchanté que vous inventerez (comme une armure magique par exemple) comptent pour une compétence par objet.

Expert d'arts martiaux : (Physique)

Un entraînement intensif aussi bien sur le plan physique et pratique que mental et théorique ont accordé à Galahad une maîtrise parfaite sur son corps et son esprit qui lui accordent un avantage non négligeable au corps à corps grâce à des sens et réflexes accrus et une maîtrise technique de ses mouvements. Ainsi même si il ne met pas autant de force dans ses coups qu'un adversaire plus robuste, des frappes techniques et bien pensées qui font usage de tout son corps et visent souvent les points vitaux lui permettent malgré de palier à ce manque de force brute et d'asséner des coups qui pourraient faire vaciller plus d'un.

Matérialisation : (Magique)

Première déclinaison de sa magie et sa forme la plus basique, elle permet à Galahad de matérialiser des constructions qu'il imagine. Plus elles sont limitées en terme de taille ou de complexité et se limitent à des objets ou structures simples, plus elles sont rapides à générer. Elles sont formées du même matériau translucide à la teinte violacée. Les objets sont aussi résistants que la quantité de mana insufflée dans leur création.

Alteration : (Magique)

Également l'une des déclinaisons de base de sa magie dans sa forme la plus basique. Cette variante permet à Galahad d'insuffler d’altérer les propriétés d'objets déjà existants. À noter que cette magie peut s'appliquer aux constructions nées de sa Matérialisation mais ne peuvent affecter un être vivant autre que lui-même. Il s'en sert principalement pour nullifier le poids de son armure.

Physique

Habitué à parcourir les routes et à se battre contre toutes sortes d'individus et de créatures, Galahad possède un physique qui reflète parfaitement ce style de vie. Chaque cicatrice raconte l'histoire d'une de ses mésaventures, chaque sillon marquant sa musculature, un testament des tourments subis par son corps lors d'interminables entraînements et épreuves. Malgré des muscles saillants et bien définis ainsi qu'une certaine largeur d'épaules, Galahad reste un homme bâti en longueur. Haut d'environ un mètre quatre-vingt-dix, il possède une carrure élancée, accentuée par sa posture qui en prend avantage. De ce fait, il dégage une certaine assurance.

Par chance pour Galahad, compte de tenu de son hobby de séducteur du dimanche, son faciès le présente comme un homme relativement attirant. Il n'a rien d'un adonis mais rien de repoussant non plus. Ses traits manquant d'une certaine finesse qu'on peut retrouver chez certains nobles, il est certainement sculpté d'un instrument plus brute qu'il lui a fallu conquérir pour éviter de trop éveiller le mépris de ces derniers envers les roturiers lorsqu'il fréquentait la haute société. Doté d'une structure osseuse qu'on pourrait qualifier de "sèche", son visage est caractérisé principalement par une forte mâchoire et un menton assez large qui lui donnent un côté relativement abrupt et indéniablement masculin accompagné d'un nez assez proéminent. Contrastant cependant avec ce côté dur et agressif, son faciès est marqué par de grands yeux qui, selon son expression, ajoutent une certaine naïveté et douceur à ses traits. Son regard peut cependant rapidement trahir son sérieux et devenir son trait le plus intimidant. Pour compléter le tout, des lèvres fines se retrouvent souvent étirées en un large sourire et des oreilles relativement discrètes sont principalement cachées par les longues mèches de sa chevelure noire qui encadre ses yeux et, pour le reste, se compose d'une coupe carrée légèrement irrégulière.

La quasi-totalité des caractéristiques de Galahad est cependant entièrement dissimulée derrière l'imposante armure qu'il porte pratiquement tout le temps. Une couche interne de cuir rembourré bleu nuit contraste avec les pièces métalliques qui brillent d'un éclat témoignant de la qualité du métal ainsi que de la conception de l'ouvrage et protègent les points vitaux tels que le torse ou la tête ainsi que les articulations et les extrémités de ses membres. De larges épaulettes recouvrent quasiment l'entièreté du flanc extérieur de ses bras et une bande de tissu dépasse de sa ceinture à laquelle est également fixé le fourreau dans lequel repose son épée. Les extrémités du heaume qui couvre entièrement son visage à l'exception d'une fine visière sont ornés de petites ailes, un motif que l'on retrouve sur l'entièreté de l'armure qu'il s'agisse de recouvrir les jointures qui lient les différentes pièces ensemble ou qu'elles soient simplement gravées contre le métal. Le tout donne à l'homme l'allure imposante qui sied à un chevalier.

Lorsqu'il ne porte pas l'armure, Galahad est généralement vêtu d'un habit plus décontracté mais qui remplit malgré tout un but protecteur. En effet, son accoutrement secondaire le voit recouvrir le haut de l'habit qu'il porte habituellement sous son armure d'une veste rouge rembourrée en partie par de fines plaques d'aciers, avec des protections plus apparentes au niveau des avant-bras, du coude jusqu'au revers de la main. Le bas se compose de protections similaires pour ses genoux et tibias au dessus d'un pantalon au tissu ample qui privilégie la liberté de mouvement.

Caractère

De premier abord et dès les premières interactions avec Galahad, il est évident que ce dernier est la personnification du bon vivant. Il se montre souvent très souriant et enjoué, tirant un certain amusement des choses les plus simples. Il semble tout prendre à la légère et se tient et se comporte avec une certaine assurance qui donne l'impression que rien ne peut l'atteindre. Coureur de jupons à ses heures perdues, il a la réputation de séduire toutes les belles jeunes filles qui croisent son chemin et ce, depuis sa jeunesse.

Malgré ses airs chevaleresques, Galahad est un homme qui aime vivre simplement. De ce fait, malgré son air décontracté qui dégage une certaine confiance, il peut parfois faire preuve d'une naïveté et d'un côté loufoque et gaffeur, exacerbé lorsqu'il se retrouve avec un peu trop d'alcool dans le sang, qui ont vite fait de défaire toute impression de grandeur ou de noblesse qu'il pourrait donner initialement. Le tout permet de faire de l'homme une figure très terre à terre, facile à approcher et à aborder ce dont il se réjouit. Très spontané, il se plaît à discuter de tout et de rien, faire des rencontres intéressantes et s'amuser, un côté qui le rend particulièrement aimé des enfants avec qui il développe rapidement une certaine complicité.

Cependant, quiconque se trouve à ses côtés lorsque les choses se corsent se retrouvera exposé à un côté plus sage et sérieux de sa personne. Doté d'un certain sang froid, fruit d'une certaine expérience et d'un parcours guerrier, il est rapide à prendre le dessus sur une situation difficile et passer à l'action là où d'autres pourraient paniquer et s'affoler. Il n'hésitera pas également à prendre en charge son entourage et les organiser en un effort commun si le besoin s'en fait ressentir et que personne d'autre ne prend la situation en main. Il aura cependant tendance à recourir à une remarque sarcastique ou humoristique et à parfois se mettre à sourire, même face à l'adversité.

Il semble également avoir une facette plus sombre et sournoise aux motivations ambiguës et sous ses airs candides se cache un homme qui peut se montrer dur et froid voire même manipulateur, un côté qu'il semble réserver pour les situations les plus extrêmes. Il sera alors facile pour les personnes les plus observatrices de déceler que sous les airs enjoués qu'il expose à ses nouvelles rencontres et à ses amis, et les élans séducteurs qu'il déploie auprès de la gente féminine, se cache un homme plus complexe aux multiples facettes et peut-être aux nombreux secrets. Au final, il reste cependant un homme droit avec un certain sens moral, même si celui-ci possède ses ambiguïtés. En effet, malgré son travail de mercenaire qui le pousse à accepter diverses missions contre rétribution, il n'est pas impossible qu'il se retrouve à spontanément venir en aide à une personne dans le besoin. Il n'accepte également pas n'importe quel travail et rejettera un contrat aux objectifs qu'il perçoit comme néfastes.

Plus jeune, Galahad était un garçon avide d'aventures et de découvertes qui ne se laissait pas décourager et prenait chaque obstacle comme un défi, un côté qui n'a pas totalement disparu bien qu'amoindri par le cynisme d'un âge plus avancé et les expériences qui l'accompagnent. Toujours intéressé par l'idée de découvrir le monde et les différents secrets et individus qu'il recèle, il se fascine de nouvelles rencontres et de nouvelles trouvailles, qu'il s'agisse de ruines anciennes, d'une personne intéressante ou d'une nouvelle taverne aux délices loués par les rumeurs locales. En outre, le manque de surprise qu'il affiche souvent face à des situations étranges trahissent son expérience avec toutes sortes de phénomènes sortant de l'ordinaire, fruit de sa vie d'aventures.

Histoire

Chapitre 1 : La grandeur des petits débuts


Le temps n'était pas d'humeur clémente en cette fin de soirée. Pluie, tonnerre et vent avaient vite fait de déserter les rues de Lelanaserine. La cacophonie de voix, bruits de pas et cliquetis d'objets en tout genre qui envahissait d'ordinaire la place publique s'était vite dissipée au profit du bruit irrégulier des goûtes d'eau contre le sol et les toits et du sifflement des coups de vents qui remplissaient rues et ruelles, entrecoupés par les occasionnels grondements de tonnerre, suivant les violents flash de lumières de quelques secondes. La plupart des habitants avaient, par ce temps, regagné leurs foyers pour la nuit.

Du moins ceux qui avaient un foyer à regagner.

En effet, au milieu des rues et ruelles principalement désertes erraient malgré tout les quelques mendiants et défavorisés qui n'avaient d'autres choix que de braver la tempête : Galahad en faisait partie. Il n'était à cette époque qu'un jeune garçon d'à peine quatorze ans mais dans le monde dans lequel il vivait, l'âge ne rendait en rien la vie plus clémente et seul les plus débrouillards trouvaient de quoi se remplir le ventre et se tenir au chaud, de quoi survivre une nuit de plus. D'aussi loin qu'il puisse se souvenir, Galahad était orphelin. Il ne savait rien de ses parents, ni la moindre mémoire aussi floue soit-elle de leur visage, ni même si ils étaient morts ou l'avaient simplement jeté à la rue un beau jour. Depuis toujours, il avait dû apprendre à s'en sortir seul.

Malgré le mauvais temps, Galahad marchait le long d'une ruelle avec le sourire aux lèvres. Le froid de l'eau qui s'étaient accumulée au sol frappait ses pieds nus d'une sensation qu'il avait trop l'habitude de ressentir pour broncher et ses haillons, trempés, lui collaient au corps mais la sensation désagréable ne semblait pas enlever à sa bonne humeur. Et pour cause : C'est avec une bourse bien pleine que Galahad gambadait joyeusement. Il avait travaillé dur pour obtenir ces pièces et c'est la tête dans des nuages bien plus blancs que ceux au dessus de sa tête qu'il imaginait maintenant le festin qu'il pourrait se payer avec.

Ce qu'il était trop perdu dans ses fantasmes culinaires pour concevoir c'est l'idée qu'il pourrait finir par être le festin de quelqu'un.

Il était déjà trop tard lorsqu'il réalisa la figure couverte par l'obscurité qui fendait vers lui. Il perdit ses appuis, la bourse lui tombant des mains et chuta lourdement au sol. La première chose qu'il ressentit fut la pression qui s'exerçait sur ses épaules, il pouvait reconnaître à la sensation qu'il s'agissait de deux mains. Lorsqu'il se remit suffisamment du choc pour pouvoir rouvrir les yeux, son regard se posa sur les yeux écarquillés de son agresseur, des yeux noirs aux iris rouges. Les yeux d'une goule, remarqua-t'il avec horreur. Il ne put qu'observer la créature, paralysé par la peur même sans l'emprise de l'assaillant qui ouvrait maintenant la gueule. Il referma les paupières, instinctivement.

