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Duel de force [FT Sélina]

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La vie au sein de Guerre n'était pas des plus simples. Au contraire les conditions de vie, ou de survie plutôt, étaient bien pires que ce que la jeune Siris Coldbrand avait pu connaître au pensionnat. Les journées commençaient plus tôt, se terminaient plus tard, mais surtout les cours théoriques ennuyeux et les tuteurs voulant faire de vous une ingénieure avaient laissé place soit à l'ennui, soit à des missions dangereuses et des heures de batailles erratiques et dangereuses.

La seule chose qui n'avait pas changé d'un pouce, c'était le discours de propagande bien rodé des officiels de l'Empire. Nombreux étaient les soldats fiers de se battre pour la gloire de l'Empereur et contre les monstres qu'étaient les Séraph et leur religion nauséabonde. Siris était certes fidèle à l'Empire, mais ce qu'elle recherchait là de son côté, c'était bien plus un défouloir. Elle laissait l'idéologie à ceux qui en voulaient.

Elle évitait d'ailleurs le plus possibles les grands rassemblements patriotes et autres moment de pseudo détente et de camaraderie qui pouvait se tisser au camps. Ces hommes et ces femmes ne l'intéressaient pas. Elle consacrait son temps libre à fourbir ses armes et à s'entrainer au combat, il fallait devenir toujours plus rapide, plus vive, toujours plus précise plus endurante, toujours plus mortelle. Elle devait travailler plus dur que les autres...

En effet, la jeune femme ne s'aidait pas sur le terrain. Ne possédant pas de magie et se privant par principe de la technomagie Ellgardienne au maximum, elle devait compenser cela lors des affrontements si elle voulait rester en vie. Et force fut de constater en deux ans de services qu'elle s'y prenait plutôt bien. Sa vitesse quasi-inhumaine, son endurance à toute épreuve et sa volonté de fer étaient ses véritables armes, les points sur lesquels elle parvenait à surpasser tous ceux qui avaient croisé sa route sur les champs de bataille. C'est grâce à eux qu'elle était restée en vie jusqu'à ce jour.

En raison de ses capacités, la soldate Coldbrand s'était vu affectée à la deuxième légion : Tempête. Spécialisée dans les opérations éclaires, ce groupe de commando d'élite frappait par surprise avec violence et précision là où sa faisait mal pour l'ennemi, quitte à se mettre en grand danger derrière les lignes. Des missions à haut risques en sommes, mais qui étaient les clés des victoires impériales sur le front avec la théocratie Méarienne. Cela convenait à Siris, à une exception prêt, les missions qui impliquaient un déploiement via parachutage. La jeune femme, toujours butée sur sa haine phobique de la techno-magie dans son ensemble supportait mal de devoir monter à bord du "cercueil volant de la deuxième légion"  comme elle l'appelait intérieurement. Heureusement, ce n'était pas toujours une nécessité et son pragmatisme devait bien reconnaître que c'était souvent efficace.

On pourrait croire que la vie au sein de la deuxième légion était rythmé par l'action incessante, les missions qui s'enchainaient et les appels en urgences pour intervenir sur un front en difficulté. Bien au contraire, dans une telle guerre de position, l'ennui faisait bel et bien parti du quotidien des hommes. La jeune Coldbrand le mettait toujours à profit pour l'entrainement, mais ce n'était pas forcément là le cas de tous. Les officiers laissant les soldats "décompresser un peu" entre deux opérations.

Pour le coup, cela faisait à présent plusieurs jours que tout était calme au camp. Le bordel militaire tournait à plein régime et les paquets de cartes et autres jeux de dé étaient de sortie et l'on pouvait même entrapercevoir quelques bouteilles remplies de liquides qui devaient tenir plus chaud que de l'eau. Siris elle était comme toujours sur le terrain d'affrontement, se livrant à un combat acharné contre trois automotas d'exercice. Son objectif inavoué, en plus de progresser était de les envoyer à la casse par accident. Cependant, elle n'eu pas loisir de mener à bien son ambition car son entrainement fut soudain interrompu par la venue d'un homme : son supérieur direct, l'officier Duncan Gärtner.

Ce dernier était venu rassembler leur escouade pour les brieffer sur la mission qui se préparait. Ils étaient une dizaine, Siris ne les appréciait pas spécialement, mais elle n'avait rien contre eux non plus. Au moins il n'y avait pas de cablés de ou machines parmi eux. Leur sniper lui assurait généralement un appui feu confortable, mais elle mettais un point d'honneur à être capable de se débrouiller seule sur le terrain. C'était d'ailleurs un point qui lui était reproché mais que le groupe mettait volontiers à profit. Son style de combat brutal avait en effet tendance à attirer l'attention de l'ennemi, ce qui permettait au reste de l'équipe d'agir plus sereinement.

L'officier Gärtner entreprit bientôt son brieffing. Les éclaireurs avait repérer un site anciens prometteur, sans aucun doute chargé en cristaux et peut être en artefact de l'ancien temps. Cependant l'ordre était déjà sur place. L'état major avait donc décidé de lancer une offensif leurre sur une place forte de l'ordre avec l'appuie des Légions Fureur et Éclat, pendant que le groupe irait sécuriser le site en question après avoir été déployé par voie aérienne. La mission semblait pourtant classique, mais les moyens déployés amenèrent Siris à froncer les sourcils. Froncement accentué encore d'avantage en apprenant qu'ils devraient passer par les cieux. Mais elle n'était pas du genre à question les ordres et un peu d'action lui ferait le plus grand bien.

L'escouade parti s'équiper. Siris revêtit sa tenue de combat aux couleurs de l'Empire qu'elle était contrainte à porter au sein de Guerre. Elle se composait d'un tenue classique dorée et blanche, les couleurs de l'empire et de divers protections légères au niveau des points vitaux, des épaules et du bassin, mais rien de trop encombrant pour ne pas gêner les mouvements de la demoiselle. Un long manteau noir venait compléter l'ensemble.

Une fois l'équipe parée, tous prirent place à l'intérieur du dirigeable qui leur était assigné. L'assaut frontal était sur le point de commencer, eux seraient déposés sur l'objectifs une petite demi-heure après le début des hostilités. Pendant le trajet, le silence régnait au sein de l'appareil, chacun se concentrant pour ne pas vivre là ses derniers instants. Siris était calme, froide et déterminée, elle espérait qu'en bas il rencontre une résistance un minium à la hauteur et pas juste des prêtres et des chercheurs apeurés. Finalement vint le moment de sauter et Siris, comme à son habitude, s'élança la première. Plus vite elle quittait le cercueil volant, mieux elle se portait. Habituée à de telle intervention, elle arriva au sol sans soucis, bientôt suivi par le reste de l'escouade.

Devant elle, se tenaient les ruines d'un ancien bâtiment Fhaedrien de taille respectable autour duquel des gisements de cristaux irisés venaient s'agglutiner. La jeune femme se défit lestement de son parachute en fronçant les sourcils à la vue de l'objectif. Elle détestait toujours autant ces choses. À l'affut, elle chercha des yeux les forces de l'ordres alors que le reste de l'équipe prenait position.
Sélina avait attendu tout le matin aux aguets, le calme avait été bien trop pesant pour que rien arrive aujourd’hui. De plus la sécurisation d’un gisement conséquent de cristaux s’était faite avec fracas. Les impériaux n’allait pas rester sans rien faire. Elle le savait. Aussi avait-elle déjà préparé ses troupes à un siège. La proximité du camp par rapport au gisement ne faisait aucun doute, n’importe quel esprit militaire un tant soit peu rodé à la guerre le saurait, avec leur supériorité numérique, la bataille allait se dérouler sur deux fronts. L’officier Mearienne fila à travers le camp pour aller trouver l’un de ses bataillons de mages. Elle leur annonça brièvement que tant que les autres tiendraient le siège, eux l'accompagnaient aux vestiges abritant l’abondance de cristaux.

Aussi se mirent ils en route dès que les préparatifs furent terminés, les Ellgardiens allaient se faire recevoir comme ils le méritaient, elle en était sûre. La route jusqu’au temple perdu se fit sans encombre chacun y allant de bon train, ne manquant pas d’échanger entre eux quelque paroles. La Séraph souriait parfois en se retournant dans leur direction, gardant sur eux un oeil bienveillant. Arrivés à destination, elle leur permis de se restaurer et de prendre du repos, prenant elle même le premier tour de garde. Elle guettait ciel et terre en attente de l’ennemi. Elle n’avait pas peur, elle n’était pas tendue, au contraire. Elle aimait les combats quand bien même l’armée Ellgardienne comptait bien plus sur le nombre que la qualité, faire face à une situation d’infériorité numérique ne l’avait jamais effrayée.

Lorsque ses soldats eurent terminé leur repos, elle dispensa à chacun des tâches et contrôles bien particulier, le fait de s'assurer d’un point de retraite sûr. Si Sélina n’était pas effrayé, elle détestait perdre ses hommes au combat, ils était tous vaillants, forts et volontaires. Cela ne justifiait pas pour autant de ne pas pouvoir sauver sa vie si on le pouvait. Quand bien même il ne le savaient pas, elle, Theliel, restait leur déesse. Si quelqu’un devait faire les sacrifices c’était elle. Pour leur bien et celui de Mearian. Ses propres pensées la firent sourire de nouveau. Elle aimait les voir sourire, elle aimait les voir grandir et croire. Elle s’en fît encore une fois la promesse, jusqu’au bout, elle se montrerait au plus digne de la confiance qu’il lui accordait à elle, ainsi qu’à ses frères et soeurs.

Elle fût bien vite sortie de ses réflexion par la mise en alerte de ses sens. Elle fît route sans se presser vers l’entrée du temple rabattant son capuchon sur ses cheveux en désordre. Elle referma ses doigts sur Henihil, dégageant l’épée brisée de sa sangle. Elle apparut au sommet des marches de pierre qui ornaient l’entrée de l’ancien temple. Elle posa ses yeux sur les Ellgardiens en contrebas, à défaut de les regarder, elle les toisait. S’il n’attaquaient pas en grand nombre cela signifiait sûrement qu’il s’agissait là d’une unité particulière. Un léger frisson d’excitation parcourut la créature. Si l’empire faisait peu de manière, elle, combattait dans les règles de l’art. Armée de son charisme imposant elle prit la parole d’une voix forte et débordant d’assurance, croisant ses mains sur le pommeau de l’épée brisée dont la lame était posée au sol.