Un lourd bruit et un grognement qui semblait s'éloigner. La pression sur ses épaules disparue. Galahad ouvrit un œil prudent à la situation devant lui. Lorsque le flou se dissipa de sa vision, il pouvait voir le ciel et une goutte de pluie le força à cligner des yeux avant de pouvoir pleinement regagner sa vision. La goule n'était plus sur lui. Il se redressa autant que possible, une main derrière lui servir d'appui.
Au cours des années, Galahad fera plusieurs rencontres décisives qui changeront sa vie à jamais. Des rencontres dont il est, pour la plupart, éternellement reconnaissant. C'était là la première d'entre elle et peut-être la plus importante.

En effet, devant le jeune garçon se tenait un vieil homme. La toison grisonnante et les rides sur son visage entrecoupés d'une vieille cicatrice à la joue traduisaient au moins autant d'expérience que ses yeux, dirigés vers la goule qu'il venait supposément de repousser. Malgré le tissu qui recouvrait son corps jusqu'au bas des jambes, Galahad pouvait deviner sa carrure à la largeur de ses épaules.

- Ne reste pas là, gamin. Dit le vieillard d'une voix rauque mais Galahad ne put faire autrement.

La goule, certainement rendue folle par la faim, s'élançait vers l'homme qui l'avait attaquée avec la rage d'une bête mais son assaut fut esquivé par un pas de côté de l'homme qui enchaîna d'une frappe à la nuque à l'aide d'un bâton que le jeune garçon ne remarqua qu'alors dans sa main droite. Les déplacements et les coups du vieillard transformaient ce qui était en réalité un combat à mort en une danse habile qui semblait parfaitement contrôlé par l'humain. Galahad avait lui-même connu son lot de bagarres, c'était inévitable dans les rues, mais il n'avait jamais vu un homme se battre de la sorte. Lorsque le combat prit fin, la goule était inconsciente et Galahad avait pris sa décision : Il apprendrait à se battre comme ça, lui aussi.

L'attrait de ce nouvel objectif remplaça vite la peur qui le paralysait et le voilà qui se relevait d'un bond rapide, les yeux ronds et le sourire jusqu'aux oreilles, la bourse oubliée alors qu'il se dirigeait vers son sauveur.

- Eh ! M'sieur ! M'sieur ! C'était énorme ce que vous v'nez de faire ! Vous lui avez fait sa fête à cette sale bête ! Il sautillait autour de son interlocuteur en parlant avant de se mettre à mimer le combat auquel il venait d'assister. ..Zblah ! Boum !

- Je croyais t'avoir dit de ne pas rester là. Répliqua l'homme, la voix rauque et le ton calme. Il suivait Galahad du regard. Et ce n'est pas une 'sale bête', c'est une personne.

- Hein ?..O-Ouais, bah c'est une personne maléfique !

- Peu de choses sont fondamentalement maléfiques. Mais beaucoup ont faim. La faim et le mal se ressemblent quand on est du mauvais côté de la fourchette. Le vieillard lui lança un regard qu'il soutint pendant quelques secondes. ..Je peux savoir pourquoi tu me suis ?

En effet, le guerrier avait amorcé la marche qui l'avait vu quitter la ruelle où s'était déroulé l'affrontement juste après sa première réplique mais Galahad, après avoir récupéré sa bourse, s'était empressé de lui courir derrière.

- J'veux apprendre à m'battre comme vous ! Apprenez-moi !

- Non.

-Quoi ?! Pourquoi ?!

-Je n'ai pas de temps à perdre avec un gosse. Rentre chez toi.

Galahad s'arrêta subitement.

- J'ai pas de chez moi... Il marmonna à peine assez fort pour être entendu. Il serrait maintenant les poings et la pluie avait fini d'alourdir ses mèches qui cachaient maintenant en partie ses yeux alors qu'il fixait le sol.

Le vieil homme s'arrêta également et daigna se retourner pour adresser enfin un regard au jeune garçon.

- Je vois. Désolé gamin, je ne peux rien faire pour t-... Un râle de douleur le força à s'interrompre, aussi bien dans ses paroles que dans le volte-face qui allait le remettre en route. Il fit tomber un genou au sol et ses mains se saisirent du tibia de son autre jambe. Galahad s'empressa de courir à ses côtés.

- V-Vous allez bien ?! M'sieur ?!

- M-Maudite jambe..J'ai trop forcé dessus..

Il fixa l'homme à terre pendant un moment, les bras dressés à ses côtés sans savoir quoi faire pendant un instant. Il était beaucoup trop petit pour qu'il puisse mettre son bras autour de son cou et beaucoup trop faible pour qu'il le porte. Lorsqu'il reprit ses esprit, il laissa tomber la bourse puis prit le bras du vieillard et le guida jusqu'à son épaule jusqu'à ce qu'il y pose sa main. Il plaça ensuite son propre bras autour de la taille de l'homme qui commençait à se relever et le fixait, surpris.

- Appuyez-vous sur moi ! S'exclama simplement Galahad avant d'avancer doucement. Le guerrier qui s'appuyait sur lui pour soulager la charge de sa jambe souffrante put ainsi marcher. Il observa le garçon qui s'était proposé de l'aider sans hésitation, au détriment du sac de pièces qu'il avait réussi à obtenir. Même si le vieil homme faisait de son mieux pour appliquer une pression aussi légère que possible, il était clair qu'il avait du mal à soutenir son poids. Pourtant il ne disait rien, durant tout le trajet, pas une plainte. Son sang ne l'était peut-être pas mais l'âme de l'enfant elle, était certainement noble, se dit-il.

L'impromptu duo arriva tant bien que mal là où vivait l'ermite. À la surprise de Galahad, il ne vivait pas dans l'enceinte de la ville mais dans une petite cabane dans la forêt adjacente. Le grincement de la porte en bois fit pénétrer la lumière de la pénombre dans la pièce et étala leurs ombres jointes en une image difforme. Le jeune homme guida son aîné vers le lit qui se trouvait à l'autre bout de la pièce et se déchargea de son poids lorsqu'il l'aida à s'asseoir sur celui-ci. Une expiration de sa part trahit son soulagement et il amena son bras en arrière dans une rotation de son épaule pour dissiper la tension qui s'y était accumulée.

- Bon ben, on y est...J'ferai mieux d'y aller... Il sourit poliment avant de se diriger vers la porte.

- Attend. Il s'arrêta et fit face au vieillard. Tu m'as dit que tu n'avais nul part où aller, c'est ça ? Dans ce cas, tu ferais mieux de rester là, il y a des draps dans la commode.


L'homme marqua une pause durant laquelle il ferma les yeux. Il sourit légèrement avant de rediriger son regard vers Galahad.

- Et puis ça m'évitera d'avoir à aller te chercher dans toute la ville quand on commencera l'entraînement demain.

- L'entraînemen-...Ouah ! Vous êtes sérieux ?! Vous allez vraiment m'apprendre à me battre ?! La confusion ne dura qu'un instant avant que l'enthousiasme et un sourire béat ne s'emparent de l'enfant qui se mit de nouveau à sautiller sur place.

- Oui. Maintenant dépêche-toi, il se fait tard et demain je n'ai pas l'intention de te ménager.

- Haha ! Ça marche ! S'exclama Galahad qui s'empressa de faire comme il avait été instruit, la tête pleine de toutes les techniques qu'il allait bien pouvoir apprendre. Il se demanda bien ce qui allait réussir à le faire s'endormir avec toute cette anticipation.

Chapitre 2 : Rencontre avec la Noblesse



Huh ! Haa ! Hyaah !

Le soleil commençait à se coucher sur cette partie du monde, certains de ses rayons parvenant à percer l'épaisse canopée. Au milieu de ce royaume sylvestre peuplé par le bruit des feuilles dansant au gré du vent, craquant au gré des pas de la faune et des bruits de ces derniers, des sons beaucoup plus humains se faisaient beaucoup plus bruyant.

Au milieu d'une clairière au cœur de la forêt, à quelques minutes de marche de la cabane du vieux maître, un affrontement avait lieu entre lui et le disciple qu'il entraînait depuis maintenant deux ans : Galahad. Celui-ci, qui se remettait à peine d'une série d'attaques manquées, faisait en ce moment face à un direct du gauche qui se dirigeait vers son visage. Rapidement sa jambe droite le déporta sur le côté où il put sentir le coup effleurer sa joue, sa jambe arrière s'élança vers l'intérieur avec suffisamment de poussée pour entraîner tout son corps dans une rotation sur lui-même. Il stoppa celle-ci en ancrant son pied au sol, le bras gauche déjà étendu pour transférer toute son inertie dans ce revers qui s'adressait à l'extrémité de la mâchoire de son assaillant, juste en dessous de l'oreille. Le coup ne brassa cependant que de l'air puisque le vieil homme aux sens et aux réflexes aiguisés s'abaissa pour l'esquiver. Galahad eut à peine le temps de maudire l'ouverture qu'il venait de laisser avant qu'un coude ne vienne s'écraser contre son plexus, le forçant à se plier en deux et l'envoyant reculer de quelques pas.

Aie aie aie.. Le jeune disciple posa une main sur son abdomen. Elle ne soulageait pas la douleur mais le contact calmait au moins son esprit.

Ta technique s'améliore. Complimenta l'ermite. Son expression se crispa lorsqu'il remarqua sa jambe lancinante et il dirigea un regard vers le soleil couchant. Rentrons. Tu as bien fait rentrer le b-

Le bois pour le feu ? Oui, oui. Je m'en suis occupé ce matin.

Les deux hommes reprirent donc la direction de la cabane. Celà faisait maintenant deux ans que Galahad y vivait avec son mentor. Il était haut comme trois pommes lorsqu'il avait porté le vieillard jusqu'à cet endroit pour la première fois. En deux ans, il avait bien grandi. Sous le régime strict de ses entraînements, son corps avait gagné aussi bien en taille qu'en définition et si il restait relativement mince, sa musculature était déjà bien tracée. Il avait également gagné en expérience et en technique. Le gamin bagarreur qui balançait ses poings à tout va n'était plus et à la place se trouvait un jeune homme avec une maîtrise des arts martiaux qui pourrait épater bien des experts. Tout cela, il le devait à Fengar, son mentor, car en effet ce qu'il avait gagné de plus précieux en deux ans, c'était une famille. Il avait appris à vivre avec le vieil homme  La majorité de leurs journées était occupées par l'entraînement. Une jeune femme de la ville qui connaissait le maître se chargeait souvent de leur apporter de quoi se nourrir et les deux étaient maintenant installés dans une routine confortable.

Cette routine s'apprêtait à changer.

Tiens, Alia devrait être déjà passée. Il n'y avait en effet aucune trace des provisions qu'elle laissait d'habitude dans la petite maisonnette.

La pauvre petite doit être débordée. Tu ferais mieux de passer à la taverne et récupérer ça.