“Ellgardiens, je salue votre témérité. Mener une attaque contre l’un de nos camps afin de vous libérer la voie pour venir vous emparer des gisements était bien pensé. Ici cependant, nous avons l’avantage du terrain. Épargnez vos hommes et n’avancez pas plus.”

D’un geste aussi assuré que ses paroles Sélina se saisit de nouveau de l’imposant morceau de lame brisé pour le pointer en direction des soldats qui se trouvait en contrebas. En une seconde à peine son visage changea, son regard se fit dur et froid.

“Que vous soyez dix ou un millier, si vous osez nous défier, j’abattrai sur vous la colère des dieux de Mearian.”

Ses dernières paroles avaient résonné comme un coup de fouet. Ils ne reculeraient pas, elle le savait déjà. Elle savait également quel effet moral son ton et ses paroles pouvaient avoir sur les hommes.

“Sur Mearian et sur le nom de Lengaris, je ne reculerais pas face à vous.”


NON !
Les différent membres de l'escouade Tempête prenaient position devant la structure monolithique ancienne. Tout semblait calme, les renseignements leur avait pourtant indiqué la présence possible de chercheurs de l'ordre sur les lieux et donc d'une petite escorte en conséquence. Était-il déjà repartis ? L'assaut principal les avait-il déjà amenés à se replier vers le camps de Mearian ? Ou alors peut être se cachaient-ils à l'intérieur...

Dans son oreillette de communication technomagique - que son escouade l'obligeait à porter - elle pu entendre qu'Edward leur sniper avait pris position derrière quelque rocher, avec une bonne vu sur l'avant du temple. En extérieur, il serait un atout de taille, mais ne pourrait que peu les aider une fois à l'intérieur. Siris et lui scrutait l'entrée du temple dont une silhouette vint bientôt se dégager :

«Ellgardiens, je salue votre témérité. Mener une attaque contre l’un de nos camps afin de vous libérer la voie pour venir vous emparer des gisements était bien pensé. Ici cependant, nous avons l’avantage du terrain. Épargnez vos hommes et n’avancez pas plus.»

Une femme, vêtue d'une armure légère ornée de bande de tissues et d'une capuche. Une combattante, au regard d'acier et à l'expression dure et la peau tannée par le temps passé en extérieur à s'entrainer ou sur les champs de batailles sans doute. Elle était armé d'une lame brisée, ce qui laissait présagé qu'elle devait être coutumière aux duels de force. Sa voix avait résonné aux alentours, puissante et pleine d'ardeur et de courage.

«Que vous soyez dix ou un millier, si vous osez nous défier, j’abattrai sur vous la colère des dieux de Mearian. »

Contrairement au reste de son escouade, Siris n'avait pas prit la peine de se mettre en position pour le moment. Elle n'avait pas bougé de l'endroit où elle avait atterri. La dizaine d'Ellgardien qui l'accompagnait était à présent sous le couvert de rochers, prêt à s'élancer vers le bâtiment une fois l'ordre d'assaut donné. Siris en revanche, tenait sa position, braquant son regard noisette et froid droit dans celui de la femme qui venait leur faire barrage. Elle avait l'air forte, plus forte que les magisters qui avaient déjà croisés sa route. La brune n'espérait que ce n'était pas là que de la gueule.

«Sur Mearian et sur le nom de Lengaris, je ne reculerais pas face à vous.»

Siris ne répondit à cela que par un regard plein de défi, un léger sourire carnassier au coin des lèvres. Elle ne reculerait pas, elle donnerait tout, enfin un combat intéressant en perspective. Elle n'avait vraiment pas intérêt à se montrer décevante. Siris avait de la frustration et de la colère à défouler. Cette Lengaris semblait à même de devenir un punching ball de premier choix. La brune sentait l'adrénaline monter dans son corps. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle aurait défier la femme en combat singulier, et se serait jeter sur elle sans merci. Mais, malgré la bestialité qui l'animait, Siris n'oubliait son statut de soldate Ellgardienne. Elle avait une escouade avec elle, ils avaient un plan et un objectif. C'était là la priorité.

Soudain, un tir de sniper résonna, Edward n'avait pas hésité à presser la détente. Dès l'instant où le coup de tonnerre atteignit les tympans de Siris, celle ci se mit en branle. Rapide comme l'éclair, elle commença à se rapprocher du temple mais pas en ligne droite. Décrivant une courbe quelques peu erratique, elle atteindrait l'entrée du bâtiment par le côté pendant que le reste de son escouade lui offrirait l'appui feu nécessaire pour faire diversion.