Sur ces mots, Galahad s'empressa de se diriger vers la ville. Il remonta le petit sentier qui donnait sur la route principale avant de suivre celle-ci jusqu'à l'entrée de Lelanaserine. Lorsqu'il y arriva, son attention se porta sur le nombre important de chevaux qui peuplaient l'écurie juste en dehors des murs. Il y avait même une charrette. Et alors qu'il poursuivait vers la taverne, il se demandait bien ce qui se passait en ville.

De son côté, Fengar qui s'attendait à au moins un bon quart d'heure de solitude fut extirpé de celle-ci par le bruit de canassons qui descendaient le sentier du côté opposé à celui que Galahad avait emprunté, quelques minutes à peine après lui. Il entendit des cliquetis et divers bruits avant que deux voix ne se distinguent, approchant de sa porte.

Je te le dis Tair ! Tu n'as pas besoin de t'embêter à venir jusque dans ces lieux reculés pour un simple vieillard ! Clauvis a tout ce que tu recherches.

Silence, Aventus. Un toc à la porte.

Entrez. Annonça Fengar, la voix rauque et puissante portant jusqu'à l'extérieur.

La porte s'ouvrit en grinçant.

Désolée Galahad ! J'ai vraiment essayé de me libérer mais on est débordés ici ! Un noble d'Akantha est en ville et son fils est assis à la table là-bas, donc le patron a besoin de tout le monde.

Un noble d'Akantha, hein. Eh, c'est rien, t'en fais pas. J'me charge d'emmener tout ça à la cabane. Galahad sourit.

Alia était une jeune femme simple et sans artifices. Sa chevelure claire était maintenue en un chignon attaché haut et seule une mèche rebelle tombait devant ses grands yeux noisettes. Le visage rond et les joues roses, la jeune femme qui travaillait comme serveuse à la taverne du coin était bien plus forte qu'elle n'y paraissait et Galahad l'avait déjà vue soulever des soûlards qui faisaient au moins trois fois son poids à la force des bras pour les sortir de la taverne. Elle lui indiqua la porte derrière le comptoir et il y trouva, comme prévu, au milieu des étagères d'alcool et de nourriture, un panier contenant les provisions qu'il devait emporter chez lui. Le panier en main, il s’apprêtait à sortir quand il fut interpellé par une série de remarques édulcorées et d'obscénités à l’égard de l’enseigne. Il fit volte-face pour découvrir qu’elles venaient en effet du noble assis au fond et des quelques hommes en armure à sa table qui semblaient trouver l’état de l’établissement risible. L’un d’eux recracha le contenu de son verre par terre.

Galahad serra le poing, visiblement irrité. Il reprit le pas.

Alia s’empressa d’aller essuyer le sol. Un commentaire déplacé fusa à son égard de la part du noble.

La main de Galahad s’arrêta sur la porte.



Eh bien j’apprécie que vous vous soyez déplacés jusqu’ici pour acquérir mes services, mon seigneur. Mais comme vous le voyez, vu l’état de ma jambe, je ne suis plus le guerrier que j’étais. J’ai bien peur de ne pas pouvoir garantir votre sécurité.

Mhh...Je vois. C’est fort déplorable. Marmonna Tair. Il s’agissait d’un homme à l’âge avancé mais qui se tenait malgré tout avec une posture digne de la noblesse dont il faisait partie. Il était facilement reconnaissable à son importante moustache en guidon grisonnante. Sa chevelure qui l’était tout autant se trouvait parfaitement coiffée sur le côté, marque d’une attention et d’un soin qui se retrouvait dans son habit aux couleurs noires sobres mais à l'aspect élégant.

À côté de lui, un second homme plus jeune, visiblement quarantenaire, cachait très mal sa joie derrière le voile d’un air solennel brandi plus par politesse et étiquette que par réelle sincérité. Contrairement à son partenaire, Aventus n’hésitait pas quant lui à afficher l’opulence dont il disposait. Son habit, aux couleurs et aux couches beaucoup plus vives étaient accompagnées de bijoux en or et différents cristaux précieux. Des cheveux châtain courts et coiffés en arrière et une moustache plus fine que celle de son compagnon marquaient un visage joufflu sur un corps tout aussi rondelet.  Il s’adressa à Tair.

E-Eh bien, aussi regrettable que cela puisse être, il reste toujours mon fils ! Clauvis ! Vous verrez, il sera parfaitement à la hauteur ! Il est passé sous la tutelle des instructeurs les plus prisés et les plus chers d'Akantha !
__

Et qui es-tu, dis-moi ? Pour oser t'adresser sur ce ton à quelqu'un de mon rang.

J'suis Galahad.

Galahad hein ? Eh bien, tu n'es pas très malin, Galahad.

Clauvis était un jeune homme blond aux traits fins et à la figure élancée. De ses yeux verts, il regardait Galahad de haut, un sourire hautain sur le visage alors qu'il s'approchait de celui-ci d'un pas. Autour d'eux, une petite foule s'était formée, composée de tous les occupants de la taverne. Tous observaient l'échange se dérouler, un air entre choc, intérêt et inquiétude sur leurs visages au souffle coupé. Seul Alia semblait horrifiée sans demi-mesure et les hommes en armure qui accompagnaient le noble posaient un regard méfiant sur la scène.

Et vous avez rien d'un homme, monseigneur. Il faut vous apprendre l'respect. Galahad, en revanche, ne semblait pas du tout amusé. L'agacement clair dans ses traits, il fit craquer son poing. Les deux gardes firent mine de se lever en brandissant leurs armes mais un geste de main de leur supérieur les figea sur place.

Tout va bien, je m'occupe de cet inconscient personnellement. J'ai du temps à perdre après tout, je peux m'amuser avec toi.

__

Je cherche quelqu'un pour veiller sur moi et ma fille, pas quelqu'un que je vois surveiller lorsqu'il est autour de ma fille. Tair fixa son compagnon d'un air sévère.

Celui-ci recula vite d'un pas, visiblement mal à l'aise. Il tenta tant bien que mal de répondre.

M-Mais non, voyons ! Il n'y pas de quoi s'inquiéter ! Aha..C'est normal à leur âge ! Ils sont si mignons ensemble..haha.

Mhh...Bien. Il soupira. Allons-y dans ce cas. Ils nous attendent à la taverne. Ser Fengar, laissez-moi au moins vous offrir un verre. J'insiste.

Fengar s'apprêtait à refuser par politesse mais il se rappela alors Galahad qui était censé être rentré depuis déjà un moment. Qu'est-ce qu'il foutait encore ce morveux ? Il se releva.

Eh bien, je dois récupérer le gamin à la taverne.

Le.."gamin" ?

Ils prirent la direction de la taverne. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent sur les lieux.

..Et donc, ce garçon. Vous lui avez enseigné votre art du combat ?

En effet.

E-Encore un amateur, pour sûr ! Interjecta Aventus vivement. Il était si proche du but.

Et comment s'appelle ce disciple ?..

Galahad ! La voix d'une jeune femme retentit avec le nom à ses lèvres avant que Fengar n'ait le temps de répondre. Les hommes dirigèrent immédiatement leur attention en direction de la taverne qui n'était qu'à quelques pas. Un vacarme se fit entendre puis tout à coup..

Hyaaarrgh ! La porte fut forcée à s'ouvrir sous le poids des deux corps qui s'élançaient contre cette dernière depuis l'intérieur et que le trio put apercevoir lorsqu'ils finirent par chuter au sol lourdement, accompagné par une petite foule qui accourut au pas de l'entrée pour continuer à observer l'altercation. Fengar en devint livide. Sous ses yeux se trouvaient Galahad qui venait de tacler au sol un autre jeune à travers le portique de la taverne. Qu'est-ce qui se passe, monseigneur ?! Vous avez trop peur d'vous salir pour vous battre correctement ?!

F-Fumier ! Le second jeune réussit à libérer l'un de ses bras de l'emprise du disciple et s'empressa d'envoyer son poing vers le visage de ce dernier mais un coup de paume au poignet dévia l'attaque sur le côté d'un Galahad dont le visage était déjà penché pour l'éviter.

Héhé, on dirait que vos instructeurs vous ont pris avec trop d'pincettes pour vous apprendre quoi que ce soit !

Les mains de Galahad trouvèrent le sol de chaque côté du visage de son adversaire alors que l'un des gardes qui l'accompagnait s'avança dans son dos dans une tentative de l'attraper. Le jeune garçon transféra tout son poids sur ses membres supérieurs et souleva le reste de son corps dans un effort de se tenir à la verticale sur ceux-ci. Comme prévu, ses jambes échappèrent de justesse à la prise de l'assaillant surprise. Un second allié contourna son collègue sur le côté pour tenter lui aussi une attaque. Galahad eut assez de temps alors que le premier garde vacillait suite à sa tentative ratée pour pousser sur ses bras et se propulser vers lui, semelle en avant et alors que son compagnon avançait subitement sa lame en un coup d'estoc, abandonnant tout effort d'une maîtrise pacifique, il se retrouva à frapper dans le vide grâce à cette manœuvre. Le premier adversaire était mis au tapis, propulsé en arrière par un puissant coup de pied qui voyait Galahad fuser comme une flèche d'un ennemi à l'autre. Il retrouva vite ses appuis et se vit en mesure d'esquiver le nouvel élan du second adversaire. Il pivota le buste pour laisser passer un coup derrière son dos et le même élan servit à l'élancer dans un puissant uppercut qui mit son second assaillant à terre.

Il reprit sa respiration, les muscles gainés alors qu'il forma une posture classique d'arts martiaux.

C'est quoi vot' problème, vous avez pas d'honneur ?!..À interrompre un duel entre hommes !

Galahad ! Le dénommé se retourna rapidement pour trouver son maître accompagné de deux hommes qu'il ne reconnaissait pas ainsi que d'un petit groupe d'individus en armure. L'un des deux hommes, quarantenaire, s'avança vers lui, furieux.

E-Espèce de..Petit merdeux ! Il dirigea son attention vers le noble qu'il avait mis à terre en premier et s'agenouilla à ses côtés. Clauvis ! Toi..Gardes ! Maintenez-le !

Cette fois, le petit groupe de gardes encercla vite Galahad, lames pointées vers lui. Il fut pris de court. C'était peut-être un peu trop pour lui. Il leva les mains.

]Tu vas le payer cher ! Lever la main sur un noble..Ta petite vie de bouseux sera un paradis comparé à ce qui t'attend, tu vas voir !

Le maître s'avança rapidement. Arrivé devant Aventus, il s'inclina devant celui-ci.

Je vous en prie, Monseigneur, ce n'est qu'un enfant.

Il rencontra une réponse violente et tenta tant bien que mal d'argumenter. La cacophonie fut cependant interrompue par un claquement et un rire. Tair qui était resté silencieux tout ce temps rigolait maintenant en tapant des mains. L'attention de tout le monde se figea sur lui alors qu'il avança à son tour. D'un geste de la main, il ordonna aux gardes de s'éloigner du jeune homme.

Hahaha, bien joué, petit ! Tu te défends bien.

Euh m-merci. Répondit Galahad. Il restait méfiant.

Dis-moi, je cherche quelqu'un. Vois-tu, je suis un collectionneur et mon travail m'amène à voyager en quête d'artefacts. Il me faut quelqu'un pour me protéger moi et ma fille. Quelqu'un avec tes talents. Qu'est-ce que tu en dis ?

Voir "Suite de l'Histoire" plus bas pour le chapitre 3.