En extérieur, les armes à feu techno-magique profitaient pleinement de l'avantage de portée qu'elles possédaient. Siris respectait cela, mais à l'intérieur, cela serait son tour de briller. Pour le moment autant faire un petit peu profil bas en attendant de pouvoir atteindre l'objectif. Dans tous les cas, elle espérait qu'elle pourrait affronter directement cette femme....
Les pupilles de Sélina se rétractèrent jusqu’à n’être juste que deux minuscules points noirs au milieu de ses iris noisette. Sans son cristal, elle aurait sûrement été gravement blessée ou même tuée. Cependant Nieene comme toujours remplissait son rôle de bouclier. Plus que deux utilisations et il lui faudrait recharger. Elle n’attendit pas une seconde de plus pour se mettre à couvert à l’abri d’un des pylônes qui soutenaient encore l’entrée de l’édifice. Elle posa ses yeux sur la guerrière qui filait comme une flèche vers l’une des entrées latérales du temple. Combattre en extérieur sur un terrain peu avantageux, à découvert contre des ennemis qui utilisent des armes technomagiques. Très peu pour elle. Elle n’était pas encore suicidaire, quand bien même elle ne pouvait pas vraiment mourir. Le couloir principal était assez large, les nombreux piliers qui le bordaient offriraient des couverts bien trop pratiques aux soldats ennemis armés d’armes à feu. Sélina referma sa deuxième main sur son épée. Une vague de lumière enveloppa la lame brisée.Un tintement métallique accompagné de fracas rocheux se fit entendre. Les morceaux de l’épée se materialisèrent  formant ce qu’ils devaient être Henihil. Elle brillait pleine de magie. Theliel fit volte face et de toutes ses forces frappa le pilier qui soutenait les restes du porche de sa lame emplie de magie. Celui ci s’écroula dans un fracas assourdissant alors que la Séraph se repliait en arrière. Cela les empêcherait d’emprunter cet accès pour un petit moment au moins. Elle couru vers l’une des entrées latérales afin d’en sécuriser au mieux l’accès. Elle éleva la voix et celle ci résonna contre les murs du temple.

“Préparez vous au combat ! Concentrez vous sur les entrées latérales, ne restez pas à découvert ! Montrez leur qui nous sommes ! Combattez soldats de Mearian, que les dieux nous protègent et nous apportent gloire et victoire !”

Les soldats qui avaient pris place dans l’édifice se dépêchèrent à leur poste. Chacun prêt à défendre la place au péril de leur vies, autant motivés par la foi qu’ils portaient aux Séraph que par la confiance aveugle qu’ils avaient en leur commandante. Ils étaient ici tous prêt à se battre jusqu’à leur dernier souffle contre les ennemis de l’ordre. Le mental était là. Chacun savait ce qu’il risquait en se lançant dans cette bataille.

Sélina continua de courir dans les couloirs sombres de l’édifice. Peu de moyens de se mettre en position de tir ici. De plus la guerrière disposait d’assez d’espace pour manier son énorme épée ici. Elle avançait encore et encore déterminée à trancher tous ceux qui tenteraient de se mettre en travers de sa route. Ce gisement était bien trop conséquent pour être laissé aux mains de l’empire. Alors Theliel le défendrait coûte que coûte. Cette nuit sera courte, la lumière de l’aube était prête à se montrer.

“Heureux l'homme que tu châties, ô Éternel! Et que tu instruis par ta loi, Pour le calmer aux jours du malheur, Jusqu'à ce que la fosse soit creusée pour le méchant! Car voici, l'Éternel sort de sa demeure, Pour punir les crimes des habitants de la terre; Et la terre mettra le sang à nu, Elle ne couvrira plus les meurtres. C'est par le feu que l'Éternel exerce ses jugements, C'est par son glaive qu'il châtie toute chair; Et ceux que tuera l'Éternel seront en grand nombre. Qui résistera devant sa fureur? Qui tiendra contre son ardente colère? Sa fureur se répand comme le feu, Et les rochers se brisent devant lui. Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle. “
Siris progressait rapidement au milieu de l'agitation des combat qui commençait à animer la morne plaine de Fhadren. Elle se déplaçait de couvert en couvert, alors que les tirs des autres membres de son escouades résonnaient à présent dans ses oreilles. Elle jeta un rapide coup d'œil à l'entrée du temple, la femme était encore debout. Edward n'était pas parvenu à l'abattre. En soit c'était tant mieux, Siris voulait voir ce qu'elle pouvait bien avoir dans le ventre en combat rapproché et s'il elle avait été capable de survivre à un premier tir surprise, cela augurait d'un adversaire intéressant comme elle l'avait pressentit.

Du coin du l'oeil, la soldate Ellgardienne pu alors voir la femme empoigner sa lame brisée. Des morceaux éparses vinrent alors complété l'arme, en faisait une véritable claymore à simple tranchant. De la magie... rien d'étonnant de la part d'une fidèle de l'ordre des astres, mais cela ne la sauverait pas. La brune s'apprêtait à la voir faire s'en prendre à ses compagnons d'arme par quelques attaque à distance ou charge héroïque, mais elle n'en fit rien. Au contraire, elle vint violemment frapper les piliers de l'entrée du bâtiment qu'ils occupaient, faisant s'écrouler toute la voute dessus et bloquant l'accès. Elle les forçait donc à passer les entrées latérales ? Soit. Ce n'était pas tant la stratégie de défense choisie que la puissance physique qu'elle venait de déployer qui avait étonné Siris. Croiser le fer avec elle serait sans doute une épreuve de force...

Siris était à présent arrivée devant l'entrée latérale la plus proche de son point de départ. De part sa vitesse, elle avait creusé l'écart avec le reste de son escouade, peut être même les défenseurs n'avaient-ils pas encore eu le temps de se mettre en place à l'intérieur. Elle avait une chance de pouvoir s'infiltrer et lancer une attaque surprise par le flan, c'était le plan, mais c'était risqué à présent que l'assaut principal était mis à mal. Cela pourrait tout simplement dire, se jeter dans la gueule du loup.

« Coldbrand, on va pas pouvoir passer par l'entrée principale, restez en stand by pendant qu'on se repositionne.
-On leur laisse le temps de se préparer en faisant ça.
-C'est un ordre Coldbrand ! »

Siris pesta, qui savait ce que pouvaient bien préparer ces dévots comme pièges magiques et autres stratégie de défense à l'intérieur. Le nombre de l'escouade était réduit, la surprise et la vitesse était leurs meilleures armes, il ne fallait pas les abandonner.

Sans perdre plus de temps, la brune se précipita dans la semi-obscurité qui régnait à l'intérieur du bâtiment. Une fois à l'intérieur, elle commença immédiatement par se camoufler derrière l'un des piliers qui supportaient la structure. Dans les ombres, elle tendit l'oreille, à l'intérieur du bâtiment, on pouvait entendre des bruits de pas hâtifs, ils étaient bel et bien en train de se mettre en position. Dans son communicateur à cristaux, Siris pouvait entendre que le reste de l'escouade était en train de se déplacer de l'entrée principale pour se répartir sur les deux flancs. Edward lui était parti pour une position un peu plus en retrait, afin de surveiller l'arrivée d'éventuel renfort et de couvrir une éventuelle retraite Ellgardienne.

Siris progressait dans cette première pièce restant sous la couvert des ombres. Elle entendit finalement des pas qui se rapprochait prestement de sa position. Ils étaient accompagnés d'une voix, une voix qui psalmodiait d'étranges incantation religieuse. Sans doute un dévot particulièrement enflammé par cette ineptie que l'ont appelait "foi"...

Siris eut alors l'agréable surprise de revoir cette Lengaris avancer pour se mettre en position devant l'entrée. La brune aurait pu la laisser passer, restant cachée derrière dans les ombres pour être sûr de pouvoir mener à bien son infiltration. Cela aurait sans doute été la meilleure chose à faire. Mais Siris voulait voir ce qu'elle avait dans le ventre, puis si elle occupait leur chef, le reste de la défense faiblirait.

Sortant des ombres derrière la combattante à la Claymore, Siris lui lança d'un ton railleur :

«Tu peux prier autant que tu le souhaites, nulle prétendue déité ne viendra te porter secours. Il n'y que toi et moi ici. Tu faisais bien la fière devant l'entrée. Mais voyons à présent ce que tu as dans le ventre magister Lengaris. »

L'instant d'après, Siris se jetait sur elle, son épée courte sortie pour une premier échange de coup. Comme à son habitude, elle avait dans l'idée d'harceler son adversaire de coups jusqu'à l'épuiser et se créer une ouverture.
Sélina parcourait les salles qui la menait à la première entrée latérale de la structure. Elle restait aux aguets, écoutant tous les bruits qui résonnaient dans les couloirs. Les magisters se mettaient en place sans attendre. Ils étaient tous prêts au combat. La commandante esquissa un léger sourire en se retournant, elle releva le bras et d’une main fit tourner son arme imposante au dessus de sa tête avant de la pointer en direction de celle qui sortait tout juste de sa cachette. Elle l’observa rapidement. Sa tenue, ses longs cheveux noirs. Son arme courte en disait long sur la tactique que la créature allait devoir employer. Elle la tiendrait à distance profitant de l’avantage de longueur que lui conférait l’épée runique. Cependant si elle parvenait à outrepasser la zone de confort que celle-ci lui conférait, elle s’en servirait de manière défensive. Peut-être même qu’elle allait avoir besoin d’utiliser la magie qu’avait absorbée l’épée jusqu’à maintenant. En effet bien qu’elle ai l’air jeune, la combattante semblait très agile et sûre d’elle. Ses armes n’était clairement pas de celles utilisées par des soldats débutants. Son regard débordant d’impétuosité plaisait beaucoup à la Séraph. Celle-ci se mit en garde pour parer le coup d’épée, la Claymore contre l’épaule.

“Navrée de te décevoir petite, mais si tu cherche à affronter un mage, tu es tombée sur la mauvaise personne.”

D’un coup d’épaule contre la lame de son arme elle repoussa la jeune soldat en arrière avec force. Un sourire digne d’une fanatique du combat était apparu sur son visage alors qu’elle se ramassait pour charger une main contre la lame de sa Claymore la pointe vers le sol.

“Quand à mes prières, évidemment qu’ils ne viendront pas. Je n’ai pas besoin d’eux pour faire face à si peu d’impériaux.”

A ses mots Sélina se rua à son tour sur l’impériale, son arme racla le sol dans un crissement des plus déplaisants aux oreilles, elle la remonta vers la droite visant le flanc de son adversaire sans retenir son coup de quelque manière que ce soit. Elle se sentait sûrement bien plus excitée que d’ordinaire par ce combat. Combien de temps, en quatre cent dix huit ans, cela faisait il que personne n’était venu pour la provoquer elle en combat singulier. Cette jeune femme avait du cran, c’était chose sûre. Si elles tenaient encore debout à l’issue de cet affrontement, elle ne manquerait pas de lui demander son nom. Son sourire s’élargit encore, son coeur battait le rythme du combat. La Force sur son plus grand terrain d’expression.