Profil

  • Pseudo : Galahad
  • Âge : 19 ans
  • Tu nous as trouvé où ? Google
  • Un autre compte ? Non.
  • Personnage de l'avatar : Drifters ▬ Toyohisa Shimazu
  • As-tu lu le réglement ? Oui
Copyright ©️ Maître du Jeu de Lost Kingdom
Bienvenue !

J'aime beaucoup ton style d'écriture, j'ai hâte de voir la suite de l'histoire !
Bienvenue parmi nous !



#9900CC
Bienvenue !



Bienvenue Sir Galahad
Update : Chapitre 1 complété.

Merci à tous pour les messages de bienvenue !

Bienvenue sur le forum, j'espère que tu te plaira parmi nous n'hésites pas a contacter le staff par MP si tu as des questions!
Update : Chapitre 2 posté.
Bon courage pour la suite de ta fiche, j'aime beaucoup le personnage même s'il n'y a pas encore d'avatar.

Autrement, bienvenue sur le forum !


Bonjour par ici !
La fiche est-elle toujours d'actualité ?






Achillée murmure en peru, Aster gronde en darkgrey.
Update : Chapitre 3 posté !...En dessous.

Bon apparemment, le message dépassait la limite autorisée donc j'ai dû mettre la suite de l'histoire dans un post à part.

J'en profite pour demander un petit délai ! Je suis assez occupé en ce moment donc ça prend du temps de pondre un chapitre.

Ellan Galahad

Civil, Mercenaire

Suite de l'Histoire

Chapitre 3 : Incident à la Cour



Le soleil était haut dans le ciel en ce début d'après-midi et la chaleur battait son plein en Akantha. Pour beaucoup, ce temps estival était tout ce qu'il y avait de plus normal. Et si les Ellgardiens seraient prêts à vénérer les Seraphs pour profiter ne serait-ce que d'une journée avec un tel temps, Galahad lui, ne serait pas contre une petite brise.

Bon sang, je m'habituerai jamais à cette chaleur ! Profitant d'une pause dans son emploi du temps chargé, il contemplait le vaste jardin du manoir dans lequel il se trouvait, l'air absent, le regard fixé vers l'horizon et l'esprit porté sur Lelanaserine.

Déjà trois ans.. Oui, trois ans. Trois ans depuis qu'il avait accepté ce travail. Trois ans depuis qu'il avait vu son maître pour la dernière fois. Ses pensées se tournaient vers lui de temps à autres et il se demandait ce que le vieux grincheux devenait. Il avait refusé l'offre dans un premier temps, ne voulant pas l'abandonner seul mais le vieillard lui avait mis les pendules à l'heure. Ça fait partie de l'entraînement, lui avait-il dit. Que voyager et découvrir le monde fera de lui un homme.

Gal' ! Une voix puissante retentit alors. L'attention de Galahad se tourna vers l'écurie où un homme l'appelait. Il s'agissait d'Ali, un homme aussi grand que large à la peau mâte qui, comme lui, faisait parti de l'important staff au service du vieux noble qui l'avait recueilli, Tair. Si chacun avait plus ou moins sa spécialité et sa fonction, il n'était pas rare de les voir s'entraider et échanger des tâches. Galahad s'empressa d'aller le rejoindre.

Alors, cette escapade ? Raconte. Demanda l'homme alors qu'il agrippa un balai d'une main pour le passer à Galahad et se saisit lui-même d'un deuxième.

Oh, tu sais, comme d'habitude. On est restés quelques jours dans un petit hameau, le vieux a parlé avec le vendeur d'une espèce de pierre, un truc apparemment ultra spécial, même si, c'était juste un caillou brillant si tu veux mon avis. Bref, il a payé, pris la pierre et voilà.

Comme son maître l'avait voulu, Galahad avait découvert bien du monde. Il faut dire que son travail s'y prêtait bien. En tant que collectionneur, le vieux noble voyageait aux quatre coins du monde -dans la mesure du possible- pour acquérir différents artefacts et objets de valeur. Chargé de sa protection, Galahad le suivait bien évidemment dans ces escapades. Il n'était pas rare pour lui de vagabonder dans les différents lieux qu'ils visitaient lorsqu'il avait du temps libre et lorsqu'il n'était pas le seul à assurer la garde de son maître et il y avait vécu bon nombre de mésaventures qui, il se le dit, feraient certainement de bonnes histoires à raconter autour d'un feu de camp ou d'une chope de bière.

Pff', tu sais très bien de quoi j'veux parler ! Galahad fut tiré de ses rêveries par cette remarque de son ami. La fête ! Le vieux en organise une à chaque fois qu'il obtient une de ses babioles ! Ça veut dire que y'en aura une ce soir ! Et on sait tous que tu fais des siennes à chaque fois avec les demoiselles. Galahad sentit le feu monter à ses joues presque aussi clairement qu'il sentit le coude de son interlocuteur taper contre son bras à plusieurs reprises.

Il amena sa main derrière son crâne dans un mouvement d'embarras. A-Ahahaha !..Ah ? Ah ben..Haha..

Oui, Galahad s'était en effet forgé une réputation de bourreau des cœurs. Il est vrai qu'il avait pris l'habitude de converser avec la gente féminine à chaque fois que le vieux noble organisait l'une de ses grandes réceptions. Toute cette histoire avait commencé lorsqu'il fut forcé à prendre des cours d'étiquette pour apprendre à bien se conduire auprès de la noblesse. Une remarque désobligeante à l'égard des "bouseux de son espèce" et de leur incapacité à se conduire et Galahad s'était mis au défi de faire ravaler ses paroles à son instructeur. Une chose mena vite à une autre et il s'était retrouvé à passer bien des nuits en bonne compagnie.

Tu sais. Poursuivit l'autre homme d'un ton plus absent. Il était retourné à ses corvées. Je ne pense pas que la Demoiselle apprécie toutes tes escapades nocturnes.

Hein ? Cette fois encore, il était pris au dépourvu. Du moins pendant une seconde. Lorsqu'il se reprit il laissa s'échapper une longue expiration. Pff..Me fais pas des blagues comme ça, ça va pas. Y'a pas moyen qu'une noble comme elle veuille quoi que ce soit avec un roturier comme moi. Il secoua la tête. Non mais, quelle idée ridicule.

Tu veux dire comme toutes ces autres femmes de son rang qui "voulaient rien avec un roturier comme toi" ? Galahad en redevint rouge. Il se mit à rire maladroitement comme à chaque fois qu'il était pris d'embarras.

Ahaha, ce-..c'est pas pareil. Dit-il avant qu'une voix mélodieuse ne pénètre dans l'écurie.

Galahad !

Heh, quand on parle du loup. Interjeta Ali. Il avait aux lèvres ce genre de sourire qui ne voulait rien dire de bon. Il échangea un regard avec son comparse avant que celui-ci ne sorte à la rencontre de celle qui l'appelait. Devant lui se présentait une femme au corps élancé et aux formes voluptueuses. Ses cheveux roux descendaient en une cascade de boucles qui disparaissaient pour la plupart derrière ses épaules jusqu'au bas de son dos à l'exception de quelques mèches fines qui restaient sur la fabrique en satin blanc de sa robe. Galahad se demandait toujours comment elle pouvait conserver ce teint rosé avec le soleil qui frappait presque à toute heure en Akantha. Même lui arborait maintenant un teint caramel, c'est pour dire. Couplé à ses pommettes et ses joues ainsi que ses grands yeux verts, le tout donnait à la jeune femme un air à l'innocence presque enfantine. Mais il n'y avait aucun doute qu'il s'agissait bien d'une femme dans la fleur de l'âge.

Mademoiselle ! Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? Il s'inclina légèrement, une main posée contre son torse. Un geste qui était devenu presque inconscient pour lui.

Je veux monter sur l'un des chevaux ! S'exclama Lisa, la jeune femme, avec enthousiasme en pointant du doigt l'écurie de laquelle il arrivait. Elle balançait son poids d'une jambe à l'autre, tout sourire.

Galahad, amusé, s'exécuta et bien vite la demoiselle était à califourchon sur l'un des destriers et lui, les rênes en mains, guidait le cheval qui avançait d'un pas lent. Il posa le regard sur la jeune femme qui semblait incapable de décoller les yeux de sa monture. Les lèvres pincées, elle observait cette dernière avec une concentration sans faille. Malgré la vitesse à laquelle ils avançaient, suffisamment lente pour que n'importe qui puisse les dépasser en marchant normalement, il pouvait deviner à son expression le mélange de peur et d'excitation qui faisaient monter son adrénaline, ce qui ne manqua pas de le faire rire.

Tout comme il l'avait dit plus tôt à Ali, Lisa était une noble. Et elle portait toute la fierté qui venait avec les privilèges du sang. Il se souvint alors de leur leur première rencontre. Leurs deux personnalités ne faisaient pas vraiment bon ménage et Galahad, qui n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, s'était vite disputé avec la jeune femme qui n'hésitait pas à quémander son entourage.

Porte mes livres ! Dit-elle simplement, les mains déjà tendus vers Galahad qui, à cette époque, venait à peine d'arriver au manoir.

Il les dévisagea un instant. Hein ? Tu peux pas les porter toi-même ? C'est pas loin.

Elle secoua la tête. Nh hm ! Je veux que ce soit toi qui les porte !

Baah moi j'ai pas envie donc c'est non. Il répondit et mit les mains derrière la tête pour y reposer celle-ci, il commençait à s'avancer vers la sortie des quartiers en direction du couloir.

Eh ! Elle le rappela d'une voix autoritaire, penchée vers l'avant et les sourcils froncés. Je te rappelle que tu es sous mes ordres ici !

Hein ? J'suis ton garde du corps. Il corrigea. Mon boulot c'est d'assurer ta sécurité. Pour le reste tu t'démerdes, c'est pas mes affaires. Il releva la tête avant de se retourner de nouveau, assez satisfait de lui.

Elle grinça des dents un moment avant de se soulever de toute sa hauteur. Hmpf ! Mais oui, j'oubliais à qui je m'adressais. T'es surtout là pour tes muscles, y'a pas grand chose là-haut, c'est vrai. Elle ajouta avec un sourire mesquin. Galahad s'arrêta subitement. C'était à son tour de grincer des dents. Il fit brutalement volte-face.

Quoi ?! Mais j'rêve, t'es en train d'dire que je suis con là ?! Espèce de sale peste ! Il s'écria, penché vers elle, le poing en l'air. Elle fit de même, les deux venaient de perdre tout semblant de sang froid.

C'est qui que tu traîtes de peste ?! Espèce de bouseux !

Tu m'as bien entendu ! Morveuse va !


Autant dire que l'ambiance était..Électrique. Et pas dans le bon sens. Pourtant au fil du temps et avec leur proximité forcée, ils finirent par tisser des liens. Une confession par-ci, un moment de vulnérabilité par-là, et petit à petit, ils étaient devenus de plus en plus proches. Malgré sa fierté apparente, Lisa, qui avait passé toute sa vie au manoir ne connaissait pas grand chose du monde extérieur. Lorsqu'elle sortait, accompagnée de Galahad, son émerveillement face aux choses les plus simples et ordinaires offraient au jeune homme une fenêtre vers un aspect différent de sa personne. C'est cette même fascination qu'elle affichait maintenant, les jambes serrées contre sa monture pour s'empêcher de tomber à la renverse.

Dis..Galahad. Dit-elle d'un ton absent, l'attention toujours portée sur son équilibre.

Mh ?

Tu viens à la réception de ce soir, hein ?