NON !
La combattante à la claymore brisée était parvenu à bloquer la lame de la soldate Ellgardienne sans trop de difficulté. Ce premier coup dans un duel n'avait pour but d'être létale, il s'agissait d'avantage d'une forme de salutation, de cérémonie martial d'ouverture. Elle était venue bloquer la lame courte de Siris en lui imposant en face sa claymore appuyée sur son épaule, le tout avec un grand calme et une force dès plus stable. La première impression de Siris se confirmait, elle ne se retrouvait pas face à une combattante novice, pas même une mage selon ses dires. Ce combat risquait d'être intéressant. La brune sentait déjà l'adrénaline commencer à monter dans ses veines.

L'instant d'après, la combattante religieuse l'avait repoussée en arrière, déployant pour ce faire une impressionnante force physique brute. Si grande que Siris comprit qu'elle ne pourrait vraisemblablement pas rivaliser avec elle sur ce plan là. Entre la première démonstration de force devant l'entrée du temple et celle qu'elle venait de faire à présent, la magister avait convaincu Siris de ses capacités offensives.

Cependant, l'Ellgardienne n'avait pas été spécialement impressionnée par les réflexes de la mearienne, a priori elle serait capable de la prendre de vitesse. Mais pour pouvoir l'atteindre, il faudrait réussir à percer sa garde et arriver au corps à corps...

À présent, la magister enchainait avec un assaut pour le moins violent. Laissant racler sa lame sur le sol dans un crissement annonciateur de mort, elle se jetait sur la soldate de Guerre, remontant sa lame, elle visait le flanc de la brune. Forte de ses réflexes presque inhumains, se jeta sur son côté gauche de manière à éviter la puissante claymore. Elle sentit la lame venir brasser l'air près de sa chevelure jais, libérant une tempête dans la salle.

La brune effectua quelques rapides pas pour reprendre un peu de distance avec son adversaire. Cette dernière lui affichait un immense sourire. Le sourire d'un compétiteur impatient de se mesure à un rival puissant. La rapide brune se rendit alors compte qu'elle souriait également.

« La raison pour laquelle ils ne viendront pas est bien plus simple. Les dieux n'existent pas, ou s'ils existent, honte à eux pour le monde dans lequel nous vivons ! Si tu penses réussir à me battre, il va falloir faire mieux que ça en tout cas. »

Siris entama alors une nouvelle joute. Avançant rapidement vers la magister, elle feinta une attaque similaire à la première. Cependant, au dernier moment, l'impériale s'élança sur la gauche avant d'éviter tout contact avec le claymore brisée.

Poursuivant son mouvement, l'Ellgardienne se dirigea directement vers l'un des piliers qui venait soutenir la voute de la salle. Se jetant dessus, elle prit appuie au milieu de la colonne afin d'effectuer un saut périlleux arrière au dessus de son adversaire. SI la Claymore constituait un bouclier impossible à franchir a priori, peut être serait-il possible de passer au dessus. Au cours de sa figure aérienne, Siris en profita pour attenta une nouvelle attaque en direction de la clavicule de son adversaire.

Une fois le coup envoyer, l'Ellgardienne se réceptionna avant d'à nouveau mettre de la distance entre elle et son adversaire. Pour le moment, ses réflexes lui permettaient de ne pas être surprises pas les assauts de la magister. Tant qu'elle conservait de la distance, elle pourrait toujours se ménager une échappatoire. Il fallait qu'elle reste sur ses gardes car encaisser un coup direct de la part de la guerrière religieuse l'incapaciterait fortement au vue de la puissance qu'elle déployait.
Sélina suivait son opposante des yeux, dans le même temps elle reprenait une posture convenable se préparant au prochain assaut. Pour sûr elle était agile et rapide. Bien plus que la Séraph et si ses mouvements ne lui permettaient pas de rivaliser avec cela son regard en revanche ne la lâchait pas. Elle se focalisait sur le moindre de ses mouvements pour être sûr d’en rater le moins possible, car certain restaient encore floue pour la guerrière. Elle ne l’avait pas encore assez vu bouger pour se faire une idée. Sélina se campa elle même sur ses appuis lors du saut elle se ramassa légèrement et eu à peine le temps de pivoter sur la gauche laissant la lame de son adversaire tracer une fine entaille au niveau de son épaule.

Voyant qu’elle reprenait de la distance, elle glissa ses doigts contre la plaie. Ce n’était rien de grave ou d’handicapant, cependant, le fait qu’elle ai réussi à la toucher aussi facilement était une surprise. Une agréable surprise. Enfin un impérial qui avait de quoi offrir à la commandante un combat comme elle les aimait, elle observa une seconde le sang sur ses doigts avant de reprendre exactement la même position qu’auparavant la main gauche ouverte par dessus la lame d’Henihil. Et elle continuait de sourire. En effet les propos de la petite étaient pour le moins amusant.

“Tu penses donc que les dieux sont responsables de ces maux qui nous accablent tous ? Sotte. Les dieux ne sont pas la solutions absolue. Ils sont là pour nous aider et nous guider sur leurs voies. Le monde, de nos jours est ce que nous en faisons. Si les dieux s’en mêlaient au point de l’influencer dans son intégralité, il ne vaudrait pas mieux que cet affligeant dictat que vous nommez “Empire.” Nous tous sommes responsables et ils n’ont pas à l’assumer pour nous. Tu remets en doute nos croyances sans rien en connaître. Ne crois tu pas que ce sont de tels raisonnement qui sont la source de tous nos malheur ? L’homme est un loup pour l’homme et les corps célestes n’en sont en rien responsable. Alors viens à moi et je serais ravie de te montrer à quel point nos dieux prennent soin de tous ceux qui les honorent.”

Théliel sentit son sourire s’élargir encore. Qu’allait elle lui montrer cette fois ? D’où allait elle venir. Quand bien même l’excitation était à son comble, sa respiration était parfaitement mesurée et son coeur calme. Comme si elle était prise d’un feu ardent sans pour autant en être brûlée. Après cet échange de formalités, elle avait hâte de savourer chaque seconde de ce combat.



NON !
Visiblement, Siris était parvenue à surprendre son adversaire avec son acrobatie. Enfin, pas totalement non plus étant donné qu'elle était tout de même parvenue à se déporter in extremis pour ne pas subir de blessure grave. Elle n'était pas peut-être pas aussi rapide que la soldate impériale, mais rien que d'être capable de suivre ses mouvements pour réagir en conséquence témoignait de ses capacités martiales. Pour le moment les deux jeunes femmes n'étaient visiblement pas au maximum de leur potentiel, elles se jaugeaient tâchant d'estimer les capacités  de leur adversaire.

Une goutte de sang tomba doucement de la lame courte de l'Ellgardienne, entrainant un ploc sonore dans la galerie silencieuse et sombre du temple Fhaedrien.  Les deux guerrières semblaient comme hors du temps alors que le conflit entre les troupes d'élite de Guerre et les défenseurs Mearian était en train de se poursuivre non loin.

La magister porta la main sur son épaule finement entaillée. La vue de son sang ne sembla pas l'effrayer ou la mettre en colère, au contraire le sourire qu'elle arborait ne devint que plus marqué. C'était une guerrière qui vivait pour le combat et elle semblait se réjouir d'avoir face à elle une adversaire de taille. Mais Siris n'aurait pas pu lui jeter la pierre, elle également était satisfaite de trouver une peu d'opposition chez cette représentante de l'ordre. Elle n'aimait pas les victoires trop faciles…

Mais voilà à présent qu'elle se permettait de lui faire la leçons sur le rôle de ses prétendus dieux en ce monde, se permettant au passage de la traiter de sotte. Les membres de l'ordre était toujours des êtres butés sur leurs croyances stupides, incapable d'ouvrir les yeux face à la vérité :

"Tu parles beaucoup mais ne me montre rien. C'est avec ce même libre arbitre que tu justifies cette guerre ? Qui a ordonné à l'Ordre d'attaquer Ellgard ? Les dieux ? Le pape ? Les deux peut être ? Cette personnes a le sang de centaines de personnes sur les mains ! Tout ça c'est des conneries et il n'en sortira rien de bon on le sait tous, alors épargne moi tes discours verbeux ! Nous sommes des soldates, ici pour combattre, pas de politique, pas de dieux, juste un duel de force ! Maintenant tu ferais mieux de montrer de quoi tu es capable, sinon je t'enverrais directement rejoindre tes dieux ! "

Siris était énervée à présent. Grisée par l'adrénaline du combat et agacé par la dévotion aveugle de son adversaire, elle n'avait qu'une envie : prouver sa supériorité martiale et lui faire comprendre qu'elle ne pouvait se reposer sur ses chimères.

Enflammée, elle se lança pour un nouvel assaut, frontal cette fois. Au dernier moment, elle feinta un décalage sur le côté avant de finalement porter un coup direct droit dans la garde de la guerrière aux cheveux cendrés. Sa feinte lui avait peut-être permis de déstabiliser suffisamment son adversaire pour ne pas être tout simplement repoussée par la puissance physique de la garde. Cependant, Siris savait qu'elle ne passerait pas ainsi, elle souhaitait juste fixer la garde de son ennemi. Se contorsionnant, elle entreprit alors de passer sous l'immense Clayrmore tout en l'empêchant de retomber directement sur elle via sa lame. Elle asséna alors de son pieds gauche un coup en direction du bassin de son adversaire, non sans manquer de laisser jaillir la dague rétractile cachée dans sa botte. Il était temps pour son adversaire de montrer ce qu'elle avait dans le ventre si elle ne voulait pas finir en charpie…
La séraph balaya les paroles de la soldate d’un revers de la main. Elle aurait tiqué en temps normal et se serait sûrement quelque peu emporté. Cependant perdre le contrôle durant un combat c’était également prendre la route de la défaite.

“Soit. Nous avons tous du sang sur les mains, c’est la guerre. Cependant, si ma nation laissait mourir ses pauvres et ses orphelins dans le froid, je me garderais de critiquer ceux qui prospèrent.”