Hein, ouais. J'ai pas le choix de toute façon. C'est moi qui veille sur le vieux.

Hmpf !
Elle tourna la tête, comme indignée. Tu dis ça mais tu disparais toujours au milieu de la nuit avec je ne sais qui !

Hein ? Ahaha.. Encore une fois, il se gratta la tête. ]Baah, il faut dire que c'est toujours assez calme, y'a pas vraiment de raisons de s’inquiéter. Tout devrait bien se passer.
__

'Tout devrait bien se passer'. Il repensa à ces mots et trouva en lui le temps de les maudire. Bien vite cependant la réalité refit surface et ne laissa place qu'à la panique, au battement effréné de son cœur et à l'air qui frappait contre son visage lors de sa descente ahurissante. Le sol se faisait de plus en plus proche alors qu'il chutait de plusieurs mètres de hauteur.

Rien ne se passait comme prévu.

La réception avait commencé normalement. Petit à petit, avec le coucher du soleil, calèches et chevaux avaient accompagnés les différents invités jusqu'au lieu de la réception. Les montures attachées, ils avaient été ensuite guidés par les servants jusqu'au hall principal, une énorme salle carrelée d'un marbre doré poli si soigneusement que l'on pouvait y voir son reflet ainsi que celui du plafond orné de fresques diverses et de lustres sophistiqués. Différents servants passaient entre les invités pour proposer des verres de champagne et des musiciens, arrangés dans un coin de la salle, jouaient de leurs instruments. Le cœur de cette réception, cependant, se trouvait exposé sur une vitrine montée au fond de la salle de bal : Un cristal bleuté reposant sur un étrange socle en or. Le joyau lui-même brillait d'une lueur qui provenait de son centre et virait quelques fois à des couleurs plus proche du violet. Autour de lui, comme des rapaces, différents individus s'amassaient en une petite foule pour observer l'objet vedette. Tous à leur tour complimentaient son possesseur, Tair qui se trouvait bien sûr fièrement posté devant sa nouvelle possession. Galahad bien sûr, en tant que garde, posté devant lui. Après un certain cependant et lorsque tout le monde avait jeté un coup d’œil à la pièce centrale, les festivités reprirent en bon train. Comme il était de coutume dans ce genre de réunions où tant de monde se rassemblait, Galahad et le maître finirent par être séparés. Rien de bien grave, il en avait l'habitude. C'est là qu'il sentit une tape sur son épaule. Il se retourna pour distinguer une chevelure rousse aux boucles familières qui se frayait un chemin à travers la foule, s'éloignant de lui. Il sourit et décida donc de la suivre, se demandant bien ce que la jeune femme lui voulait. Peut-être qu'Ali avait raison. La pensée le fit légèrement rougir mais il continua malgré tout. Il arriva bien vite sur le balcon. Avec toute la foule réunie à l'intérieur de la salle, le bruit étouffé de la musique, laissant place au bruit de la brise donnait à l'extérieur des airs de bulle détachée du reste de la fête. Galahad s'apprêtait à en sourire mais un rapide coup d’œil et il ne put trouver la jeune fille nulle part.

Soudain un bruit sourd, une fumée opaque s'étendait à l'intérieur de la salle. Galahad se retourna alors que les cris des occupants retentirent mais il ne put rien en distinguer puisqu'une soudaine ombre noire fusa vers le haut au milieu de son champ de vision. Il sentit une puissante poigne sur ses épaules, une traction vers le haut mais, il réalisa avec horreur, ce qu'il ne sentait plus..C'était le sol sous ses pieds.

Galahad tenta tant bien que mal de reprendre ses esprits. Deux pattes agrippant ses épaules étaient les seules choses le maintenant en l'air. Un rapide coup d’œil en contrebas et il remarqua le sol, plusieurs mètres plus bas, défiler à toute vitesse. Ils avançaient vite. Il ne fut cependant pas aussi discret qu'il l'aurait voulu puisqu'il fut remarqué par un individu qui semblait chevaucher la bête qui l'attrapait.

On devrait être assez loin. Lâche-le. Dit-il simplement et soudainement la pression autour de ses épaules disparut et il entama sa chute.

Rien ne se passait comme prévu.

Il ferma les yeux, attendant sa fin inévitable. Il n'y avait rien à faire, pas contre ça. Si seulement il avait des ailes, se dit-il. Oui, l'idée était si vivide qu'il pouvait presque les sentir comme une extension de son corps. Si seulement il avait des ailes, il suffirait d'un battement et..

Galahad se sentit soulevé par une force ascendante et ses pieds reprirent doucement contact avec le sol, comme après un petit saut.

La surprise lui fit ouvrir les yeux et ce qu'il vit le surprit encore plus. Autour de lui ce qui semblait être des fragments d'une énergie étrange violette se dissipaient. Des ailes s'étaient vraiment matérialisées dans son dos ?

Son train de pensée fut coupé lorsqu'il dut rediriger son attention sur la bête qui venait de se poser au sol devant lui. Un hippogriffe monté par un individu couvert d'une robe à capuche noire. Il descendit de sa monture.

Tch', un mage. C'est bien ma veine. Un mage ? Lui ? Pas le temps d'y réfléchir, il devait retourner au palais. Il fit face à son adversaire.

L'homme tendit la main et soudainement une fumée s'échappa du dessous de sa manche et recouvrit vite toute la zone.

Malgré ses efforts pour éviter de respirer l'étrange gaz, le jeune guerrier fut malgré tout exposé à ses effets. Était-ce à cause de sa nature magique ? Ou parce qu'il n'avait pas pu s'empêcher d'en inhaler une petite partie ? Quoi qu'il en soit, les propriétés hallucinatoires de cet assaut sournois transformaient maintenant le terrain en une jungle dont les repères changeaient incessamment. Autour de lui, apparaissait des répliques de son adversaire sous la forme d'être difformes partiellement composés de fumée. La main de Galahad trouva instinctivement la lame attachée à sa ceinture qu'il dégaina et c'est alors que la voix de l’agresseur résonna partout autour de lui, toute aussi difforme et grotesque que ses répliques, et semblait même s'infiltrer dans son propre crâne.

Qu'est-ce qu'il y a ? Tu comptes attaquer ? Vas-y donc, attaque ! Je suis juste là !

Galahad grommela, la bouche toujours recouverte par son avant-bras. Les paupières plissées par la frustration, il dirigeait son regard autour de lui. Il devait bien y avoir un moyen de débusquer son adversaire. Il avait survécu à l'impossible, il n'allait pas se laisser avoir maintenant. Pas maintenant qu'il était sur la terre ferme et en pleine possession de ses moyens. Réfléchis ! répéta-t'il intérieurement. Toute son attention se porta cette fois sur un seul et même objectif : Débusquer son assaillant. Et progressivement, sans qu'il ne puisse se l'expliquer, par cette intense concentration, le décor changeant autour de lui se mit à devenir de moins en moins tangible. Comme s'il faisait partie de la fumée elle-même, ce dernier se dissipait petit à petit et il en allait de même pour les silhouettes qui l’entouraient. Toute, à l'exception d'une. L'une d'entre elle restait bien nette alors qu'elle s'avançait, dague à la main dans sa direction.

Le voilà !..Dès lors qu'il l'avait atteint, l'homme plongeait déjà vers l'avant pour le planter de sa dague, au niveau du cœur. D'un mouvement habile et maîtrisé, Galahad redistribua son poids sur sa jambe droite qui était bien engagée sur le flan de l'ennemi et pivota son buste dans cette direction. La lame passa sur son côté gauche et la surprise de l’agresseur le laissa grand ouvert à une estoc puissante du jeune adepte des arts martiaux qui sortit ainsi victorieux de l'affrontement.

Il ne se sentait cependant pas d'humeur triomphante.

Galahad observa le regard de sa victime. La dernière expiration qui vida ses poumons et son regard écarquillé qui finit par perdre sa lueur. Le corps sans vie qui s'écroula au sol. Certes il s'était entraîné depuis sa jeunesse, aussi bien aux arts martiaux qu'à l'épée avec son maître. Il avait mené bien des combats. Mais il n'avait jamais eu à ôter une vie.

Il recula instinctivement. Son souffle saccadé s’accélérait, ses jambes devenaient de plus en plus faibles et engourdies. Tout son corps lui criait de s'arrêter, mais il ne pouvait pas. Il amena sa main libre face à lui et serra les dents autour de son doigt jusqu'à ce que du sang en sorte. La douleur lui fit regagner ses esprits. Il devait retourner au manoir.

Il marcha pour ce qui lui semblait être une éternité. Il faut dire que la bête avait parcouru une grande distance par les airs. Il avait voulu s'en servir pour faire le voyage retour mais elle était déjà partie lorsqu'il avait mis fin à son combat. Il dût donc se résoudre à faire le chemin à pied. Lorsqu'il arriva enfin, il remarqua un homme, vêtu de robes blanches et d'un manteau en toile qui parlait à l'une des servantes.

Continuez à lui donner le remède périodiquement. Il y a espoir mais ses chances sont minces, j'en ai peur. Il confia à la servante une pochette, semblable à une bourse qui devait contenir le fameux remède. Galahad comprit qu'il devait s'agir d'un druide. Il comprit également que quelqu'un était dans un état grave. L'atmosphère était lourde lorsqu'il s'approcha de la servante qui le remarqua. Il se saisit d'elle par les avant-bras.

L-Le vieux. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il va bien ? Elle détourna le regard. Galahad resta figé un instant, ses bras retombèrent ballants le long de son corps puis il s'élança à toute vitesse vers l'intérieur.

Deux gardes étaient postés à l'entrée de la chambre du maître du maison. Celle-ci, il remarqua lorsqu'il poussa la porte, comme le reste du manoir, était laissée à l'obscurité de la nuit. Avec toutes les lumières éteintes, seule celle de la lune éclairait l'intérieur à travers les fenêtres. Celle de la fameuse pièce projetait une délicate lueur sur le lit qui abritait le corps inerte du vieil homme recouvert presque entièrement d'un drap, et à son chevet, sa fille.

Lisa... Elle leva les yeux à son nom. La tristesse et la surprise d'un instant s'effacèrent de ses traits qui devinrent sévère.

Toi... Elle dit d'un nom venimeux avant de se relever. Elle prit le temps de sécher ses larmes avant de le fixer. Il y avait du mépris, aussi bien dans sa voix que dans ses yeux qui le prit par le surprise. C'est maintenant que tu te montres ?! Hein ?! Où est-ce que t'étais tout ce temps ?! En train de faire l'imbécile bien sûr..

Quoi ?..Non-, j'étais..Tu m'as-.. C'est elle qui l'avait interpellé à la réception. Il se souvenait l'avoir suivie jusqu'au balcon puis...Puis rien. Elle était introuvable. Le choc laissa place à la réalisation qu'il avait été dupé. C'était sûrement l'une des illusions de l'homme qu'il venait de combattre. Son attention revint vers la jeune femme. Il fallait qu'il lui fasse comprendre, qu'elle sache. C'est pas ce que tu crois, j'..

Tais-toi ! Je veux pas de tes excuses...Tu nous as laissé tomber quand on avait besoin de toi ! Et maintenant, à cause de toi mon père..!
Les larmes prirent le dessus et elle dût s'arrêter un instant. Il tenta encore une fois de s'expliquer mais elle le coupa encore.

Non ! C'est de ta faute ! Je veux plus jamais te revoir ! Jamais ! Gardes ! Emmenez-le ! Deux hommes entrèrent aussitôt et se saisirent du jeune homme avant de le tirer hors de la pièce, hors du manoir et hors de la vie des gens qu'il avait côtoyé depuis maintenant deux ans.

Lâchez-moi-..Lisa ! Je t'en prie, écoute-moi ! Galahad tenta bien de les repousser. Mais entre son combat, le chemin du retour et tout ce à quoi il avait dû faire face aussi bien physiquement que mentalement pendant ces quelques heures, il ne trouva en lui que la force de plaider. En vain. Il fut jeté hors du manoir par les deux hommes qui retournèrent à leur poste. Il se redressa, assis au sol, dans la boue, pour voir les portes se refermer derrière lui.

Il était seul.

Enfin pas si seul qu'il ne le pensait, du moins pas au sens littéral, puisqu'il y avait bien un autre homme derrière lui. Il s'agissait du druide qu'il avait vu plus tôt.

Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t'il calmement.

... Galahad resta silencieux un moment, comme si la réalité était trop dure à dire. Il avait en effet du mal à croire que tout cela était réel. Mais il fallait bien se faire une raison. Il serra le poing contre le sol.

On m'a..Jeté dehors. Finit-il par dire.

Toi ? C'est bien étrange. Je t'ai vu accourir ici tout affolé et inquiet pour le maître des lieux. Pourquoi te jetterai-t'on dehors ?

Il soupira. Cette fois, il n'avait pas de mal à répondre.

C'est de ma faute..C'était à moi de protéger le vieux. Mais j'étais pas assez fort.. Il expliqua, les yeux rivés vers le sol, la voix enrouée par la colère, la frustration, le tout contre lui-même. Il se sentait responsable. J'me suis avoir par ce type à dos d'hippogriffe. Il m'a éloigné du combat et m'a lâché en plein air. J'étais beaucoup trop loin pour revenir à temps.

Attend. Le druide le coupa. Il t'a lâché en plein air ? Tu n'as même pas l'air blessé.

Hein ? Ah, ça. Ouais. Galahad amena sa main devant lui. Il la fixait comme si il s'agissait de quelque chose d'étrange, quelque chose qu'il ne comprenait pas. Je sais pas ce qui s'est passé..Mais quelque chose a ralenti ma chute. Et puis, j'ai pu voir à travers une de ses illusions..

L'homme semblait surpris mais il se reprit vite. Hum..Il semblerait que tu aies éveillé ta magie. C'est rare. Mais si tu as un potentiel magique quelconque, ce n'est pas impensable qu'il se soit éveillé dans une situation de vie ou de mort. Il avait pincé son menton entre ses doigts. Galahad remarqua son air penseur. Lui en revanche, n'y comprenait rien à toute cette histoire et il s'en fichait. Il avait plus important en tête. À moins que..

Dîtes ! Vous vous y connaissez en magie ? Il demanda soudainement, pris d'un nouvel intérêt.

E-Eh bien oui. J'ai passé de longues années à étudier le suje-..

Apprenez-moi ! Interjeta Galahad. Il se releva subitement, le poing serré, une certaine détermination brûlant dans ses yeux telle une flamme nouvellement attisée. Il était décidé à devenir plus fort.


Chapitre 4 : Suivre sa voie



Les premiers rayons du soleil traversaient la fenêtre de la petite chambre d'auberge, baignant cette dernière d'une intense lumière matinale. Galahad pourrait jurer que le soleil le visait intentionnellement dans le but de le réveiller. Et c'était réussi. Non sans un petit grognement, il ouvrit finalement et difficilement les paupières et laissa finalement sa vision, d'abord floue, se porter sur le plafond au dessus de lui. Le calme synonymes des premières heures de la journée était au rendez-vous et à l'exception du tic de l'horloge accrochée au plafond, du chant des oiseaux, et de l'animation encore timide des rues de Théopolis, il n'y avait pas un bruit.

Le jeune homme commença à se relever mais il sentit une étreinte le repousser vers la fabrique matelassée. La tête de nouveau sur l'oreiller, il jeta un regard à sa droite à la jeune femme recouverte de la majorité du drap qui dormait à ses côtés, une main sur son torse. Il agrippa cette main prudemment avant de la poser d'un mouvement lent sur le lit. Maintenant libre de ses mouvements, il amena un pied puis l'autre vers le sol avant de se redresser, les mains vers le haut et le corps cambré pour s'étirer. Il bailla une nouvelle fois puis se rassit, le regard perdu dans la direction générale de la fenêtre.

Une année durant, il s’était entraîné à l’art de la magie auprès de l’érudit qu’il avait rencontré en ce jour fatidique. Le souvenir amena un sourire à ses lèvres. Il s’agissait là de ce genre d’amusement et de nostalgie que l’on ressent à ressasser des difficultés passées, car en effet, il en avait bavé durant cette année. Les premiers mois consistaient surtout à lire grimoire après grimoire, texte après texte et toute autre genre de cours théoriques pour comprendre les bases de la magie. Galahad détestait ces cours plus que tout. Lui qui était du genre à ne pas tenir en place et à foncer dans le tas ne pouvait pas supporter de rester assis des heures à étudier. D’autant plus que l’aspect intellectuel n’était pas son fort à cette époque. Puis lorsqu’il comprit que sa magie était intimement lié à son esprit, vinrent les exercices de méditation et les jours passés à tenter de matérialiser des objets simples puis à imaginer toutes sortes de choses pour tenter de les transposer dans la réalité. Avec du recul cependant, Galahad était bien content de s’être armé de bases aussi solides et d’une compréhension aussi robuste de ses capacités, chose qui n’était pas donnée à tout le monde. Il l’avait bien compris au cours de ses voyages et des différentes rencontres qu’il avait faite après s’être séparé du druide, il y a déjà quatre ans. Ce dernier l’avait bien encouragé à rester à ses côtés plus longtemps pour approfondir sa maîtrise mais le jeune homme avait refusé. Il préférait parcourir le monde, découvrir les choses par lui-même. Et il en avait découvert des choses. En tant qu'aventurier sur les routes, il vivait de services rendus et c'est ainsi qu'il avait parcouru les terres de long en large, visité des lieux improbables, rencontré  toutes sortes de mésaventures impossibles, de personnes exceptionnelles, certaines ayant vécu des centaines d’années et tous porteur de savoir inestimable, qu'il s'agisse d'une sagesse générale ou d'une expérience au combat ou même dans..D'autres domaines. Il avait aussi découvert les côtés les plus sombres du monde : Esclavage, torture, mort et toutes sortes d’horreurs. Peut-être pire, il en avait également appris, s’en était imprégné. Il repensa au jeune garçon laissé livide après avoir ôté la vie à son agresseur, il semblait si loin, si distant. La pensée ramena le sourire à sa mine devenue sombre. Elle amena aussi son attention vers la table de chevet qui se trouvait de son côté du lit. Sur la surface boisée finement taille se trouvait une enveloppe, un sceau gravé dans la cire séchée cassée en deux lorsqu’il l’avait ouverte. Un symbole qu’il connaissait trop bien. Il soupira, il devait décider de quoi faire vis à vis de cette lettre. Car en effet, il n'avait pas toujours été là, avant de découvrir toutes ces choses, Galahad avait d’abord dû trouver sa voie. Et pour se faire, il lui avait fallu revenir là où tout avait commencé.

Le temps était morose ce jour-là à Lelanaserine. Vêtu d’une cape en toile à la capuche relevée au dessus de sa chevelure ébène, Galahad se perdait dans le temps. Il avait remonté ce fameux sentier qui donnait sur la clairière tellement de fois plus jeune et après avoir passé autant de temps si loin, il se trouvait pris dans un étrange mélange de familier et de renouveau alors qu’il retraçait les pas de sa jeunesse en direction de la fameuse cabane.

Le grincement de la porte lui sembla plus prononcé qu’avant lorsqu’il la poussa hors de son chemin.

...Maître ? Sa voix retentit avec un écho dans la cabane. Vide. Il entra d’un pas timide, le plancher grinça étrangement sous la pression qui semblait être devenue étrangère au sol boisé. La pièce était plongée dans l’obscurité mais Galahad ne put s’empêcher de remarquer la fine pellicule de poussière qui recouvrait les meubles, ou encore l’absence de l’odeur si familière de la cheminée. Il n’y avait même pas de bois, alors que le vieux était tout le temps à cheval là-dessus.

Galahad ?... Une voix féminine l’interpella. Il se retourna pour se retrouver face à face avec une paire d’yeux noisettes dans lesquels il avait plongé le regard pendant si longtemps.

Alia.. Elle n’avait pas changé, si ce n’est une certaine mélancolie qu’il pouvait déceler dans son regard malgré la surprise qui animait ses traits. Elle avait pris quelques centimètres et le nœud de sa ceinture se devait plus solide pour réussir à serrer le tissu de sa robe à sa taille mais à part ça, elle n’avait pas changé.

C..C’est vraiment toi. Elle avança sa main dans sa direction avec une certaine hésitation, comme si elle avait peur qu’il disparaisse soudainement. Il vit les larmes monter à ses yeux. Tu es revenu..

Il resta bouche bée un instant. Immobile devant elle. Ils se fixèrent sans dire un mot, dehors la pluie se calmait petit à petit.

Lorsqu’il reprit ses esprits, il pointa du doigt derrière son épaule. Le..Le vieux, je-..Enfin..Il est pas là. Tu sais où j’peux-.. Il comprit à son regard tout ce qu’il devait comprendre, ce qu’il avait compris en entrant dans la pièce à vrai dire mais refusait de croire. Elle lui fit signe de la suivre et ils marchèrent en silence, s’enfonçant dans la forêt.

Ils quittèrent le chemin en terre humide pour prendre une montée au milieu de la verdure. Bientôt le paysage sylvestre se fit moins dense et ils atteignirent une sorte de falaise à l’autre bout. À l’extrémité, la pente verticale rocheuse donnait sur une plaine en contrebas. Et c’est là, au bord de cette excroissance, qu’un poteau en bois, visiblement taillé, trônait au dessus d’une parcelle de terre retournée.

Il était paisible.. Il entendit Alia dire d’une oreille distraite. Elle se tenait juste devant lui mais elle semblait si loin. Tout semblait si loin. Heureux, même. Il parlait souvent de toi, surtout lorsqu’il recevait tes lettres.

Comment..? Il ne trouvait pas en lui la force de finir.

Dans son lit. Elle avait compris. Il s’est juste..Endormi.

Bien sûr. À quoi d’autre s’attendait-il ? Le maître était déjà vieux lorsqu’il était à peine un homme. Il se tourna vers Alia qui le fixait elle aussi. Il ne put s’empêcher de remarquer la bague à son doigt. Elle mit rapidement une main sur l’autre pour la cacher et détourna les yeux. Il retrouva son regard et lui adressa un sourire, il repensa au jour de son départ, aux larmes, à une nuit et à une promesse de jeunesse. Tout semblait si loin.

Tu permets ?.. Il dit finalement.

B-Bien sûr.. Elle comprit encore et retourna vers la cabane.

Galahad s’avança d’un pas fébrile.



Maître. Il acquiesça par respect, sans vraiment sans rendre compte et s’assit en tailleur, face à la tombe.

Désolé de pas avoir pu prendre de nouvelles plus tôt. Je vous envoyais souvent des lettres mais vu que je pouvais jamais rester au même endroit très longtemps, je pouvais pas recevoir les vôtres. Il resta silencieux un moment, le regard posé sur la tombe, comme s’il attendait une réponse.