Une fois la petite pique lancée Sélina se remit en garde, elle adopta cette fois ci une position légèrement moins appuyée qui lui faciliterait le mouvement face à une adversaire qui se montrait aussi agile et rapide. Elle raffermit sa prise sur la poignée de sa lame. Elle ne quitta pas son adversaire des yeux lorsque le nouvel assaut fut lancé, cette fois-ci, elle laissa son instinct guerrier parler bien plus que la raison. Elle ramena l’arme immense devant elle pour bloquer le premier coup. Ses yeux suivirent le mouvement lorsqu’elle passa sous la Claymore, déjà sa main libre s’ouvrait. Elle attendit le dernier moment, face à une adversaire aussi rapide, c’était après tout la meilleure chose à faire. Nieene brilla brièvement sur sa poitrine et en un instant la barrière magique recouvrir la commandante, rendant l’attaque obsolète, sa main libre se referma fortement sur la botte de son adversaire. Elle pivota, son adversaire dans une main, la Claymore dans l’autre, elle fit pivoter le haut de son corps de toutes ses forces, ne se gardant pas d’utiliser son arme comme balancier, elle relâcha sa prise sur son adversaire pour l’envoyer valser contre une colonne plus loin.

“Cette guerre a été entreprise pour le bien du plus grand nombre. Nous avons tous nos raisons. Chacun vient ici armé de ses convictions. Et toi dit moi, en quoi crois-tu ? Quel genre d’idéal, pousse une petite fille à fouler un champ de bataille ?”

La Séraph se permit la curiosité, étant toutes deux à l’écart du conflit, elle pouvait se permettre de poser des questions sans avoir à trop se soucier d’autre chose. Pour elle qui foulait cette terre depuis quatre siècles, pour elle aux raisons évidente de son combat, de sa venue en Fhaedren, elle pour qui tout était clair, demeurait obscur le pourquoi une jeune fille comme elle aussi douée soit-elle doivent fouler le champ de bataille.

Cependant la Seraph n’oubliait pas qu’elle était là pour se battre et restait sur ses garde à l’affut d’un nouvel assaut, ses sens lui criant qu’une simple chope n’aurait pas ainsi raison de l’impériale.


NON !
Siris était parvenue à passer la garde de son adversaire, alors que son pieds et sa dague filaient droit vers son bassin, il était maintenant trop tard pour qu'elle puisse esquiver le coup. Le coup ne serait pas mortel, mais dans un combat entre deux combattantes d'un tel niveau, le moindre handicap pouvait très rapidement s'avérer fatal. La brune se donnait là une belle option vers la victoire, si belle qu'elle en viendrait presque à la regretter… Elle aurait espéré que cette Tengaris oppose un peu plus de résistance. Cependant, l'armure de cette dernière se mit soudain à briller d'une étrange lueur visiblement magique. Au moment de percer l'armure légère, la lame de la dague se retrouva alors stoppée net, arrêtant de fait Siris dans son mouvement.

Avant qu'elle n'ait le temps de réagir, la poigne de la Mearienne se referma sur sa cheville comme un étau. Siris se retrouvait partiellement piégée, elle s'était laissée surprendre par l'armure magique de la guerrière religieuse, cela allait-il lui couter cher ? La Mearienne entreprit alors de pivoter sur ses appuis, arrachant Siris du sol de sa force extraordinaire avant de l'envoyer s'écraser contre un des piliers de la salle. Le dos de l'impériale vint percuter violemment la colonne de pierre, lui arrachant un râle de douleur alors que du sang venait envahir sa bouche sous la violence de l'impact.

Un instant après le choc, ses pieds retrouvèrent le sol sans ménagement alors que la gravité la rappelait vers le plancher des vaches. La vision de Siris s'était troublée sous l'impact, cependant, au prix d'un effort mental important, elle parvint à se maintenir sur ses appuis, refusant de poser un genoux au sol si facilement. Elle se tint alors sur ses jambes, le dos reposant sur la colonne pour maintenir son équilibre le temps de reprendre ses esprits et ses forces.

La Mearienne ne poussait pas son avantage, au lieu de cela elle la toisait, lui parlant avec un ton presque paternaliste. Siris détestait cela qu'elle percevait comme une sorte de suffisance vis-à-vis d'elle, comme si elle n'avait pas besoin de se donner à fond…

Siris cracha le sang qu'elle avait dans la bouche par terre avant de s'essuyer les lèvres et le menton d'un revers de manche.  Elle se détachait de la colonne pour reprendre des appuis fermes, maintenant que le trauma passait. Son regard glacial envoyait des éclairs en direction de la Mearienne si sure d'elle :

"Tu prônes fièrement être une guerrière, mais sans tes breloques magiques tu ne serais pas plus impressionnante que ça… Au final tu ne vaux pas mieux que n'importe quel toutou de l'Ordre. Une guerre déclarée pour le "bien du plus grand nombre", quelle connerie… C'est juste votre Pape et ses Seraphs qui balisent face à la puissance de l'Empire. Je n'ai pas la suffisance de clamer me battre pour un idéal, je le fais car c'est ce à quoi je suis bonne c'est tout. Tu devrais avoir l'honnêteté de faire pareil car si c'est pour tes idéaux que tu combats, y a pas de camp qui en vaille la peine…"

Lentement, Siris fit un pas sur le côté, puis un autre, commençant lentement à tourner autour de la guerrière. Pour le moment, cette dernière s'était contentée d'attendre ses assauts et de contre-attaquer, restant prudemment sur ses appuis pour ne pas se retrouver prise au dépourvue. Il fallait parvenir à la mettre en mouvement pour pouvoir se créer des ouvertures. La brune jaugeait à présent son adversaire, prête réagir au moment de l'assaut.