Mais bon.. Il reprit. Y’a quand même une chose..Une chose que je tenais à vous dire en personne..

Il prit une grande inspiration.

Merci. Dit-il enfin d’une voix chancelante qu’il tenta de maîtriser en élevant le ton, les paupières fermement closes pour retenir les larmes, le cœur serré. Merci pour tout !..Tout c’que je suis, j’vous le dois et..Je..Je serai jamais assez reconnaissant.

_

La pluie s’était calmée. Depuis l’intérieur de la cabane, Alia pouvait entendre le bruit des gouttes d’eau contre la toiture devenir de moins en moins intense jusqu’à disparaître entièrement. Le bruit de la porte lui fit relever le visage, elle vit le jeune homme la rejoindre à l’intérieur, le deuil apparent sur ses traits.

Galahad. Elle se releva du lit sur lequel elle s’était assise et se dirigea vers lui. Il remarqua quelque chose dans sa main. Il..Il voulait te donner ça. Elle prit sa main et posa l’objet qu’elle tenait dans sa paume. Il s’agissait d’un pendentif argenté au bout duquel tenait une pierre rouge taillée, semblable à un rubis. Il n'avait jamais vu le vieux sans cette amulette et le trouvait beaucoup de fois à jouer avec en la tenant entre faisant glisser la pierre entre ses doigts. Il l’avait gagné en récompense pour un travail de ce qu’il m’a dit..Il y tenait beaucoup.

Un travail ? Répèta Galahad. Mais oui.. Il écarquilla les yeux en fixant le pendentif.

Qu’est-ce qu’il y a ?.. Alia pencha la tête pour trouver son regard.

Galahad sourit. Pour être honnête, j’étais un peu perdu ces derniers temps, je ne savais pas quoi faire. J’ai bien fait de venir ici.

Il ferma les paupières, ses mains se saisirent de chaque extrémité du collier et, d’un air solennel, il baissa la tête pour le passer doucement à son cou. Le joyau tomba en place au niveau de son cou et il rouvrit les yeux, une certaine détermination dans son regard.

Dehors, les nuages se dissipaient et la lumière pénétrait enfin dans la cabane.

Je vais suivre les pas de mon maître. Il annonça résolument. Son choix était fait.

Alia resta un instant à le fixer. Ce regard embrasé ce léger sourire en coin qui accompagnait sa posture, le torse bombé et les poings sur les hanches, cet air si sûr de lui et déterminé. Il n’avait décidément pas changé. Pas changé depuis ce jour où..

Merci, Alia. Il dit, d’une voix douce. L’affection qui lui portait s’entendait à ses paroles. Mais il y avait également une finalité à ces mots.

Elle le vit reculer d’un pas, elle le vit se tourner la porte. Il allait partir. Encore une fois.

Galahad ! Elle s’entendit l’appeler avant de réellement se rendre compte de ce qu’elle venait de faire. Son regard s’abaissa et elle remarqua sa propre main qui le retenait par le poignet.

Puis elle le releva et leurs yeux se rencontrèrent.

Mhhm..Gal’ ? Galahad fut tiré de ses rêveries par l douce voix féminine qui ronronna derrière lui. Il se retourna pour découvrir que sa compagne d’une nuit s’était libérée des bras de Morphée. Qu’est-ce que tu fais debout ?..

Il remarqua sa main qui s’était instinctivement mise à jouer avec le pendentif à son cou. Il s’était également levé et se tenait maintenant au niveau de la fenêtre. Oh, rien. Je viens de me réveiller.

Dis..Elle s’appuya sur un coude. C’était quoi, cette grosse boîte qui est arrivé hier ?

Mh ? Son regard se porta sur la pièce d’à côté où une imposante boîte métallique qui avait été délivrée la veille trônait au milieu de la pièce adjacente, divers symboles gravés sur chacune de ses parois. C’est un cadeau. D’un vieil ami.

Il s’agissait d’une armure. Une armure blanche qui finirait par le définir dans les années à venir, mais ça il ne le savait pas encore. Dedans une note de la part de Tair, le vieux noble d’Akantha au service duquel il avait été dans sa jeunesse.

Galahad.

Tu t’es fait une certaine renommée ces derniers temps, c’est grâce à elle que j’ai pu te retrouver et que ce cadeau te parvient. Je suis fier de toi et heureux de constater que tu portes bien.

L’armure que tu vois a été forgé par les meilleurs. Il n’a pas été facile de réunir des savoir-faire des quatre coins du monde mais c’est le moins qui je puisse faire. Je t’ai toujours vu comme une sorte de chevalier qui assurait notre sécurité à moi et ma fille et ce à quoi j’ai pensé en commandant cette armure.

Je suis conscient que ce n’est rien comparé aux torts que t’as causé ce fameux incident mais penses-y comme un moyen de m’excuser.

Porte-toi bien, mon petit.

Sincèrement,

Tair.


Galahad en avait chaud au cœur. Il était surtout soulagé de savoir que contre toute attente, le vieil homme avait survécu.

Et cette lettre ? Ajouta la jeune femme qui le tira de nouveau de ses pensées.

Ah oui, la lettre. Elle aussi était dans le conteneur de l’armure, avec la note. Il s’approcha de la table de chevet et s’en saisit.

Galahad,

J’étais surprise d’apprendre ce que tu es devenu. Je suis heureuse de savoir que tout se passe bien pour toi.

Je t’écris parce que, ce jour là..J’ai dit des choses que je n’aurais pas dû et je regrette encore mes décisions à ce jour.

Passe me voir, veux-tu ? J’aimerai m’excuser en personne et..Il y a des choses que j’ai à te dire.

Avec tout mon amour,

Lisa.


Il s’accorda quelques instants avec la lettre. Le regard posé en silence sur les mots qui la composait. Finalement, il soupira avant de la remettre dans l’enveloppe et pointa l’extrémité de celle-ci vers son autre main. De celle-ci, il claqua des doigts et comme si il s’agissait d’un briquet, une flammèche naquit au dessus de son pouce et embrasa le papier.

Rien d’important. Il dit d’un air absent.



Si tu le dis.. La jeune femme s’étira, non sans exagérer le mouvement pour dévoiler ses formes. Elle écarta les bras dans sa direction. Reviens ici. Dit-elle d’un ton joueur.

Galahad sourit, amusé. Pourquoi pas ? Après tout, il était encore tôt.

Chapitre 5 : Chute

Mhh..Ça devrait être là.

La voix grave de l’homme en armure résonnait à travers son casque alors qu’il marmonnait en pensant tout haut. Deux doigts gantés imposants agrippaient chaque extrémité d’un papier qu’il levait devant ses yeux et rabaissait tour à tour pour comparer le plan qui y était inscrit au petit hameau qui se trouvait dans lui.

Monsieur ! Une voix féminine lui fit baisser le papier une dernière fois et il trouva, en plus du paysage rural, la silhouette d’une jeune femme aux long cheveux blonds tenus par un diadème qui avançait vers lui en courant. Elle était vêtu d’un haut kaki à manches courtes et d’un pantalon moulant souple accompagnée de longues bottes, le sorte d’accoutrement léger qui lui permettrait de se mouvoir en combat et il n’était pas surpris de voir l’épée accrochée à sa taille.

Vous êtes bien Sir Galahad ? Il prit sa main lorsqu’elle arriva et la tint entre les siennes, un geste qui la prit au dépourvu, si bien qu’elle se figea sur place, droite comme un piquet.

Et..à qui ai-je l’honneur ? Dit-il d’une voix exagérément suave. Il remarqua ses yeux bleus.

Hein ?..Je-..Moi..Euh, Aela, c’est moi qui ait fait appel à vous.. Les étranges manières de l’homme en armure l’avait prise au dépourvu. Elle cligna des yeux à plusieurs reprise et fit de son mieux pour maintenir un sourire poli malgré sa surprise.

Un moment passa en silence. Il lui tenait toujours la main.

Ah.. Dit-il enfin.

A-Ah ? Elle répéta.

Baah, j’vous faisais un clin d’œil et j’ai mis mon plus beau sourire mais..je porte mon casque doonc, vous avez rien vu..

Ah..

Un autre moment passa en silence.

Ahem ! Il amena une main devant sa bouche avant de se racler la gorge. Il se tenait maintenant de toute sa hauteur dans une tentative de retrouver un semblant de dignité et de sérieux. Que puis-je faire pour vous ?

Ils redescendirent vers le petit village. Il n’était pas si loin de Lelanaserine mais la complexité de l’architecture et le savoir-faire élaboré de la capitale laissait déjà place à des habitations plus rustiques en bois aux toits recouverts de paille. Galahad lui, appréciait ce côté terre à terre, il pouvait facilement imaginer que tout le monde connaissait tout le monde et préférait largement ce genre de communautés simples et soudées au côté froid et impersonnel que peuvent parfois donner les grandes villes, en particulier celle d’Ellgard avec les tensions amenés par la révolte civile, la guerre avec Maerian et les inquiétudes vis-à-vis d’Akantha, même si les choses étaient sur le point de s’arranger de ce côté là si on en croit les rumeurs. Il faut dire cependant que malgré le beau temps, une ambiance pesante régnait parmi les habitants qui affichaient un visage blême et ce n’est que lorsqu’il arriva là où la jeune femme le menait que le chevalier en comprit la cause.

Ils entrèrent dans une bâtisse plus large que les autres. Elle n’était composée que d’une grande pièce qui lui servait de hall avec au fond une porte menant vers une seconde pièce, plus petite. La fameuse première pièce était entièrement vide de tout meuble ou accessoire. Alignés en son sein se trouvaient des sortes de fins matelas, à peine plus épais qu’une couverture où une bonne dizaine de personnes étaient alitées. Galahad remarqua immédiatement leur état fébrile. Au milieu des rangées, de jeunes volontaires s’occupaient des malades tant bien que mal.

C’est comme ça depuis une semaine. Tout ce qu’on cultive finit par nous rendre malade. On tient grâce à nos provisions mais à ce rythme là.. La jeune femme affichait une mine blême et Galahad restait immobile, muet, car au delà de la surprise, l’aventurier rencontrait là des symptômes familiers lorsqu’il posait les yeux sur les villageois aux visages pâles et aux veines noircies par un mal dont ils ignoraient l’origine.

Galahad lui avait déjà vu un mal similaire. Cela faisait bientôt dix ans, mais l’image restait fraîche dans sa mémoire. Celle du vieux noble Tair, alité après l’attaque sur son manoir.

Tch’ les enfoirés. Ils l’emporteront pas au paradis. Une voix rauque et grave sortit alors de la pièce d’en face quelques secondes avant son détenteur. Il s’agissait d’un vieil homme à l’accoutrement tout aussi pratique que celui de la femme qui l’accompagnait si ce n’est avec quelques pièces protectrices de cuir en plus sous la forme de jambières, gantelets et d’une épaulette liée à une lanière qui entourait son buste et servait d’attache au fourreau de l’imposante épée qui trônait derrière son dos. Si ce n’était pas suffisant pour déduire son passé guerrier, une important balafre parcourait son visage ridé et d’autres cicatrices plus petites parcouraient ses bras et entrecoupaient le rythme autrement régulier de sa barbe.

Papa ! La jeune femme accourut vers lui. Père et fille, il aurait dû s’en douter vu l’accoutrement quasiment assorti.

Comment va-t’elle ? Demanda la blonde, visiblement inquiète.

Tout le monde fait de son mieux mais on a jamais rien vu d’pareil.. Le vieil homme prit un air rassurant avec sa fille mais la colère eut vite raison de lui et il frappa le poing contre le mur. Bon sang, les fumiers !

Vous avez des herbes encore bonnes ? Interjeta le chevalier qui prit donc un pas en avant. L’attention de la jeune femme revint donc vers lui.

Euh oui..Par ici. Elle s’avança vers la seconde pièce et il la suivit. Il pouvait sentir le vieillard le dévisager du regard. La fameuse pièce se trouvait être une sorte de cuisine. Galahad trouva les herbes dont il avait besoin sur une étagère. Le druide lui avait appris à concocter des remèdes de base et en particulier celui qu’il avait utilisé pour guérir le vieil homme. Il n’avait pas tous les ingrédients, ce serait une trop belle coïncidence, mais en ajoutant une touche de sa magie d’altération à des herbes les plus similaires possibles, il parvînt à concocter la fameuse mixture.

Faites-leur boire ça, leur état devrait se stabiliser. Il distribua le remède aux volontaires, à la grande surprise de sa cliente. Elle ne s’attendait sûrement à ce que l’homme en armure se mette à préparer des décoctions à base de plantes.

Et donc ? Pourquoi avez-vous besoin de mes compétences en particulier ? Je vois bien que la situation est grave, mais ce n’est pas mon domaine. Ils s’étaient réunis à la taverne du village, un lieu bien désert à cause de la situation actuelle.

Personne a vraiment besoin d’toi, on peut très bien s’en charger seuls..  Grommela le vieillard.

E-Eh bien ! Entama rapidement sa fille, visiblement gênée du manque de tact de son paternel. On a souvent eu quelques problèmes avec un groupe de bandits qui résident pas loin. On suspecte qu’ils sont responsables de tout ça.

Ces fils de pute essayent de nous forcer à leur filer du fric depuis un moment maintenant mais on a toujours r’fusés ! Ça a dû les mettre en rogne et les voilà qu’ils nous sortent un coup comme ça ! Ajouta le vieil homme dont la langue s’était démêlée.

Mh..Dites, vos bandits auraient pas pris siège là-bas, par hasard ? Galahad pointa de la main vers une tour, visible par la fenêtre de la taverne d’un geste absent. Il attarda cependant son regard dessus. Il était sensible à la magie et cette tour ne lui disait rien de bon.

Euh, non. Répondit sa cliente. La vieille tour a toujours été abandonnée depuis que je suis petite. Le groupe en question a un camp près de la rivière.

Huh. Étrange. Bon, je m’en charge alors. Je reviendrai quand ce sera fait. Annonça calmement le chevalier qui se leva de toute son imposante hauteur.

V..Vous comptez y aller seul ? Ils sont nombreux ! Aela se releva subitement. Le fracas de ses paumes contre la table retentit à travers la pièce.

L’homme rigola doucement. Ne vous en faites pas pour moi. Et quand je reviendrais… Il prit de nouveau la main de sa cliente. ..Je serai ravi de faire plus ample connaissance.

Hein ?..Ah, euh.. De nouveau la jeune femme afficha un sourire incrédule et se mit à cligner des yeux, décontenancée par l’attitude de son interlocuteur. Cependant cette fois-ci, le silence n’eut pas vraiment le temps de s’installer puisqu’un poing vint s’écraser sur la tête casquée de Galahad avec suffisamment de force pour le faire basculer.

Non mais tu t’es cru où, hein ?! Malgré sa main devenue rouge, l’indignation semblait que la douleur chez le vieil homme qui ne montra aucune trace de cette dernière.

Aïe !

Le soleil commençait à se coucher alors que le trio avançait en direction de la rivière.

V-Vous étiez vraiment pas obligé de venir avec moi. J’suis payé pour ça.. Galahad brisa le silence.

Pff’ mais oui. Répondit le vieil homme. Ramener ton cul ici tout seul pour impressionner ma fille. P’tit con, va.

E-Ehehe. La fille en question se contente d’un rire gênée. Il était clair qu’elle était de nature réservée.

Il n’avait cependant pas tort. C’était son travail et il était bon dans ce qu’il faisait. C’est pour ça qu’il remarqua l’étrange silence qui se profilait alors qu’ils s’approchaient de ce qui aurait dû être un camp peuplé de bandits et fut donc moins surpris que le reste du groupe de n’y trouver qu’un groupe de corps inertes et pratiquement sans vie.

Ce..C’est pas possible. La surprise les avaient cloués sur place.

Non.. L’aventurier s’avança pour examiner l’un des corps. Pâle, veines noircies. Les mêmes symptômes. C’est bien ce que je pensais.

Il releva les yeux vers la tour dont ils s’étaient rapprochés.

V-Vous pensez toujours que ça vient de la tour ? Aela s’approcha.

Oui. Je vais y jeter un œil. Seul. Vous deux, rentrez au village. Il annonça d’un ton autoritaire.

Si seulement ils l’avaient écouté…

J’vous avais pourtant dit..De pas me suivre.. Il réussit tant bien que mal à sortir ces quelques mots alors qu’il tentait de se relever, son espadon plantée au sol pour compenser ses appuis chancelant. L’arrière de son armure était complètement détruire et le reste brisé, il saignait de partout.

La nuit était tombée.

S-Sir Galahad ! Aela qui était tombée au sol observait avec horreur l’état du chevalier qui lui donnait le dos. Elle avait dans ses bras son père qui avait perdu connaissance et souffrait de multiples brûlures.

Toutes mes recherches..Réduites à néant..Vous allez me le payer cher. Ils relevèrent les yeux vers le trou encore fumant au sommet de la tour duquel ils avaient dégringolés pour y trouver la figure couverte d’une robe noire qui les avait attaqué. Sa rage semblait commander le ciel lui-même qui en cracha des éclairs, une lueur rouge se faisait de plus en plus intense autour de lui alors qu’il serrait les poings.

Prenez le vieil homme et retournez au village… Ordonna le chevalier.

E-Et vous ? Je peux pas vous laisser seul ! Elle protesta.

Tch’, haha..On se connaît à peine et vous pouvez déjà plus vous passer de moi ? Dis-donc, je fais de l’effet.. Il tenta tant bien que mal de sourire et d’afficher un air joueur malgré la difficulté apparente qu’il avait à ne serait-ce que parler mais sa façade tomba bien vide lorsqu’il cracha du sang et faillit perdre ses appuis.

Sir-.. ! Elle s’avança instinctivement vers lui.

Allez-vous en ! Vite ! Il s’écria avec suffisamment de force et elle s’arrêta. Elle hésita un instant avant de se décider à porte le vieil homme aussi vite que possible vers le village.

Une lueur violette parcourut le corps de Galahad lorsqu’il fit appel à sa magie. De quoi lui faire oublier la douleur.

Vous pensez pouvoir vous enfuir ?.. L’homme encapuchonné tendit une main vers la jeune femme et le vieillard mais fut forcé de reculer lorsque, aidé par sa magie, Galahad s’élança d’un bond surhumain vers le haut de la tour pour lui porter un coup tranchant.

Il mit les pieds au sol pour freiner sa poussée et se retourna pour faire face à l’adversaire qui l’avait esquivé.

Par ici l’ami, c’est moi ton adversaire. Il ajouta en brandissant son épée de nouveau, un rictus aux lèvres.

Hmpf. L’assaillant daigna après un soupir et un dernier coup d’œil derrière lui vers l’extérieur, diriger son attention vers le chevalier. J’admets que tu t’es bien battu, mais sauter au milieu de mon attaque pour protéger tes deux compagnons ? Ce n’était pas une bonne idée.

Quoi, ça ? Galahad jeta un œil derrière lui. Il pouvait sentir la douleur quasi paralysante qui tiraillait son dos dont la peau avait noirci sous l'effet de la précédente attaque. Juste une égratignure.

L’homme à la capuche s’esclaffa et il repartirent à l’assaut. Une myriade de coups échangés. L’adversaire esquivait les attaques frontales de Galahad, préfèrant rester à distance pour envoyer une série de projectiles que le chevalier esquivait, déviait ou encaissait à l’aide de protections magiques. Autour d’eux ce qui était autre fois une salle de rire, avec différents glyphes magiques tracé au centre d’une pièce remplie d’étagère contenant livres, cristaux, orbes et différents artefacts magiques était réduite en ruines sur le feu de la bataille. L’adversaire était un bien meilleur mage mais Galahad était meilleur combattant et il parvînt à creuser la distance avant d’enfoncer une estoc dans le ventre de l’assaillant qui finit empalé à l’un des murs de pierre à l’intérieur duquel sa lame avait finie.

Désolé... Dit Galahad difficilement. Il tente de calmer sa respiration saccadée pendant un instant avant de reprendre. J’pouvais pas crever sur ce coup..J’ai un rendez-vous qui m’attend..

Un silence. Puis l’homme en noir se mit à rire.

Hahaha..Réussir à me porter un tel coup..Ça demande un certain niveau.. Il jeta un regard prédateur sur Galahad. Je devrais en tirer une bonne puissance..!

Il avança soudainement sa main contre le torse du chevalier et la tira en arrière. Suivant son mouvement, une manifestation magique sortit du corps de Galahad, formant une silhouette en tout point semblable à la sienne. Le visuel s’accordait parfaitement au ressenti puisque le chevalier sentit à cet instant qu’une partie de lui-même venait d’être arrachée.

Il tituba en arrière, perdant la prise qu’il avait sur son arme et posa le regard sur ses mains.

Il se sentait...Faible.

Pas juste fatigué mais faible. Comme si une partie de son expérience même s’était volatilisée.

E-Enfoiré..Qu’est-ce que tu m’as fait ?.. Lorsqu’il releva le visage vers son adversaire, l’énergie qu’il lui avait arraché était maintenant condensée entre ses paumes sous formes d’une sphère.

C..C’est bien ce que je pensais. Une grande force..C’est elle qui causera ta perte..Haha, tel est ton châtiment pour avoir osé me défier..Va en enfer !

Galahad vit la sphère exploser en un torrent de lumière qui l’engloba.

Puis plus rien.

Fin.

Copyright ©️ Maître du Jeu de Lost Kingdom
Pas de soucis pour le délai, tu as donc une semaine supplémentaire si cela te convient (jusqu'au 12 juillet !).






Achillée murmure en peru, Aster gronde en darkgrey.
Update : Chapitre 4 posté !

Merci pour le délai ! J'essayerai de faire ça dans les temps !
Update : Chapitre 5 posté !

Et voilà ! La fiche est finie. J’y jetterai un coup d’oeil demain et ajouterai les photos.
C'est dans la boîte !
Félicitation, te voilà officiellement validé ! *lance des cailloux festifs*

TEMPS FORTS Ҩ Pouah, il y a de quoi faire avec ce personnage ! Il est bien étoffé, c'était agréable à lire. Puis il est nuévien c'est bien on en a pas beaucoup même s'il est dans les civils ahah.

REMARQUES Ҩ Attention, avec ta puissance et ton mana, malgré tes pouvoirs, tu ne vas pas faire des miracles ! On compte sur toi pour agir avec retenue en accord avec tes caractéristiques.

Sur ces mots, je te redirige vers la fiche personnage obligatoire afin de conserver une trace de ton évolution. Bon courage pour la suite !